

Tortue d’Hermann
Testudo hermanni
Aussi appelé tortue terrestre d’Hermann
La tortue d’Hermann est une tortue terrestre méditerranéenne reconnaissable à sa carapace bombée, marquée de jaune et de noir. Elle vit dans des paysages secs où elle se nourrit de végétaux et ralentit fortement pendant l’hiver. Présente en France surtout dans le Var et en Corse, elle est classée vulnérable à l’échelle mondiale.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Carapace de 15 à 28 cm chez l’adulte, selon la sous-espèce et la région
- Poids
- Environ 0,7 à 3 kg chez l’adulte, les femelles étant souvent plus lourdes
- Longévité
- Plusieurs décennies : souvent plus de 50 ans, et certains individus dépassent 90 ans en captivité
- Régime
- HerbivoreElle mange surtout des herbes, des feuilles, des fleurs et des fruits tombés, avec une préférence pour les végétaux riches en fibres.
- Mode de vie
- Diurne, plutôt solitaire
- Famille
- Tortues terrestres (Testudinidae), ordre des Tortues (Testudines)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit la tortue d’Hermann ?
Elle fréquente les maquis, les garrigues, les prairies sèches et les bois clairs, généralement des plaines jusqu’à environ 1 000 mètres d’altitude.
Principales régions : France, Espagne, Italie, Croatie, Albanie, Grèce, Bulgarie, Turquie.
- Europe
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la tortue d’Hermann ?
Sa carapace mesure généralement 15 à 28 centimètres chez l’adulte. Elle est bombée, jaune à brun doré, avec des taches ou des bandes noires. Les dessins varient selon la sous-espèce et la région. La carapace est prolongée par une petite plaque située au-dessus de la queue, souvent divisée chez la tortue d’Hermann.
Le plastron, c’est-à-dire la partie située sous le corps, porte des marques sombres bien visibles. Chez les mâles adultes, il est souvent légèrement concave pour faciliter l’accouplement. Le mâle possède aussi une queue plus longue et plus épaisse que celle de la femelle, tandis que la femelle est généralement plus grande.
Où vit la tortue d’Hermann ?
Elle vit dans les régions méditerranéennes d’Europe, notamment dans le sud-est de la France, en Corse, en Italie, en Sardaigne, dans les Balkans et jusqu’à la Turquie européenne. En France continentale, ses populations naturelles se trouvent surtout dans le Var, dans des secteurs où les hivers restent relativement doux.
Elle utilise les garrigues, les maquis, les prairies sèches, les lisières et les bois clairs. Les mosaïques de milieux lui conviennent particulièrement, car elles réunissent des plantes à manger, des zones ensoleillées et des buissons où se cacher. Les incendies répétés, l’urbanisation et la fermeture des milieux réduisent ces espaces.
Que mange la tortue d’Hermann ?
Son alimentation est principalement composée d’herbes, de feuilles, de fleurs sauvages et de jeunes pousses. Elle consomme par exemple des pissenlits, des plantains et d’autres plantes basses disponibles dans son habitat. Les fruits tombés au sol restent une part plus occasionnelle de son alimentation.
Son appareil digestif est adapté à une nourriture riche en fibres et pauvre en aliments très gras ou très sucrés. En captivité, une alimentation déséquilibrée peut favoriser une croissance trop rapide et des déformations de la carapace. Pour une tortue détenue légalement, les conseils d’un vétérinaire spécialisé sont utiles.
Comment vit la tortue d’Hermann ?
Elle est active le jour, surtout le matin et en fin d’après-midi lorsque la température est modérée. Pendant les fortes chaleurs estivales, elle peut réduire ses déplacements et chercher l’ombre sous les buissons ou dans une petite dépression du sol. Elle se déplace lentement, mais peut parcourir plusieurs centaines de mètres pour se nourrir ou rejoindre un site de ponte.
En automne, elle diminue progressivement son activité avant d’entrer en hibernation. Elle s’abrite sous la végétation, dans une cavité peu profonde ou dans la terre meuble. La durée de cette période varie avec la température et la région. Une tortue détenue en captivité ne doit pas être mise en hibernation sans évaluation préalable par un vétérinaire compétent.
Comment se reproduit la tortue d’Hermann ?
Les accouplements ont généralement lieu au printemps, après la sortie d’hibernation, puis parfois à la fin de l’été. La femelle creuse avec ses pattes arrière un trou dans un sol meuble et bien exposé. Elle y dépose le plus souvent quelques œufs, parfois lors de plusieurs pontes au cours de la même saison.
L’incubation dure habituellement plusieurs semaines et dépend beaucoup de la température du nid. Les jeunes sortent avec une carapace de quelques centimètres et un poids d’environ une dizaine de grammes, selon les populations. Ils sont vulnérables aux prédateurs, au piétinement et aux travaux qui détruisent les sites de ponte.
Le saviez-vous ?
- 1.La plaque située au-dessus de sa queue permet souvent de la distinguer de la tortue grecque, chez laquelle elle est généralement simple.
- 2.Une tortue d’Hermann grandit lentement et peut conserver des marques de croissance visibles sur les écailles de sa carapace.
- 3.Les jeunes tortues peuvent peser autour de 10 à 20 grammes à l’éclosion, soit moins qu’une petite poignée de pièces.
- 4.La température d’incubation influence le sexe des jeunes chez cette espèce, comme chez plusieurs tortues terrestres.
Ce qui menace la tortue d’Hermann
Destruction des habitats
L’urbanisation, les routes, les débroussaillages et la fermeture des milieux réduisent les garrigues et les prairies nécessaires à son alimentation et à sa reproduction.
Incendies répétés
Les incendies peuvent tuer directement des tortues et détruire la végétation. Des feux trop fréquents empêchent aussi le retour d’un habitat favorable.
Captures illégales
La collecte d’individus sauvages pour les garder comme animaux de compagnie affaiblit les populations locales et expose les tortues à des maladies ou à des conditions inadaptées.
Mortalité routière
Les tortues traversent parfois les routes ou les pistes pendant leurs déplacements saisonniers. Les collisions sont particulièrement dangereuses pour les adultes reproducteurs.
Protéger la tortue d’Hermann
- Protection françaiseLa tortue d’Hermann est une espèce protégée en France. La capture, la détention, le transport et la vente de spécimens sauvages sont interdits ou soumis à des règles strictes.
- Aires protégéesLa Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures, dans le Var, protège un secteur important pour l’espèce. Des actions de gestion des habitats sont aussi menées en Corse et dans d’autres espaces méditerranéens.
- Plan national d’actionsLe Plan national d’actions en faveur de la tortue d’Hermann soutient le suivi des populations, la réduction des menaces et la préservation des sites de reproduction. L’espèce figure à l’Annexe II de la CITES.
Questions fréquentes
Peut-on prendre une tortue d’Hermann dans la nature pour la garder chez soi ?
Non. En France, cette espèce est protégée et la capture d’un individu sauvage est interdite. Une tortue détenue légalement doit avoir une origine autorisée, une identification et les documents réglementaires correspondants. La CITES et la réglementation européenne encadrent aussi les échanges et la détention.
La tortue d’Hermann est-elle un bon animal de compagnie pour un enfant ?
Elle demande un engagement familial sur plusieurs décennies, un espace extérieur sécurisé, une alimentation adaptée et un suivi vétérinaire spécialisé. Elle n’est pas un animal que l’on manipule souvent. Avant toute acquisition légale, il faut vérifier les règles françaises et obtenir le certificat d’engagement et de connaissance lorsqu’il est requis.
Que faire si je trouve une tortue d’Hermann blessée ?
Ne la soignez pas vous-même et ne la relâchez pas ailleurs. Placez-la au calme dans une boîte ventilée, sans la nourrir de force, puis contactez rapidement un centre de soins pour la faune sauvage ou l’Office français de la biodiversité. En cas de danger immédiat sur la route, mettez-vous d’abord en sécurité.
La tortue d’Hermann hiberne-t-elle ?
Oui, elle ralentit fortement son activité pendant la saison froide et s’abrite dans le sol ou sous la végétation. La durée dépend de la température et de la région. Pour un animal détenu légalement, l’hibernation doit être préparée avec un vétérinaire, surtout si la tortue est jeune, maigre ou malade.
Comment différencier une tortue d’Hermann d’une tortue grecque ?
La tortue d’Hermann possède souvent une plaque divisée au-dessus de la queue et deux bandes noires sur le plastron. La tortue grecque a fréquemment une plaque caudale simple et des éperons à l’arrière des cuisses. Ces critères varient toutefois, et une identification fiable peut demander une photographie ou l’avis d’un spécialiste.
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Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, espèces et espaces protégés ofb.gouv.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





