Comment les animaux passent l’hiver
Quand le froid arrive, les animaux ralentissent leur organisme, changent de territoire ou vivent sur les réserves accumulées avant la mauvaise saison. Marmotte, loir, grizzly, cistude, papillon monarque et baleine à bosse montrent six réponses différentes au froid, au manque de nourriture et, dans certains milieux, à la sécheresse.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
- L’hibernation vraie, un organisme au ralenti
- Le grizzly dort sans hiberner comme une marmotte
- La brumation des reptiles et des amphibiens
- Migrer pour trouver de la nourriture et un climat favorable
- Faire des réserves avant les jours difficiles
- L’estivation, attendre la fin de la chaleur et de la sécheresse
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
- température corporelle pouvant être approchée par une marmotte en hibernation, selon les conditions de son terrier
- 5 °Ctempérature corporelle pouvant être approchée par une marmotte en hibernation, selon les conditions de son terrier
- distance que peut parcourir un papillon monarque entre l’Amérique du Nord et les zones d’hivernage mexicaines
- 4 000 kmdistance que peut parcourir un papillon monarque entre l’Amérique du Nord et les zones d’hivernage mexicaines
- distance que peut atteindre la migration aller d’une baleine à bosse entre une zone d’alimentation et une zone de reproduction
- 8 000 kmdistance que peut atteindre la migration aller d’une baleine à bosse entre une zone d’alimentation et une zone de reproduction
- distance annuelle parfois parcourue par une sterne arctique, parmi les plus grands déplacements connus chez les animaux migrateurs
- 70 000 kmdistance annuelle parfois parcourue par une sterne arctique, parmi les plus grands déplacements connus chez les animaux migrateurs
L’hibernation vraie, un organisme au ralenti
La marmotte de Vancouver s’endort dans un terrier isolé par de la terre, de l’herbe et parfois de la neige. Pendant l’hibernation, sa température corporelle peut descendre autour de 5 °C, son cœur bat seulement quelques fois par minute et sa respiration devient très espacée. Elle alterne toutefois les phases de torpeur avec de brèves remontées de température, qui permettent notamment de réorganiser certaines fonctions de l’organisme.
Le loir gris peut rester inactif plusieurs mois, souvent d’octobre à avril selon la température et la nourriture disponible. Le grand rhinolophe, une chauve-souris européenne, se regroupe dans des cavités fraîches et humides, suspendu par les pieds. Le hérisson d’Europe suit une stratégie comparable, avec une température corporelle et une activité très réduites. Un réveil répété consomme rapidement les réserves de graisse, surtout lorsque l’hiver se prolonge.
Le grizzly dort sans hiberner comme une marmotte
Le grizzly creuse ou utilise une tanière avant les grands froids. Il y reste plusieurs mois sans manger, boire ni uriner normalement, en utilisant la graisse accumulée à la fin de l’été et en automne. Sa température corporelle ne chute que modérément, ce qui lui permet de se réveiller plus facilement qu’une marmotte. Une femelle peut même mettre bas dans la tanière, puis allaiter ses petits pendant cette période.
Chez l’ours, le sommeil hivernal est donc une torpeur profonde, parfois appelée hibernation dans le langage courant. Les muscles et le squelette résistent mieux à l’immobilité que chez l’être humain. Au printemps, la sortie dépend de la météo, de l’état des réserves et de la disponibilité des aliments. Les perturbations répétées d’une tanière peuvent entraîner une dépense d’énergie dangereuse pour l’animal.
La brumation des reptiles et des amphibiens
Les reptiles et les amphibiens sont ectothermes : leur température corporelle dépend largement du milieu. En hiver, la cistude d’Europe s’enfonce dans la vase d’un étang ou d’un bras d’eau calme, où son métabolisme ralentit fortement. Elle peut absorber une partie de l’oxygène à travers sa peau, mais cette adaptation ne lui permet pas de vivre dans une eau totalement privée d’oxygène.
L’alligator du Mississippi passe la mauvaise saison dans l’eau ou dans un terrier humide. Lors de périodes froides, certains individus maintiennent le museau à la surface pour respirer. Cette brumation s’interrompt lorsque la température remonte. Les couleuvres, les tortues terrestres et de nombreux amphibiens cherchent plutôt un sol meuble, une fissure ou un abri qui limite le gel et les variations rapides de température.
Migrer pour trouver de la nourriture et un climat favorable
La migration déplace les animaux vers une région où la nourriture, la température ou les lieux de reproduction conviennent mieux. Le papillon monarque parcourt jusqu’à environ 4 000 km entre l’Amérique du Nord et les zones d’hivernage du Mexique. Aucun individu ne réalise toujours l’ensemble du cycle annuel : plusieurs générations se succèdent, et l’orientation repose sur le soleil, l’horloge interne et des repères du paysage.
La baleine à bosse quitte les eaux riches des hautes latitudes pour rejoindre des mers tropicales ou subtropicales où les jeunes naissent dans une eau plus chaude. Le caribou se déplace entre ses zones de mise bas et ses quartiers d’hiver, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres. Chez le canard colvert, certains individus migrent, tandis que d’autres restent près de leur lieu de naissance si les zones humides ne gèlent pas.
Faire des réserves avant les jours difficiles
Avant l’hiver, de nombreux animaux augmentent leur prise alimentaire ou stockent directement des aliments. L’écureuil roux cache des graines dans le sol, sous les feuilles ou dans des cavités, puis en retrouve une partie grâce à sa mémoire et à l’odorat. Le loir gris accumule aussi de la graisse et peut utiliser des fruits secs entre deux phases de sommeil, surtout lorsque les conditions retardent l’hibernation.
Les réserves ne servent pas seulement à supporter le froid. Elles financent la production de chaleur, les déplacements dans la neige et, chez certaines femelles, la gestation ou l’allaitement. Une couche de graisse isole le corps, mais elle représente aussi un stock d’énergie. Un hiver doux peut modifier les besoins, tandis qu’une longue période sans nourriture épuise les réserves plus vite que prévu.
L’estivation, attendre la fin de la chaleur et de la sécheresse
L’estivation ressemble à une pause saisonnière, mais elle répond surtout à la chaleur et au manque d’eau. L’escargot de Bourgogne se fixe sur un support, ferme l’ouverture de sa coquille avec une pellicule protectrice appelée épiphragme et réduit fortement ses pertes d’eau. Il reprend son activité après une pluie ou une période plus fraîche, lorsque les plantes et le sol redeviennent favorables.
Le crapaud calamite peut s’enfouir dans un sol meuble pendant les épisodes secs. La tortue d’Hermann ralentit aussi son activité durant les plus fortes chaleurs méditerranéennes, avec des variations selon la région, l’âge et l’humidité du sol. L’estivation n’est donc pas limitée aux déserts : elle peut apparaître dans une prairie, une garrigue ou une mare temporaire qui s’assèche avant l’automne.
Questions fréquentes
Le hérisson hiberne-t-il vraiment ?
Oui. Le hérisson d’Europe connaît une hibernation véritable, généralement de la fin de l’automne au début du printemps, avec des variations selon la température et les réserves de graisse. Sa température corporelle, son rythme cardiaque et sa respiration diminuent fortement. Des réveils ponctuels restent possibles et consomment beaucoup d’énergie.
Un animal en hibernation peut-il être réveillé ?
Un bruit, une vibration ou une manipulation peuvent provoquer un réveil chez certains animaux. Cette réaction utilise une partie des réserves de graisse et peut fragiliser un individu si elle se répète. Dans la nature, mieux vaut ne pas toucher un animal dormant dans un abri, une cavité ou un terrier.
Quelle différence existe entre hibernation et brumation ?
L’hibernation concerne surtout des mammifères capables de faire chuter fortement leur métabolisme et leur température corporelle. La brumation désigne le ralentissement hivernal des reptiles et des amphibiens, dont la température dépend du milieu. Ces animaux restent parfois capables de bouger lors d’un redoux.
Tous les animaux migrent-ils en hiver ?
Non. La migration est une réponse parmi d’autres. Certains animaux restent sur place en dormant, en stockant de la nourriture ou en ralentissant leur activité. Chez une même espèce, les stratégies peuvent varier selon l’âge, le sexe, la région, la disponibilité des aliments et la rigueur de l’hiver.
Testez-vous
5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- Muséum national d’Histoire naturelle, ressources sur la biodiversité et les adaptations des animaux mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, connaissances sur la faune sauvage ofb.gouv.fr
- UICN, connaissances sur les espèces et leur conservation iucn.org
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Les espèces de cette page

Marmotte de Vancouver
Marmota vancouverensis
ENEn danger
Loir gris
Glis glis
LCPréoccupation mineure
Grand rhinolophe
Rhinolophus ferrumequinum
LCPréoccupation mineure
Grizzly
Ursus arctos horribilis
LCPréoccupation mineure
Cistude d’Europe
Emys orbicularis
NTQuasi menacée
Alligator du Mississippi
Alligator mississippiensis
LCPréoccupation mineure
Tortue d’Hermann
Testudo hermanni
VUVulnérable
Monarque
Danaus plexippus
ENEn danger
Baleine à bosse
Megaptera novaeangliae
LCPréoccupation mineure
Caribou
Rangifer tarandus
VUVulnérable



