
Thylacine
Thylacinus cynocephalus
Aussi appelé Tigre de Tasmanie, Loup de Tasmanie
Le thylacine était un marsupial carnivore dont les derniers représentants vivaient en Tasmanie, au sud de l’Australie. Avec sa silhouette de chien, sa longue queue et ses rayures sombres, il ressemblait à plusieurs animaux sans leur être étroitement apparenté. Persécuté notamment pour protéger les troupeaux, il est classé éteint : le dernier individu connu mourut à Hobart en 1936.
- Statut
- ÉteinteDernier individu connu mort le 7 septembre 1936 au zoo de Beaumaris, à Hobart, en Tasmanie.
- Taille
- Environ 100 à 130 cm pour la tête et le corps, auxquels s’ajoutaient 50 à 65 cm de queue ; autour de 60 cm au garrot.
- Poids
- Généralement 15 à 30 kg à l’âge adulte, avec des mâles plus grands que les femelles ; les estimations variaient selon les spécimens.
- Longévité
- Mal connue dans la nature ; jusqu’à environ 9 ans en captivité selon les données historiques.
- Régime
- CarnivoreIl mangeait des vertébrés, notamment des petits et moyens mammifères et des oiseaux ; son régime exact restait imparfaitement documenté.
- Mode de vie
- Nocturne, souvent solitaire, parfois observé en couple ou en famille
- Famille
- Thylacinidés (Thylacinidae), ordre des Dasyuromorphes (Dasyuromorphia)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vivait le thylacine ?
En Tasmanie, il fréquentait les boisements ouverts, les prairies et les landes, et utilisait des abris rocheux ou végétaux pour se reposer.
Principales régions : Australie, Nouvelle-Guinée.
- Océanie
Sommaire11 parties
Comment reconnaissait-on le thylacine ?
Son pelage court allait du brun jaunâtre au gris-brun. Environ 13 à 20 bandes sombres marquaient l’arrière du dos et la base de la queue, avec des variations entre individus. La tête allongée, les oreilles arrondies et les pattes relativement fines lui donnaient une silhouette rappelant celle d’un chien. Sa queue, épaisse à la base, s’amincissait progressivement.
Malgré cette ressemblance, il appartenait aux marsupiaux, comme les kangourous et les diables de Tasmanie. Les femelles possédaient une poche abdominale dans laquelle les petits poursuivaient leur développement après la naissance. Les mâles avaient également un repli de peau qui protégeait leurs organes génitaux. Les films anciens montraient aussi sa façon particulière d’ouvrir très largement la gueule.
Où vivait le thylacine ?
À l’époque des observations européennes, ses dernières populations vivaient en Tasmanie. Elles fréquentaient notamment les forêts ouvertes, les prairies et les landes, où alternaient couvert végétal et espaces dégagés. Des cavités rocheuses, des troncs creux ou une végétation dense pouvaient servir de refuge pendant la journée. L’espèce ne vivait pas naturellement en France.
Les fossiles et les autres vestiges montraient une ancienne présence en Australie continentale et en Nouvelle-Guinée. Sa disparition du continent australien remontait à plusieurs milliers d’années, avant la colonisation européenne. La chronologie variait selon les sites étudiés. La Tasmanie, séparée du continent par la mer, avait conservé l’espèce jusqu’au XXe siècle.
Que mangeait le thylacine ?
Il se nourrissait de chair et capturait des vertébrés, parmi lesquels des mammifères de petite ou moyenne taille et des oiseaux. Des wallabies figuraient dans les récits consacrés à son alimentation. Cependant, les observations directes étaient rares et les témoignages anciens ne permettaient pas de mesurer précisément la part de chaque proie dans son régime.
Les éleveurs l’accusaient de tuer des moutons, ce qui avait largement motivé sa persécution. Tous les dégâts qui lui étaient attribués n’avaient pourtant pas été vérifiés : des chiens pouvaient aussi attaquer les troupeaux. Les études modernes de sa morphologie avaient remis en question l’image d’un prédateur spécialisé dans la capture de grosses proies.
Comment se comportait le thylacine ?
Les témoignages le décrivaient surtout actif la nuit et au crépuscule, avec des périodes de repos à l’abri durant la journée. Il était souvent observé seul, mais des couples et des groupes familiaux avaient aussi été signalés. Ces récits ne suffisaient pas à établir une organisation sociale précise, ni à connaître la taille habituelle de son territoire.
Les animaux captifs avaient permis de filmer sa marche, ses mouvements de tête et ses grandes ouvertures de gueule. Ces images renseignaient sur ses gestes, mais elles documentaient surtout la vie en enclos. Sa manière de rechercher les proies et ses interactions dans la nature étaient restées beaucoup moins connues que son apparence.
Comment se reproduisait le thylacine ?
Comme chez les autres marsupiaux, les petits naissaient à un stade de développement très précoce. Ils rejoignaient ensuite la poche de leur mère et s’attachaient à une mamelle. La femelle possédait quatre mamelles ; les données historiques mentionnaient des portées pouvant compter jusqu’à quatre petits. L’ouverture de la poche était dirigée vers l’arrière du corps.
Les jeunes quittaient progressivement la poche en grandissant et pouvaient rester dans un abri pendant que leur mère cherchait de la nourriture. Les observations disponibles étaient trop limitées pour fixer avec assurance la durée de gestation, l’âge du sevrage ou celui de la première reproduction. Aucun élevage durable n’avait permis de sauver l’espèce.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses rayures lui avaient valu le nom de « tigre de Tasmanie », alors qu’il appartenait aux marsupiaux et n’était pas un félin.
- 2.Sa ressemblance avec un chien illustrait une convergence évolutive : des lignées éloignées avaient développé des silhouettes comparables en occupant des rôles écologiques proches.
- 3.Le dernier individu connu mourut moins de deux mois après la protection légale de l’espèce en Tasmanie, entrée en vigueur en juillet 1936.
- 4.Les restes du dernier thylacine connu avaient été conservés au Tasmanian Museum and Art Gallery ; leur identification fut annoncée en 2022.
Pourquoi le thylacine a disparu
Destruction avec primes
Les autorités tasmaniennes avaient versé des primes pour la destruction des thylacines entre 1888 et 1909. Cette persécution organisée s’ajoutait aux tirs et aux pièges posés par des éleveurs et d’autres habitants.
Transformation des habitats
L’expansion de l’agriculture et de l’élevage avait modifié les milieux fréquentés par l’espèce. Elle avait aussi multiplié les rencontres avec les humains et les conflits autour des troupeaux.
Population devenue trop petite
À mesure que les effectifs diminuaient, les survivants avaient eu moins de possibilités de se rencontrer et de se reproduire. La protection de 1936 était arrivée alors que l’espèce était déjà extrêmement rare.
Autres facteurs incertains
Des maladies et la concurrence avec les chiens avaient été proposées comme facteurs supplémentaires du déclin en Tasmanie, sans que leur poids exact ait été établi. La disparition préhistorique sur le continent avait probablement eu des causes différentes, encore discutées.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Collections de muséesLe Tasmanian Museum and Art Gallery, à Hobart, et l’Australian Museum, à Sydney, conservent des spécimens de thylacines. Peaux, squelettes et tissus permettent d’étudier leur anatomie et, lorsque la conservation le permet, leur ADN.
- Archives filmées et photographiquesDes photographies et de courts films anciens documentent des individus captifs. Ces archives complètent les spécimens, mais ne permettent pas de reconstituer entièrement la vie de l’espèce dans la nature.
- Recherches sur le génomeDes équipes scientifiques ont étudié son génome à partir de matériel de musée. À l’université de Melbourne, le laboratoire TIGRR mène des recherches sur la biologie des marsupiaux et un projet de dé-extinction ; aucun thylacine vivant n’a été recréé à ce jour.
- Extinction reconnueL’UICN classe l’espèce parmi les animaux éteints. Les signalements postérieurs à 1936 n’ont fourni aucune preuve vérifiable de sa survie, malgré des recherches et de nombreux témoignages.
Questions fréquentes
Le thylacine pourrait-il encore vivre caché en Tasmanie ?
Des personnes rapportent encore des observations supposées, mais aucune n’a apporté de preuve vérifiable de sa survie. Une photographie ambiguë ou un témoignage ne suffit pas à confirmer une espèce. Le dernier individu connu est mort en 1936, et le statut mondial retenu par l’UICN reste « éteint ».
Était-il un tigre, un loup ou un marsupial ?
C’était un marsupial carnivore. Ses rayures expliquaient le surnom de tigre de Tasmanie, tandis que sa silhouette rappelait celle d’un loup ou d’un chien. Il n’appartenait ni aux félins ni aux canidés. Ses petits poursuivaient leur développement dans une poche, comme ceux d’autres marsupiaux.
Pourquoi a-t-il disparu ?
La persécution humaine, notamment les destructions récompensées par des primes, a joué un rôle majeur dans son déclin en Tasmanie. La transformation des habitats et la raréfaction des individus ont aussi contribué à sa disparition. D’autres facteurs, comme des maladies, ont été proposés, mais leur importance reste incertaine.
Les scientifiques peuvent-ils le faire revenir ?
Des chercheurs travaillent sur son ADN et sur les techniques de reproduction des marsupiaux. Le projet TIGRR de l’université de Melbourne explore notamment la dé-extinction. Aucun thylacine vivant n’a été recréé à ce jour, et obtenir un animal viable ne garantirait ni une population autonome ni une réintroduction possible.
Où peut-on voir ce qu’il en reste ?
Le Tasmanian Museum and Art Gallery, à Hobart, et l’Australian Museum, à Sydney, conservent des spécimens. Des films et des photographies historiques sont également consultables dans des ressources patrimoniales. Avant une visite, vérifiez auprès du musée quels objets sont exposés : une partie des collections reste en réserve pour la recherche.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Thylacinus cynocephalus iucnredlist.org
- Australian Museum, Thylacine australian.museum
- Tasmanian Museum and Art Gallery, collections et recherches sur le thylacine tmag.tas.gov.au
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





