

Ornithorynque
Ornithorhynchus anatinus
Aussi appelé platypus, bec de canard
L’ornithorynque est un mammifère semi-aquatique de l’est de l’Australie et de la Tasmanie. Son bec souple, ses pattes palmées et sa ponte le rendent très particulier parmi les mammifères. Il chasse sous l’eau grâce à des signaux électriques et figure parmi les espèces quasi menacées selon la Liste rouge mondiale de l’UICN.
- Statut
- Quasi menacéepopulation en baisse
- Taille
- Corps de 30 à 45 cm, queue de 10 à 15 cm, soit 40 à 60 cm au total
- Poids
- Mâles de 1 à 2,4 kg, femelles de 0,7 à 1,6 kg
- Longévité
- Environ 10 à 15 ans dans la nature, avec des records proches de 17 ans ; les données en parc zoologique sont limitées
- Régime
- CarnivoreIl capture surtout des larves d’insectes, des vers, des crustacés d’eau douce, des têtards et parfois des œufs de poissons.
- Mode de vie
- Nocturne, solitaire
- Famille
- Ornithorhynchidés (Ornithorhynchidae), ordre des Monotrèmes (Monotremata)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit l’ornithorynque ?
Il fréquente les rivières, les ruisseaux et les lacs d’eau douce bordés de végétation, depuis les plaines jusqu’aux reliefs de l’est de l’Australie et de Tasmanie.
Principales régions : Australie, Nouvelle-Galles du Sud, Victoria, Queensland, Tasmanie.
- Océanie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’ornithorynque ?
Son corps brun et aplati mesure généralement de 30 à 45 centimètres, auquel s’ajoute une queue large de 10 à 15 centimètres. Cette queue stocke des réserves de graisse et sert aussi de gouvernail. Les pattes courtes portent des membranes entre les doigts, particulièrement développées pour nager.
Le bec ressemble à celui d’un canard, mais il est souple, sensible et recouvert de peau. Les yeux et les oreilles se ferment sous l’eau grâce à des replis cutanés. Le pelage très dense emprisonne une couche d’air qui protège l’animal du froid.
Les mâles sont en moyenne plus grands que les femelles. Ils possèdent un aiguillon mobile sur chaque patte arrière, relié à une glande à venin. Cette arme sert surtout lors des affrontements entre mâles pendant la saison de reproduction.
Où vit l’ornithorynque ?
L’espèce vit dans l’est et le sud-est de l’Australie, ainsi qu’en Tasmanie. Elle recherche les cours d’eau permanents, les rivières boisées et certains lacs dont les berges permettent de creuser un terrier. Sa présence dépend d’une eau assez propre et d’un débit qui fournit des proies.
Le terrier se trouve généralement au-dessus du niveau habituel de l’eau, dans une berge végétalisée. L’entrée peut être cachée sous des racines ou des herbes. Plusieurs centaines de mètres de cours d’eau peuvent faire partie du domaine utilisé par un même individu.
Les fortes sécheresses, les crues, la destruction des berges et les barrages modifient les lieux où il peut se nourrir et se reproduire. Les incendies peuvent aussi supprimer la végétation qui stabilise les rives, surtout lorsqu’ils sont suivis de pluies intenses.
Que mange l’ornithorynque ?
Il plonge pour capturer des larves d’insectes aquatiques, des vers, des écrevisses et d’autres petits crustacés. Selon le cours d’eau, il mange aussi des têtards, de petits poissons ou des œufs de poissons. Il avale parfois du gravier avec ses proies, ce qui l’aide à les broyer.
Sous l’eau, ses yeux, ses oreilles et ses narines sont fermés. Le bec explore la vase et les graviers, tandis que des récepteurs détectent les faibles signaux électriques produits par les mouvements des muscles de ses proies.
Une plongée dure souvent moins d’une minute, même si certaines peuvent se prolonger davantage. Il stocke les aliments dans des poches situées derrière les joues, puis remonte sur la berge pour les mâcher.
Comment se comporte l’ornithorynque ?
L’ornithorynque est surtout actif au crépuscule et pendant la nuit. Il peut toutefois sortir en journée, notamment dans les régions fraîches ou lorsque les conditions de lumière restent faibles. La majeure partie de son activité consiste à nager, plonger et fouiller le fond.
Il mène une vie solitaire. Plusieurs individus peuvent utiliser le même secteur d’une rivière, mais ils se nourrissent séparément et défendent parfois des zones proches des terriers. Le mâle peut se montrer agressif envers un rival pendant la période de reproduction.
Sur terre, sa démarche paraît maladroite, car ses pattes sont placées sur les côtés du corps. Dans l’eau, ses pattes avant assurent la propulsion et ses pattes arrière ainsi que sa queue l’aident à diriger ses mouvements.
Comment se reproduit l’ornithorynque ?
La reproduction a lieu principalement entre la fin de l’hiver et le printemps australiens. Après l’accouplement, la femelle creuse ou aménage un terrier de reproduction, parfois long de plusieurs mètres. Elle bouche certaines parties avec de la terre et des végétaux pour protéger la chambre d’élevage.
Elle pond généralement un à trois œufs, souvent deux, puis les maintient contre son ventre grâce à sa queue et à sa posture. L’éclosion survient après une dizaine de jours environ. Les nouveau-nés sont minuscules, aveugles et très dépendants de leur mère.
La femelle n’a pas de mamelons. Le lait est produit par des glandes mammaires et s’écoule à travers la peau de l’abdomen, où les petits le recueillent dans les replis du pelage. Ils restent plusieurs mois au terrier avant de devenir autonomes.
Le saviez-vous ?
- 1.L’ornithorynque et les échidnés sont les seuls mammifères actuels qui pondent des œufs.
- 2.Le venin du mâle peut provoquer une douleur très intense chez l’être humain, même s’il ne tue généralement pas.
- 3.Ses récepteurs électriques se trouvent surtout dans le bec et l’aident à chasser dans une eau sombre ou trouble.
- 4.Le premier spécimen envoyé en Europe a été pris pour une fabrication réunissant plusieurs animaux, tant son apparence semblait inhabituelle.
Ce qui menace l’ornithorynque
Sécheresses répétées
La baisse du niveau des rivières réduit les zones de chasse et peut isoler les populations. Les sécheresses prolongées sont aggravées par le changement climatique dans plusieurs régions australiennes.
Dégradation des rivières
La pollution, l’érosion des berges, les barrages et la disparition de la végétation riveraine diminuent la qualité de son habitat et l’abondance de ses proies.
Crues et incendies
Les crues rapides peuvent détruire les terriers, tandis que les incendies suivis de pluies fortes favorisent l’arrivée de boues et de débris dans les cours d’eau.
Protéger l’ornithorynque
- Protection australienneL’ornithorynque est protégé par les législations des États et territoires australiens. La conservation repose notamment sur la protection des cours d’eau, des berges végétalisées et des zones humides.
- Commerce encadréL’espèce figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international et celui de ses spécimens afin d’éviter une exploitation nuisible à sa survie.
- Suivi des populationsDes suivis scientifiques australiens évaluent sa présence, la qualité des rivières et les effets des sécheresses, des barrages, des incendies et des espèces introduites.
Questions fréquentes
L’ornithorynque est-il un mammifère ?
Oui. Il allaite ses petits, possède des poils et respire avec des poumons. Il appartient toutefois aux monotrèmes, un petit groupe de mammifères qui pondent des œufs, avec les échidnés.
L’ornithorynque est-il dangereux pour l’être humain ?
Un mâle peut blesser une personne avec l’aiguillon venimeux de ses pattes arrière. Il ne faut jamais tenter de le toucher. En cas de morsure ou de piqûre suspecte, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Peut-on avoir un ornithorynque comme animal de compagnie ?
Non. L’espèce est sauvage, protégée et très difficile à maintenir, car elle dépend d’une eau adaptée et d’un régime particulier. Sa détention et son commerce sont encadrés par le droit australien et par la CITES.
Comment la femelle nourrit-elle son petit sans mamelons ?
Elle produit du lait avec des glandes mammaires situées sous la peau. Le lait suinte sur son abdomen et les petits le boivent dans les replis de son pelage, car la femelle ne possède pas de mamelons.
L’ornithorynque est-il menacé de disparition ?
Il est classé quasi menacé, ou NT, sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. Cela signifie qu’il n’est pas actuellement classé comme vulnérable, en danger ou en danger critique, mais que les pressions sur les rivières peuvent aggraver sa situation.
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Pour aller plus loin
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Australian Museum, Platypus australian.museum
- Smithsonian’s National Zoo and Conservation Biology Institute, Platypus nationalzoo.si.edu
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer










