

Takin
Budorcas taxicolor
Le takin est un grand herbivore des montagnes d’Asie, présent de l’est de l’Himalaya aux massifs chinois. Son museau bombé, ses cornes recourbées et son épais pelage lui donnent une silhouette facile à reconnaître. Malgré son allure robuste et sa capacité à parcourir des pentes escarpées, cette espèce est classée vulnérable par l’UICN.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Environ 1,6 à 2,2 m de longueur tête-corps et 1 à 1,4 m de hauteur au garrot ; queue de 10 à 20 cm.
- Poids
- Environ 250 à 350 kg chez les mâles et 150 à 250 kg chez les femelles, avec des variations selon les populations et les sources.
- Longévité
- Environ 12 à 15 ans dans la nature ; jusqu’à une vingtaine d’années en parc zoologique.
- Régime
- HerbivoreIl mange des herbes, des feuilles, des pousses de bambou, des rameaux et parfois de l’écorce.
- Mode de vie
- Crépusculaire, en hardes de taille variable, parfois plusieurs dizaines d’individus
- Famille
- Bovidés (Bovidae), ordre des Artiodactyles (Artiodactyla)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le takin ?
Il fréquente les forêts de montagne, les fourrés et les prairies d’altitude, généralement entre 1 000 et 4 500 m selon les régions et les saisons.
Principales régions : Chine, Bhoutan, Inde, Myanmar.
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le takin
Vous pouvez le reconnaître à son corps massif, à ses épaules hautes et à son large museau bombé. Ses pattes sont relativement courtes et solides, terminées par des sabots fendus. Les deux sexes portent des cornes : elles s’écartent sur les côtés de la tête, puis se recourbent vers le haut.
Son pelage épais change beaucoup de couleur selon les populations : il peut être brun sombre, grisâtre, doré ou crème. Les mâles sont généralement plus lourds que les femelles. Malgré une silhouette qui peut rappeler celle d’un petit bovin, il appartient au groupe des caprinés, comme les chèvres et les moutons.
Où vit le takin ?
Son aire naturelle comprend le Bhoutan, le nord-est de l’Inde, le nord du Myanmar et plusieurs régions montagneuses de Chine. Il utilise une mosaïque de forêts, de fourrés de bambous et de prairies d’altitude. Ces milieux lui procurent à la fois de la nourriture et des zones où se mettre à couvert.
Dans plusieurs régions, les hardes gagnent les hauteurs pendant la belle saison, puis redescendent lorsque le froid et la neige limitent l’accès aux plantes. Les déplacements et les altitudes fréquentées varient avec le relief local. Les cols, les vallées et les versants boisés permettent de relier ses différents habitats saisonniers.
Que mange le takin ?
Le takin est herbivore. Il prélève des feuilles d’arbustes et d’arbres, des herbes, des pousses de bambou et des rameaux ; il peut aussi consommer de l’écorce. Son menu suit les saisons : les jeunes pousses disponibles au printemps ne sont pas les mêmes ressources que les végétaux accessibles en hiver.
Comme les autres ruminants, il possède un estomac composé de plusieurs compartiments. Après avoir avalé les végétaux, il peut les ramener dans sa bouche pour les mâcher de nouveau. Des micro-organismes l’aident à digérer les fibres. Il visite également des sites riches en sels minéraux, où il lèche le sol ou les roches.
Comment vit le takin en groupe ?
Les femelles et les jeunes vivent généralement en hardes, dont la taille varie avec la saison et les ressources. Certains rassemblements estivaux comptent plusieurs dizaines d’animaux, parfois davantage. Les mâles adultes peuvent vivre seuls ou en petits groupes en dehors de la période de reproduction, puis rejoindre les femelles pendant le rut.
Il se nourrit souvent tôt le matin et en fin de journée, avec des périodes de repos entre les repas. Son activité peut changer selon le dérangement et les conditions locales. Lorsqu’il détecte un danger, il peut émettre un cri d’alarme et gagner les couverts végétaux, où son corps massif reste difficile à suivre.
Comment naissent les petits du takin ?
Le rut se déroule généralement en été, avec des différences de calendrier selon les régions. Les mâles rivalisent pour accéder aux femelles, notamment par des postures d’intimidation et des affrontements. Après une gestation d’environ sept à huit mois, la femelle met habituellement au monde un seul petit, souvent à la fin de l’hiver ou au printemps.
Le nouveau-né peut se lever et suivre sa mère rapidement après la naissance, une capacité utile sur les terrains montagneux. Il tète pendant plusieurs mois tout en commençant à goûter des végétaux. Les femelles atteignent généralement la maturité sexuelle vers deux à trois ans ; les mâles peuvent commencer à se reproduire plus tard.
Le saviez-vous ?
- 1.Le takin est l’animal national du Bhoutan, où il occupe aussi une place dans les traditions religieuses et les récits locaux.
- 2.Sa peau produit une substance huileuse qui contribue à protéger son pelage de l’humidité, un avantage dans les montagnes souvent brumeuses.
- 3.Pour atteindre des feuilles hautes, il peut se dresser sur ses pattes arrière et prendre appui avec ses pattes avant.
- 4.Les cornes des femelles ne tombent pas chaque année : comme celles des mâles, elles persistent, contrairement aux bois des cerfs.
Ce qui menace le takin
Chasse et braconnage
La chasse pour la viande constitue une menace dans certaines parties de son aire. Le prélèvement d’animaux peut fragiliser les hardes, même dans des secteurs où l’habitat subsiste.
Habitat morcelé
Les défrichements, les routes et certaines activités forestières réduisent ou fragmentent les milieux fréquentés. Ils peuvent aussi gêner les déplacements entre les zones utilisées en été et en hiver.
Pression du bétail
Dans certains secteurs, le pâturage du bétail domestique réduit les ressources végétales disponibles et augmente le dérangement. Les contacts avec les troupeaux peuvent également favoriser la transmission de maladies.
Protéger le takin
- Commerce international encadréBudorcas taxicolor est inscrit à l’annexe II de la CITES. Le commerce international des animaux et de leurs parties est soumis à des documents et à des contrôles destinés à éviter des prélèvements incompatibles avec la conservation.
- Protection des montagnesDes populations vivent dans des espaces protégés, notamment le parc national de Jigme Dorji au Bhoutan et la réserve naturelle de Tangjiahe en Chine. La surveillance contre le braconnage et le maintien des habitats saisonniers y participent à leur protection.
Questions fréquentes
Le takin est-il un mélange de chèvre et de bœuf ?
Le takin est une espèce à part entière, pas un animal issu d’un croisement entre ces deux animaux. Il appartient à la famille des bovidés et au groupe des caprinés, qui comprend les chèvres et les moutons. Son corps massif et son museau bombé expliquent la comparaison fréquente avec un bovin.
Le takin mange-t-il de la viande ?
Son régime est herbivore : il consomme des herbes, des feuilles, des pousses et des rameaux, ainsi que de l’écorce à l’occasion. Il rumine pour digérer ces végétaux riches en fibres. Les sols et les roches qu’il lèche sur certains sites lui apportent des sels minéraux.
Pourquoi certains takins sont-ils presque dorés ?
La couleur du pelage varie naturellement entre les populations : certains animaux sont brun sombre, d’autres crème ou dorés. Les takins des monts Qinling, en Chine, sont notamment connus pour leur teinte dorée. Ces différences géographiques ont servi à distinguer plusieurs sous-espèces, dont le classement peut varier selon les références.
Peut-on s’approcher d’un takin sauvage ?
Gardez vos distances : un adulte peut peser plusieurs centaines de kilos et les deux sexes portent des cornes. Ne bloquez pas son passage et ne vous placez pas entre une femelle et son petit. Observez avec des jumelles et suivez les consignes des guides ou des responsables de l’espace protégé.
Le takin est-il menacé de disparition ?
L’UICN le classe dans la catégorie « vulnérable », avec une tendance mondiale en baisse. La chasse et la dégradation de ses habitats figurent parmi les menaces principales. La situation varie selon les régions : certaines populations bénéficient d’espaces protégés, tandis que d’autres subissent davantage de pressions humaines.
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Pour aller plus loin
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Budorcas taxicolor iucnredlist.org
- San Diego Zoo Wildlife Alliance, Takin animals.sandiegozoo.org
- Université du Michigan, Animal Diversity Web : Budorcas taxicolor animaldiversity.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer






