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Les récifs coralliens

Les récifs coralliens sont construits par de minuscules polypes qui fabriquent un squelette calcaire. Leur diversité dépend d’une association intime avec des algues microscopiques, tandis que la hausse de la température de l’eau provoque des épisodes de blanchissement. Poissons, tortues, requins et crustacés y trouvent nourriture, abris et lieux de reproduction.

Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Comment un corail construit-il un récif ?
  2. La symbiose entre le polype et son algue
  3. Pourquoi les coraux blanchissent-ils ?
  4. Quels animaux vivent dans les récifs ?
  5. Des algues aux grands prédateurs
  6. Comment préserver les récifs coralliens ?
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
la longueur approximative de la Grande Barrière de corail, au large de l’Australie
2 300 kmla longueur approximative de la Grande Barrière de corail, au large de l’Australie
l’élévation au-dessus du maximum saisonnier local pouvant déclencher un blanchissement lorsqu’elle dure
1 à 2 °Cl’élévation au-dessus du maximum saisonnier local pouvant déclencher un blanchissement lorsqu’elle dure
la part approximative des espèces marines associées aux récifs coralliens, selon les estimations couramment citées
25 %la part approximative des espèces marines associées aux récifs coralliens, selon les estimations couramment citées
la baisse moyenne estimée de la couverture corallienne sur de nombreux récifs suivis depuis les années 1950, avec de fortes variations selon les régions
50 %la baisse moyenne estimée de la couverture corallienne sur de nombreux récifs suivis depuis les années 1950, avec de fortes variations selon les régions

Comment un corail construit-il un récif ?

Chaque polype corallien possède une bouche entourée de tentacules et sécrète une coupe de carbonate de calcium. Quand les polypes se multiplient par bourgeonnement, leurs squelettes s’empilent et forment une colonie. Au fil des générations, ces colonies bâtissent des structures qui peuvent mesurer plusieurs mètres de hauteur. Les coraux constructeurs vivent surtout dans des eaux peu profondes, claires et bien éclairées, car leurs algues partenaires ont besoin de lumière.

Le récif grandit lorsque la production de squelette dépasse l’érosion causée par les vagues, les animaux brouteurs et la dissolution chimique. Les poissons-perroquets raclent les surfaces pour manger les algues, puis rejettent une partie du calcaire sous forme de sable. Les poissons-chirurgiens consomment aussi des algues qui pourraient recouvrir les jeunes coraux. Cette activité de broutage maintient des zones dégagées où de nouvelles larves peuvent se fixer.

La symbiose entre le polype et son algue

Les cellules des coraux hébergent des algues microscopiques appelées Symbiodiniaceae, souvent désignées sous le terme courant de zooxanthelles. Grâce à la lumière, ces algues fabriquent des molécules organiques et en transfèrent une partie au polype. Le corail utilise cette énergie pour grandir, fabriquer son squelette et produire du mucus. En échange, l’algue reçoit du dioxyde de carbone, des sels minéraux et un abri dans les tissus transparents de l’animal.

Cette association varie selon les espèces de coraux, les profondeurs et les conditions locales. Certaines algues tolèrent mieux la chaleur ou une faible lumière que d’autres, ce qui influence la résistance d’une colonie. Le poisson-clown utilise les tentacules urticants d’une anémone, un autre cnidaire, grâce à une couche de mucus protectrice. Cette relation ressemble à celle du corail et de son algue par son bénéfice réciproque, avec des partenaires biologiquement différents.

Pourquoi les coraux blanchissent-ils ?

Le blanchissement survient lorsque le corail soumis à un stress perd une partie de ses algues ou de leurs pigments. Son squelette blanc devient alors visible à travers les tissus translucides. Une température de l’eau supérieure d’environ 1 à 2 °C au maximum habituel de la saison peut suffire si l’épisode dure plusieurs semaines. Une colonie blanchie reste vivante pendant un temps variable, mais elle manque d’énergie et devient plus vulnérable aux maladies et à l’érosion.

La chaleur n’est pas la seule cause : une eau très chargée en sédiments, une pollution, une forte luminosité ou une baisse brutale de la salinité peuvent aussi perturber le corail. Après un stress court, certaines colonies récupèrent leurs algues en quelques semaines à quelques mois. Lorsque la chaleur se prolonge, la mortalité augmente. La protection des herbivores, la réduction des apports polluants et la limitation du réchauffement agissent sur plusieurs facteurs à la fois.

Quels animaux vivent dans les récifs ?

Les anfractuosités du récif servent de refuges aux petits poissons, aux crevettes et aux crabes. Le diodon tacheté peut gonfler son corps lorsqu’il est menacé, en avalant de l’eau, tandis que l’hippocampe s’accroche aux algues et aux branches avec sa queue préhensile. Les poissons-clowns restent près de leur anémone hôte. Cette mosaïque de cachettes réduit l’exposition aux prédateurs et fournit des sites de ponte à de nombreuses espèces.

Les récifs nourrissent aussi des animaux de grande taille. Le requin-baleine fréquente certaines zones riches en plancton, et la tortue caouanne explore les fonds à la recherche de proies comme les mollusques. Dans les herbiers voisins, le dugong broute des plantes marines. Les habitats côtiers fonctionnent donc ensemble : le récif, les herbiers et les mangroves offrent des lieux différents aux mêmes populations au cours de leur vie.

Des algues aux grands prédateurs

Les algues fixées sur les roches constituent une ressource majeure pour le poisson-perroquet et le poisson-chirurgien. En raclant le substrat, le premier prélève aussi de petites particules minérales et contribue à produire du sable corallien. Le second possède des dents adaptées au broutage. Leurs repas limitent l’ombre portée par les algues sur les jeunes coraux, ce qui favorise le renouvellement des colonies après une perturbation.

Les petits poissons et les crustacés alimentent ensuite des prédateurs plus grands. La raie tachetée fouille le fond avec ses organes sensoriels, tandis que le requin-baleine filtre le plancton dans la colonne d’eau. Les relations alimentaires changent selon la profondeur, les marées et la saison. Retirer un grand nombre de brouteurs ou de prédateurs modifie ces équilibres et peut accélérer la domination des algues.

Comment préserver les récifs coralliens ?

Le réchauffement de l’océan augmente la fréquence des épisodes de blanchissement, tandis que l’acidification réduit la disponibilité des ions nécessaires à la fabrication du carbonate de calcium. La pêche excessive, les ancres, les aménagements côtiers et les eaux chargées de terre ou d’eaux usées ajoutent des pressions locales. Les récifs proches des côtes peuvent aussi subir la disparition des mangroves et des herbiers, qui retenaient des sédiments et servaient de nurseries.

Les mesures utiles associent réduction des émissions de gaz à effet de serre, aires marines protégées bien surveillées, limitation des rejets et pratiques de navigation adaptées. Les tortues marines et les grands requins bénéficient de règles internationales ou nationales selon les espèces et les régions. Pour un voyage, choisissez un opérateur qui évite le contact avec les coraux, ne nourrit pas les poissons et respecte les zones fermées. Les coraux cassés ne doivent jamais être rapportés comme souvenirs.

Questions fréquentes

Un corail est-il une plante ou un animal ?

Le corail est un animal. Il appartient aux cnidaires, comme les anémones et les méduses. Une colonie regroupe de nombreux polypes, chacun possédant une bouche et des tentacules. Les algues microscopiques installées dans ses tissus lui fournissent une partie importante de son énergie, ce qui explique son besoin de lumière.

Un corail blanchi est-il forcément mort ?

Non. Le blanchissement signifie que le corail a perdu une partie de ses algues ou de leurs pigments. Il peut récupérer si le stress cesse assez vite, parfois en quelques semaines ou quelques mois. Une chaleur prolongée, une maladie ou une mauvaise qualité de l’eau augmentent toutefois le risque de mortalité.

Pourquoi les poissons-perroquets sont-ils utiles aux récifs ?

Ils broutent les algues qui recouvrent les roches et les jeunes coraux. En raclant le substrat, ils ingèrent aussi du calcaire qu’ils rejettent sous forme de particules fines. Cette activité entretient des surfaces disponibles pour les larves de coraux et contribue à la formation du sable de certaines plages tropicales.

Peut-on toucher un corail pendant une plongée ?

Il vaut mieux éviter tout contact. Une main, une palme ou une ancre peut casser une colonie et déposer des microbes ou des substances irritantes sur ses tissus. Gardez une distance avec le fond, ne prélevez aucun morceau et choisissez les zones de mouillage prévues. Ces gestes protègent aussi les animaux cachés dans les fissures.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel organisme construit le squelette calcaire du récif ?
  2. 2.Que signifie le blanchissement d’un corail ?
  3. 3.Quel poisson produit une partie du sable corallien en broutant ?
  4. 4.Quelle relation unit souvent un poisson-clown et son anémone ?
  5. 5.Quelle condition augmente fortement le risque de blanchissement ?

Sources

  1. NOAA, Coral Reef Ecosystems noaa.gov
  2. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  3. Great Barrier Reef Marine Park Authority, Reef facts
  4. MNHN, Dossiers et ressources sur la biodiversité marine mnhn.fr

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