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Les alliances entre espèces

Dans la nature, deux espèces peuvent s’aider, se tolérer ou tirer profit l’une de l’autre aux dépens d’un partenaire. Du poisson-clown protégé par son anémone aux fourmis qui gardent les pucerons, ces relations dépendent du milieu, de la nourriture et du comportement de chaque animal.

Mis à jour le 9 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Le poisson-clown et l’anémone, une protection réciproque
  2. Les poissons nettoyeurs tiennent des stations de service
  3. Les pique-bœufs et les grands herbivores
  4. Les fourmis et les pucerons, un échange de sucre
  5. Le lichen, une association entre champignon et algue
  6. Mutualisme, commensalisme et parasitisme
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
durée habituelle entre la ponte et l’éclosion des œufs du poisson-clown, selon la température de l’eau et l’espèce
6 à 8 joursdurée habituelle entre la ponte et l’éclosion des œufs du poisson-clown, selon la température de l’eau et l’espèce
température courante des eaux tropicales de récifs où vivent de nombreuses anémones associées aux poissons-clowns
24 à 28 °Ctempérature courante des eaux tropicales de récifs où vivent de nombreuses anémones associées aux poissons-clowns
ordre de grandeur de la croissance de nombreux lichens, avec de fortes variations selon l’espèce et le milieu
0,1 à 10 mm par anordre de grandeur de la croissance de nombreux lichens, avec de fortes variations selon l’espèce et le milieu
mutualisme, commensalisme et parasitisme, trois repères pour décrire les effets d’une interaction entre espèces
3 catégoriesmutualisme, commensalisme et parasitisme, trois repères pour décrire les effets d’une interaction entre espèces

Le poisson-clown et l’anémone, une protection réciproque

Le poisson-clown vit parmi les tentacules urticants de certaines anémones de mer. Son mucus cutané limite l’action des cellules venimeuses, les cnidocytes, qui paralysent de petites proies. L’anémone lui fournit un abri contre de nombreux prédateurs. En retour, le poisson-clown peut apporter des restes de nourriture, repousser certains poissons qui grignotent l’anémone et stimuler la circulation de l’eau autour de ses tentacules.

Cette association relève généralement du mutualisme, même si ses bénéfices varient selon l’espèce et le milieu. Le poisson-clown dépose ses œufs sur une surface proche de l’anémone, puis les deux parents les ventilent avec leurs nageoires. L’éclosion survient souvent après 6 à 8 jours, avec une durée influencée par la température de l’eau. Les jeunes larves partent ensuite dans le plancton avant de chercher un récif et un hôte.

Les anémones tropicales vivent dans des eaux chaudes, souvent autour de 24 à 28 °C pour les récifs coralliens. Une hausse durable de la température peut provoquer le blanchissement des coraux et fragiliser l’ensemble de cet habitat. Le blanchissement concerne surtout les algues microscopiques vivant dans les tissus des coraux, mais il réduit aussi les abris disponibles pour de nombreux poissons associés aux récifs.

Les poissons nettoyeurs tiennent des stations de service

Dans les récifs, certains poissons nettoyeurs retirent des parasites, des morceaux de peau morte et des restes de mucus sur leurs clients. Le labre nettoyeur, absent du catalogue Anizoo, installe souvent une station reconnaissable. Des poissons de tailles différentes s’y présentent, ralentissent leurs mouvements et adoptent parfois une posture particulière. Le nettoyeur prélève alors de petites particules sur les branchies, la bouche ou la surface du corps.

Cette relation est souvent mutualiste, car le nettoyeur obtient sa nourriture et le client réduit sa charge de parasites. Elle demande toutefois une certaine confiance. Les nettoyeurs ne doivent pas être confondus avec tous les poissons qui picorent un gros animal. Un poisson-perroquet râpe surtout les algues et le substrat corallien avec son bec, tandis qu’un poisson-chirurgien consomme principalement des algues et défend parfois une zone de nourrissage.

Le service peut aussi devenir trompeur. Certains jeunes poissons imitent l’apparence ou le comportement d’un nettoyeur, puis mordent un morceau de mucus au lieu de retirer un parasite. Le client apprend à reconnaître les stations et les gestes fiables. Cette coopération dépend donc du comportement, de l’abondance des partenaires et de la possibilité pour le client de partir s’il est dérangé.

Les pique-bœufs et les grands herbivores

Le pique-bœuf est un oiseau africain qui se pose sur de grands mammifères, notamment des buffles, des girafes et des rhinocéros. Il consomme des tiques et d’autres petits organismes présents dans le pelage, mais aussi du sang provenant de plaies ou de parasites qu’il ouvre avec son bec. Le mammifère tolère souvent sa présence, car l’oiseau peut retirer une partie des parasites et donner l’alerte lorsqu’un danger approche.

Cette relation est parfois décrite comme mutualiste, mais elle n’est pas toujours bénéfique pour les deux partenaires. Un pique-bœuf qui agrandit une plaie ou retarde sa cicatrisation peut gêner son hôte. La relation se rapproche alors du parasitisme ou d’une interaction variable selon la situation. Le mot coopération doit donc être utilisé avec prudence, car le même couple d’espèces peut connaître des bénéfices différents selon les individus.

Les grands mammifères africains favorisent aussi d’autres associations. Les aigrettes et certains hérons suivent les animaux qui déplacent l’herbe ou la boue, puis capturent les insectes dérangés. Dans ce cas, l’oiseau profite surtout du travail involontaire du grand animal. Le mammifère n’obtient pas nécessairement d’avantage mesurable : cette relation correspond davantage au commensalisme.

Les fourmis et les pucerons, un échange de sucre

Les pucerons prélèvent la sève des plantes avec leur rostre. Cette sève contient souvent davantage de sucres que de protéines, et les pucerons rejettent une partie de ce liquide sous forme de miellat. Les fourmis viennent le recueillir avec leurs antennes ou leur bouche. Elles peuvent ensuite déplacer certains pucerons vers de jeunes pousses, les protéger contre des prédateurs et les abriter dans des endroits favorables.

Pour les fourmis, le miellat constitue une source d’énergie. Pour les pucerons, la protection contre les coccinelles, les larves de syrphes et les chrysopes peut augmenter les chances de survie. Cette association ressemble à un mutualisme, mais ses effets restent variables. Une forte présence de pucerons affaiblit la plante en prélevant sa sève, tandis que les fourmis peuvent défendre une ressource alimentaire qui profite peu à la plante.

L’échange ne signifie pas que les partenaires vivent toujours ensemble. Les fourmis quittent la plante pour rejoindre leur nid, et les pucerons peuvent se disperser grâce à des formes ailées lorsque la colonie devient trop dense ou que la plante dépérit. La relation change donc avec la saison, la croissance de la colonie et l’état de la plante hôte.

Le lichen, une association entre champignon et algue

Un lichen est formé par un champignon associé à un organisme photosynthétique, une algue verte ou une cyanobactérie. L’algue fabrique des sucres grâce à la lumière. Le champignon fournit une structure, retient l’eau et capte des sels minéraux. Il protège aussi les cellules photosynthétiques contre les variations de température et le dessèchement. Le lichen n’est donc pas une espèce unique au sens classique, mais un assemblage durable de partenaires.

Les lichens colonisent des rochers, des troncs, des toits et des sols pauvres. Leur croissance est souvent lente, de l’ordre de 0,1 à 10 millimètres par an selon l’espèce, le climat et le support. Cette lenteur explique pourquoi ils peuvent servir d’indicateurs de changements environnementaux, notamment pour la qualité de l’air. Ils restent toutefois sensibles à la sécheresse, à l’ombre excessive et aux polluants atmosphériques.

Le champignon domine généralement la forme visible, tandis que l’algue ou la cyanobactérie reste intégrée dans ses tissus. Certains lichens produisent des substances qui limitent les microbes concurrents ou ralentissent les herbivores. Les rennes et caribous consomment plusieurs lichens au sol, surtout en hiver, mais ces organismes poussent trop lentement pour supporter un piétinement ou une récolte répétée à grande échelle.

Mutualisme, commensalisme et parasitisme

Le mutualisme profite aux deux partenaires. Le poisson-clown gagne un refuge et l’anémone peut recevoir des restes alimentaires ou une défense contre certains prédateurs. Le commensalisme profite à une espèce sans effet important connu sur l’autre. Un oiseau qui capture les insectes chassés par un grand herbivore illustre cette situation, même si les frontières restent parfois difficiles à établir sur le terrain.

Le parasitisme profite au parasite et nuit à l’hôte. Une tique prélève du sang, un ver peut vivre dans le tube digestif et certains champignons exploitent les tissus d’une plante. Le parasite évite souvent de tuer rapidement son hôte, car il dépend de lui pour se nourrir, se développer ou se reproduire. Une relation peut cependant devenir très coûteuse lorsque les parasites sont nombreux ou que l’hôte est affaibli.

Ces catégories sont des repères pour comprendre une interaction, pas des étiquettes immuables. Une espèce peut être mutualiste avec un partenaire dans un contexte et gênante dans un autre. Le nettoyage d’un poisson peut réduire les parasites du client, tandis qu’un imitateur peut lui retirer du mucus. Pour étudier une alliance, les biologistes observent les bénéfices, les coûts, la durée des contacts et les effets sur la survie ou la reproduction.

Questions fréquentes

Le poisson-clown est-il immunisé contre le venin de l’anémone ?

Il n’est pas totalement immunisé. Son mucus cutané réduit l’action des cellules urticantes de l’anémone, et le poisson s’habitue progressivement à son hôte. Cette protection dépend de l’espèce, de l’anémone et du contact. Un poisson-clown placé brutalement avec une anémone inconnue peut être blessé.

Les pique-bœufs débarrassent-ils toujours les mammifères de leurs parasites ?

Non. Ils consomment des tiques et d’autres organismes, mais ils peuvent aussi picorer du sang ou agrandir une plaie. Le bénéfice dépend de l’état du mammifère et du comportement de l’oiseau. La relation peut donc varier entre mutualisme, commensalisme et interaction nuisible.

Pourquoi les fourmis protègent-elles les pucerons ?

Les pucerons rejettent du miellat, un liquide sucré issu de la sève végétale. Les fourmis le récoltent comme source d’énergie et peuvent défendre les pucerons contre des prédateurs. En échange, elles les déplacent parfois vers des pousses plus riches ou les mettent à l’abri.

Un lichen est-il une plante ?

Non. Un lichen associe principalement un champignon et une algue verte ou une cyanobactérie. L’algue ou la cyanobactérie produit des sucres grâce à la lumière, tandis que le champignon forme la structure et aide à retenir l’eau. Le lichen constitue une association durable entre partenaires.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel avantage l’anémone apporte-t-elle principalement au poisson-clown ?
  2. 2.Que récoltent les fourmis chez les pucerons ?
  3. 3.Quel terme décrit une relation qui profite aux deux partenaires ?
  4. 4.Quelle structure photosynthétique participe à la formation d’un lichen ?
  5. 5.Pourquoi le commensalisme est-il différent du mutualisme ?

Sources

  1. Muséum national d’histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  2. Office français de la biodiversité, connaissances sur les espèces et les milieux ofb.gouv.fr
  3. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  4. CNRS, dossiers et actualités scientifiques sur les interactions entre espèces cnrs.fr

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