
Carnotaure
Carnotaurus sastrei
Aussi appelé Carnotaurus
Le carnotaure était un dinosaure carnivore de Patagonie, long d’environ 7,5 à 9 mètres, qui vivait vers la fin du Crétacé. Deux cornes osseuses au-dessus des yeux et des bras minuscules permettent de le reconnaître. Son unique squelette connu conserve aussi des empreintes de peau, une chance rare pour étudier son apparence.
- Époque
- Crétacé supérieur, vers 72 à 69 millions d’années, selon les datations retenues pour la formation de La Colonia.
- Découverte
- Le squelette connu a été découvert en 1984 par l’équipe de José Bonaparte à l’estancia Pocho Sastre, dans le Chubut, en Argentine ; Bonaparte a nommé l’espèce en 1985, et aucun fossile de cette espèce n’est connu en France.
- Taille
- Environ 7,5 à 9 mètres de longueur, selon les reconstructions.
- Poids
- Masse estimée à environ 1,3 à 2,1 tonnes, selon les méthodes de reconstruction.
- Longévité
- Inconnue.
- Régime
- CarnivoreSes dents tranchantes indiquent une alimentation carnivore, mais aucun contenu stomacal identifié ne permet de nommer ses proies.
- Mode de vie
- Inconnu : le seul squelette identifié ne permet pas de savoir s’il vivait seul ou en groupe.
- Famille
- Abélisauridés (Abelisauridae), ordre des Saurischiens (Saurischia)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait le carnotaure ?
Il fréquentait une région de plaines côtières, avec des cours d’eau, des lagunes et des milieux soumis par endroits à l’influence marine.
Principales régions : Argentine.
- Amérique du Sud
Sommaire10 parties
À quoi ressemblait le carnotaure ?
Son crâne était court et haut, avec une corne osseuse au-dessus de chaque œil. Ces cornes font partie du fossile : leur présence est donc établie. En revanche, leur éventuel revêtement externe et leur aspect exact chez l’animal vivant ne sont pas conservés. La forme du crâne différait nettement de celle des grands théropodes au museau allongé.
Il marchait sur ses deux pattes arrière et possédait une longue queue. Ses bras étaient extrêmement réduits, avec des mains à quatre doigts dont les os étaient eux aussi petits. Les empreintes de peau montrent des écailles et de grosses protubérances entourées d’écailles plus petites. Elles ne révèlent aucune couleur, et les zones de peau conservées ne couvrent pas tout le corps.
Quand et où vivait le carnotaure ?
Le squelette provient de la formation de La Colonia, un ensemble de roches du Chubut, en Patagonie argentine. Il date du Crétacé supérieur, vers 72 à 69 millions d’années selon les estimations retenues. L’âge précis des couches a fait l’objet de révisions : vous pouvez donc rencontrer des datations différentes dans les ouvrages et les anciennes publications.
Les sédiments et les autres fossiles de cette formation indiquent une région côtière comprenant des milieux aquatiques, dont des lagunes et des cours d’eau. Le paysage n’était pas celui de la Patagonie actuelle. Un seul lieu de découverte documente directement cette espèce ; cela ne suffit pas à délimiter tout le territoire qu’elle occupait lorsqu’elle était vivante.
Que mangeait le carnotaure ?
Les dents du carnotaure étaient recourbées et munies de bords dentelés, adaptés à entamer la chair. Cet indice permet de le classer parmi les carnivores. En revanche, aucun repas conservé dans son abdomen ne permet d’identifier une proie précise. Les scènes où il attaque une espèce particulière de dinosaure sont donc des reconstitutions, et non des observations tirées de son squelette.
Les paléontologues étudient son crâne pour comprendre comment il saisissait et découpait sa nourriture. Les modèles ne donnent pas tous la même importance à la force de morsure, à la rapidité du mouvement ou aux muscles du cou. Il pouvait probablement consommer des animaux de tailles diverses, mais la part de la chasse et celle de la consommation de carcasses restent inconnues.
Comment se déplaçait-il et à quoi servaient ses cornes ?
Les vertèbres de la queue présentent des prolongements osseux développés. Une étude anatomique publiée en 2011 propose qu’ils accompagnaient une musculature puissante, notamment celle qui tirait les pattes arrière vers l’arrière pendant la course. Cette reconstruction suggère de bonnes capacités d’accélération. Elle ne permet toutefois pas de mesurer une vitesse maximale fiable, et aucun chronomètre fossile ne vient départager les estimations.
Ses cornes ont pu servir à se montrer à d’autres individus, à reconnaître des partenaires ou à entrer en compétition. Des chercheurs ont aussi envisagé des contacts entre les têtes, mais aucun comportement de ce type n’est directement démontré. Avec un seul squelette identifié, nous ignorons également si les cornes variaient selon le sexe, l’âge ou les individus.
Ce que nous apprennent ses fossiles
L’équipe du paléontologue argentin José Bonaparte a découvert le squelette en 1984, sur les terres de l’estancia Pocho Sastre. L’espèce a été nommée l’année suivante. Ce spécimen, conservé au Museo Argentino de Ciencias Naturales Bernardino Rivadavia, à Buenos Aires, est le spécimen de référence : c’est à lui que les chercheurs comparent les éventuels nouveaux fossiles attribués à l’espèce.
Le squelette est largement conservé et était en grande partie encore articulé lors de sa découverte. Les empreintes de peau constituent un autre indice précieux : leur réexamen publié en 2021 a décrit plus finement la diversité des écailles et des grosses protubérances. Leur fonction reste discutée, tout comme plusieurs aspects de la morsure et de la course. La couleur, les sons et la longévité demeurent inconnus.
Le saviez-vous ?
- 1.Carnotaurus signifie « taureau carnivore », un nom inspiré de ses deux cornes et de ses dents de mangeur de viande.
- 2.Le nom d’espèce sastrei rend hommage à Ángel Sastre, propriétaire du terrain où le squelette a été découvert.
- 3.Ses mains possédaient quatre doigts, malgré des bras extrêmement réduits : des doigts supplémentaires ne signifiaient donc pas une meilleure capacité à saisir.
- 4.Les empreintes de peau permettent d’étudier la disposition des écailles, mais elles ne donnent pas la couleur de l’animal.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Un fossile à Buenos AiresLe squelette de référence appartient aux collections du Museo Argentino de Ciencias Naturales Bernardino Rivadavia, à Buenos Aires. Le musée présente la paléontologie argentine ; avant une visite, vérifiez auprès de l’établissement quels fossiles et montages sont accessibles, car la présentation peut changer.
Questions fréquentes
Était-il plus grand que le tyrannosaure ?
Les estimations donnent environ 7,5 à 9 mètres de longueur pour le carnotaure, contre environ 12 à 13 mètres pour les plus grands tyrannosaures connus. Le tyrannosaure était aussi beaucoup plus massif. Ils vivaient sur des continents différents : aucun fossile ne montre une rencontre entre ces deux espèces.
Pouvait-il courir très vite ?
Sa queue et ses pattes suggèrent qu’il pouvait accélérer efficacement. Les chercheurs reconstruisent ses muscles à partir des os, puis utilisent des modèles pour étudier ses mouvements. Ces méthodes comportent des incertitudes : nous ne connaissons pas sa vitesse maximale, et les chiffres très précis donnés dans certaines vidéos ne sont pas établis.
Pourquoi avait-il des bras aussi petits ?
La réduction des bras se retrouve chez plusieurs dinosaures de sa famille, les abélisauridés. Chez le carnotaure, leur taille limitait fortement leur portée et leur capacité à saisir. Nous ne savons pas exactement pourquoi cette réduction a évolué ni si les bras conservaient une fonction particulière.
Avait-il des plumes ou des écailles ?
Des empreintes associées au squelette montrent directement une peau écailleuse, avec de grosses protubérances. Aucune plume n’a été trouvée sur ce spécimen. Comme toutes les régions du corps ne sont pas conservées, les fossiles renseignent surtout les zones dont la peau a laissé une empreinte.
A-t-il disparu lors de la chute de l’astéroïde ?
L’impact associé à la grande extinction de la fin du Crétacé date d’environ 66 millions d’années. Le fossile connu du carnotaure est plus ancien, généralement situé vers 72 à 69 millions d’années. Nous ne savons pas quand cette espèce a disparu : son unique squelette ne prouve pas qu’elle vivait encore au moment de l’impact.
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Autour de cet animal
Sources
- Natural History Museum de Londres, Dino Directory : Carnotaurus nhm.ac.uk
- PLOS ONE, Dinosaur Speed Demon: The Caudal Musculature of Carnotaurus sastrei and Implications for the Evolution of South American Abelisaurids, 2011 journals.plos.org
- Cretaceous Research, The scaly skin of the abelisaurid Carnotaurus sastrei (Theropoda: Dinosauria), 2021 sciencedirect.com
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