
Diable de Tasmanie
Sarcophilus harrisii
Aussi appelé diable tasmanien, sarcophile de Harris
Le diable de Tasmanie est le plus grand marsupial carnivore encore vivant. Il habite surtout les forêts, les landes et les campagnes de Tasmanie, où il nettoie les carcasses avec ses mâchoires puissantes. Classé en danger par l’UICN, il est fortement touché par une maladie cancéreuse transmissible entre individus.
- Statut
- En dangerpopulation en baisse
- Taille
- Corps de 52 à 65 cm, queue de 23 à 30 cm
- Poids
- Femelles de 5 à 9 kg, mâles de 8 à 14 kg
- Longévité
- Environ 5 à 6 ans dans la nature, jusqu’à environ 8 ans en captivité
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des charognes, ainsi que des petits mammifères, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens et des invertébrés.
- Mode de vie
- Nocturne, solitaire, avec des rassemblements autour des carcasses
- Famille
- Dasyuridés (Dasyuridae), ordre des Dasyuromorphes (Dasyuromorphia)
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Où vit le diable de Tasmanie ?
Il fréquente les forêts tempérées, les landes, les zones arbustives et les campagnes de Tasmanie, du littoral jusqu’aux montagnes.
Principales régions : Tasmanie, Australie.
- Océanie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le diable de Tasmanie ?
Le diable de Tasmanie possède un corps compact, des pattes courtes et une grosse tête. Son pelage est généralement brun noirâtre, avec une bande claire sur la poitrine ou les épaules chez de nombreux individus. De petites marques blanches peuvent aussi apparaître sur le flanc ou la croupe.
Un adulte mesure environ 52 à 65 centimètres pour le corps, puis 23 à 30 centimètres pour la queue. Les mâles sont en moyenne plus lourds que les femelles. La queue épaisse sert surtout de réserve de graisse et contribue à l’équilibre quand l’animal se déplace.
Ses oreilles deviennent rouges lorsqu’il est excité ou qu’il a chaud, car elles contiennent de nombreux vaisseaux sanguins. Ses cris, ses grognements et ses claquements de mâchoires ont probablement contribué à son nom, alors que l’animal cherche surtout à intimider ses rivaux.
Où vit le diable de Tasmanie ?
L’espèce vit naturellement en Tasmanie, une île située au sud de l’Australie. Elle occupe des milieux variés, depuis les forêts humides et les boisements d’eucalyptus jusqu’aux landes, aux zones côtières et aux pâturages bordés de haies.
Il peut vivre du niveau de la mer jusqu’à des secteurs montagneux. Il cherche souvent un terrier, une cavité sous des racines ou un abri rocheux pour dormir pendant la journée. Un même secteur peut être parcouru par plusieurs animaux, même si chacun reste généralement solitaire.
Des diables de Tasmanie ont été réintroduits sur le continent australien dans le cadre de projets de conservation. Ces populations continentales sont séparées de l’aire naturelle tasmanienne et font l’objet d’un suivi scientifique.
Que mange le diable de Tasmanie ?
Le diable de Tasmanie est un carnivore opportuniste, surtout connu pour son rôle de charognard. Il consomme des carcasses de wallabies, de wombats, d’opossums et d’autres animaux, parfois déjà très décomposées. Il peut aussi capturer de petits mammifères, des oiseaux, des reptiles, des grenouilles et de gros invertébrés.
Ses mâchoires puissantes et ses dents robustes lui permettent de broyer des os. Il mange parfois presque toute la carcasse, y compris la peau et certains petits os. Cela laisse moins de restes disponibles pour les mouches et réduit localement la présence de matières animales abandonnées.
Autour d’une carcasse, plusieurs individus peuvent se retrouver. Ils se font face, grognent et claquent des mâchoires pour établir une distance entre eux. Les cris donnent une impression spectaculaire, mais les conflits se limitent souvent à des menaces et à des morsures rapides.
Comment vit le diable de Tasmanie ?
Il dort dans un terrier, un tas de bois ou un abri naturel pendant la journée, puis sort principalement après le coucher du soleil. Son odorat développé l’aide à repérer une carcasse à distance. Il peut parcourir plusieurs kilomètres en une nuit selon la disponibilité de la nourriture.
La plupart des adultes vivent seuls et ne défendent pas un territoire permanent de la même manière qu’un loup ou un renard. Les rencontres sont fréquentes autour de la nourriture. Les postures, les vocalises et les odeurs jouent alors un rôle dans la communication.
La maladie de la tumeur faciale du diable, souvent appelée DFTD, provoque des tumeurs autour de la bouche et du visage. Elle se transmet surtout quand un diable mord un congénère porteur de cellules tumorales. Une autre maladie tumorale transmissible, appelée DFT2, a aussi été identifiée dans certaines populations.
Comment se reproduit le diable de Tasmanie ?
La période de reproduction se situe généralement entre mars et mai. Après une gestation d’environ trois semaines, la femelle met au monde une portée pouvant compter jusqu’à une vingtaine de nouveau-nés minuscules. À la naissance, chacun doit rejoindre seul la poche située sur le ventre de sa mère.
La poche contient quatre mamelles fonctionnelles. Les jeunes qui atteignent une mamelle peuvent y rester fixés pendant environ quatre mois. Comme la mère ne peut nourrir qu’un petit nombre de jeunes, quatre au maximum survivent habituellement à cette étape.
Les jeunes quittent ensuite progressivement la poche et restent dans le terrier. Ils commencent à explorer les alentours vers cinq mois, puis deviennent plus autonomes au cours des mois suivants. Les femelles peuvent se reproduire dès leur deuxième année, selon leur état et les conditions de nourriture.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses oreilles peuvent devenir rouges lorsque l’animal est excité ou qu’il a chaud, en raison de l’afflux de sang dans leurs nombreux vaisseaux.
- 2.À la naissance, les jeunes sont si petits qu’ils doivent ramper jusqu’à la poche maternelle, malgré une distance de quelques centimètres seulement.
- 3.Le diable de Tasmanie peut produire des cris, des sifflements et des grognements très sonores, surtout lors des rassemblements autour d’une carcasse.
- 4.Sa queue stocke une partie de ses réserves de graisse, ce qui peut la rendre plus épaisse chez un animal bien nourri.
Ce qui menace le diable de Tasmanie
Tumeur faciale
La maladie de la tumeur faciale du diable se transmet principalement par les morsures et peut empêcher l’animal de se nourrir. Elle a provoqué un fort déclin dans de nombreuses populations.
Collisions routières
Les diables attirés par les carcasses présentes sur les routes risquent d’être percutés. Les femelles tuées peuvent parfois laisser des jeunes vivants dans leur poche.
Perte de nourriture
La transformation des habitats, la diminution de certaines proies et la concurrence avec des animaux introduits peuvent réduire l’accès aux carcasses et aux abris.
Protéger le diable de Tasmanie
- Protection en TasmanieLe diable de Tasmanie est protégé par la législation de Tasmanie sur les espèces menacées. Des suivis sanitaires et des mesures de gestion des populations sauvages cherchent à limiter la maladie et ses effets.
- Populations sans maladieDes programmes de conservation maintiennent des diables dans des installations contrôlées afin de constituer une réserve génétique. Des réintroductions documentées ont commencé sur le continent australien, notamment avec Aussie Ark et ses partenaires.
- Élevage coordonnéDes parcs zoologiques participent à des programmes européens de reproduction coordonnée par l’EAZA, afin de conserver une population saine et de sensibiliser le public.
- Commerce internationalL’espèce figure à l’annexe II de la CITES. Les déplacements internationaux de spécimens doivent donc respecter les permis et certificats prévus par cette convention.
Questions fréquentes
Le diable de Tasmanie est-il dangereux pour les humains ?
Il évite généralement les humains et les attaques sont très rares. Il peut mordre s’il est capturé, acculé ou manipulé. Il ne faut donc jamais essayer d’approcher un individu sauvage, surtout près d’une carcasse, ni lui donner à manger.
Pourquoi l’appelle-t-on un diable ?
Les premiers observateurs européens ont été impressionnés par ses cris nocturnes, ses grognements, ses dents visibles et ses affrontements bruyants autour des carcasses. Ce nom décrit une réputation ancienne, pas un comportement malveillant.
La maladie faciale transforme-t-elle tous les diables en monstres ?
Non. La maladie provoque des tumeurs qui apparaissent souvent autour de la bouche et du visage, puis gênent l’alimentation. Elle touche des populations sauvages, mais des animaux sains sont aussi conservés dans des programmes de protection.
Peut-on avoir un diable de Tasmanie chez soi ?
Non. C’est une espèce sauvage protégée, difficile à maintenir et adaptée aux conditions de Tasmanie. Sa détention et son déplacement international sont soumis à des règles strictes, notamment celles de la CITES. En France, il ne s’agit pas d’un animal de compagnie.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
- Department of Natural Resources and Environment Tasmania, threatened species nre.tas.gov.au
- Australian Government, Species Profile and Threats Database
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





