Aller au contenu

Les géants des océans

Dans l’océan, la taille sert à parcourir de longues distances, filtrer des tonnes d’eau ou résister à une pression immense. Baleine bleue, requin-baleine, calmar géant, raie manta, cachalot et tortue luth montrent six façons de vivre dans un monde où la lumière disparaît parfois à quelques centaines de mètres.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Filtrer le plancton, une stratégie de géant
  2. Des plongées dans un monde sans lumière
  3. Des voyageurs entre les mers
  4. Des corps faits pour la pression et le froid
  5. Observer les géants pendant leurs plongées
  6. Collisions, filets et autres menaces
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
la longueur maximale souvent donnée pour la baleine bleue, selon les sources et les individus mesurés
30 mla longueur maximale souvent donnée pour la baleine bleue, selon les sources et les individus mesurés
une profondeur de plongée exceptionnelle rapportée pour le cachalot
2 250 mune profondeur de plongée exceptionnelle rapportée pour le cachalot
une envergure maximale couramment rapportée pour la raie manta géante, la plus grande des raies
7 mune envergure maximale couramment rapportée pour la raie manta géante, la plus grande des raies
une profondeur de plongée maximale rapportée pour la tortue luth
1 280 mune profondeur de plongée maximale rapportée pour la tortue luth

Filtrer le plancton, une stratégie de géant

La baleine bleue se nourrit surtout de krill, de petits crustacés qui se regroupent en essaims. Elle ouvre largement la bouche, avance dans la nappe de proies, puis repousse l’eau avec sa langue à travers ses fanons. Ces lames souples retiennent les animaux, tandis que l’eau ressort. Un adulte peut avaler plusieurs tonnes de krill par jour pendant les périodes où cette ressource est abondante.

Le requin-baleine et la raie manta filtrent eux aussi des organismes minuscules, mais ils ne possèdent pas de fanons. Leur bouche dirige l’eau vers des structures filtrantes situées dans la gorge. Le requin-baleine fréquente souvent les eaux chaudes et certains rassemblements saisonniers de plancton. La raie manta utilise ses larges nageoires pectorales pour avancer et peut effectuer des boucles dans les zones riches en nourriture.

Des plongées dans un monde sans lumière

Le cachalot est le spécialiste des grandes profondeurs parmi les mammifères marins de ce dossier. Il peut rester sous l’eau plus d’une heure lors de plongées exceptionnelles et descendre à plus de 2 000 mètres. Il repère ses proies par écholocation, en produisant des clics puissants. Ses proies principales sont des calmars et des poissons vivant dans la zone sombre de l’océan.

Le calmar géant a été observé vivant dans son milieu naturel grâce à des engins sous-marins, car il fréquente des profondeurs où la pression est très élevée. Ses grands yeux sont adaptés à la faible lumière et peuvent repérer les silhouettes ou les mouvements. Ses tentacules portent des ventouses, parfois accompagnées de structures denticulées, qui aident à saisir les proies.

Des voyageurs entre les mers

La baleine bleue se déplace entre des zones d’alimentation froides et des régions de reproduction plus chaudes. La distance parcourue varie selon la population et les conditions de l’année. La baleine à bosse accomplit aussi de longues migrations, parfois sur plusieurs milliers de kilomètres. Elle jeûne souvent durant une partie de la reproduction, en utilisant les réserves accumulées pendant la saison d’alimentation.

La tortue luth traverse des bassins océaniques entiers. Sa carapace souple, son corps hydrodynamique et sa capacité à maintenir une température corporelle supérieure à celle de l’eau environnante l’aident à fréquenter des mers plus froides que les autres tortues marines. Les femelles reviennent pondre sur des plages adaptées, souvent dans la région où elles sont nées, même si ce retour n’est pas absolument systématique.

Des corps faits pour la pression et le froid

La taille de la baleine bleue limite les pertes de chaleur dans l’eau, mais elle impose aussi de trouver beaucoup de nourriture. Sa couche de graisse contribue à l’isolation et aux réserves énergétiques. Le cachalot stocke également des réserves dans ses tissus et possède une physiologie adaptée aux apnées. Avant de plonger, il ralentit son rythme cardiaque et dirige davantage de sang vers les organes qui en ont besoin.

La tortue luth ne possède pas une carapace dure comparable à celle de la tortue caouanne. Sa peau épaisse recouvre une carapace flexible formée de petites plaques osseuses. Cette structure réduit sa rigidité et accompagne les mouvements durant les longues traversées. La raie manta, elle, reste principalement dans les eaux où ses proies sont accessibles, avec des déplacements verticaux et horizontaux liés à la température et au plancton.

Observer les géants pendant leurs plongées

À la surface, un souffle, une nageoire ou une ombre peuvent révéler la présence d’un animal avant que son corps apparaisse. Les cétacés doivent pouvoir remonter respirer, ce qui rend les regroupements de bateaux dangereux. Une approche trop proche modifie leurs déplacements, interrompt leur repos ou sépare une mère de son jeune. En France, l’observation doit respecter les règles locales et les distances prévues pour limiter le dérangement.

Les observations en profondeur reposent sur des submersibles, des caméras, des balises et des enregistreurs acoustiques. Ces outils permettent de suivre les déplacements sans capturer les animaux. Les sons servent à reconnaître certaines espèces, à repérer des groupes et à mesurer l’effet du bruit sous-marin. Pour les particuliers, garder une distance avec un animal marin, réduire la vitesse et ne jamais le toucher sont des gestes de sécurité et de protection.

Collisions, filets et autres menaces

Les navires peuvent percuter des baleines lorsqu’ils circulent dans des zones de passage ou d’alimentation. Le risque augmente avec la vitesse et lorsque le trafic est dense. Les filets et les lignes de pêche peuvent aussi entraîner une baleine, une tortue luth ou une raie. L’animal peut se noyer, se blesser ou perdre de l’énergie en tentant de se libérer. Des dispositifs d’alerte, des changements de route et la réduction de vitesse font partie des solutions étudiées ou appliquées selon les secteurs.

La pollution sonore gêne les espèces qui utilisent les sons pour communiquer ou chasser. Les déchets flottants et les sacs peuvent être avalés par des tortues, tandis que le changement climatique modifie la répartition du plancton et la température des eaux. En cas d’animal marin blessé sur le littoral, ne le remettez pas à l’eau et appelez le centre de soins pour la faune sauvage compétent ou l’OFB. Gardez les personnes et les chiens à distance.

Questions fréquentes

Quel est le plus grand animal de la planète ?

La baleine bleue est le plus grand animal connu, plus longue et plus lourde que les dinosaures terrestres dont les fossiles sont bien documentés. Les dimensions varient selon les individus et les populations. Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles, comme chez plusieurs espèces de baleines à fanons.

Le requin-baleine est-il une baleine ?

Non. Le requin-baleine est un poisson cartilagineux, proche des autres requins et des raies. Il respire avec des branchies et se reproduit comme un requin. Son nom vient de sa grande taille et de son alimentation par filtration, qui rappellent certains cétacés.

Pourquoi les grands animaux marins avalent-ils du plastique ?

Les déchets peuvent ressembler à des proies ou se mélanger aux organismes filtrés. Une tortue luth peut confondre un sac flottant avec une méduse, tandis qu’un animal filtreur peut retenir de petits fragments avec sa nourriture. L’ingestion peut provoquer une obstruction, une blessure ou un affaiblissement. Il faut signaler un animal échoué sans le manipuler.

Que faire si une baleine ou une tortue est échouée ?

Gardez une distance d’au moins plusieurs mètres, éloignez les chiens et ne remettez pas l’animal à l’eau. Ne tirez pas sur ses nageoires et ne versez pas d’eau dans son évent. Appelez le réseau local de secours, un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB, en précisant l’espèce, le lieu et l’état de l’animal.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel animal filtre principalement le krill avec des fanons ?
  2. 2.Quel animal utilise des clics pour localiser ses proies dans l’obscurité ?
  3. 3.Le requin-baleine appartient au groupe des...
  4. 4.Quelle menace peut provoquer la noyade d’une tortue luth ?
  5. 5.À quoi servent principalement les fanons de la baleine bleue ?

Sources

  1. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, espèces et habitats marins inpn.mnhn.fr
  2. OFB, Mer et littoral ofb.gouv.fr
  3. UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
  4. WWF France, Océans et espèces marines wwf.fr

Mis à jour le .

Les espèces de cette page

À lire aussi