Aller au contenu

Les grandes migrations animales

Chaque année, des animaux parcourent des centaines ou des milliers de kilomètres pour se nourrir, se reproduire ou rejoindre un climat plus favorable. Sterne arctique, gnou, baleine à bosse, papillon monarque, saumon et caribou utilisent des repères différents, du soleil au champ magnétique terrestre.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Des trajets qui dépassent parfois un continent
  2. Gnous et zèbres suivent les pluies
  3. Des océans aux cours d’eau douce
  4. Insectes et grands herbivores changent de latitude
  5. Soleil, étoiles et champ magnétique donnent le cap
  6. Les migrations dépendent de relais préservés
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
distance annuelle approximative parcourue par une sterne arctique, selon les itinéraires et les populations
70 000 kmdistance annuelle approximative parcourue par une sterne arctique, selon les itinéraires et les populations
ordre de grandeur du circuit annuel des gnous du Serengeti, avec des variations selon les pluies
1 000 kmordre de grandeur du circuit annuel des gnous du Serengeti, avec des variations selon les pluies
distance parcourue dans un sens par certaines populations de baleines à bosse entre alimentation et reproduction
8 000 kmdistance parcourue dans un sens par certaines populations de baleines à bosse entre alimentation et reproduction
distance approximative du voyage du monarque entre le Canada et ses sites d’hivernage au Mexique
4 000 kmdistance approximative du voyage du monarque entre le Canada et ses sites d’hivernage au Mexique

Des trajets qui dépassent parfois un continent

La sterne arctique est l’un des grands voyageurs du monde animal. Elle niche dans les régions arctiques, puis gagne les eaux proches de l’Antarctique lorsque l’hiver arrive au nord. Son trajet annuel peut approcher 70 000 km, avec des détours liés aux vents et aux zones riches en poissons. Elle profite ainsi de deux étés successifs, l’un dans l’hémisphère Nord, l’autre dans l’hémisphère Sud.

D’autres oiseaux marins parcourent aussi de très longues distances. L’albatros hurleur passe la plus grande partie de sa vie en mer et utilise les vents pour planer avec peu de battements d’ailes. Chez les mammifères marins, la baleine à bosse quitte les eaux froides riches en nourriture pour rejoindre des mers tropicales ou subtropicales où les femelles mettent bas. Les trajets varient selon les populations et les océans fréquentés.

Gnous et zèbres suivent les pluies

Dans le Serengeti, en Tanzanie, et le Masai Mara, au Kenya, environ un million de gnous se déplacent au fil des saisons, accompagnés par des zèbres des plaines et des gazelles. Le troupeau recherche les jeunes pousses après les pluies, puis gagne des secteurs où l’herbe reste disponible. Le circuit annuel mesure souvent autour de 1 000 km, avec de fortes variations selon les précipitations.

Les traversées de rivières concentrent les dangers. Les animaux doivent franchir des berges abruptes, éviter les crocodiles et supporter la foule du troupeau. Les zèbres ouvrent parfois la marche ou avancent avec les gnous, car leurs préférences alimentaires diffèrent légèrement. Cette association permet d’exploiter plusieurs hauteurs d’herbe sur une même zone et de réduire le temps passé à rechercher une nourriture adaptée.

Des océans aux cours d’eau douce

La baleine à bosse se nourrit surtout dans les eaux froides et riches en krill ou en petits poissons. Elle migre ensuite vers des eaux plus chaudes pour s’accoupler et mettre bas. Certaines populations parcourent environ 8 000 km dans un sens. Les baleineaux naissent dans une eau plus chaude, où leur mère dépense beaucoup d’énergie pour produire un lait très riche.

Le saumon sockeye accomplit un autre type de voyage. Né en eau douce, il gagne l’océan pour grandir, puis revient vers le cours d’eau où il est né ou vers son bassin d’origine. Il doit franchir des rapides et peut parcourir plus d’un millier de kilomètres selon la rivière. Après la reproduction, les adultes meurent généralement, et leur corps apporte des nutriments aux écosystèmes riverains.

Insectes et grands herbivores changent de latitude

Le papillon monarque d’Amérique du Nord peut parcourir près de 4 000 km entre le Canada et les sites d’hivernage du centre du Mexique. Aucun individu ne réalise toujours l’aller-retour complet. Plusieurs générations se succèdent vers le nord, tandis qu’une génération dite migratrice vit plus longtemps à l’automne et effectue le retour. Elle utilise notamment la position du soleil et une horloge biologique interne.

Le caribou suit les variations saisonnières de la végétation et l’accès aux zones de mise bas. Selon les hardes, les déplacements annuels vont de quelques dizaines à plus de 1 000 km. Le caribou des bois peut aussi effectuer des mouvements saisonniers, mais toutes les populations ne sont pas migratrices sur de longues distances. La neige, les cours d’eau et la présence de prédateurs modifient les itinéraires.

Soleil, étoiles et champ magnétique donnent le cap

Le soleil fournit une direction qui change au cours de la journée. Des oiseaux migrateurs corrigent cette variation grâce à leur horloge interne et à la hauteur du soleil. La nuit, certaines espèces utilisent les étoiles. Les jeunes oiseaux peuvent apprendre une carte du ciel avant leur premier départ, puis conserver une direction générale même lorsqu’ils voyagent seuls.

Le champ magnétique terrestre fournit un repère invisible. Des expériences montrent que des oiseaux, des tortues marines, des papillons et des poissons peuvent détecter des informations liées à l’intensité ou à l’inclinaison du champ magnétique. Chez le saumon, les odeurs de l’eau et la mémoire du milieu complètent probablement cette boussole. Chez le monarque, le soleil et l’horloge circadienne, c’est-à-dire le rythme de près de 24 heures, jouent un rôle documenté.

Les migrations dépendent de relais préservés

Une migration repose sur plusieurs lieux utiles : zone de reproduction, halte pour se reposer, site d’alimentation et refuge saisonnier. La disparition d’un seul relais peut ralentir ou interrompre le trajet. Les barrages gênent les saumons, les clôtures et les routes coupent les passages des caribous, tandis que la disparition des plantes hôtes réduit les possibilités de reproduction du monarque.

La protection passe par des mesures adaptées à chaque espèce : passages à faune, aménagements pour la circulation des poissons, réduction de la destruction des prairies et des zones humides, limitation des perturbations sur les plages ou les sites de reproduction. En France, les espèces protégées ne peuvent pas être capturées, détruites ou perturbées dans les conditions prévues par la réglementation. Pour connaître les statuts et les aires de présence, l’INPN du Muséum national d’Histoire naturelle constitue une référence publique.

Questions fréquentes

Pourquoi les animaux migrent-ils ?

La migration répond généralement à un changement saisonnier des ressources ou des conditions de vie. Un animal peut rejoindre une zone où la nourriture est plus abondante, un lieu de reproduction moins froid ou une région où les jeunes auront davantage de chances de survivre. Le trajet coûte de l’énergie et expose aux prédateurs, aux intempéries et aux obstacles humains.

Tous les animaux d’une même espèce migrent-ils ?

Non. Les populations d’une même espèce peuvent avoir des comportements différents. Certains caribous parcourent de longues distances, tandis que d’autres se déplacent moins. Chez les baleines à bosse, les itinéraires et les périodes varient selon les océans. L’âge, le sexe, la nourriture disponible et les conditions météorologiques peuvent aussi modifier le départ ou la route.

Comment un saumon retrouve-t-il sa rivière ?

Le saumon utilise plusieurs indices. Après avoir grandi dans l’océan, il reconnaît probablement la signature chimique de l’eau de son bassin d’origine lorsqu’il approche de la côte et des rivières. Le champ magnétique terrestre peut l’aider pendant la partie marine du voyage. Les scientifiques étudient encore la combinaison exacte de ces repères selon les espèces et les populations.

Les migrations sont-elles menacées par le changement climatique ?

Oui, car le réchauffement modifie les dates de floraison, la disponibilité des proies, l’enneigement et la température de l’eau. Un insecte peut arriver après la floraison de sa plante hôte, tandis qu’un saumon rencontre une rivière trop chaude. Les migrations subissent aussi la fragmentation des habitats, les routes, les barrages, la chasse illégale et la pollution lumineuse.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle distance annuelle est souvent associée à la sterne arctique ?
  2. 2.Pourquoi les gnous se déplacent-ils dans le Serengeti ?
  3. 3.Quel animal revient généralement vers l’eau douce pour se reproduire ?
  4. 4.Quel repère invisible peut contribuer à l’orientation ?
  5. 5.Pourquoi le monarque migrateur vit-il plus longtemps que les générations qui partent vers le nord ?

Sources

  1. NOAA Fisheries, Humpback Whale fisheries.noaa.gov
  2. U.S. National Park Service, Monarch Butterflies nps.gov
  3. U.S. Geological Survey, Salmon science usgs.gov
  4. Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr

Mis à jour le .

Les espèces de cette page

À lire aussi