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À quoi sert le venin ?
Le venin agit comme une arme biologique. Une morsure de cobra royal peut rapidement perturber les nerfs et les muscles de sa proie. Chez un crotale, le venin peut aussi abîmer des tissus et modifier la coagulation du sang. Ces effets permettent de maîtriser un animal parfois plus rapide ou plus lourd que le prédateur.
Le venin sert également à se défendre. Le mâle ornithorynque possède une épine reliée à une glande à venin sur chaque patte arrière. Il l’utilise surtout pendant la période de reproduction, lors de rivalités entre mâles. Chez beaucoup d’espèces, produire du venin demande de l’énergie, ce qui explique qu’il soit utilisé avec économie.
Venimeux et vénéneux, quelle différence ?
Un animal venimeux injecte sa toxine, par exemple avec des crochets, un dard ou une épine. Le cobra royal et le crotale de l’Ouest sont venimeux. Un animal vénéneux devient dangereux lorsqu’un autre animal le mange ou touche ses substances toxiques. Les dendrobates stockent des toxines dans leur peau, surtout grâce à certains aliments consommés dans la nature.
La frontière entre ces mots reste parfois floue dans le langage courant, et les biologistes anglophones utilisent souvent un même terme, venom, pour plusieurs situations. Chez les dendrobates élevées en captivité, la toxicité cutanée diminue souvent lorsque leur alimentation ne contient plus les petits animaux à l’origine des toxines.
Comment le venin est-il apparu ?
Le venin n’est pas apparu une seule fois dans l’histoire de la vie. Des transformations de salive, de sécrétions de peau ou de glandes ont probablement été sélectionnées chez plusieurs lignées animales. Les chercheurs étudient encore l’origine exacte de certains venins, car des molécules semblables peuvent avoir évolué séparément chez des animaux très éloignés.
Une morsure venimeuse ne provoque pas toujours le même effet chez toutes les proies. Le venin est souvent adapté à des animaux précis, comme des lézards, des petits mammifères ou des insectes. Sa composition varie aussi selon l’âge, la saison, l’alimentation et la population étudiée.
Faut-il avoir peur de tous les animaux venimeux ?
Le danger dépend de l’espèce, de la quantité injectée, de la zone touchée et de la santé de la personne. Un animal venimeux cherche généralement à fuir avant d’attaquer. Il ne faut toutefois jamais manipuler un serpent, une araignée ou un animal inconnu, même s’il paraît immobile.
Après une morsure ou une piqûre suspecte, éloignez-vous de l’animal sans essayer de le capturer. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de risque pour une personne, et suivez les consignes des secours. Une morsure de serpent doit être prise au sérieux, même si la douleur semble faible au début.
Le saviez-vous ?
- 1.Chez le crotale, les glandes à venin sont reliées à des crochets creux qui se replient dans la bouche lorsque le serpent ne mord pas.
- 2.Seul le mâle ornithorynque possède des éperons venimeux fonctionnels sur les pattes arrière. La femelle en développe au début de sa vie, puis ils ne restent généralement pas fonctionnels.
Questions fréquentes
Un serpent venimeux peut-il mordre sans injecter de venin ?
Oui. Certaines morsures libèrent peu de venin ou aucun venin, selon la situation. Pourtant, la plaie peut être profonde et s’infecter. Après une morsure de serpent, éloignez-vous de l’animal et appelez le 15 ou le 112, sans poser de garrot ni tenter d’aspirer la plaie.
Pourquoi les dendrobates sont-elles parfois appelées grenouilles à flèches empoisonnées ?
Certaines populations d’Amérique tropicale produisent des toxines cutanées utilisées autrefois par des peuples autochtones sur la pointe de flèches ou de sarbacanes. Leur toxicité dépend de l’espèce et de l’alimentation. En captivité, elle diminue souvent lorsque les proies habituelles ne sont plus disponibles.
Le venin tue-t-il toujours la proie ?
Non. Il peut seulement ralentir un animal, provoquer une paralysie locale ou commencer la digestion des tissus. Certains venins agissent rapidement sur les nerfs, d’autres sur le sang ou les cellules. Leur effet dépend de la dose et de la sensibilité de la proie.
Sources
- Australian Museum, Venomous animals and animal fact sheets australian.museum
- Smithsonian’s National Zoo, Animal facts and conservation nationalzoo.si.edu
- Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, connaissances sur la faune sauvage ofb.gouv.fr
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