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La rhytine de Steller (Hydrodamalis gigas)
EX
Hydrodamalis gigas

Rhytine de Steller

Hydrodamalis gigas

Aussi appelé Vache marine de Steller

La rhytine de Steller était un immense mammifère marin herbivore, proche du dugong. Elle broutait les grandes algues des côtes froides du Pacifique Nord et pouvait dépasser sept mètres de longueur. Lorsque les Européens la décrivirent en 1741, elle ne subsistait plus qu’aux îles du Commandeur. La chasse entraîna sa disparition vers 1768.

Statut
ÉteinteDisparue vers 1768, seulement 27 ans après les observations de Georg Wilhelm Steller en 1741.
Taille
Environ 7 à 9 mètres de longueur totale chez les grands adultes, selon les descriptions historiques et les reconstitutions.
Poids
Plusieurs tonnes, souvent estimées entre 4 et 10 tonnes selon la taille et les méthodes de reconstitution.
Longévité
Inconnue : aucune longévité individuelle fiable n’a été documentée.
Régime
HerbivoreElle broutait surtout les grandes algues des eaux côtières, notamment les laminaires.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, en groupes, avec des adultes et des jeunes
Famille
Dugongidés (Dugongidae), ordre des Siréniens (Sirenia)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

îles du Commandeur, dans le Pacifique Nord, pour les dernières populations connues

Où vivait la rhytine de Steller ?

Elle fréquentait les eaux froides et peu profondes du littoral, près des peuplements de grandes algues.

Principales régions : Russie, île Béring, Russie, île Medny.

  • Asie
  • Océans

Aucun individu vivant : l’espèce est éteinte.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaissait-on la rhytine de Steller ?
  2. Où vivait la rhytine de Steller ?
  3. Que mangeait-elle ?
  4. Comment se comportait-elle ?
  5. Comment se reproduisait-elle ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaissait-on la rhytine de Steller ?

Son corps massif se terminait par une queue aplatie et divisée en deux lobes, comme celle du dugong. La tête paraissait petite par rapport au tronc, et les membres antérieurs formaient deux nageoires. Les descriptions historiques indiquaient une longueur pouvant atteindre environ sept à neuf mètres chez les grands adultes.

La peau sombre était épaisse et plissée, avec un aspect que Steller comparait à de l’écorce. Sous cette peau, une importante couche de graisse limitait les pertes de chaleur dans l’eau froide. La bouche portait des lèvres munies de soies et des plaques cornées qui remplaçaient les dents pour écraser la nourriture.

Où vivait la rhytine de Steller ?

Au XVIIIe siècle, les dernières populations connues vivaient autour des îles Béring et Medny, dans l’archipel du Commandeur, à l’est de la péninsule russe du Kamtchatka. Elles fréquentaient les eaux côtières peu profondes, où poussaient de grandes algues. Une partie du dos pouvait rester visible lorsqu’elles se nourrissaient près de la surface.

Les fossiles montraient que l’espèce avait auparavant occupé une aire beaucoup plus vaste dans le Pacifique Nord, avec des découvertes notamment au Japon et sur la côte occidentale de l’Amérique du Nord. Cette répartition ancienne ne devait pas être confondue avec celle des dernières populations observées par Steller. Aucune population historique n’était connue en France.

Que mangeait-elle ?

Elle consommait surtout de grandes algues marines, notamment les laminaires qui formaient des peuplements denses le long des côtes. Ses lèvres saisissaient la végétation, puis ses plaques cornées la broyaient. Malgré son nom de vache marine, elle n’avait aucun lien de parenté proche avec les bovins : elle appartenait au même ordre que les lamantins.

Steller décrivait des animaux qui passaient beaucoup de temps à se nourrir et paraissaient très absorbés par cette activité. Il signalait aussi un amaigrissement hivernal, lorsque les ressources devenaient moins accessibles. Les observations étaient toutefois limitées à une période courte et à un petit territoire : elles ne permettaient pas de mesurer précisément la quantité quotidienne d’algues consommée.

Comment se comportait-elle ?

Les animaux étaient observés en groupes comprenant des adultes et des jeunes. Ils se nourrissaient près du rivage et remontaient respirer de l’air, comme tous les mammifères marins. Steller les décrivait comme peu farouches, une caractéristique qui les rendait particulièrement vulnérables aux chasseurs arrivant dans ces îles jusque-là très isolées.

Ses récits mentionnaient des congénères qui restaient près d’un animal blessé ou tentaient de l’accompagner. Ces descriptions suggéraient des liens sociaux, sans permettre d’en préciser toute l’organisation. L’alimentation occupait une grande partie du temps, de jour comme de nuit, mais aucun suivi moderne ne permettait de connaître exactement son rythme d’activité.

Comment se reproduisait-elle ?

Steller avait observé des jeunes auprès des adultes et décrit des comportements d’accouplement. Comme les autres siréniens, les femelles donnaient naissance à des petits vivants qu’elles allaitaient. Les données disponibles restaient cependant trop limitées pour établir avec certitude l’âge de la première reproduction, la durée de gestation ou l’intervalle entre deux naissances.

Les récits suggéraient la naissance d’un seul petit à la fois, mais ils ne constituaient pas un suivi complet de la reproduction. La lenteur probable du renouvellement des générations rendait les populations sensibles aux prélèvements répétés. Les valeurs parfois publiées pour la gestation ou la longévité reposaient en partie sur des comparaisons avec d’autres siréniens.

Le saviez-vous ?

  • 1.Steller étudia l’animal après le naufrage de son expédition en 1741 : l’équipage dut passer l’hiver sur l’île Béring.
  • 2.Malgré ses plusieurs tonnes, cette herbivore ne possédait pas de dents fonctionnelles : elle écrasait les algues avec des plaques cornées.
  • 3.Elle vivait dans des eaux froides, tandis que les siréniens encore vivants fréquentent surtout des régions tropicales ou subtropicales.
  • 4.Sa description scientifique et sa disparition furent séparées d’environ 27 ans, un intervalle plus court qu’une génération humaine.

Pourquoi la rhytine de Steller a disparu

  • Chasse pour le ravitaillement

    Les chasseurs et les équipages tuaient les animaux pour leur viande et leur graisse. Leur grande taille permettait de ravitailler les expéditions, notamment celles qui recherchaient les fourrures de loutres de mer.

  • Pertes lors des captures

    Les techniques de chasse blessaient aussi des animaux qui n’étaient pas récupérés. Le nombre de morts pouvait donc dépasser celui des carcasses effectivement utilisées.

  • Dernières populations isolées

    Au moment des observations européennes, l’espèce était déjà limitée à une petite partie de son ancienne aire. Cette concentration géographique et un renouvellement probablement lent ne lui permettaient pas de supporter une chasse répétée.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Squelettes dans les muséesDes squelettes sont conservés notamment au Natural History Museum de Londres et au Musée finlandais d’histoire naturelle, à Helsinki. Ces collections permettent d’étudier son anatomie malgré l’absence d’animaux vivants.
  • Archives et ADN ancienLes descriptions de Steller sont confrontées aux ossements et aux données génétiques obtenues à partir de restes anciens. Des travaux de paléogénomique ont étudié son histoire évolutive et ses adaptations à la vie dans les eaux froides.
  • Aucune population survivanteL’espèce est classée éteinte par l’UICN et ne subsiste dans aucun parc zoologique. Aucun programme de reproduction ou de réintroduction n’est donc possible avec des animaux vivants de cette espèce.

Questions fréquentes

Pourquoi s’appelait-elle « vache marine » ?

Ce nom évoquait son alimentation : elle broutait les algues près des côtes, comme une vache broute l’herbe. Elle n’était pourtant pas apparentée aux bovins. La rhytine appartenait aux siréniens, le groupe qui comprend aujourd’hui les lamantins et le dugong, tous herbivores aquatiques.

Quand la dernière rhytine est-elle morte ?

La disparition est généralement située vers 1768, à partir des derniers témoignages historiques retenus. Aucun individu final n’a été suivi comme cela a pu arriver pour certaines espèces captives. Cette date désigne donc la fin des observations fiables, et non la mort précisément documentée du tout dernier animal.

Était-elle plus grosse qu’un dugong ?

Oui. Les grands adultes pouvaient atteindre environ sept à neuf mètres, contre généralement deux à trois mètres pour un dugong. Leur masse était estimée à plusieurs tonnes. Les chiffres exacts variaient selon les reconstitutions, car aucun animal vivant n’avait été mesuré et pesé avec les méthodes actuelles.

Pourrait-il en rester dans une île isolée ?

Aucune observation vérifiée ne permet d’affirmer qu’elle survit. Sa taille, sa présence près du rivage et son besoin de remonter respirer auraient facilité sa détection dans les régions concernées. Les récits tardifs non confirmés ne suffisent pas à remettre en cause son classement comme espèce éteinte.

Peut-on la faire revivre grâce à son ADN ?

L’ADN ancien permet d’étudier ses parentés et certaines adaptations, mais il ne fournit pas un animal vivant ni des cellules utilisables pour un clonage classique. Aucune rhytine n’a été recréée. Les collections scientifiques servent aujourd’hui à comprendre son histoire et les mécanismes qui conduisent aux disparitions.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle était la nourriture principale de la rhytine de Steller ?
  2. 2.Où vivaient les dernières populations connues au XVIIIe siècle ?
  3. 3.Quelle cause explique principalement sa disparition historique ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Hydrodamalis gigas iucnredlist.org
  2. Natural History Museum de Londres, collections et ressources sur la rhytine de Steller nhm.ac.uk
  3. Luomus, Musée finlandais d’histoire naturelle : collections zoologiques et Musée d’histoire naturelle luomus.fi
  4. Wikipédia, Rhytine de Steller fr.wikipedia.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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