
Morse
Odobenus rosmarus
Le morse est un mammifère des mers arctiques, reconnaissable à ses longues défenses et à son museau couvert de moustaches. Il trouve une grande partie de sa nourriture dans les sédiments du fond marin et se repose en groupes sur la glace ou les côtes. L’UICN le classe vulnérable, notamment face à la disparition de la banquise.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Environ 2,2 à 3,6 m de longueur totale chez l’adulte, selon le sexe et la sous-espèce.
- Poids
- Environ 800 à 1 700 kg chez les mâles et 400 à 1 000 kg chez les femelles ; les morses du Pacifique sont généralement plus lourds.
- Longévité
- Environ 30 à 40 ans dans la nature ; des durées comparables sont possibles en parc zoologique.
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des mollusques bivalves du fond marin, ainsi que d’autres invertébrés ; certains individus capturent aussi des phoques.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en rassemblements de dizaines à plusieurs milliers d’individus
- Famille
- Odobénidés (Odobenidae), ordre des Carnivores (Carnivora)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le morse ?
Il fréquente les mers arctiques peu profondes, où il se nourrit sur le fond et se repose sur la banquise ou les rivages.
Principales régions : Russie, États-Unis (Alaska), Canada, Groenland, Norvège (Svalbard).
- Europe
- Asie
- Amérique du Nord et centrale
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le morse ?
Vous pouvez le reconnaître à son corps massif, à ses deux défenses et à son large museau garni de moustaches épaisses. Ces moustaches, appelées vibrisses, sont des organes du toucher. Les mâles sont nettement plus lourds que les femelles et portent généralement des défenses plus longues et plus épaisses.
Sa peau est ridée, avec peu de poils chez l’adulte. Elle peut paraître pâle après un séjour dans l’eau froide, puis rosir quand la circulation sanguine augmente près de sa surface. Sous cette peau, une épaisse couche de graisse limite les pertes de chaleur. À terre, il peut ramener ses nageoires arrière sous son corps pour avancer.
Où vit le morse ?
Deux sous-espèces sont généralement reconnues : le morse de l’Atlantique et celui du Pacifique. Le premier vit notamment autour du Canada arctique, du Groenland et du Svalbard. Le second fréquente surtout les mers de Béring et des Tchouktches, entre l’Alaska et la Russie. Tous dépendent de zones marines riches en nourriture accessible sur le fond.
Il recherche surtout les eaux du plateau continental, généralement peu profondes, où les coquillages sont abondants. La glace flottante lui permet de se reposer près de ces zones. Lorsque la banquise manque, il rejoint des plages ou des rivages rocheux. Les déplacements entre repos et alimentation peuvent alors s’allonger, surtout pour les femelles accompagnées de jeunes.
La France métropolitaine ne possède aucune population installée. Des individus erratiques peuvent exceptionnellement atteindre les côtes d’Europe occidentale, très loin de leur aire habituelle : aucune saison ne permet donc de prévoir une observation en France. En cas de rencontre, restez loin de l’animal, éloignez votre chien et prévenez l’OFB s’il paraît blessé ou en difficulté.
Que mange le morse ?
Son menu comprend surtout des bivalves, des mollusques à deux coquilles enfouis dans le sable ou la vase. Il repère ses proies avec ses vibrisses, puis utilise ses lèvres et une puissante aspiration pour en extraire les parties molles. Ses défenses ne servent donc pas à ouvrir chaque coquillage ni à labourer systématiquement le fond.
Il consomme aussi des vers marins, des crustacés et d’autres invertébrés, selon les ressources locales. Certains individus mangent des phoques, mais cette chasse ne constitue pas le régime habituel de l’ensemble de l’espèce. Ses plongées alimentaires durent souvent quelques minutes ; leur profondeur et leur durée varient avec le lieu et les proies recherchées.
Comment vit le morse en groupe ?
Au repos, les morses se serrent les uns contre les autres, parfois par milliers sur une même plage. Ces rassemblements sont appelés reposoirs. Les adultes communiquent par des grognements et peuvent utiliser leurs défenses lors des confrontations. Les mâles et les femelles occupent souvent des groupes ou des secteurs différents en dehors de la période de reproduction.
Dans l’eau, les mâles produisent des séries de sons, notamment des claquements et des sons de cloche, pendant les parades. À terre, un bruit soudain, un bateau trop proche ou un animal qui s’approche peut provoquer un mouvement collectif. Dans les grands rassemblements, les petits risquent alors d’être piétinés : observer à distance protège directement les jeunes.
Comment naissent les petits morses ?
Les accouplements ont lieu principalement en hiver, dans l’eau. La gestation dure environ 15 à 16 mois, car le développement de l’embryon commence après une période d’implantation différée : il ne se fixe pas immédiatement dans l’utérus. La femelle met généralement au monde un seul petit, au printemps, souvent sur la banquise.
Le nouveau-né pèse généralement autour de 45 à 75 kg et peut nager très tôt. Sa mère l’allaite pendant une longue période, souvent jusqu’à deux ans, même lorsqu’il commence à manger des proies. Les naissances sont habituellement espacées de deux à trois ans. Ce rythme lent limite la vitesse de reconstitution d’une population après de fortes pertes.
Le saviez-vous ?
- 1.Les défenses poussent chez les deux sexes et peuvent dépasser un mètre chez certains grands mâles. Elles servent notamment dans les interactions sociales et pour prendre appui sur la glace.
- 2.Ses centaines de vibrisses peuvent distinguer de petits objets par le toucher, une aide précieuse pour chercher des proies dans une eau trouble.
- 3.Il peut ralentir son rythme cardiaque pendant une plongée, ce qui aide à économiser l’oxygène disponible dans son corps.
- 4.Le morse est le seul représentant vivant de la famille des Odobénidés, qui comptait autrefois plusieurs autres espèces aujourd’hui disparues.
Ce qui menace le morse
Recul de la banquise
Le réchauffement de l’Arctique réduit les plateformes de repos disponibles au-dessus des zones d’alimentation. Les femelles et leurs petits peuvent devoir parcourir de plus grandes distances entre les côtes et les fonds nourriciers.
Bousculades sur les plages
Les grands rassemblements terrestres exposent les jeunes au piétinement lors des mouvements de panique. Le dérangement par des personnes, des aéronefs ou des bateaux peut déclencher ces déplacements.
Activités maritimes
Le trafic maritime et les activités industrielles ajoutent du bruit et des risques de pollution dans certaines parties de son aire. Les effets varient selon les régions et la proximité des zones d’alimentation ou de repos.
Prélèvements et suivi
Des chasses de subsistance existent dans plusieurs régions arctiques. Leur gestion doit tenir compte du renouvellement lent de l’espèce et des incertitudes sur les effectifs des différentes populations.
Protéger le morse
- Commerce international encadréLe morse est inscrit à l’annexe III de la CITES à la demande du Canada. Le commerce international de spécimens et de produits, notamment les défenses, nécessite les documents prévus par cette convention.
- Protection aux États-UnisEn Alaska, l’espèce relève du Marine Mammal Protection Act. Cette loi encadre les captures et le dérangement, avec des dispositions particulières pour la chasse de subsistance des populations autochtones.
- Reposoirs et habitats protégésDes espaces protégés, notamment la réserve naturelle de l’île Wrangel en Russie, abritent des sites fréquentés par les morses. La protection des reposoirs et la limitation du dérangement réduisent les risques locaux pour les animaux.
- Suivi des populationsDes organismes comme le U.S. Fish and Wildlife Service et la commission NAMMCO suivent les populations ou coordonnent leur évaluation. Les comptages et les études de déplacements aident à adapter la gestion aux changements de la banquise.
Questions fréquentes
Le morse est-il un phoque ?
Il appartient, comme les phoques et les otaries, au groupe des pinnipèdes, des mammifères adaptés à la vie dans l’eau grâce à leurs membres transformés en nageoires. Il possède toutefois sa propre famille, les Odobénidés. Ses défenses et son museau à vibrisses permettent de le distinguer facilement.
À quoi servent ses défenses ?
Ce sont deux canines supérieures allongées, présentes chez les mâles et les femelles. Elles interviennent dans les confrontations et les signaux sociaux, et peuvent servir de points d’appui pour monter sur la glace. Pour se nourrir de coquillages, il utilise surtout son museau, ses lèvres et l’aspiration.
Est-il dangereux pour l’être humain ?
Un morse est un animal sauvage très puissant, capable de blesser une personne avec ses défenses ou sa masse. Il faut lui laisser de l’espace, dans l’eau comme sur une plage, et ne jamais lui barrer l’accès à la mer. En cas de blessure grave d’une personne, appelez le 15 ou le 112.
Peut-on observer des morses en France ?
Il n’existe pas de population résidente en France métropolitaine. Un individu erratique peut exceptionnellement s’éloigner jusqu’aux côtes d’Europe occidentale, mais ces visites ne sont pas prévisibles. Pour l’observer dans son aire naturelle, certaines régions du Svalbard ou de l’Arctique canadien permettent des sorties encadrées, soumises aux règles locales.
Pourquoi la disparition de la glace le menace-t-elle ?
La banquise lui permet de se reposer près des fonds où il trouve sa nourriture. Lorsqu’elle recule vers des eaux trop profondes, certains groupes rejoignent la terre. Les trajets alimentaires peuvent s’allonger, et les grands rassemblements sur les plages augmentent le risque de piétinement des petits lors d’une panique.
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Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, Odobenus rosmarus iucnredlist.org
- U.S. Fish and Wildlife Service, informations sur le morse du Pacifique fws.gov
- NAMMCO, Walrus nammco.no
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





