Les sociétés animales
Fourmis, abeilles, termites, rats-taupes nus et suricates vivent en groupe grâce à une répartition des tâches, des signaux et une entraide parfois très spécialisée. Ces sociétés montrent que coopérer ne signifie pas agir tous de la même manière : chaque individu contribue selon son âge, son rôle, sa taille ou sa place dans le groupe.
Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire10 parties
- Qu’est-ce qu’une société animale ?
- Fourmis : une colonie réglée par les odeurs
- Abeilles : une ruche informée par les danses
- Termites : construire et maintenir un climat
- Rat-taupe nu : une famille souterraine
- Suricates : surveiller pour protéger le groupe
- Des règles différentes selon les espèces
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
- l’effectif qu’une colonie d’abeilles domestiques peut atteindre dans une période favorable, avec de fortes variations selon la saison et les conditions de la ruche
- 50 000 individusl’effectif qu’une colonie d’abeilles domestiques peut atteindre dans une période favorable, avec de fortes variations selon la saison et les conditions de la ruche
- l’effectif maximal souvent cité pour une colonie de rats-taupes nus, les colonies observées étant fréquemment plus petites
- 300 individusl’effectif maximal souvent cité pour une colonie de rats-taupes nus, les colonies observées étant fréquemment plus petites
- le nombre habituel de femelle reproductrice dans une colonie de rats-taupes nus
- 1 reine reproductricele nombre habituel de femelle reproductrice dans une colonie de rats-taupes nus
- la taille courante d’un groupe de suricates, avec des variations selon les ressources, les naissances et les départs
- 4 à 12 individusla taille courante d’un groupe de suricates, avec des variations selon les ressources, les naissances et les départs
Qu’est-ce qu’une société animale ?
Une société animale réunit des individus qui vivent ensemble et coordonnent au moins une partie de leurs activités. Ils peuvent chercher de la nourriture, défendre un territoire, élever les jeunes ou construire un abri. Chez les fourmis, les abeilles et les termites, les membres d’une colonie sont souvent apparentés. Chez les suricates, plusieurs adultes participent à la surveillance et à l’élevage. La coopération augmente les chances de trouver des ressources et de détecter rapidement un prédateur.
La division du travail ne crée pas toujours des métiers fixes. Une jeune abeille reste d’abord dans la ruche pour nourrir les larves et entretenir les rayons, puis elle peut sortir butiner. Chez les fourmis, les ouvrières changent également de tâche selon leur âge et l’état du nid. Cette organisation repose sur des signaux simples, répétés des milliers de fois : odeurs, contacts des antennes, postures, cris ou déplacements.
Fourmis : une colonie réglée par les odeurs
Une fourmilière fonctionne sans chef qui donne des ordres à chaque ouvrière. Lorsqu’une fourmi trouve une source de nourriture, elle peut déposer une piste de phéromones, des substances odorantes qui guident ses congénères. Plus la ressource est intéressante et plus les passages se répètent, plus la piste devient marquée. D’autres ouvrières transportent les aliments, évacuent les déchets ou soignent le couvain, c’est-à-dire les œufs, les larves et les nymphes.
Les tâches changent souvent avec l’âge. Les ouvrières les plus jeunes restent davantage dans le nid, où elles nourrissent les larves et entretiennent les chambres. Les plus âgées sortent plus souvent, car elles sont exposées aux prédateurs et aux accidents. Chez certaines fourmis coupeuses de feuilles, les ouvrières découpent des fragments végétaux qui servent à cultiver un champignon. Elles ne mangent donc pas directement les feuilles rapportées, elles utilisent cette culture comme source de nourriture.
Abeilles : une ruche informée par les danses
Dans une colonie d’abeilles domestiques, les ouvrières ne réalisent pas toutes la même tâche. Certaines nettoient les cellules, nourrissent les larves, fabriquent la cire ou ventilent la ruche. D’autres sortent récolter le nectar, le pollen, l’eau et les résines. L’âge influence ces activités, mais les besoins de la colonie peuvent accélérer ou ralentir les changements. Une ruche peut ainsi réorganiser ses ouvrières après une forte perte de butineuses.
Pour signaler une ressource éloignée, une ouvrière réalise une danse en forme de huit sur les rayons. L’angle de son déplacement indique la direction par rapport au soleil, tandis que la durée et l’intensité du mouvement donnent une indication sur la distance et l’intérêt de la source. Les butineuses mémorisent aussi des repères visuels et olfactifs. Cette communication permet à de nombreuses abeilles de visiter la même zone sans carte ni chef central.
Termites : construire et maintenir un climat
Les termites vivent dans des colonies qui peuvent compter de nombreux individus et qui comprennent des ouvriers, des soldats et des reproducteurs. Les ouvriers nourrissent les autres membres, creusent les galeries et réparent les parois. Les soldats possèdent des mandibules puissantes ou des moyens de défense chimiques, selon l’espèce. Une colonie dépend donc de plusieurs formes physiques adaptées à des tâches différentes.
Les termitières régulent les échanges d’air, l’humidité et la température grâce à leur réseau de galeries. Les ouvriers bouchent certaines ouvertures, déplacent de la terre et entretiennent les chambres où grandissent les jeunes. Cette architecture collective change avec la météo et l’état de la colonie. Les termites communiquent par contacts, vibrations et substances chimiques déposées sur le sol ou les parois.
Rat-taupe nu : une famille souterraine
Le rat-taupe nu vit en Afrique de l’Est, dans des réseaux de galeries creusées dans un sol souvent sec et compact. Sa colonie comprend une femelle reproductrice, des mâles reproducteurs et de nombreux individus qui ne se reproduisent généralement pas. Ces derniers creusent, transportent la terre, recherchent des racines et s’occupent des petits. Les membres du groupe dorment serrés les uns contre les autres pour conserver la chaleur.
La femelle reproductrice ne dirige pas chaque déplacement, mais elle maintient une organisation sociale par des contacts et des comportements de domination. Les autres individus peuvent se relayer selon la taille du tunnel ou la tâche à accomplir. Les jeunes sont nourris par plusieurs adultes, ce qui répartit la charge de l’élevage. Cette coopération est adaptée à une vie souterraine où l’espace, l’oxygène et les ressources sont limités.
Suricates : surveiller pour protéger le groupe
Le suricate vit en groupes familiaux dans les régions sèches d’Afrique australe. Pendant qu’une partie du groupe cherche des insectes, des petits vertébrés et des œufs, un individu se place souvent sur un point élevé. Il observe les alentours et lance un cri lorsqu’il repère un rapace, un chacal ou un autre danger. Les autres suricates interrompent alors leur activité et rejoignent rapidement un terrier ou un abri.
Les adultes participent aux soins des jeunes, même si la femelle dominante assure généralement l’essentiel de la reproduction. Des adultes gardent les petits pendant que les autres se nourrissent. Les cris varient selon le type de menace et sa direction approximative. La sentinelle gagne aussi à surveiller, car le groupe peut l’alerter lorsqu’un prédateur approche de son propre poste. La coopération repose ici sur l’alternance des rôles et sur une communication vocale rapide.
Des règles différentes selon les espèces
Les sociétés animales n’obéissent pas toutes au même modèle. Chez les fourmis, les abeilles et les termites, la reproduction est souvent concentrée chez quelques individus et la majorité travaille pour la colonie. Chez le suricate, le lycaon ou le babouin, plusieurs adultes peuvent se reproduire, tandis que les membres du groupe coopèrent surtout pour la chasse, la surveillance ou les soins aux jeunes.
La coopération a aussi un coût. Un animal qui garde les petits ou surveille les alentours mange moins pendant ce temps. Le groupe reste avantageux lorsque l’aide reçue compense cette dépense, par exemple grâce à une meilleure protection contre les prédateurs ou à la réussite accrue des jeunes. Les comportements sociaux varient donc avec le milieu, la nourriture disponible, la taille du groupe et la pression exercée par les ennemis naturels.
Questions fréquentes
Les fourmis ont-elles une reine qui commande les ouvrières ?
La reine pond les œufs, mais elle ne dirige pas chaque déplacement. Les ouvrières se coordonnent surtout grâce aux phéromones, aux contacts et aux informations rapportées au nid. La reine a donc principalement un rôle reproducteur. Les tâches quotidiennes sont distribuées entre les ouvrières selon leur âge, leur état et les besoins de la colonie.
Pourquoi les abeilles dansent-elles ?
Une butineuse peut danser sur les rayons pour indiquer à d’autres ouvrières la direction et la distance approximative d’une source de nourriture. L’orientation de la danse est liée à la position du soleil, tandis que la durée des mouvements renseigne sur l’éloignement. L’odeur des fleurs complète cette information lorsque les autres abeilles recherchent la ressource.
Le suricate sentinelle reste-t-il toujours le même animal ?
Non. La surveillance alterne entre plusieurs membres du groupe. Une sentinelle se place souvent sur un point élevé, observe les alentours et émet des cris d’alarme. Pendant ce temps, les autres recherchent de la nourriture ou s’occupent des jeunes. Le tour de garde peut s’interrompre si l’animal rejoint rapidement un abri face à une menace.
Les rats-taupes nus sont-ils des rongeurs solitaires ?
Non. Ils vivent en colonies souterraines organisées, avec une femelle reproductrice, quelques mâles reproducteurs et des individus qui creusent, nourrissent les jeunes ou entretiennent les galeries. Leur peau presque dépourvue de poils et leur vie en tunnel les distinguent des rats familiers, mais ils appartiennent bien à l’ordre des rongeurs.
Testez-vous
5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, portail de la biodiversité française inpn.mnhn.fr
- OFB, Office français de la biodiversité, ressources sur la faune sauvage ofb.gouv.fr
- WWF France, espèces et fonctionnement des écosystèmes wwf.fr
- EAZA, European Association of Zoos and Aquaria, ressources sur les espèces et la conservation eaza.net
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Les espèces de cette page

Suricate
Suricata suricatta
LCPréoccupation mineure
Lycaon
Lycaon pictus
ENEn danger
Hyène tachetée
Crocuta crocuta
LCPréoccupation mineure
Babouin olive
Papio anubis
LCPréoccupation mineure
Chimpanzé commun
Pan troglodytes
ENEn danger
Bonobo
Pan paniscus
ENEn danger
Castor du Canada
Castor canadensis
LCPréoccupation mineure
Grand fourmilier
Myrmecophaga tridactyla
VUVulnérable
Campagnol sylvestre
Microtus agrestis
LCPréoccupation mineure
Éléphant d’Afrique
Loxodonta africana
ENEn danger




