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Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
LC
Gypaetus barbatus

Gypaète barbu

Gypaetus barbatus

Aussi appelé vautour barbu, lammergeier

Le gypaète barbu est un grand rapace des falaises de montagne, reconnaissable à sa barbe sombre et à sa longue queue en losange. Il transporte des os puis les laisse tomber sur des rochers pour les casser. L’espèce est classée en préoccupation mineure au niveau mondial, mais plusieurs populations régionales restent fragiles.

Statut
Préoccupation mineurepopulation en baisse
Taille
94 à 125 cm de longueur corporelle, pour 2,35 à 2,83 m d’envergure
Poids
4,5 à 7,8 kg, les femelles étant généralement un peu plus lourdes
Longévité
Environ 20 à 30 ans dans la nature, et parfois plus de 40 ans en parc zoologique
Régime
CarnivoreIl mange surtout des os et des restes de carcasses, avec parfois de la chair, des tortues ou de petits animaux.
Mode de vie
Diurne, en couple territorial
Famille
Accipitridés (Accipitridae), ordre des Accipitriformes

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Montagnes d’Europe méridionale, d’Afrique orientale et australe, du Moyen-Orient et de l’Asie

Où vit le gypaète barbu ?

Il fréquente les falaises et les versants rocheux des montagnes, généralement entre 500 et 5 000 mètres d’altitude.

Principales régions : France, Espagne, Suisse, Italie, Éthiopie, Népal, Chine, Afrique du Sud.

  • Europe
  • Afrique
  • Asie

Environ 1 000 à 10 000 individus matures dans le monde, selon les estimations disponibles et leurs marges d’incertitude.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le gypaète barbu
  2. Où vit le gypaète barbu ?
  3. Que mange le gypaète barbu ?
  4. Comment vit le gypaète barbu ?
  5. Comment se reproduit le gypaète barbu ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le gypaète barbu

Adulte, il possède un dos et des ailes gris ardoise, une tête claire, une barbe noire sous le bec et une queue longue, pointue, souvent en forme de losange. Vu de dessous, son corps clair contraste avec les ailes sombres. Les jeunes sont plus uniformément bruns et leur plumage s’éclaircit progressivement jusqu’à l’âge adulte.

Le gypaète barbu mesure 94 à 125 centimètres de long et peut atteindre 2,83 mètres d’envergure. Ses ailes longues lui permettent de planer pendant des heures dans les courants ascendants. Son bec crochu est adapté à la découpe des restes, tandis que son cou emplumé protège sa tête lorsqu’il fouille une carcasse.

La couleur orangée de la poitrine et du ventre ne vient pas toujours des plumes elles-mêmes. Les adultes se roulent ou se baignent dans des boues contenant des oxydes de fer, puis leur plumage prend des teintes rouille plus ou moins marquées.

Où vit le gypaète barbu ?

Cette espèce vit dans les massifs montagneux où les falaises offrent des corniches pour nicher et des zones ouvertes pour rechercher les carcasses. Elle fréquente les Alpes, les Pyrénées et la Corse en Europe, ainsi que des montagnes d’Afrique orientale, d’Asie centrale, de l’Himalaya et du sud de la Chine.

Les couples ont besoin d’un territoire étendu, car les os et les carcasses sont dispersés sur les pentes. Le nid se trouve souvent dans une cavité ou sous un surplomb rocheux, à plusieurs centaines de mètres au-dessus du fond de la vallée.

En France, l’espèce sauvage est surtout associée aux Alpes, aux Pyrénées et à la Corse. Des oiseaux réintroduits ou nés en captivité peuvent aussi être observés loin de leur site de lâcher, car les jeunes explorent de vastes secteurs avant de se fixer.

Que mange le gypaète barbu ?

Les os constituent une grande partie de son alimentation, parfois plus de la moitié des restes consommés. Il recherche notamment les côtes, les vertèbres et les os longs de chamois, de moutons ou d’autres ongulés. Il mange aussi les fragments de peau, les tendons et la moelle contenue dans les os.

Lorsqu’un os est trop gros pour être avalé, il le transporte dans ses serres puis le lâche au-dessus d’une zone rocheuse appelée cassoir. Après plusieurs chutes, l’os se brise en morceaux assez petits pour être avalés. Ce comportement demande un bon choix de hauteur et de terrain.

Les jeunes et les adultes peuvent consommer de la chair de carcasse, des tortues, de petits mammifères ou des oiseaux morts. Son régime varie donc selon la saison, l’altitude, les troupeaux présents et la quantité de charognes disponibles.

Comment vit le gypaète barbu ?

Il est actif pendant la journée et utilise les courants chauds pour se déplacer avec peu de battements d’ailes. Un adulte peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver une carcasse, puis revenir vers son territoire en profitant des reliefs.

Les adultes vivent généralement en couple et défendent un territoire contre d’autres gypaètes. Ils réalisent des vols de parade, avec des poursuites, des retournements et des serres parfois accrochées en plein vol. Les jeunes restent solitaires et parcourent de grandes distances avant leur installation.

Son rôle de casseur d’os complète celui des autres vautours. En utilisant les parties très dures des carcasses, il contribue à recycler des restes que d’autres charognards ne peuvent pas exploiter.

Comment se reproduit le gypaète barbu ?

La reproduction commence souvent à la fin de l’automne ou en hiver. Le couple répare un ou plusieurs nids avec des branches, de la laine et des poils. La femelle pond généralement deux œufs, mais un seul jeune arrive habituellement à l’envol.

L’incubation dure environ 53 à 60 jours. Les deux adultes couvent et nourrissent le poussin, qui reçoit d’abord de petits fragments de chair et d’os régurgités. Dans de nombreux cas, le premier poussin domine son cadet, ce qui explique la survie habituelle d’un seul jeune.

Le jeune quitte le nid après environ 110 à 130 jours, puis dépend encore de ses parents pendant plusieurs mois. Il atteint la maturité sexuelle vers 7 à 10 ans, après plusieurs changements de plumage.

Le saviez-vous ?

  • 1.Un gypaète peut lâcher un os depuis plusieurs dizaines de mètres afin de le casser sur une dalle rocheuse.
  • 2.Son nom signifie littéralement vautour barbu, en référence aux plumes noires qui pendent sous son bec.
  • 3.Les adultes ont souvent les yeux entourés d’un cercle rouge vif, surtout lorsqu’ils sont excités ou en période de parade.
  • 4.Les gypaètes réintroduits dans les Alpes sont suivis grâce à des bagues, des observations et parfois des balises.

Ce qui menace le gypaète barbu

  • Empoisonnements

    Les appâts empoisonnés destinés aux prédateurs ou aux chiens errants peuvent tuer les gypaètes et d’autres vautours lorsqu’ils consomment une carcasse contaminée.

  • Dérangement des nids

    L’escalade, le parapente, l’hélicoptère et certains travaux proches des falaises peuvent faire fuir les adultes ou interrompre l’élevage d’un poussin.

  • Collisions

    Les lignes électriques, les câbles aériens et les éoliennes présentent un risque dans les secteurs fréquentés par les rapaces, surtout lorsque la visibilité est réduite.

  • Manque de nourriture

    La diminution des troupeaux en montagne, la raréfaction de certaines proies sauvages et l’enlèvement rapide des carcasses réduisent les ressources disponibles.

Protéger le gypaète barbu

  • Protection légaleEn France, le gypaète barbu est une espèce protégée. Il figure aussi à l’annexe I de la directive européenne Oiseaux, qui impose la protection de ses sites et de ses habitats.
  • Réintroductions alpinesDes lâchers coordonnés dans les Alpes ont permis le retour d’une population reproductrice. Le réseau d’élevage européen EEP et la Vulture Conservation Foundation participent à ces actions.
  • Commerce encadréL’espèce figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international des spécimens et limite les risques liés au prélèvement ou au trafic.
  • Suivi des couplesLes équipes de conservation surveillent les nids, limitent le dérangement, identifient les oiseaux et recherchent les causes de mortalité afin d’améliorer la survie des jeunes.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Le gypaète barbu attaque-t-il les animaux vivants ?

Il chasse rarement. Son alimentation repose surtout sur les os et les restes de carcasses. Il peut consommer une tortue, un petit mammifère ou un oiseau trouvé mort, mais il ne s’attaque pas aux troupeaux adultes comme un prédateur spécialisé.

Pourquoi casse-t-il les os en les laissant tomber ?

Son bec ne peut pas avaler les gros os entiers. Il les lâche au-dessus d’une zone rocheuse, puis récupère les fragments contenant de la moelle et des minéraux. Certains oiseaux répètent plusieurs fois la manœuvre avant d’obtenir des morceaux assez petits.

Peut-on voir un gypaète barbu en France ?

Oui, surtout dans les Alpes, les Pyrénées et en Corse, mais les observations restent localisées. Les meilleurs secteurs sont les montagnes où l’espèce se reproduit ou a été réintroduite. Il faut rester à distance des falaises et respecter les zones de quiétude.

Le gypaète barbu est-il menacé dans le monde ?

La Liste rouge mondiale de l’UICN le classe en préoccupation mineure, ou LC. Cette catégorie mondiale masque des situations régionales plus fragiles, notamment en Europe, où les populations dépendent encore de la protection des nids et des programmes de réintroduction.

Que faire si je trouve un gypaète blessé ?

Ne le poursuivez pas et ne tentez pas de le soigner vous-même. Éloignez les personnes et les chiens, notez le lieu, puis contactez rapidement un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB. En cas de danger immédiat pour une personne, appelez le 15 ou le 112.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle partie de la nourriture du gypaète barbu est particulièrement importante ?
  2. 2.Où le gypaète barbu installe-t-il généralement son nid ?
  3. 3.À quel moment de la journée le gypaète barbu est-il principalement actif ?

Autour de cet animal

Pour aller plus loin

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  2. Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  3. Office français de la biodiversité, portail des espèces et de la biodiversité ofb.gouv.fr
  4. Vulture Conservation Foundation, Bearded Vulture conservation 4vultures.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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