
Chamois
Rupicapra rupicapra
Aussi appelé Chamois des Alpes
Le chamois est un cousin sauvage des chèvres, reconnaissable à ses petites cornes recourbées et aux bandes sombres de son visage. Dans les Alpes comme dans d’autres montagnes d’Europe et d’Asie, ses sabots lui permettent de parcourir des pentes escarpées. Classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, il reste sensible aux dérangements, aux maladies et aux changements de son habitat.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Environ 100 à 135 cm de longueur tête-corps, avec une queue de 3 à 4 cm ; 70 à 85 cm au garrot.
- Poids
- Généralement 30 à 50 kg chez les mâles et 25 à 40 kg chez les femelles ; le poids varie fortement avec la saison et les populations.
- Longévité
- Souvent 10 à 15 ans dans la nature ; certains individus dépassent 20 ans.
- Régime
- HerbivoreIl mange des herbes, des plantes à fleurs, des feuilles et, en hiver, davantage de rameaux, de bourgeons et d’aiguilles de conifères.
- Mode de vie
- Diurne, femelles et jeunes en hardes, mâles souvent à l’écart
- Famille
- Bovidés (Bovidae), ordre des Artiodactyles (Artiodactyla)
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Où vit le chamois ?
Il fréquente les prairies, les pentes rocheuses et les forêts de montagne, depuis certains reliefs de basse altitude jusqu’à plus de 3 000 m selon les régions et les saisons.
Principales régions : France, Suisse, Italie, Autriche, Slovénie, Roumanie, Turquie, Géorgie.
- Europe
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le chamois
Deux bandes sombres traversent son visage clair, depuis le museau jusqu’aux oreilles en passant par les yeux. Ses cornes noires montent presque verticalement, puis se recourbent en crochet vers l’arrière. Mâles et femelles en possèdent. Elles mesurent généralement autour de 20 à 30 cm, avec des variations selon le sexe, l’âge et la population.
Le pelage change au fil des saisons : brun assez clair en été, il devient plus sombre et plus épais en hiver. Le bouquetin a une silhouette plus massive et, chez le mâle adulte, de grandes cornes arquées. Dans les Pyrénées, l’animal ressemblant au chamois est l’isard, classé dans une autre espèce, Rupicapra pyrenaica.
Où vit le chamois ?
Son aire naturelle comprend notamment les Alpes, les Balkans, les Carpates, certaines montagnes d’Anatolie et le Caucase. Il utilise une mosaïque de prairies, de rochers et de forêts. Les falaises lui procurent des refuges, tandis que les secteurs herbeux lui permettent de se nourrir. Il ne reste donc pas en permanence sur les sommets.
En France, il vit surtout dans les Alpes et le Jura ; les populations des Vosges proviennent d’introductions. Pour l’observer, privilégiez une sortie matinale au printemps ou en automne, avec des jumelles, dans des secteurs autorisés de la Vanoise, des Écrins ou du Mercantour. En hiver, restez particulièrement loin des animaux et évitez les zones de quiétude.
Que mange le chamois ?
Au printemps et en été, il prélève surtout des herbes et d’autres plantes basses, ainsi que des feuilles. Il choisit ses bouchées selon ce qui pousse et selon la qualité des végétaux. Comme les chèvres et les vaches, il rumine : après avoir avalé sa nourriture, il la fait remonter dans sa bouche pour la mâcher de nouveau.
Lorsque la neige recouvre les prairies, il recherche les pentes dégagées et les végétaux encore accessibles. Rameaux, bourgeons et aiguilles de conifères prennent alors davantage de place dans son alimentation. Ses réserves de graisse l’aident à traverser cette période. Ne lui donnez ni pain ni restes de pique-nique : ces aliments ne correspondent pas à son régime.
Comment se déplace et vit le chamois ?
Chaque pied porte deux doigts principaux terminés par des sabots. Leur bord dur et leur partie centrale plus souple contribuent à l’appui sur les terrains accidentés. Les deux doigts peuvent aussi s’écarter. Cette anatomie, associée à un bon équilibre, lui permet de circuler sur des pentes où un humain aurait besoin de progresser avec prudence.
Les femelles se regroupent souvent avec leurs petits et les jeunes des années précédentes. Les mâles adultes vivent fréquemment seuls ou en petits groupes en dehors du rut. L’activité alterne entre alimentation, déplacements et repos avec rumination. En cas d’alerte, un individu peut émettre un sifflement et déclencher la fuite des animaux proches.
Comment naissent les petits du chamois ?
Le rut, la période des accouplements, se déroule surtout en novembre et en décembre, avec des variations régionales. Les mâles poursuivent leurs rivaux et cherchent à accéder aux femelles. Ces efforts réduisent le temps consacré à manger et peuvent leur faire perdre beaucoup de poids, juste avant la période où la nourriture devient moins accessible.
Après environ cinq à six mois de gestation, la femelle met généralement au monde un seul chevreau, en mai ou en juin. Les jumeaux sont rares. Le petit peut se lever et suivre sa mère peu après sa naissance. Il tète pendant plusieurs mois tout en commençant progressivement à manger des végétaux.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses cornes ne tombent pas chaque année. Elles grandissent toute sa vie et portent des marques de croissance qui peuvent aider à estimer son âge.
- 2.Le sifflement d’alarme peut être entendu avant que vous aperceviez l’animal : il signale qu’un chamois a repéré un danger possible.
- 3.Certaines populations fréquentent largement la forêt. Une observation entre les arbres, loin d’une haute crête alpine, n’a donc rien d’anormal.
- 4.Le chevreau suit rapidement sa mère sur le relief, mais les premières semaines restent une période délicate face au froid et aux prédateurs.
Ce qui menace le chamois
Dérangement en hiver
La randonnée hors sentier, les chiens et certaines pratiques de ski peuvent provoquer des fuites répétées. Dans la neige, ces déplacements consomment des réserves alors que la nourriture est limitée.
Chaleur et habitats
Le réchauffement modifie l’enneigement et la végétation de montagne. Les fortes chaleurs peuvent aussi réduire le temps disponible pour s’alimenter, avec des effets variables selon les massifs.
Maladies des populations
La kératoconjonctivite infectieuse, qui touche les yeux, et la gale peuvent provoquer des épisodes de mortalité. Leur importance varie selon les régions ; les contacts avec des troupeaux domestiques peuvent intervenir dans certaines transmissions.
Prélèvements mal adaptés
La chasse doit tenir compte des effectifs et de leur évolution locale. Des prélèvements excessifs, associés à une faible reproduction ou à une forte mortalité, peuvent fragiliser une population.
Protéger le chamois
- Statuts mondial et françaisL’espèce est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale de l’UICN et dans la Liste rouge des mammifères continentaux de France métropolitaine de 2017. Ce classement national ne garantit pas que toutes les populations locales se portent aussi bien.
- Chasse encadrée en FranceLe chamois est une espèce chassable, soumise au plan de chasse ; il n’est pas protégé sur l’ensemble du territoire métropolitain. Les dates, les prélèvements autorisés et les interdictions locales dépendent de la réglementation applicable.
- Refuges et suivisLes cœurs des parcs nationaux de la Vanoise, des Écrins et du Mercantour abritent des populations dans des espaces où la chasse est interdite. Des comptages et des suivis sanitaires permettent d’étudier leur évolution et d’adapter la gestion.
Questions fréquentes
Quelle différence y a-t-il entre un chamois et un bouquetin ?
Le chamois porte des cornes assez courtes, terminées par un crochet, et deux bandes sombres sur le visage. Le bouquetin des Alpes est plus massif ; le mâle adulte possède de grandes cornes arquées avec des reliefs marqués. Chez les femelles et les jeunes, regardez aussi la forme des cornes et les marques du visage.
Le chamois et l’isard sont-ils le même animal ?
Ils appartiennent au même genre, Rupicapra, mais à deux espèces distinctes. Le chamois est Rupicapra rupicapra ; l’isard des Pyrénées appartient à Rupicapra pyrenaica. Leur silhouette se ressemble beaucoup. Le massif où vous les observez constitue un premier indice : dans les Pyrénées, vous rencontrerez l’isard.
Peut-on voir des chamois sans monter très haut ?
Oui, certaines populations vivent sur des reliefs boisés et des falaises à altitude modérée, notamment dans le Jura. La hauteur ne suffit donc pas à prévoir leur présence. Choisissez un sentier connu pour l’observation, partez tôt et scrutez les lisières avec des jumelles, sans quitter le parcours pour vous rapprocher.
Le chamois est-il protégé en France ?
Il est classé en préoccupation mineure sur la Liste rouge nationale, mais une liste rouge évalue le risque de disparition et ne fixe pas les règles de chasse. En France, le chamois est chassable sous plan de chasse. La chasse est toutefois interdite dans certains espaces, notamment les cœurs des parcs nationaux.
Que faire si je trouve un petit chamois seul ?
Éloignez-vous et gardez votre chien à distance : la mère peut se trouver à proximité, hors de votre vue. Ne prenez pas le petit dans vos bras et ne lui donnez rien à manger. S’il présente une blessure visible ou se trouve en danger immédiat, contactez rapidement un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB.
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Autour de cet animal
Pour aller plus loin
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, Rupicapra rupicapra iucnredlist.org
- UICN France, Liste rouge des mammifères continentaux de France métropolitaine, 2017 uicn.fr
- Parc national des Écrins, Le chamois ecrins-parcnational.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer







