

Tuatara
Sphenodon punctatus
Aussi appelé Sphénodon, Hattéria
Le tuatara est un reptile de Nouvelle-Zélande qui ressemble à un lézard, mais appartient à une autre lignée, celle des rhynchocéphales. Il chasse surtout la nuit et peut vivre plus d’un siècle. Classé en préoccupation mineure par l’UICN, il reste dépendant de refuges protégés, notamment des îles débarrassées des mammifères introduits.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation stable
- Taille
- Environ 40 à 70 cm de longueur totale, queue comprise ; les mâles sont généralement plus grands que les femelles.
- Poids
- Environ 500 g à 1 kg chez les mâles et 250 à 500 g chez les femelles, avec des variations selon les populations.
- Longévité
- Plusieurs dizaines d’années dans la nature comme en captivité ; certains individus peuvent dépasser 100 ans, mais leur âge exact est parfois difficile à établir.
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des invertébrés, notamment insectes, araignées et escargots, mais aussi de petits vertébrés et parfois des œufs ou des poussins d’oiseaux marins.
- Mode de vie
- Nocturne, généralement solitaire et territorial
- Famille
- Sphénodontidés (Sphenodontidae), ordre des Rhynchocéphales (Rhynchocephalia)
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Où vit le tuatara ?
Il fréquente les forêts, broussailles et végétations côtières des îles néo-zélandaises, où il utilise des terriers.
Principales régions : Nouvelle-Zélande.
- Océanie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le tuatara
Vous pouvez le reconnaître à son corps trapu, sa grosse tête et sa crête de petites pointes qui longe le dos. Sa peau porte des écailles et présente des teintes grises, brunes ou verdâtres, parfois ponctuées de marques plus claires. Les mâles ont généralement une tête plus large et une crête plus développée que les femelles.
Sa ressemblance avec un lézard peut tromper : les lézards et les serpents appartiennent aux squamates, tandis que lui appartient aux rhynchocéphales. Sa mâchoire supérieure possède deux rangées de dents, entre lesquelles vient s’insérer la rangée inférieure. Les dents sont fixées au bord des mâchoires et s’usent avec l’âge, sans être continuellement remplacées comme chez beaucoup d’autres reptiles.
Où vit le tuatara ?
L’espèce ne vit naturellement qu’en Nouvelle-Zélande. Autrefois présente sur les grandes îles du pays, elle a surtout survécu sur des îles côtières épargnées par certains mammifères introduits. Des populations naturelles subsistent notamment dans le nord du pays et dans le détroit de Cook, sur l’île Stephens, appelée Takapourewa en māori.
Il occupe des terrains boisés, des broussailles et des espaces plus ouverts, à condition de trouver des abris. Il creuse un terrier ou utilise parfois celui d’un oiseau marin. Des transferts de conservation ont aussi permis d’établir des populations dans des sites protégés, notamment au sanctuaire Zealandia, à Wellington, derrière une clôture conçue pour exclure les mammifères prédateurs.
Que mange le tuatara ?
Son alimentation est carnivore, avec une grande place pour les invertébrés. Il capture des coléoptères, des grillons, des wētā, de gros insectes néo-zélandais, ainsi que des araignées, des vers et des escargots. Il chasse souvent près de l’entrée de son terrier, où il peut attendre qu’une proie passe à sa portée.
Les adultes peuvent également manger de petits lézards, des œufs et des poussins d’oiseaux marins. Des cas de cannibalisme sont connus : un adulte peut dévorer un jeune tuatara. Les ressources disponibles changent d’une île à l’autre, et les colonies d’oiseaux marins contribuent à enrichir les sols, ce qui favorise indirectement les invertébrés dont il se nourrit.
Comment vit le tuatara ?
Les adultes sortent surtout la nuit pour chercher leur nourriture, mais vous pouvez aussi les voir se chauffer au soleil près d’un abri. Ils restent actifs à des températures plus basses que beaucoup d’autres reptiles. Leur activité diminue lorsque le froid devient marqué, et leur terrier les protège des variations de température.
Chaque individu utilise un domaine autour de ses refuges, avec des comportements territoriaux particulièrement visibles chez les mâles. Pour intimider un rival, un mâle peut relever sa crête, gonfler son corps et ouvrir la bouche. Les affrontements peuvent aller jusqu’à la morsure. Les jeunes sont souvent davantage actifs de jour, ce qui limite leurs rencontres avec les adultes.
Comment se reproduit le tuatara ?
La croissance est lente : la maturité sexuelle est généralement atteinte vers 10 à 20 ans, selon les conditions et les populations. Une femelle ne pond habituellement que tous les deux à cinq ans. Elle dépose souvent entre 6 et 10 œufs dans un nid creusé dans le sol, puis les recouvre.
L’incubation dure généralement douze à quinze mois, une durée particulièrement longue chez les reptiles. La température du nid influence le sexe des petits : les conditions plus chaudes favorisent les mâles, tandis que les températures plus fraîches favorisent les femelles. Les jeunes sont autonomes à l’éclosion, mais leur petite taille les rend vulnérables aux prédateurs.
Le saviez-vous ?
- 1.Le mot « tuatara » vient du māori et renvoie aux pointes du dos, bien visibles sur la crête des adultes.
- 2.Les jeunes possèdent un œil pariétal sur le sommet du crâne. Cet organe sensible à la lumière devient ensuite recouvert par la peau et les écailles.
- 3.Sa lignée était déjà présente à l’époque des dinosaures. L’animal actuel a toutefois continué à évoluer : il n’est pas resté inchangé depuis cette époque.
- 4.Contrairement aux lézards mâles, le mâle tuatara ne possède pas de pénis. L’accouplement se fait par rapprochement des cloaques, les ouvertures communes aux voies digestives et reproductrices.
Ce qui menace le tuatara
Mammifères introduits
Les rats peuvent manger les œufs et les jeunes, tandis que d’autres mammifères introduits constituent aussi une menace. Sur une île refuge, leur arrivée peut compromettre durablement le renouvellement de la population.
Réchauffement des nids
Comme la température d’incubation influence le sexe, des nids trop chauds peuvent produire une proportion excessive de mâles. Le changement climatique pose donc un risque pour l’équilibre reproducteur de certaines populations.
Populations isolées
Les populations insulaires disposent de territoires limités et ne peuvent pas facilement rejoindre un autre habitat. Un incendie, une dégradation de la végétation ou l’introduction d’un prédateur peut toucher une grande partie d’une petite population.
Protéger le tuatara
- Protection et commerceLe tuatara est protégé par la législation néo-zélandaise. Il figure à l’annexe I de la CITES, qui interdit en règle générale son commerce international à des fins commerciales.
- Îles sans prédateursLe Department of Conservation protège les populations insulaires et organise la prévention ou l’élimination des mammifères introduits. Les contrôles des embarcations et du matériel limitent le risque de transporter un rat vers une île refuge.
- Transferts de conservationDes transferts documentés ont établi des populations sur des îles restaurées et dans des sanctuaires clôturés. À Zealandia, à Wellington, une population a été réintroduite dans un espace protégé des mammifères prédateurs.
- Suivi des populationsLes équipes de conservation suivent les individus, leur reproduction et la survie des jeunes. La gestion associe le Department of Conservation, des chercheurs et les communautés māories concernées, pour lesquelles cet animal est un taonga, un trésor culturel.
Questions fréquentes
Le tuatara est-il un lézard ?
Il ressemble à un lézard, mais appartient à un autre ordre de reptiles, les rhynchocéphales. Les lézards et les serpents sont des squamates. Sa dentition, avec deux rangées supérieures qui encadrent la rangée inférieure, fait partie des particularités qui distinguent ces deux lignées.
A-t-il vraiment trois yeux ?
Il possède deux yeux qui forment des images et un organe appelé œil pariétal sur le sommet du crâne. Celui-ci est sensible à la lumière, mais ne voit pas comme les deux autres yeux. Visible chez les très jeunes individus, il est ensuite recouvert par la peau et les écailles.
Peut-il vivre plus de cent ans ?
Oui, certains individus peuvent dépasser un siècle, même si leur âge exact n’est pas toujours connu. Sa croissance lente et sa maturité sexuelle tardive vont avec une longue vie. Un adulte peut encore se reproduire à un âge avancé, à condition que son état et les conditions de vie le permettent.
Pourquoi le protéger s’il n’est pas classé menacé ?
La catégorie mondiale « préoccupation mineure » ne signifie pas que chaque population est à l’abri. Le tuatara dépend largement de refuges où les mammifères introduits sont absents ou contrôlés. La protection des îles, les transferts et les suivis contribuent justement à maintenir une situation plus favorable pour l’ensemble de l’espèce.
Peut-on avoir un tuatara chez soi en France ?
Cette espèce protégée ne relève pas d’une détention ordinaire comme animal de compagnie. Son inscription à l’annexe I de la CITES impose de fortes restrictions aux échanges internationaux, auxquelles s’ajoutent les règles françaises et européennes de détention. Pour le voir, privilégiez un établissement zoologique autorisé qui participe à sa conservation.
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Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, Sphenodon punctatus iucnredlist.org
- Department of Conservation de Nouvelle-Zélande, Tuatara doc.govt.nz
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





