Aller au contenu
Le kakapo (Strigops habroptila)
CR
Strigops habroptila

Kakapo

Strigops habroptila

Aussi appelé perroquet-hibou, kākāpō

Le kakapo est un grand perroquet nocturne de Nouvelle-Zélande, incapable de voler et reconnaissable à son plumage vert tacheté. Il grimpe aux arbres et se déplace surtout à pied. Après avoir disparu de presque toutes ses îles à cause des prédateurs introduits, il survit grâce à une protection très suivie. L’espèce reste en danger critique d’extinction.

Statut
En danger critiquepopulation en hausse
Taille
58 à 64 cm de longueur, avec une envergure d’environ 85 à 90 cm malgré l’incapacité à voler
Poids
Mâles : environ 2 à 4 kg ; femelles : environ 1 à 2,5 kg
Longévité
Souvent plus de 60 ans dans la nature ; certains individus pourraient atteindre 80 à 90 ans
Régime
HerbivoreIl mange des feuilles, des bourgeons, des fruits, des graines, des racines et des tiges, notamment celles du rimu.
Mode de vie
Nocturne, solitaire, sauf pendant la reproduction
Famille
Strigopidés (Strigopidae), ordre des Psittaciformes

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Îles protégées de Nouvelle-Zélande

Où vit le kakapo ?

Il fréquente les forêts tempérées, les fourrés et les zones montagneuses des îles protégées de Nouvelle-Zélande, du niveau de la mer jusqu’à environ 1 400 mètres.

Principales régions : Nouvelle-Zélande.

  • Océanie

Environ 240 adultes recensés récemment par le programme Kākāpō Recovery, avec un effectif qui varie après les naissances et les décès.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le kakapo ?
  2. Où vit le kakapo ?
  3. Que mange le kakapo ?
  4. Comment vit le kakapo ?
  5. Comment se reproduit le kakapo ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le kakapo ?

Le kakapo possède un corps trapu, une grosse tête ronde et un bec large. Son plumage mêle le vert mousse, le jaune et le brun, avec des dessins qui le camouflent dans les feuillages. De fines plumes autour du visage rappellent les disques faciaux d’une chouette, ce qui explique son ancien surnom de perroquet-hibou.

Ses ailes sont courtes et ses muscles du vol peu développés. Il ne peut donc pas prendre son envol, mais ses pattes robustes lui permettent de grimper aux arbres et de redescendre en planant sur quelques mètres. Chaque individu possède un motif de plumes particulier, utile aux soigneurs pour le reconnaître.

Le mâle est généralement plus grand et plus lourd que la femelle. Il n’a pas de queue très longue, contrairement à plusieurs perroquets arboricoles, et se déplace en posant le pied avec précaution sur le sol forestier.

Où vit le kakapo ?

Le kakapo est originaire de Nouvelle-Zélande. Avant l’arrivée des humains, il occupait de nombreuses forêts, des zones broussailleuses et des reliefs de l’île du Nord et de l’île du Sud. Les fossiles et les récits historiques montrent qu’il vivait aussi sur l’île Stewart, appelée Rakiura en maori.

Aujourd’hui, les kakapos sont maintenus sur des îles débarrassées des rats, des hermines, des chats et d’autres prédateurs. Parmi les sites connus figurent Whenua Hou, aussi appelée île Codfish, Anchor Island, Hauturu-o-Toi et l’île Maud. Les équipes surveillent ces territoires et déplacent parfois des oiseaux pour favoriser leur reproduction.

La forêt fournit des arbres pour grimper, des abris pour la journée et des plantes à manger la nuit. Les zones ouvertes et les pentes permettent aussi aux mâles de rejoindre leurs lieux de chant, appelés arènes ou sites de parade.

Que mange le kakapo ?

Le kakapo est herbivore. Il prélève les parties tendres des plantes avec son bec, puis les broie avec une structure située à l’intérieur de la bouche. Son menu comprend des feuilles, des bourgeons, des fleurs, des graines, des racines et des fruits.

Le fruit du rimu joue un rôle particulier pendant les années où cet arbre produit beaucoup. Cette fructification abondante, appelée masting en anglais, peut déclencher une saison de reproduction, car elle fournit aux femelles l’énergie nécessaire pour pondre et nourrir leur petit.

Il se nourrit surtout la nuit, en parcourant plusieurs centaines de mètres autour de son abri. Les soigneurs complètent parfois son alimentation avec des aliments contrôlés lorsque les ressources naturelles sont insuffisantes ou lorsque la santé d’un individu le demande.

Comment vit le kakapo ?

Le kakapo est principalement nocturne. Il quitte son abri au crépuscule, suit des itinéraires réguliers et peut grimper dans les arbres pour atteindre des feuilles ou des fruits. Son odeur douce et caractéristique, perceptible par les humains, a probablement facilité la détection de l’espèce par certains prédateurs introduits.

Chaque oiseau porte un émetteur ou un dispositif de suivi adapté au programme de conservation. Les données indiquent ses déplacements, ses rencontres avec d’autres kakapos et les moments où une intervention est nécessaire. Cette surveillance permet aussi de repérer rapidement une maladie ou une blessure.

En dehors de la reproduction, les adultes vivent plutôt seuls. Les mâles établissent des sites de parade et y reviennent pendant plusieurs saisons. Ils creusent parfois des cuvettes dans le sol et les relient par des sentiers bien entretenus.

Comment se reproduit le kakapo ?

Le kakapo ne se reproduit pas chaque année. Les mâles commencent leur parade lorsque les arbres produisent beaucoup de fruits. Ils rejoignent une arène, gonflent leur poitrine et émettent un grondement grave, appelé boom, qui peut être entendu à plusieurs kilomètres dans le calme de la nuit.

Après l’accouplement, la femelle élève seule les petits. Elle pond généralement un à quatre œufs dans une cavité du sol, sous une racine ou dans un tronc creux. L’incubation dure environ 30 jours, puis la mère quitte le nid la nuit pour chercher sa nourriture tout en revenant régulièrement nourrir ses poussins.

Les jeunes restent dépendants pendant plusieurs mois et commencent à explorer autour du nid avant de devenir autonomes. Les équipes de conservation surveillent les œufs, les poussins et les parents, car les rats et les maladies peuvent compromettre une nichée entière.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le nom maori kākāpō signifie approximativement perroquet de nuit.
  • 2.Un kakapo mâle peut creuser plusieurs cuvettes de parade reliées par des chemins qu’il entretient pendant des années.
  • 3.Les plumes du kakapo sont relativement souples, car elles servent à isoler le corps plutôt qu’à soutenir un vol actif.
  • 4.Le kakapo est l’un des perroquets les plus lourds du monde, avec des mâles pouvant dépasser 3 kg.

Ce qui menace le kakapo

  • Prédateurs introduits

    Les rats, les chats, les hermines et les chiens ont mangé des kakapos, leurs œufs ou leurs poussins. Comme l’espèce évoluait sans mammifères terrestres prédateurs, elle possède peu de défenses contre eux.

  • Reproduction irrégulière

    Les nichées dépendent souvent de la fructification du rimu, qui ne survient pas chaque année. Une faible production de fruits réduit les occasions de reproduction et ralentit le rétablissement de la population.

  • Petite population

    Avec seulement quelques centaines d’adultes, l’espèce reste exposée aux maladies, aux accidents, à la perte de diversité génétique et aux événements météorologiques extrêmes.

Protéger le kakapo

  • Îles sans prédateursLes kakapos sont transférés vers des îles où les mammifères prédateurs ont été supprimés, notamment Whenua Hou, Anchor Island, Hauturu-o-Toi et l’île Maud. Le Department of Conservation de Nouvelle-Zélande suit les individus grâce à un programme dédié.
  • Suivi de chaque oiseauLes équipes surveillent les déplacements, la santé, les nids et les poussins. Des compléments alimentaires peuvent être distribués pendant les périodes de reproduction afin d’aider les femelles à élever leur jeune.
  • Protection internationaleLe kakapo est inscrit à l’annexe I de la CITES, qui encadre très strictement le commerce international des spécimens. En Nouvelle-Zélande, sa protection relève du droit national sur la faune sauvage.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Le kakapo sait-il vraiment voler ?

Non. Ses ailes lui servent surtout à garder l’équilibre et à ralentir une descente depuis un arbre. Il grimpe avec ses pattes et peut planer sur une courte distance, mais il ne peut pas effectuer un vol battu comme la plupart des perroquets.

Pourquoi le kakapo est-il si rare ?

Les humains ont introduit en Nouvelle-Zélande des rats, des chats, des hermines et des chiens qui ont tué des adultes, des poussins et des œufs. La destruction des forêts a aussi réduit son habitat. Le transfert vers des îles sans prédateurs a permis d’enrayer son déclin.

Le kakapo est-il un perroquet ?

Oui. Il appartient à l’ordre des Psittaciformes, comme les perruches et les aras. Il forme toutefois une lignée très ancienne et particulière de perroquets de Nouvelle-Zélande, avec sa grande taille, sa vie nocturne et son incapacité à voler.

Combien de petits un kakapo peut-il avoir ?

Une femelle pond généralement entre un et quatre œufs lorsqu’elle se reproduit. Elle élève seule les poussins et ne recommence parfois que plusieurs années plus tard, car la reproduction dépend largement de la quantité de fruits produits par certains arbres.

Peut-on avoir un kakapo chez soi ?

Non. Le kakapo est une espèce sauvage protégée, endémique de Nouvelle-Zélande, et sa détention par un particulier n’est pas autorisée comme celle d’un animal de compagnie. Son commerce international est aussi strictement encadré par la CITES.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel est le principal mode de déplacement du kakapo ?
  2. 2.À quel moment le kakapo est-il surtout actif ?
  3. 3.Pourquoi les kakapos vivent-ils sur des îles surveillées ?

Autour de cet animal

Pour aller plus loin

Sources

  1. UICN, Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  2. New Zealand Department of Conservation, Kākāpō Recovery doc.govt.nz

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches