

Salamandre de Jefferson
Ambystoma jeffersonianum
La salamandre de Jefferson passe une grande partie de sa vie cachée dans le sol des forêts de l’est de l’Amérique du Nord. À la fin de l’hiver, les pluies l’entraînent vers les mares où elle se reproduit. Classée en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, elle reste fortement menacée au Canada.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Environ 12 à 20 cm de longueur totale à l’âge adulte, queue comprise ; les limites varient selon les sources.
- Poids
- Quelques grammes ; aucune fourchette adulte suffisamment fiable n’est retenue ici.
- Longévité
- Longévité mal documentée dans la nature ; aucune durée maximale suffisamment étayée n’est retenue ici.
- Régime
- CarnivoreLes adultes mangent notamment des vers de terre, des insectes, des araignées et de petits mollusques ; les larves capturent des invertébrés aquatiques.
- Mode de vie
- Nocturne, solitaire, avec des rassemblements dans les mares pour la reproduction
- Famille
- Ambystomatidés (Ambystomatidae), ordre des Urodèles (Caudata)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit la salamandre de Jefferson ?
Forêts tempérées de feuillus ou mixtes, avec un sol meuble et humide et des mares de reproduction généralement dépourvues de poissons.
Principales régions : États-Unis, Canada.
- Amérique du Nord et centrale
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la salamandre de Jefferson ?
Vous pouvez reconnaître cet amphibien à son corps élancé, à sa longue queue et à ses membres relativement fins. Le dos est généralement gris brun à gris sombre. De petites mouchetures bleutées peuvent apparaître sur les flancs, les pattes et la queue, surtout chez les jeunes. Le ventre est souvent plus clair que le dos.
La tête est assez large, avec un museau arrondi et des yeux saillants. Des sillons verticaux marquent les côtés du corps, entre les pattes avant et arrière. L’identification par la couleur seule reste délicate : certaines salamandres unisexuées apparentées lui ressemblent beaucoup. Pour les distinguer avec certitude, les chercheurs peuvent avoir recours à des analyses génétiques.
Où vit la salamandre de Jefferson ?
Son aire naturelle couvre une partie de l’est des États-Unis et atteint le sud de l’Ontario, au Canada. Elle fréquente surtout des forêts de feuillus ou des forêts mixtes. La litière de feuilles, les troncs tombés et les terriers de petits mammifères lui procurent des abris où l’humidité se conserve.
La reproduction nécessite des mares accessibles depuis la forêt. Beaucoup se remplissent au printemps et s’assèchent plus tard dans l’année, ce qui limite la présence de poissons susceptibles de manger les œufs et les larves. Une mare isolée par des routes ou entourée de terrains déboisés peut devenir difficile à atteindre, même si elle conserve de l’eau.
Que mange la salamandre de Jefferson ?
Sur terre, elle capture de petits animaux dans la litière et près de ses abris : vers de terre, insectes, araignées ou petits mollusques. Son régime est donc carnivore, et ne se limite pas aux insectes. Elle cherche surtout sa nourriture lorsque l’humidité lui permet de sortir sans perdre trop d’eau par la peau.
Les larves chassent dans la mare où elles sont nées. Elles consomment de petits crustacés et des larves d’insectes aquatiques, puis peuvent saisir des proies plus grandes en grandissant. Des cas de cannibalisme sont également observés. La nourriture disponible et la densité des larves influencent leur croissance avant le passage à la vie terrestre.
Pourquoi reste-t-elle si souvent cachée ?
Comme beaucoup d’amphibiens, elle possède une peau perméable qui échange de l’eau avec son environnement. Les journées chaudes et sèches la poussent à rester sous terre ou sous un abri. Elle utilise notamment des galeries creusées par de petits mammifères. Cette vie discrète explique pourquoi une forêt peut l’héberger sans que les promeneurs la voient.
À la fin de l’hiver ou au début du printemps, des nuits pluvieuses et suffisamment douces déclenchent les déplacements vers les mares. Dans certaines régions, ces migrations commencent alors que des plaques de neige subsistent. Les adultes traversent parfois des routes entre leurs refuges forestiers et les points d’eau, ce qui les expose aux véhicules.
Comment se reproduit la salamandre de Jefferson ?
La reproduction se déroule dans l’eau. Le mâle dépose un petit paquet de spermatozoïdes, appelé spermatophore, que la femelle recueille avec son cloaque. Elle fixe ensuite ses œufs à des brindilles ou à de la végétation immergée. La ponte comprend généralement une centaine à quelques centaines d’œufs, répartis en plusieurs amas gélatineux.
Après plusieurs semaines, selon la température de l’eau, les œufs donnent des larves munies de branchies externes. Elles passent généralement quelques mois dans la mare avant la métamorphose : les branchies disparaissent et les jeunes gagnent la terre. Si la mare s’assèche trop tôt, des larves peuvent mourir avant d’avoir terminé cette transformation.
Le saviez-vous ?
- 1.Son nom rend hommage à Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, également connu pour son intérêt pour les sciences naturelles.
- 2.Elle peut rejoindre une mare de reproduction alors que la neige n’a pas entièrement disparu, dès qu’une nuit devient assez douce et humide.
- 3.Certaines salamandres unisexuées utilisent le sperme de cette espèce pour déclencher le développement de leurs œufs, avec ou sans incorporation de matériel génétique paternel.
- 4.Les adultes passent une grande partie de l’année dans des refuges souterrains, parfois dans des galeries creusées par de petits mammifères.
Ce qui menace la salamandre de Jefferson
Disparition des mares
Le drainage, le remblaiement et l’aménagement des petites zones humides suppriment des sites de reproduction. Une mise en eau trop courte peut empêcher les larves de terminer leur métamorphose.
Fragmentation des forêts
Les constructions et le déboisement réduisent les refuges terrestres et coupent les déplacements entre la forêt et les mares. La conservation de l’eau seule ne suffit donc pas à maintenir une population.
Mortalité sur les routes
Les migrations reproductrices concentrent les passages sur quelques nuits humides. Les routes situées entre les abris et les mares peuvent alors provoquer une forte mortalité locale.
Poissons introduits
L’introduction de poissons dans des mares qui en étaient dépourvues augmente le risque de prédation sur les œufs et les larves.
Protéger la salamandre de Jefferson
- Statut mondial et canadienL’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure à l’échelle mondiale. Au Canada, elle est inscrite comme espèce en voie de disparition au titre de la Loi sur les espèces en péril.
- Protection en OntarioEn Ontario, l’espèce et son habitat bénéficient d’une protection légale. Les mesures de rétablissement concernent les mares de reproduction, les habitats terrestres et les possibilités de déplacement entre ces milieux.
- Suivi des populationsLes inventaires des pontes et les suivis des migrations permettent de repérer les sites occupés. Les analyses génétiques aident à distinguer l’espèce des salamandres unisexuées qui peuvent partager les mêmes mares.
Questions fréquentes
Peut-on rencontrer cette salamandre en France ?
Elle ne vit pas naturellement en France. Son aire se situe dans l’est de l’Amérique du Nord, aux États-Unis et dans le sud de l’Ontario. La salamandre tachetée, présente dans plusieurs régions françaises, appartient à une autre famille et se reconnaît généralement à ses marques jaunes sur fond noir.
Est-elle dangereuse pour les humains ?
Elle ne recherche pas le contact avec les humains. Sa peau produit des sécrétions défensives qu’il faut éviter de porter aux yeux ou à la bouche. Observez-la sans la manipuler, pour protéger aussi sa peau fragile. Après un contact accidentel, lavez-vous les mains ; en cas de réaction importante, appelez le 15 ou le 112.
Pourquoi vit-elle sur terre si ses petits vivent dans l’eau ?
Les larves possèdent des branchies externes et se développent dans une mare. Pendant la métamorphose, leur organisme se transforme et les branchies disparaissent. Les jeunes rejoignent alors les abris forestiers. Les adultes reviennent dans l’eau pour se reproduire, tout en passant la majeure partie de leur vie dans le milieu terrestre.
Est-elle menacée de disparition ?
Son statut mondial UICN est « préoccupation mineure », et non « vulnérable ». Cette évaluation globale n’efface pas les difficultés locales : au Canada, elle est considérée comme en voie de disparition. Les populations situées à la limite nord de son aire sont particulièrement concernées par la perte d’habitat et les routes.
Peut-on en faire un animal de compagnie ?
Cette salamandre sauvage a des besoins difficiles à reproduire, notamment des refuges humides et un cycle saisonnier adapté. Ne la prélevez pas dans la nature : sa capture peut être interdite selon le territoire, notamment là où elle est protégée. En France, les règles de détention d’animaux non domestiques dépendent de l’espèce et des conditions de détention.
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Pour aller plus loin
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Ambystoma jeffersonianum iucnredlist.org
- Université du Michigan, Animal Diversity Web : Ambystoma jeffersonianum animaldiversity.org
- Gouvernement de l’Ontario, Jefferson salamander ontario.ca
- Gouvernement du Canada, Registre public des espèces en péril
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer






