Les animaux face au changement climatique
Le changement climatique modifie les températures, les pluies, la glace de mer et la date d’apparition des ressources alimentaires. Certains animaux déplacent leur aire de répartition ou avancent leur migration, tandis que les coraux, les ours polaires et les espèces très spécialisées rencontrent des limites physiques difficiles à franchir.
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Sommaire9 parties
- le réchauffement moyen mondial observé en 2011-2020 par rapport à 1850-1900, selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC
- 1,09 °Cle réchauffement moyen mondial observé en 2011-2020 par rapport à 1850-1900, selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC
- la diminution projetée des récifs coralliens à 1,5 °C de réchauffement mondial, selon les synthèses scientifiques du GIEC
- 70 à 90 %la diminution projetée des récifs coralliens à 1,5 °C de réchauffement mondial, selon les synthèses scientifiques du GIEC
- la baisse moyenne de l’étendue de la banquise arctique en septembre entre 1979 et 2018, selon les observations satellitaires
- 12,6 % par décenniela baisse moyenne de l’étendue de la banquise arctique en septembre entre 1979 et 2018, selon les observations satellitaires
- une distance pouvant être parcourue par un papillon monarque entre ses zones de reproduction et d’hivernage, selon les populations et les routes suivies
- 4 000 kmune distance pouvant être parcourue par un papillon monarque entre ses zones de reproduction et d’hivernage, selon les populations et les routes suivies
Des aires de répartition qui se déplacent
Quand une région devient trop chaude ou trop sèche, une espèce peut chercher des conditions plus fraîches vers le nord, vers le sud selon l’hémisphère, ou en altitude. Ce déplacement dépend toutefois de la présence de nourriture, d’abris et de passages entre les milieux naturels. Les routes, les villes et les cultures intensives forment des barrières. Une température convenable ne suffit donc pas à rendre un nouveau territoire accessible.
Le renard roux supporte une large gamme de climats et peut progresser vers des régions septentrionales où le renard arctique rencontre davantage de concurrence. Le papillon monarque modifie aussi la date et parfois la localisation de ses déplacements selon les températures et la disponibilité des plantes nourricières. Chez l’amiral de Weidemeyer, les changements de température peuvent déplacer les zones favorables vers des altitudes ou des latitudes différentes, avec des effets variables selon les populations.
Quand les saisons ne donnent plus le même signal
De nombreux animaux règlent leur activité sur la température, la durée du jour ou l’apparition des plantes. Un printemps plus doux peut avancer la sortie d’hibernation, la ponte ou l’arrivée d’un migrateur. La durée du jour reste pourtant presque inchangée à une date donnée. Cette différence peut créer un décalage entre la naissance des petits et le moment où les insectes, les graines ou les jeunes feuilles sont les plus abondants.
La marmotte de Vancouver peut sortir plus tôt lorsque la neige fond rapidement, mais elle doit alors trouver assez de végétation pour reprendre des forces. Les hirondelles peuvent rencontrer des conditions de vent et de pluie différentes sur leurs routes migratoires. Chez le monarque, la succession des générations migratrices dépend de plantes-hôtes, de fleurs et de températures favorables. Un calendrier avancé ne garantit donc pas une meilleure survie.
Les coraux face aux eaux trop chaudes
Les coraux constructeurs vivent avec de petites algues installées dans leurs tissus. Ces algues fournissent une grande partie de l’énergie nécessaire au corail. Quand l’eau reste trop chaude, le corail peut les expulser : il blanchit et s’affaiblit. Si la chaleur dure, la mortalité augmente. L’acidification de l’océan rend en plus la formation du squelette calcaire plus difficile, car elle réduit la disponibilité des ions nécessaires à la calcification.
Le poisson-clown utilise certaines anémones qui vivent sur les récifs, tandis que le poisson-perroquet broute des algues et participe à la production de sable en broyant du carbonate de calcium. Le poisson-chirurgien à épaulettes dépend lui aussi des habitats récifaux pour se nourrir et se cacher. Ces animaux peuvent parfois changer de zone, mais les larves, les proies et les abris ne se déplacent pas tous à la même vitesse. La dégradation d’un récif touche donc plusieurs espèces liées entre elles.
L’ours polaire et la perte de glace de mer
L’ours polaire chasse surtout le phoque depuis la banquise, en utilisant les zones où les phoques remontent respirer. Lorsque la glace fond plus tôt au printemps et se reforme plus tard à l’automne, la période de chasse se raccourcit. L’animal doit alors nager davantage, parcourir la terre ferme ou vivre plus longtemps sur ses réserves de graisse. Les femelles qui allaitent sont particulièrement sensibles à une baisse durable de l’accès aux proies.
La diminution de la banquise modifie aussi la vie du phoque du Groenland et du béluga. Les jeunes phoques ont besoin de surfaces de glace adaptées pour se reposer, tandis que les bélugas suivent des routes liées à la glace, aux poissons et aux chenaux libres. Le renard arctique peut subir une concurrence accrue du renard roux, qui gagne parfois les régions nordiques. Ces relations montrent qu’un changement de température agit sur toute une chaîne alimentaire.
Des espèces favorisées dans certaines régions
Le réchauffement crée localement des conditions plus favorables pour des animaux capables de manger des aliments variés, de vivre près des humains ou de se reproduire rapidement. Le raton laveur profite ainsi de ressources urbaines et agricoles dans plusieurs pays, même si les hivers doux ne sont qu’un facteur parmi d’autres. Le sanglier peut aussi bénéficier de l’abondance de nourriture et d’hivers moins rigoureux. Ces évolutions dépendent des paysages, de la chasse, des maladies et des ressources disponibles.
Le cerf axis, introduit dans différentes régions du monde, supporte des climats chauds et peut étendre son aire lorsque les milieux lui conviennent. Cette progression peut accroître la concurrence avec des herbivores locaux et modifier la végétation. Une espèce dite gagnante connaît donc un avantage dans un contexte précis, pendant qu’elle reste exposée aux sécheresses, aux parasites ou aux vagues de chaleur. Le terme décrit une tendance locale, pas un bénéfice général pour toute l’espèce.
Les limites de l’adaptation et les corridors
Les animaux peuvent modifier leur comportement, leur période d’activité ou leur territoire, mais ces réponses ont des limites. Le caribou dépend de la neige, des lichens et de vastes espaces parcourables. Des pluies hivernales suivies de gel peuvent enfermer les lichens sous une croûte de glace, ce qui réduit l’accès à la nourriture. Pour le koala, les sécheresses et les incendies diminuent les feuilles disponibles et les arbres-refuges, tout en augmentant les déplacements nécessaires pour trouver de l’eau et de l’ombre.
La conservation repose donc aussi sur des actions concrètes : protéger les zones fraîches, restaurer les haies et les passages entre forêts, maintenir des cours d’eau végétalisés et réduire les autres pressions humaines. Les corridors permettent à certaines populations de suivre les changements de climat sans traverser une route ou une zone urbanisée. Ils ne remplacent toutefois ni la réduction des émissions de gaz à effet de serre ni la protection des habitats déjà occupés.
Questions fréquentes
Tous les animaux vont-ils remonter vers le nord ?
Non. Le déplacement dépend du relief, des courants marins, des pluies, de la nourriture et des obstacles humains. Dans une montagne, une espèce peut gagner de l’altitude plutôt que de la latitude. Certaines populations se déplacent vers le nord, d’autres vers le sud, et plusieurs espèces ne trouvent aucun habitat accessible où les conditions leur conviendraient.
Pourquoi le blanchissement des coraux est-il dangereux ?
Le blanchissement montre que le corail a perdu une partie de ses algues symbiotiques, qui lui fournissent de l’énergie. Il peut survivre à un épisode court et retrouver ses algues si l’eau refroidit. Une chaleur prolongée, répétée ou associée à une pollution augmente toutefois le risque de mortalité et réduit les abris disponibles pour de nombreux poissons récifaux.
L’ours polaire peut-il s’adapter à la vie sur terre ?
Il peut rester temporairement à terre, manger certaines ressources et parcourir de grandes distances à la nage. Son corps reste cependant spécialisé pour chasser les phoques sur la glace de mer. Les aliments terrestres ne fournissent généralement pas assez d’énergie pour compenser durablement la perte de chasse sur la banquise, surtout pour les femelles avec des petits.
Une espèce qui gagne du terrain est-elle forcément en bonne santé ?
Non. Une expansion locale peut être accompagnée d’une baisse dans une autre partie de l’aire de répartition. Elle peut aussi créer des conflits avec des espèces locales, transmettre des maladies ou dépendre de ressources temporaires. Pour évaluer la situation, les biologistes suivent les effectifs, la reproduction, la mortalité et la diversité génétique, pas seulement la présence de l’animal.
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Sources
- GIEC, Rapport de synthèse du sixième rapport d’évaluation ipcc.ch
- NOAA, Coral reef ecosystems noaa.gov
- UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
- Office français de la biodiversité, biodiversité et changement climatique ofb.gouv.fr
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Les espèces de cette page

Renard roux
Vulpes vulpes
LCPréoccupation mineure
Renard arctique
Vulpes lagopus
LCPréoccupation mineure
Monarque
Danaus plexippus
ENEn danger
Amiral de Weidemeyer
Limenitis weidemeyerii
LCPréoccupation mineure
Marmotte de Vancouver
Marmota vancouverensis
ENEn danger
Hirondelle de fenêtre
Delichon urbicum
LCPréoccupation mineure
Poisson-clown
Amphiprion ocellaris
LCPréoccupation mineure
Poisson-perroquet à bosse
Bolbometopon muricatum
ENEn danger
Poisson-chirurgien à épaulettes
Acanthurus nigricans
LCPréoccupation mineure
Ours polaire
Ursus maritimus
VUVulnérable



