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Le hibou moyen-duc (Asio otus)
LC
Asio otus

Hibou moyen-duc

Asio otus

Aussi appelé Moyen-duc

Le hibou moyen-duc chasse les petits rongeurs dans les prairies et les champs, puis se cache dans les arbres pendant la journée. Présent en France, ce rapace aux yeux orange porte deux touffes de plumes qui ressemblent à des oreilles. Il est protégé et classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, malgré une tendance générale à la baisse.

Statut
Préoccupation mineurepopulation en baisse
Taille
31 à 37 cm de longueur ; environ 86 à 100 cm d’envergure.
Poids
Environ 200 à 350 g chez le mâle et 250 à 430 g chez la femelle, avec des variations géographiques.
Longévité
Plus de 20 ans sont possibles dans la nature, d’après des oiseaux bagués ; beaucoup meurent bien avant cet âge.
Régime
CarnivoreIl mange surtout de petits rongeurs, notamment des campagnols, ainsi que des mulots et occasionnellement de petits oiseaux.
Mode de vie
Nocturne, en couple pour nicher, en dortoirs collectifs en hiver
Famille
Strigidés (Strigidae), ordre des Strigiformes

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Europe, Afrique du Nord, Asie tempérée et Amérique du Nord

Où vit le hibou moyen-duc ?

Il fréquente les paysages ouverts bordés de haies, de bosquets et de bois, des plaines aux vallées montagnardes.

Principales régions : France, Espagne, Allemagne, Maroc, Russie, Chine, Canada, États-Unis.

  • Europe
  • Afrique
  • Asie
  • Amérique du Nord et centrale
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le hibou moyen-duc
  2. Où vit le hibou moyen-duc ?
  3. Que mange ce chasseur nocturne ?
  4. Une vie nocturne et des dortoirs d’hiver
  5. Comment élève-t-il ses petits ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le hibou moyen-duc

Vous pouvez le reconnaître à ses yeux orange, à son disque facial arrondi et à ses deux longues aigrettes. Son plumage brun, beige et gris porte des stries sombres qui le dissimulent contre les branches. Il mesure environ 31 à 37 cm. La femelle est en moyenne plus lourde que le mâle, mais les deux sexes se ressemblent beaucoup.

Lorsqu’il se sent observé, il peut étirer son corps, resserrer ses plumes et dresser ses aigrettes : sa silhouette devient étonnamment mince. Au repos, ces touffes peuvent être presque invisibles. Le hibou des marais, qui lui ressemble, a généralement les yeux jaunes et des aigrettes beaucoup plus courtes. En vol, ces détails sont difficiles à distinguer.

Où vit le hibou moyen-duc ?

Son aire couvre une grande partie de l’Europe et de l’Asie tempérée, ainsi que l’Afrique du Nord et l’Amérique du Nord. Il recherche une association de terrains ouverts pour chasser et d’arbres pour se reposer ou nicher. Les haies, les petits bois, les plantations de conifères et certains parcs lui conviennent lorsque des prairies ou des champs restent accessibles à proximité.

En France métropolitaine, il est largement réparti sur le continent, mais sa présence varie localement avec les habitats et l’abondance des rongeurs. Vous pouvez le chercher à la lisière des bois au crépuscule, ou écouter son chant discret à la fin de l’hiver et au printemps. En hiver, des oiseaux venus de régions plus septentrionales rejoignent les résidents et peuvent former des dortoirs.

Que mange ce chasseur nocturne ?

Les campagnols constituent souvent la plus grande part de ses repas, avec des proportions qui changent selon les régions et les années. Il capture aussi des mulots et d’autres petits mammifères ; de petits oiseaux complètent parfois ce menu. Il chasse en volant assez bas au-dessus des terrains ouverts, ou attend sur un perchoir avant de fondre sur une proie.

Son disque facial aide à diriger les sons vers ses oreilles, cachées sous les plumes. Après avoir avalé une petite proie, il rejette les os et les poils sous forme de pelote de réjection. L’étude de ces pelotes renseigne les naturalistes sur son alimentation. Si vous en trouvez sous un arbre, observez-les sans vous approcher d’un oiseau au repos.

Une vie nocturne et des dortoirs d’hiver

Pendant la journée, ce rapace reste souvent immobile dans un feuillage dense. Il devient actif au crépuscule et chasse principalement la nuit. Les plumes de ses ailes atténuent les bruits du vol, ce qui facilite l’approche des proies. Au printemps, le mâle émet un « hou » grave et répété, moins sonore que le chant de la chouette hulotte.

Hors de la reproduction, plusieurs individus peuvent partager un dortoir, parfois avec quelques dizaines d’oiseaux lorsque les conditions s’y prêtent. Certains restent dans la même région toute l’année, tandis que d’autres migrent ou se déplacent suivant les ressources alimentaires. Si vous repérez un dortoir, restez loin des arbres et renoncez à vous rapprocher si les oiseaux se redressent ou vous fixent.

Comment élève-t-il ses petits ?

Le couple s’installe généralement dans un ancien nid de corneille ou de pie, parfois dans celui d’un autre rapace. La ponte a surtout lieu au printemps et compte souvent 3 à 6 œufs, avec des variations liées notamment à la nourriture disponible. La femelle assure l’essentiel de la couvaison pendant environ 25 à 30 jours, tandis que le mâle lui apporte des proies.

Les jeunes quittent fréquemment le nid vers trois semaines, avant de savoir bien voler. Ils restent dans les branches voisines, où leurs parents continuent à les nourrir ; le vol se développe vers cinq semaines. Le soir, leurs appels aigus signalent leur présence. Un jeune posé bas dans un arbre n’est donc pas forcément abandonné : gardez vos distances et éloignez les chiens.

Le saviez-vous ?

  • 1.Les aigrettes changent de position selon l’attitude de l’oiseau. Ses oreilles sont situées sur les côtés de la tête, sous les plumes.
  • 2.Les poussins n’éclosent pas tous le même jour. Un même nid peut donc réunir des jeunes de tailles nettement différentes.
  • 3.Un jeune peut grimper dans les branches en s’aidant de ses pattes, de ses ailes et de son bec, avant de maîtriser le vol.
  • 4.Un dortoir peut accueillir des oiseaux de différentes origines : des résidents locaux et des visiteurs arrivés pour passer l’hiver.

Ce qui menace le hibou moyen-duc

  • Disparition des haies

    L’arrachage des haies et la disparition des bosquets réduisent les sites de repos et de nidification. La simplification des paysages agricoles peut aussi diminuer les ressources disponibles pour la chasse.

  • Poisons contre les rongeurs

    En mangeant un rongeur contaminé, ce rapace peut être exposé aux produits utilisés pour le tuer. Certains rodenticides anticoagulants provoquent des intoxications secondaires chez les prédateurs.

  • Collisions routières

    La chasse à faible hauteur expose cet oiseau aux véhicules, notamment près des accotements où vivent des rongeurs. Les collisions constituent une cause de mortalité.

  • Dérangement des dortoirs

    Des approches répétées peuvent faire envoler les oiseaux de leur reposoir. En hiver, ces envols leur font dépenser de l’énergie et peuvent les pousser à quitter un site abrité.

Protéger le hibou moyen-duc

  • Statuts de conservationL’espèce est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. En France métropolitaine, elle est également classée LC pour les oiseaux nicheurs dans l’évaluation nationale de 2016 ; ce classement ne signifie pas que tous les effectifs locaux sont stables.
  • Protection en FranceLe hibou moyen-duc est protégé sur l’ensemble du territoire français par l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif aux oiseaux protégés. Sa capture, sa destruction et la destruction de ses œufs ou de ses nids sont interdites, de même que la dégradation de ses sites de reproduction et de repos dans les conditions prévues par ce texte.
  • Commerce international encadréL’espèce figure à l’annexe II de la CITES et à l’annexe A du règlement européen encadrant le commerce des espèces sauvages. Sa détention et son commerce sont réglementés ; un oiseau trouvé dans la nature ne peut pas être gardé comme animal de compagnie.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Ses grandes « oreilles » lui servent-elles à entendre ?

Les deux touffes visibles sur sa tête sont des aigrettes composées de plumes. Les oreilles se trouvent plus bas, cachées sur les côtés de la tête. Le disque de plumes qui entoure le visage aide à recueillir les sons : cette ouïe fine lui permet de repérer les mouvements de petits rongeurs dans l’obscurité.

Où et quand peut-on l’observer en France ?

Cherchez les paysages de prairies ou de cultures bordés de haies et de bosquets. À la fin de l’hiver et au printemps, vous pouvez entendre le mâle après le coucher du soleil. En hiver, les dortoirs sont parfois visibles dans des conifères. Restez à distance et évitez de diffuser leur emplacement précis.

Que faire si je trouve un jeune hibou au sol ?

Les jeunes quittent le nid avant de bien voler et peuvent encore être nourris par leurs parents. Éloignez les chiens, observez de loin et appelez un centre de soins pour la faune sauvage avant de déplacer l’oiseau. S’il saigne, paraît blessé ou a été attrapé par un chat, contactez ce centre sans attendre.

Peut-il attaquer une personne ou un animal domestique ?

Ce rapace se nourrit surtout de petits rongeurs et évite généralement les humains. Un adulte peut toutefois défendre ses jeunes si vous vous approchez trop près. Reculez calmement et gardez votre chien en laisse. Les chats et les chiens adultes ne font pas partie de ses proies habituelles.

Peut-on installer un nichoir pour l’aider ?

Il utilise surtout d’anciens nids ouverts construits par d’autres oiseaux ; un nichoir fermé destiné aux mésanges ne lui convient pas. Conserver les haies, les arbres et les anciens nids est une aide plus adaptée. Pour une plateforme de nidification, demandez conseil à une association naturaliste locale, qui vérifiera le site et les risques de dérangement.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que sont les deux touffes dressées sur sa tête ?
  2. 2.Où ce hibou pond-il le plus souvent ses œufs ?
  3. 3.Quel aliment compose souvent la plus grande part de ses repas ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Liste rouge mondiale de l’UICN, Asio otus iucnredlist.org
  2. BirdLife International, DataZone : fiche d’espèce Long-eared Owl (Asio otus) datazone.birdlife.org
  3. INPN, MNHN et OFB : fiche Asio otus, statuts et réglementation inpn.mnhn.fr
  4. Cornell Lab of Ornithology, All About Birds : Long-eared Owl allaboutbirds.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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