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L’histoire de la domestication

La domestication a commencé à des époques différentes selon les espèces. Le chien accompagne probablement les humains depuis plus de 14 000 ans, tandis que le cheval, la poule et le chat ont suivi des trajectoires distinctes, dans des régions allant du Croissant fertile aux steppes d’Asie centrale et à l’Asie du Sud-Est.

Mis à jour le 7 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Le chien, une alliance commencée avec le loup
  2. Le chat, domestiqué près des greniers
  3. Chèvre et mouton, les troupeaux du Croissant fertile
  4. Vache et buffle, des animaux pour les champs
  5. Le cheval, domestiqué dans les steppes
  6. La poule, issue des jungles d’Asie
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources
Âge approximatif des restes du chien de Bonn-Oberkassel, en Allemagne, parmi les plus anciennes preuves archéologiques largement admises de chien domestique.
14 700 ansÂge approximatif des restes du chien de Bonn-Oberkassel, en Allemagne, parmi les plus anciennes preuves archéologiques largement admises de chien domestique.
Âge approximatif d’une sépulture de Chypre contenant un humain et un chat, indice ancien d’une relation étroite entre les deux espèces.
9 500 ansÂge approximatif d’une sépulture de Chypre contenant un humain et un chat, indice ancien d’une relation étroite entre les deux espèces.
Âge approximatif des débuts de la domestication des bovins au Proche-Orient, à partir de populations d’aurochs.
10 500 ansÂge approximatif des débuts de la domestication des bovins au Proche-Orient, à partir de populations d’aurochs.
Âge approximatif des indices de gestion du cheval associés à la culture de Botai, dans l’actuel Kazakhstan.
5 500 ansÂge approximatif des indices de gestion du cheval associés à la culture de Botai, dans l’actuel Kazakhstan.

Le chien, une alliance commencée avec le loup

Le chien est généralement considéré comme le premier animal domestiqué. Les restes de Bonn-Oberkassel, en Allemagne, datés d’environ 14 700 ans, montrent qu’un chien vivait auprès de chasseurs-cueilleurs. Des indices génétiques et archéologiques suggèrent cependant une histoire plus ancienne, peut-être commencée entre 20 000 et 30 000 ans, mais les chercheurs ne s’accordent pas sur la date ni sur le lieu précis.

La domestication a probablement reposé sur une relation progressive. Des loups moins craintifs pouvaient se rapprocher des campements pour profiter des restes alimentaires, puis être tolérés, nourris ou sélectionnés par les humains. Au fil des générations, la taille, la forme du crâne, le comportement et la capacité à coopérer ont changé. Le loup reste l’espèce sauvage la plus proche du chien, même si leurs modes de vie actuels sont très différents.

Le chat, domestiqué près des greniers

La domestication du chat s’est probablement développée au Proche-Orient, avec l’essor des premiers villages agricoles. Les réserves de céréales attiraient des souris et des rats, ce qui a rapproché des petits félins sauvages des habitations. Une sépulture découverte à Chypre, datée d’environ 9 500 ans, associe un humain et un chat, preuve ancienne d’une relation étroite, même si elle ne suffit pas à dater toute la domestication.

Le chat domestique descend principalement du chat sauvage du Proche-Orient, une population proche de plusieurs chats sauvages actuels. Les humains ont longtemps sélectionné moins fortement le chat que le chien pour la morphologie. Son comportement de chasse, son autonomie et sa capacité à vivre près des maisons ont probablement compté davantage que la recherche de nouvelles formes corporelles.

Chèvre et mouton, les troupeaux du Croissant fertile

La chèvre domestique a été sélectionnée dans le Croissant fertile, une région qui couvre notamment le nord de la Mésopotamie, le Levant et les monts du Zagros. Les premières communautés agricoles ont commencé à gérer des troupeaux il y a environ 10 000 à 11 000 ans. Elles favorisaient les animaux qui supportaient la proximité humaine, se reproduisaient en captivité et fournissaient viande, lait, peau ou poils.

Le mouton a suivi une trajectoire voisine, à partir de populations sauvages de mouflons du Proche-Orient. Les archéologues observent la domestication grâce à la taille des os, à l’âge d’abattage et à la composition des troupeaux. Un troupeau où les jeunes mâles sont abattus tôt et où les femelles vivent plus longtemps peut révéler une gestion destinée à conserver le lait et la reproduction.

Vache et buffle, des animaux pour les champs

Les bovins domestiques descendent principalement de l’aurochs, un grand bovin sauvage disparu dont l’aire s’étendait de l’Europe à l’Asie. La domestication de la vache a commencé au Proche-Orient il y a environ 10 500 ans. Une autre histoire s’est déroulée dans la vallée de l’Indus, où des bovins à bosse ont été sélectionnés. Les troupeaux fournissaient viande, lait, cuir et force de traction.

Le buffle domestique a ensuite joué un rôle majeur dans les régions chaudes et humides d’Asie. Sa force permet de travailler des sols lourds et boueux, notamment dans les rizières. Le bœuf watussi, reconnaissable à ses cornes très développées, appartient à une lignée bovine domestique africaine. La diversité des bovins actuels résulte de sélections locales adaptées au climat, à l’alimentation et au travail demandé.

Le cheval, domestiqué dans les steppes

Les indices les plus anciens d’une gestion du cheval proviennent notamment de la culture de Botai, dans l’actuel Kazakhstan, vers 3500 avant notre ère, soit environ 5 500 ans. Des traces d’usure sur les dents et des résidus de lait de jument indiquent que ces populations montaient peut-être les chevaux et les exploitaient. La place exacte de Botai dans l’origine du cheval domestique actuel reste discutée.

Les chevaux domestiques modernes semblent surtout descendre de populations des steppes occidentales d’Eurasie, dont la diffusion s’est accélérée à la fin de l’âge du Bronze. La domestication a transformé les déplacements, les échanges et la guerre, grâce à la traction et à la monte. Le cheval de Przewalski est une espèce sauvage distincte du cheval domestique, même si des croisements anciens ont pu exister entre lignées.

La poule, issue des jungles d’Asie

La poule domestique descend principalement du Coq bankiva, appelé aussi Coq doré, qui vit en Asie du Sud et du Sud-Est. Les premières traces archéologiques sûres de poules dans des villages apparaissent en Asie du Sud-Est, notamment en Thaïlande, au deuxième millénaire avant notre ère. La date exacte du début de la domestication reste débattue, car des oiseaux sauvages ont parfois été capturés avant d’être réellement élevés.

Les humains ont sélectionné des poules pour leurs œufs, leur chair, leurs plumes ou leur comportement. La diffusion vers l’Inde, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique s’est faite par étapes avec les échanges. Le nombre d’œufs pondus par les races modernes dépasse largement celui des populations sauvages, grâce à une sélection humaine récente et intense. Le paon bleu, lui aussi élevé depuis longtemps, appartient à une autre histoire de domestication.

Questions fréquentes

La domestication est-elle la même chose que l’apprivoisement ?

Non. Un animal apprivoisé peut tolérer ou rechercher la présence humaine durant sa vie. La domestication concerne une population entière et se transmet sur plusieurs générations, avec des changements héréditaires de comportement, de morphologie ou de reproduction. Un éléphant capturé peut être apprivoisé sans que l’espèce soit domestiquée.

Pourquoi les dates de domestication changent-elles selon les études ?

Les archéologues ne disposent pas toujours d’ossements complets ni de traces directes. Une morsure sur une dent, une variation de taille ou une présence près d’un village peut indiquer une gestion sans prouver une domestication complète. Les analyses génétiques, les datations et les découvertes de nouveaux sites peuvent donc modifier les estimations.

Le cheval de Przewalski est-il l’ancêtre direct du cheval domestique ?

Non. Le cheval de Przewalski forme une lignée sauvage distincte du cheval domestique. Les deux lignées ont un ancêtre commun et peuvent se reproduire entre elles, mais les chevaux domestiques actuels descendent surtout de populations des steppes occidentales d’Eurasie. Le cheval de Przewalski reste une espèce sauvage, même lorsqu’il vit dans un parc zoologique.

Un animal domestique peut-il redevenir sauvage ?

Une population domestique peut vivre sans soins humains et redevenir férale, comme certains chevaux ou cochons. Elle ne redevient pas pour autant l’espèce sauvage d’origine. Les animaux conservent une histoire génétique de domestication et peuvent modifier leur comportement en quelques générations. En France, la divagation d’un animal et l’introduction d’espèces dans la nature sont encadrées par la réglementation.

Testez-vous

5 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel animal est généralement considéré comme le premier domestiqué ?
  2. 2.Dans quelle grande région la chèvre domestique a-t-elle été sélectionnée ?
  3. 3.Quel animal sauvage est à l’origine principale du chat domestique ?
  4. 4.À quelle culture sont associés des indices anciens de gestion du cheval ?
  5. 5.De quel oiseau la poule domestique descend-elle principalement ?

Sources

  1. Muséum national d’histoire naturelle, ressources sur l’évolution et la domestication des animaux mnhn.fr
  2. INRAE, recherches sur l’élevage, la génétique et la domestication inrae.fr
  3. Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, animaux et élevage agriculture.gouv.fr

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