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Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus)
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Oryctolagus cuniculus

Lapin de garenne

Oryctolagus cuniculus

Aussi appelé Lapin européen, Lapin sauvage

Le lapin de garenne vit en groupes autour de terriers, près des prairies, des haies et des landes. Originaire de la péninsule Ibérique et du sud de la France, il est l’ancêtre de tous les lapins domestiques. Malgré sa réputation d’animal prolifique, il est classé en danger à l’échelle mondiale, notamment à cause des maladies et du recul de ses habitats.

Statut
En dangerpopulation en baisse
Taille
35 à 50 cm pour la tête et le corps, avec une queue de 4 à 8 cm
Poids
Environ 1 à 2,5 kg, selon les populations
Longévité
Souvent 1 à 3 ans dans la nature ; certains individus atteignent 8 à 9 ans
Régime
HerbivoreIl mange surtout des herbes et d’autres plantes basses, puis des pousses, des écorces et des rameaux lorsque la végétation tendre manque.
Mode de vie
Crépusculaire, en groupes familiaux partageant un réseau de terriers
Famille
Léporidés (Leporidae), ordre des Lagomorphes (Lagomorpha)

Fiche vérifiée le · 7 min de lecture

Péninsule Ibérique et sud de la France à l’origine ; largement introduit ailleurs

Où vit le lapin de garenne ?

Il fréquente les prairies, les landes et les lisières avec des couverts protecteurs et un sol suffisamment meuble et drainé pour creuser.

Principales régions : Espagne, Portugal, France, Royaume-Uni, Allemagne, Maroc, Australie, Nouvelle-Zélande.

  • Europe
  • Afrique
  • Océanie
  • Amérique du Sud
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le lapin de garenne ?
  2. Où vit le lapin de garenne ?
  3. Que mange-t-il et comment digère-t-il ?
  4. Une vie de groupe autour des terriers
  5. Comment naissent les lapereaux ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le lapin de garenne ?

Son pelage brun-gris lui permet de se confondre avec la terre et les herbes sèches. Le ventre est plus clair, et le dessous blanc de sa courte queue apparaît lorsqu’il s’enfuit. Ses oreilles mesurent généralement 6 à 8 cm. Ses longues pattes arrière lui donnent une démarche bondissante et l’aident à rejoindre rapidement un abri.

Le lièvre d’Europe est nettement plus grand, avec des oreilles plus longues dont les pointes sont noires et des pattes arrière plus développées. Il se repose généralement dans un creux à la surface du sol, appelé gîte. Le lapin utilise des terriers. Autour de leurs entrées, vous pouvez repérer de petites crottes rondes, des traces de grattage et une végétation broutée très court.

Où vit le lapin de garenne ?

Son aire d’origine se situe dans la péninsule Ibérique et le sud de la France. Les humains l’ont transporté dans de nombreuses régions d’Europe, puis sur d’autres continents. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les populations introduites peuvent endommager fortement la végétation. Cette abondance locale ne reflète pas la situation des populations sauvages de son aire d’origine, qui ont beaucoup décliné.

En France métropolitaine, il est présent dans de nombreuses régions, mais sa répartition est discontinue et ses effectifs varient fortement. Vous pouvez le chercher dans les dunes, les landes, les bocages, les friches et certains parcs urbains. Il apprécie les sols faciles à creuser, qui ne restent pas gorgés d’eau, avec des buissons proches pour se cacher.

Vous avez davantage de chances de l’observer tôt le matin ou en fin de journée, toute l’année. Installez-vous à distance d’une zone broutée, avec des jumelles, et restez immobile. Les sorties en plein jour sont possibles dans les lieux tranquilles. Évitez de vous placer devant une entrée de terrier : vous pourriez empêcher un animal de rejoindre son refuge.

Que mange-t-il et comment digère-t-il ?

Il broute surtout des graminées et d’autres plantes herbacées, en choisissant volontiers les parties jeunes. Son menu change avec la saison et les ressources disponibles : feuilles, pousses, plantes cultivées, puis écorces et petits rameaux lorsque les herbes manquent. Ses incisives poussent continuellement et s’usent quand il coupe et mâche des végétaux.

Une partie de sa nourriture est fermentée par des microbes dans le cæcum, une poche de son intestin. Il produit alors des cæcotrophes, de petites crottes molles riches en nutriments qu’il reprend directement à l’anus et avale. Ce second passage digestif lui permet de récupérer notamment des vitamines et des protéines produites par les microbes. Les crottes sèches visibles au sol sont différentes.

Une vie de groupe autour des terriers

Plusieurs adultes peuvent partager une garenne, un réseau de galeries comportant plusieurs entrées. La taille du groupe dépend de la nourriture, des abris et de la densité locale. Les individus établissent des relations de dominance et communiquent notamment par les odeurs. Des glandes situées sous le menton servent à déposer des marques sur des éléments de leur environnement.

À l’approche d’un danger, il peut s’immobiliser, puis courir vers un couvert ou un terrier. Il frappe parfois le sol avec une patte arrière, produisant un signal d’alerte perceptible par ses voisins. Renards, mustélidés et rapaces comptent parmi ses prédateurs. Dans la péninsule Ibérique, il constitue une proie majeure pour le lynx ibérique et l’aigle ibérique.

Comment naissent les lapereaux ?

La reproduction dépend du climat et de l’état de la végétation. En France, elle se concentre généralement entre la fin de l’hiver et l’été, avec des variations régionales. Après environ 28 à 31 jours de gestation, la femelle met souvent au monde 3 à 6 petits. Elle peut avoir plusieurs portées dans l’année lorsque les conditions sont favorables.

Les lapereaux naissent nus, aveugles et dépendants de leur mère. Le nid est installé dans un terrier de mise bas, garni d’herbes et de poils qu’elle prélève sur son corps. Elle ne reste pas en permanence auprès d’eux : l’allaitement est bref, généralement une fois par jour. Leurs yeux s’ouvrent vers 10 jours et le sevrage survient autour de 4 à 5 semaines.

Une forte fécondité ne garantit pas la survie d’une population. Beaucoup de jeunes meurent avant l’âge adulte, victimes des maladies, des prédateurs ou de conditions défavorables. Si vous trouvez un nid, ne l’ouvrez pas et gardez les chiens à distance. L’absence de la femelle pendant plusieurs heures est habituelle et ne signifie pas que les petits sont abandonnés.

Le saviez-vous ?

  • 1.Tous les lapins domestiques, du lapin nain au géant des Flandres, appartiennent à la même espèce que le lapin de garenne.
  • 2.Derrière ses grandes incisives supérieures se cache une seconde paire de petites incisives : les lapins sont des lagomorphes, pas des rongeurs.
  • 3.En broutant et en creusant, il entretient des zones de végétation basse et remue le sol, ce qui modifie les habitats disponibles pour d’autres espèces.
  • 4.En Australie, les introductions ont entraîné de graves dégâts écologiques, alors que les populations de son aire d’origine connaissent un déclin.

Ce qui menace le lapin de garenne

  • Deux maladies virales

    La myxomatose et la maladie hémorragique virale du lapin peuvent provoquer de fortes mortalités. Le variant viral RHDV2 touche aussi les jeunes lapins et complique le rétablissement des populations.

  • Disparition des habitats

    L’arrachage des haies, la disparition des friches et l’urbanisation réduisent les abris et les zones de nourrissage. À l’inverse, la fermeture complète des milieux par une végétation dense peut faire disparaître les espaces herbeux dont il dépend.

  • Pressions locales supplémentaires

    Les collisions routières, la destruction des terriers et les prélèvements peuvent ajouter des pertes aux populations déjà fragilisées. Leur importance varie selon les territoires et l’état sanitaire des animaux.

Protéger le lapin de garenne

  • Deux échelles de risqueLa Liste rouge mondiale de l’UICN classe l’espèce en danger (EN). La Liste rouge des mammifères de France métropolitaine de 2017 la classe quasi menacée (NT), une catégorie distincte qui décrit sa situation nationale.
  • Statut juridique françaisEn France métropolitaine, il ne bénéficie pas d’une protection nationale générale et fait partie des espèces dont la chasse est autorisée. Les périodes de chasse et les éventuelles mesures de régulation dépendent de la réglementation applicable localement ; le classement en Liste rouge n’est pas, à lui seul, une protection juridique.
  • Maintenir des habitats adaptésLa conservation de haies, de friches et de petites zones herbeuses proches d’abris favorise les populations. Des garennes artificielles sont utilisées dans certains projets de gestion, mais leur implantation et tout lâcher nécessitent un encadrement réglementaire et sanitaire.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Pourquoi est-il menacé alors qu’on voit encore beaucoup de lapins ?

Une population abondante dans un parc ou une région ne décrit pas toute l’espèce. Les maladies et la transformation des paysages ont provoqué de fortes baisses, notamment dans son aire d’origine. Le classement mondial est en danger, tandis que la Liste rouge française le classe quasi menacé. Les populations introduites peuvent, ailleurs, rester nombreuses.

Comment distinguer un lapin d’un lièvre ?

Le lièvre d’Europe est plus grand, avec de longues oreilles à pointes noires et de longues pattes arrière. Le lapin a une silhouette plus compacte et se réfugie dans des terriers. Leurs petits diffèrent aussi : les lapereaux naissent nus et aveugles, tandis que les levrauts naissent couverts de poils, les yeux ouverts.

Peut-on adopter un lapereau trouvé dehors ?

Ne prélevez pas un lapereau pour en faire un animal de compagnie. Sa mère peut revenir l’allaiter même si vous ne la voyez pas. Éloignez-vous et empêchez les chiens de s’approcher. S’il est blessé, froid ou en danger immédiat, contactez un centre de soins pour la faune sauvage le jour même afin de recevoir des consignes adaptées.

Les lapins sauvages peuvent-ils transmettre des maladies à un lapin domestique ?

Oui. La myxomatose et la maladie hémorragique virale peuvent atteindre les lapins domestiques ; selon le virus, la transmission implique notamment des insectes, des contacts ou du matériel contaminé. Demandez au vétérinaire un programme de vaccination adapté. Si votre lapin devient abattu, cesse de manger ou respire difficilement, appelez le vétérinaire immédiatement, ou le service de garde la nuit.

Faut-il nourrir les lapins qui viennent au jardin ?

Évitez le nourrissage : ils trouvent normalement leur nourriture dans la végétation, et les rassemblements autour des aliments peuvent favoriser la transmission de maladies. Le pain et les restes de cuisine ne conviennent pas. Vous pouvez conserver une petite zone herbeuse et protéger vos plantations avec un grillage, sans bloquer les entrées des terriers occupés.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quel ordre appartient le lapin de garenne ?
  2. 2.Comment les lapereaux naissent-ils ?
  3. 3.Pourquoi avale-t-il ses cæcotrophes ?

Autour de cet animal

Pour aller plus loin

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Oryctolagus cuniculus iucnredlist.org
  2. Office français de la biodiversité, informations sur le lapin de garenne et la gestion de la faune sauvage ofb.gouv.fr
  3. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel : Oryctolagus cuniculus inpn.mnhn.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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