Survivre dans le désert
Dans le désert, la chaleur diurne, le manque d’eau et les nuits froides imposent des solutions précises. Le fennec évacue une partie de sa chaleur par ses grandes oreilles, le dromadaire économise ses réserves hydriques, tandis que le rat-kangourou obtient l’eau nécessaire grâce aux graines et à son métabolisme.
Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
- Les oreilles du fennec, des radiateurs naturels
- Boire vite et économiser chaque goutte
- L’oryx règle sa température avant de chercher de l’eau
- Le moloch hérissé conduit l’eau sur sa peau
- La nuit devient le moment où l’on chasse
- S’enfouir pour attendre la fin de la sécheresse
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
- la longueur que peuvent atteindre les oreilles du fennec
- 15 cmla longueur que peuvent atteindre les oreilles du fennec
- la quantité d’eau qu’un dromadaire peut parfois absorber rapidement après une période de déshydratation
- 100 Lla quantité d’eau qu’un dromadaire peut parfois absorber rapidement après une période de déshydratation
- la perte d’eau corporelle parfois tolérée par un dromadaire, selon son état et les conditions
- 20 à 25 %la perte d’eau corporelle parfois tolérée par un dromadaire, selon son état et les conditions
- la quantité quotidienne que le moloch hérissé peut consommer selon la disponibilité des colonies
- 1 000 fourmisla quantité quotidienne que le moloch hérissé peut consommer selon la disponibilité des colonies
Les oreilles du fennec, des radiateurs naturels
Le fennec vit dans les déserts d’Afrique du Nord et du Sahara. Ses oreilles peuvent atteindre environ 15 cm, une taille remarquable pour un petit canidé. Leur surface importante aide à évacuer la chaleur lorsque le sang circule dans les nombreux vaisseaux proches de la peau. Elles captent aussi les sons faibles, comme les déplacements d’un rongeur sous le sable, parfois à plusieurs centimètres de profondeur.
Pendant les heures les plus chaudes, le fennec se repose dans un terrier dont les galeries isolent mieux du soleil que la surface. Son pelage clair limite l’absorption du rayonnement solaire et ses coussinets sont couverts de poils, ce qui protège les pattes du sable brûlant. Ces adaptations fonctionnent ensemble, car une oreille seule ne suffirait pas à maintenir une température corporelle stable.
Boire vite et économiser chaque goutte
Le dromadaire stocke sa graisse dans sa bosse, et non de l’eau. Cette réserve énergétique peut être utilisée lorsque les plantes sont rares. Son organisme tolère une déshydratation importante, souvent estimée entre 20 et 25 % de la masse hydrique, une proportion qui serait mortelle pour beaucoup de mammifères. Ses globules rouges ovales restent capables de circuler lorsque le sang devient plus concentré.
Après une période sans boire, un dromadaire peut absorber jusqu’à 100 litres d’eau en quelques minutes, selon son état et la température. Ses reins concentrent fortement l’urine et ses crottes contiennent peu d’eau. Le rat-kangourou du désert suit une autre stratégie : il tire l’eau métabolique de la digestion des graines et récupère une partie de l’humidité dans l’air expiré par ses voies nasales.
L’oryx règle sa température avant de chercher de l’eau
L’oryx gemsbok fréquente les régions arides d’Afrique australe, où les points d’eau peuvent être éloignés et temporaires. Il se nourrit d’herbes, de feuilles, de fruits ou de plantes contenant une faible quantité d’humidité. Il peut ainsi rester plusieurs jours sans boire directement lorsque son alimentation et les conditions locales le permettent, tout en recherchant l’eau dès qu’elle est accessible.
Son corps accepte une hausse de température pendant les heures chaudes, ce qui réduit le besoin de transpirer. Un réseau d’échanges thermiques situé près des voies respiratoires contribue aussi à limiter le réchauffement du sang qui se dirige vers le cerveau. L’oryx algazelle, autre espèce adaptée aux milieux désertiques, utilise également l’ombre, l’orientation du corps et les périodes fraîches pour réduire ses dépenses en eau.
Le moloch hérissé conduit l’eau sur sa peau
Le moloch hérissé vit dans les régions arides d’Australie. Ses épines découragent certains prédateurs, mais sa peau joue aussi un rôle étonnant dans l’accès à l’eau. De fines rainures entre les écailles peuvent recueillir la rosée ou l’eau d’une averse et la conduire par capillarité vers les commissures de la bouche. L’animal peut alors boire sans attendre qu’une goutte atteigne directement sa tête.
Son alimentation repose principalement sur les fourmis, qu’il capture avec une langue collante. Il peut en consommer jusqu’à 1 000 par jour, avec un rythme de prise adapté à la disponibilité des colonies. Pour éviter la chaleur, il modifie ses périodes d’activité et se place à l’abri lorsque le sol devient très chaud. Ses épines ne remplacent donc ni l’ombre ni la recherche de nourriture, mais elles complètent sa protection.
La nuit devient le moment où l’on chasse
Dans beaucoup de déserts, la température de la surface peut dépasser 50 °C pendant la journée, alors que la nuit devient fraîche. Le fennec sort surtout après le coucher du soleil, quand il peut parcourir son territoire avec moins de pertes d’eau. Le rat-kangourou du désert reste lui aussi dans son terrier pendant les heures chaudes, puis cherche des graines à la nuit tombée.
Le chat des sables chasse principalement de nuit ou au crépuscule. Ses oreilles repèrent les petits vertébrés et ses pattes couvertes de poils limitent le contact avec le sable brûlant. Il peut récupérer une grande partie de son eau dans les proies qu’il mange. Cette activité nocturne ne supprime pas le froid : elle oblige l’animal à conserver sa chaleur lorsque le désert se refroidit rapidement après le coucher du soleil.
S’enfouir pour attendre la fin de la sécheresse
L’estivation correspond à un ralentissement de l’activité pendant une période chaude et sèche. Elle permet de réduire les déplacements, la respiration et les pertes d’eau. Le crapaud de Fowler peut s’enfouir dans un sol meuble et rester à l’abri lorsque les mares temporaires ont disparu. Sa peau humide le rend dépendant d’un refuge frais, car l’exposition directe au soleil accélère fortement la déshydratation.
La tortue d’Hermann, présente dans les régions méditerranéennes, peut également réduire nettement son activité durant les périodes estivales les plus chaudes. Elle cherche alors un couvert végétal, une anfractuosité ou un sol où s’abriter. La durée de ce ralentissement varie selon la température, les pluies et la végétation. Après une averse ou lorsque les nuits se rafraîchissent, l’activité reprend progressivement.
Questions fréquentes
Le dromadaire garde-t-il de l’eau dans sa bosse ?
Non. La bosse contient surtout de la graisse, utilisée comme réserve d’énergie. Lorsque cette graisse est dégradée, elle fournit aussi une petite quantité d’eau métabolique. L’eau bue est principalement répartie dans les liquides du corps, les tissus et le sang, puis conservée grâce à des reins capables de produire une urine très concentrée.
Pourquoi le rat-kangourou du désert ne boit-il presque jamais ?
Il obtient l’essentiel de son eau en digérant des graines sèches. Les réactions chimiques de son métabolisme produisent de l’eau, tandis que ses reins limitent fortement les pertes dans l’urine. Ses terriers humides et ses voies respiratoires réduisent encore l’évaporation. Cette adaptation dépend toutefois de la disponibilité de graines adaptées.
Les grandes oreilles du fennec servent-elles uniquement à entendre ?
Non. Elles participent aussi à la régulation de la chaleur grâce à leur surface et à leurs vaisseaux sanguins. Le fennec peut y évacuer une partie de la chaleur corporelle lorsqu’il fait chaud. Leur audition reste très utile pour localiser les insectes et les petits rongeurs, y compris sous le sable.
Quelle différence existe-t-il entre estivation et hibernation ?
L’estivation ralentit l’activité pendant une période chaude ou sèche, tandis que l’hibernation correspond à un ralentissement associé surtout au froid et au manque de nourriture hivernal. Dans les deux cas, l’animal réduit ses dépenses d’énergie. La durée et la profondeur du ralentissement dépendent de l’espèce et des conditions du milieu.
Testez-vous
5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Office français de la biodiversité, connaître et protéger la biodiversité ofb.gouv.fr
- University of Michigan, Animal Diversity Web animaldiversity.org
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Les espèces de cette page

Fennec
Vulpes zerda
LCPréoccupation mineure
Dromadaire
Camelus dromedarius
Dom.Espèce domestique
Rat-kangourou du désert
Dipodomys deserti
LCPréoccupation mineure
Oryx gemsbok
Oryx gazella
LCPréoccupation mineure
Oryx algazelle
Oryx dammah
ENEn danger
Moloch hérissé
Moloch horridus
LCPréoccupation mineure
Chat des sables
Felis margarita
LCPréoccupation mineure
Crapaud de Fowler
Anaxyrus fowleri
LCPréoccupation mineure
Tortue d’Hermann
Testudo hermanni
VUVulnérable



