Aller au contenu

Les pollinisateurs

Abeilles, papillons, syrphes et certaines chauves-souris transportent le pollen d’une fleur à l’autre. Ce service naturel permet la formation de nombreux fruits et graines, tout en soutenant des chaînes alimentaires entières. Leur diversité, leurs techniques de recherche de nourriture et les menaces qui les touchent montrent pourquoi chaque milieu fleuri compte.

Mis à jour le 9 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. À quoi servent les pollinisateurs ?
  2. Abeilles domestiques et abeilles sauvages
  3. Papillons et syrphes, des visiteurs reconnaissables
  4. Les chauves-souris nectarivores sous les tropiques
  5. Pourquoi les pollinisateurs diminuent-ils ?
  6. Comment aider les pollinisateurs ?
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
la part approximative des principales plantes cultivées dans le monde qui dépendent au moins en partie de la pollinisation animale
75 %la part approximative des principales plantes cultivées dans le monde qui dépendent au moins en partie de la pollinisation animale
la température à partir de laquelle les abeilles domestiques peuvent généralement commencer à voler, avec des variations selon le vent, l’ensoleillement et l’état de la colonie
12 °Cla température à partir de laquelle les abeilles domestiques peuvent généralement commencer à voler, avec des variations selon le vent, l’ensoleillement et l’état de la colonie
le nombre fréquent d’ouvrières dans une colonie d’abeilles domestiques en période estivale
20 000 à 60 000le nombre fréquent d’ouvrières dans une colonie d’abeilles domestiques en période estivale
la distance souvent parcourue par une abeille domestique entre la ruche et les fleurs, avec des trajets parfois plus longs lorsque les ressources sont rares
3 à 5 kmla distance souvent parcourue par une abeille domestique entre la ruche et les fleurs, avec des trajets parfois plus longs lorsque les ressources sont rares

À quoi servent les pollinisateurs ?

Lorsqu’un animal visite une fleur, des grains de pollen peuvent se fixer à ses poils, ses plumes ou sa peau. En arrivant sur une autre fleur de la même espèce, ils permettent la fécondation et la formation de graines ou de fruits. Les abeilles recherchent surtout le nectar et le pollen, tandis que les papillons utilisent leur longue trompe pour atteindre les fleurs profondes.

Environ 75 % des principales plantes cultivées dans le monde dépendent au moins en partie de la pollinisation animale, selon la FAO. Les pollinisateurs nourrissent aussi les plantes sauvages, qui produisent ensuite des graines pour les oiseaux, les petits mammifères et de nombreux insectes. Une prairie riche en fleurs soutient donc plusieurs niveaux de la chaîne alimentaire.

Abeilles domestiques et abeilles sauvages

L’abeille domestique vit dans une colonie organisée autour d’une reine, de milliers d’ouvrières et, à la belle saison, de mâles appelés faux-bourdons. Une ouvrière récolte nectar et pollen, nourrit les larves, nettoie les cellules et ventile la ruche. En été, une colonie compte souvent de 20 000 à 60 000 ouvrières, avec des variations selon la race, la saison et les ressources disponibles.

Les abeilles sauvages regroupent des centaines d’espèces en France. La majorité ne forme pas de grandes colonies : certaines creusent un terrier dans le sol, d’autres utilisent une tige creuse, une fissure ou une coquille vide. Leur rayon de recherche est souvent plus court que celui de l’abeille domestique. Elles visitent parfois des fleurs délaissées par cette dernière et assurent une pollinisation efficace par temps frais ou dans des habitats morcelés.

Une abeille domestique peut butiner plusieurs kilomètres autour de la ruche, surtout lorsque les fleurs sont dispersées. Les espèces sauvages ont des tailles, des périodes d’activité et des préférences florales différentes. Garder des plantes en fleurs du printemps à l’automne, laisser quelques zones de sol nu et éviter de détruire les tiges creuses protège leurs lieux de nidification.

Papillons et syrphes, des visiteurs reconnaissables

Les papillons adultes recherchent le nectar avec une trompe enroulée au repos. Les espèces à trompe courte préfèrent les fleurs ouvertes, tandis que celles à trompe longue atteignent des corolles plus profondes. Le pollen se dépose sur leur tête, leurs pattes ou les écailles de leurs ailes. La chenille, elle, ne pollinise pas : elle se nourrit de végétaux propres à son espèce ou à sa famille de plantes.

Le monarque parcourt de longues distances entre ses zones de reproduction et ses sites d’hivernage en Amérique du Nord. Le paon bleu peut utiliser des jardins, des lisières et des prairies, à condition d’y trouver des fleurs et des plantes nourricières pour ses chenilles. Le mormon, papillon d’Asie et d’Australie, illustre une autre stratégie : certaines de ses chenilles imitent des déjections d’oiseaux pour être moins repérables.

Les syrphes sont des mouches, reconnaissables chez beaucoup d’espèces à leurs bandes jaunes et noires. Leur vol stationnaire peut les faire confondre avec une abeille ou une guêpe, mais ils n’ont qu’une paire d’ailes. Les adultes visitent les fleurs, tandis que leurs larves peuvent manger des pucerons, filtrer des particules dans l’eau ou vivre dans du bois en décomposition. Leur présence indique souvent une diversité d’habitats, sans suffire à elle seule pour juger la santé d’un milieu.

Les chauves-souris nectarivores sous les tropiques

Dans les régions tropicales, des chauves-souris nectarivores transportent le pollen de fleurs qui s’ouvrent la nuit. Leur museau allongé, leur langue mobile et leur odorat les aident à repérer des fleurs riches en nectar. Elles peuvent parcourir plusieurs kilomètres pendant une nuit et déposer du pollen sur des plantes que les insectes visitent peu, notamment certains cactus, baobabs et arbres fruitiers.

Ces espèces ne vivent pas en France métropolitaine. La chauve-souris blonde et le grand rhinolophe présents dans le catalogue sont insectivores : ils capturent des papillons de nuit, des coléoptères et d’autres arthropodes, sans jouer le même rôle de pollinisation florale. Cette distinction permet de ne pas attribuer à toutes les chauves-souris un régime alimentaire identique.

Les chauves-souris nectarivores subissent la destruction des forêts, la raréfaction des arbres en fleurs et les collisions avec des infrastructures. La conservation de corridors boisés, de grands arbres et de plantes locales à floraison nocturne protège à la fois leurs déplacements et la reproduction de certaines plantes. Dans un jardin français, une floraison nocturne aide surtout les papillons de nuit et d’autres insectes, plutôt que des chauves-souris nectarivores.

Pourquoi les pollinisateurs diminuent-ils ?

Un pollinisateur a besoin de nourriture, d’un abri et d’un lieu de reproduction. La disparition des haies, des prairies et des friches réduit les fleurs disponibles, tandis que la tonte répétée supprime les plantes avant leur floraison. Les pesticides peuvent intoxiquer directement certains insectes ou réduire les plantes et les proies dont ils dépendent. Le changement climatique décale aussi les floraisons et les périodes d’activité.

La lumière artificielle nocturne modifie les déplacements des papillons de nuit et peut les attirer jusqu’à l’épuisement. Les sécheresses prolongées diminuent la production de nectar, alors que des pluies froides et continues empêchent les insectes de voler. Les chauves-souris insectivores, comme le grand rhinolophe, sont alors touchées indirectement lorsque les populations d’insectes baissent.

Les réponses efficaces associent plusieurs milieux : haies fleuries, bandes enherbées, arbres anciens, mares, sols nus et zones de végétation laissées jusqu’à la fin de la floraison. Une gestion différenciée évite de couper toutes les plantes au même moment. Les espèces exotiques envahissantes et les plantes horticoles très sélectionnées ne remplacent pas automatiquement la diversité de plantes locales dont les chenilles et les abeilles sauvages ont besoin.

Comment aider les pollinisateurs ?

Au jardin ou sur un balcon, plantez des espèces qui se relaient entre la fin de l’hiver et l’automne, avec des fleurs de formes différentes. Laissez une petite zone de sol nu pour les abeilles terricoles, conservez quelques tiges sèches jusqu’au printemps et placez une coupelle d’eau peu profonde avec des pierres émergées. Ces aménagements fournissent respectivement un lieu de nidification, des tiges creuses et un point d’abreuvement sans risque de noyade.

Évitez les traitements insecticides de routine et demandez conseil avant toute intervention contre un ravageur. Une plante couverte d’insectes n’est pas forcément malade : les pucerons nourrissent les larves de syrphes et d’autres prédateurs. Dans une école, observer une même parcelle chaque mois permet de noter les fleurs présentes, les insectes visités et les périodes de floraison sans capturer les animaux.

Acheter du miel ne remplace pas la protection des abeilles sauvages, qui ont des besoins différents de ceux d’une ruche. L’installation d’une ruche demande des connaissances, du matériel et le respect des règles locales. Pour observer un papillon, gardez une distance suffisante, ne le touchez pas par les ailes et photographiez la plante sur laquelle il se pose : ce détail aide souvent à l’identification.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une abeille domestique et une abeille sauvage ?

L’abeille domestique vit dans une colonie pérenne entretenue par des ouvrières et peut être installée dans une ruche. Une abeille sauvage peut vivre seule ou en petit groupe, creuser son nid dans le sol ou utiliser une cavité. Ces espèces ont des périodes d’activité, des fleurs préférées et des distances de déplacement différentes.

Les syrphes piquent-ils comme les guêpes ?

Les syrphes ne possèdent pas de dard et ne piquent pas. Leur ressemblance avec certaines guêpes ou abeilles constitue un camouflage. Ils se reconnaissent souvent à leur vol stationnaire et à leurs deux ailes, alors que les abeilles et les guêpes en ont quatre. Leurs larves peuvent aussi consommer de nombreux pucerons.

Toutes les chauves-souris pollinisent-elles les fleurs ?

Non. Les chauves-souris nectarivores jouent ce rôle surtout dans les régions tropicales, où certaines fleurs s’ouvrent la nuit. Les chauves-souris françaises du catalogue, comme le grand rhinolophe, mangent principalement des insectes. Elles peuvent donc aider indirectement les plantes en régulant des populations d’insectes, sans transporter leur pollen.

Que faire si je trouve un pollinisateur affaibli ?

Laissez l’insecte au calme sur une fleur ou une plante, sans le manipuler ni lui donner de liquide sucré. S’il est coincé dans un bâtiment, ouvrez une issue vers l’extérieur et éloignez les enfants et les animaux domestiques. Pour une colonie d’abeilles installée dans un lieu gênant, contactez un apiculteur ou la mairie plutôt que d’utiliser un insecticide.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel animal possède deux ailes et appartient à l’ordre des diptères ?
  2. 2.Quelle partie de l’abeille transporte souvent le pollen ?
  3. 3.Quel rôle jouent généralement les chenilles de papillons ?
  4. 4.Pourquoi une diversité de pollinisateurs est-elle utile ?
  5. 5.Quelle action aide une abeille sauvage à nicher ?

Sources

  1. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Pollinisation et pollinisateurs fao.org
  2. Office français de la biodiversité, rubrique pollinisateurs ofb.gouv.fr
  3. Muséum national d’histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  4. Union internationale pour la conservation de la nature, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org

Mis à jour le .

Les espèces de cette page

À lire aussi