
Allosaure
Allosaurus fragilis
Aussi appelé Allosaurus
L’allosaure était un grand dinosaure carnivore qui parcourait l’ouest de l’Amérique du Nord au Jurassique supérieur, il y a environ 153 à 145 millions d’années. Ses fossiles montrent un animal marchant sur deux pattes, muni de dents coupantes et de trois griffes à chaque main. De nombreux squelettes permettent d’étudier sa croissance, ses blessures et son alimentation.
- Époque
- Jurassique supérieur, il y a environ 153 à 145 millions d’années ; les limites varient selon la datation des gisements et l’attribution des fossiles.
- Découverte
- Des restes attribués au genre ont été signalés au Colorado dès 1869 ; Othniel Charles Marsh a nommé Allosaurus fragilis en 1877 à partir de fossiles de Garden Park, dans ce même État, et aucun fossile confirmé de cette espèce n’est connu en France.
- Taille
- Environ 7 à 10 mètres de longueur pour les grands individus ; les valeurs varient selon les spécimens et les reconstitutions.
- Poids
- Masse estimée généralement entre 1 et 2 tonnes pour les grands individus, selon leur taille et la méthode de calcul.
- Longévité
- Les études des lignes de croissance osseuse suggèrent que certains individus atteignaient environ 22 à 28 ans ; la longévité maximale reste inconnue.
- Régime
- CarnivoreSes dents et les traces de morsures sur des os indiquent qu’il mangeait d’autres dinosaures, notamment des herbivores, et pouvait aussi consommer des carcasses.
- Mode de vie
- Inconnu : des ossements de nombreux individus se trouvent ensemble, mais cela ne démontre ni une vie en groupe ni une chasse coordonnée.
- Famille
- Allosauridés (Allosauridae), ordre des Saurischiens (Saurischia)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait l’allosaure ?
Il vivait dans des plaines continentales parcourues de rivières, avec des zones boisées et des milieux plus ouverts, sous un climat connaissant des saisons sèches.
Principales régions : États-Unis.
- Amérique du Nord et centrale
Sommaire10 parties
À quoi ressemblait l’allosaure ?
Les squelettes montrent un animal bipède : il se déplaçait sur ses deux pattes arrière. Sa longue queue contribuait à équilibrer le tronc et la tête. Ses bras étaient plus courts que ses jambes, mais chaque main portait trois doigts terminés par des griffes courbes. Les grands individus atteignaient généralement 7 à 10 mètres de longueur.
Son crâne portait deux petites crêtes osseuses au-dessus des yeux. Ses dents, recourbées vers l’arrière, avaient des bords dentelés qui facilitaient la découpe de la chair. Leur remplacement se poursuivait au cours de la vie. La couleur de sa peau reste inconnue : les teintes que vous voyez dans les livres et les films sont des choix de reconstitution.
Quand et où vivait l’allosaure ?
Allosaurus fragilis vivait au Jurassique supérieur, environ 153 à 145 millions d’années avant notre époque. Ses fossiles sont connus dans la formation de Morrison, un ensemble de couches rocheuses de l’ouest des États-Unis. Les dates exactes dépendent des niveaux étudiés. À cette époque, les continents occupaient des positions différentes de celles des cartes actuelles.
Les points de la carte correspondent, dans l’ordre, à Garden Park au Colorado, à la carrière Cleveland-Lloyd dans l’Utah et à Dry Mesa au Colorado. Ces lieux sont aujourd’hui à l’intérieur des terres. Les sédiments et les plantes fossiles révèlent des paysages traversés de rivières, avec des boisements et des périodes de sécheresse.
Des fossiles du genre Allosaurus existent aussi au Portugal, mais les restes qui y sont attribués à Allosaurus europaeus concernent une autre espèce. Cette fiche ne les ajoute donc pas à l’aire d’Allosaurus fragilis. Aucun fossile confirmé de l’espèce présentée ici n’est connu en France.
Que mangeait l’allosaure ?
La forme des dents établit un régime carnivore. Des traces de morsures sur des os de dinosaures herbivores apportent des indices supplémentaires sur les animaux consommés. Dans son environnement vivaient notamment des stégosaures et de grands sauropodes, les dinosaures à long cou. Une morsure fossilisée ne permet cependant pas toujours de savoir si l’animal attaqué était vivant.
Il pouvait vraisemblablement capturer des proies et profiter de carcasses, comme beaucoup de prédateurs actuels. Les os du cou et du crâne permettent de tester différentes façons de mordre et de tirer sur la chair. Ces modèles restent des hypothèses de fonctionnement : aucun fossile ne conserve une scène complète montrant la technique de chasse habituelle.
Comment vivait l’allosaure ?
La disposition des articulations montre qu’il tenait ses membres arrière sous le corps. Ses muscles et ses tendons ont disparu, mais leurs zones d’attache sur les os aident à reconstruire ses mouvements. Les estimations de vitesse changent selon les modèles utilisés. Il serait donc trompeur de lui attribuer une vitesse maximale précise comme à un véhicule.
À Cleveland-Lloyd, les ossements de plusieurs dizaines d’allosaures ont été retrouvés dans un même gisement. Cette accumulation intrigue les paléontologues, mais elle a pu se former au fil de plusieurs épisodes. Des animaux attirés par de l’eau ou par des carcasses peuvent laisser des restes regroupés sans avoir vécu ni chassé ensemble.
Ce que nous apprennent ses fossiles
Les nombreux os connus permettent de comparer des individus de tailles différentes. Dans une coupe d’os, les chercheurs peuvent observer des marques de croissance, un peu comme les cernes d’un arbre, avec davantage de précautions d’interprétation. Ces études suggèrent que certains individus atteignaient une vingtaine d’années ou davantage, sans fixer avec certitude l’âge maximal de l’espèce.
Certains squelettes portent des fractures guéries ou des traces d’infection. Une blessure cicatrisée montre que l’animal a survécu pendant un certain temps après l’accident. Elle ne révèle pas toujours sa cause : chute, combat ou rencontre avec une proie. Les marques de dents étudiées dans certains gisements suggèrent également que des allosaures pouvaient consommer des congénères morts.
L’attribution des fossiles reste un sujet de recherche. Allosaurus jimmadseni, décrit comme une espèce distincte en 2020, comprend des spécimens autrefois rangés avec Allosaurus fragilis. Cette distinction oblige à réexaminer certaines anciennes estimations de taille, de répartition et de comportement. La chasse collective, les couleurs et les sons produits restent particulièrement difficiles à établir.
Le saviez-vous ?
- 1.Le nom Allosaurus signifie « lézard différent ». Marsh l’a choisi en référence à des particularités des vertèbres observées dans les fossiles.
- 2.Malgré son nom d’espèce fragilis, cet animal pouvait peser plus d’une tonne : le nom scientifique ne décrit pas sa résistance générale.
- 3.À Cleveland-Lloyd, les restes d’allosaures sont beaucoup plus nombreux que ceux des herbivores, une proportion inhabituelle dont l’origine reste discutée.
- 4.L’allosaure et le tyrannosaure n’ont pas vécu ensemble : plus de 75 millions d’années séparent leurs périodes d’existence.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- À ParisLa galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle présente un squelette monté d’allosaure. Consultez les informations de visite du musée pour connaître les conditions d’accès.
- Aux États-UnisLe National Museum of Natural History du Smithsonian, à Washington, présente l’allosaure dans son exposition sur les fossiles. Dans l’Utah, le Jurassic National Monument protège la carrière Cleveland-Lloyd, avec une ouverture au public qui dépend de la saison.
Questions fréquentes
Était-il plus grand que le tyrannosaure ?
Les grands allosaures mesuraient généralement 7 à 10 mètres de long, contre environ 11 à 13 mètres pour les grands Tyrannosaurus rex. Le tyrannosaure était aussi nettement plus massif. Ces animaux n’ont jamais pu se rencontrer : ils vivaient à des époques séparées par plus de 75 millions d’années.
Chassait-il en meute ?
Nous ne le savons pas. Plusieurs individus ont laissé leurs os au même endroit, mais une accumulation peut se former sur une longue durée. Elle peut aussi résulter d’animaux attirés séparément par une ressource. Les fossiles disponibles ne démontrent pas une chasse coordonnée comparable à celle des loups.
Pouvait-il manger un dinosaure à long cou ?
Des marques de morsures sur des os de sauropodes indiquent que de grands théropodes consommaient leur chair. Pour l’allosaure, attaquer un jeune ou un animal affaibli était vraisemblablement moins risqué qu’affronter un adulte de plusieurs dizaines de tonnes. La consommation de carcasses est également possible ; les traces ne permettent pas toujours de trancher.
Sait-on de quelle couleur il était ?
Aucune donnée actuellement reconnue ne permet d’attribuer une couleur précise à Allosaurus fragilis. Les illustrateurs choisissent donc des couleurs compatibles avec leurs hypothèses sur son milieu et son comportement. Les petites crêtes au-dessus des yeux sont, elles, établies par les os du crâne.
Pourquoi a-t-il disparu ?
La cause précise de la disparition d’Allosaurus fragilis reste inconnue. Il avait déjà disparu bien avant la crise de fin du Crétacé, survenue il y a 66 millions d’années. Les changements de milieux et de faunes à la fin du Jurassique sont étudiés, mais aucun scénario unique n’est démontré pour cette espèce.
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Autour de cet animal
Sources
- Natural History Museum de Londres, Dino Directory : Allosaurus nhm.ac.uk
- PLOS ONE, High frequencies of theropod bite marks provide evidence for feeding, scavenging, and possible cannibalism in a stressed Late Jurassic ecosystem journals.plos.org
- Bureau of Land Management, Jurassic National Monument blm.gov
Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes





