
Narval
Monodon monoceros
Aussi appelé Licorne des mers
Le narval est un cétacé des mers arctiques, proche parent du béluga. Chez la plupart des mâles, une dent traverse la lèvre supérieure et forme une longue défense torsadée, parfois de trois mètres. Classé en préoccupation mineure par l’UICN à l’échelle mondiale, il reste exposé aux changements de la banquise et aux activités humaines.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Corps sans la défense : environ 3,5 à 4,5 m chez les femelles et 4 à 5,5 m chez les mâles ; défense généralement longue de 1,5 à 3 m chez les mâles adultes.
- Poids
- Environ 600 à 1 000 kg chez les femelles et 800 à 1 600 kg chez les mâles, avec des variations selon l’âge et les populations.
- Longévité
- Plus de 50 ans dans la nature ; certaines estimations dépassent 100 ans. Ces âges sont difficiles à mesurer. Aucune longévité de référence en parc zoologique.
- Régime
- CarnivoreIl mange des poissons, notamment le flétan du Groenland et des morues arctiques, ainsi que des calmars et des crustacés.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en groupes souvent de quelques individus à une vingtaine
- Famille
- Monodontidés (Monodontidae), ordre des Cétartiodactyles (Cetartiodactyla)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le narval ?
Il fréquente les mers arctiques, les fjords et les eaux couvertes de banquise, et peut plonger à plus de 1 500 m de profondeur.
Principales régions : Canada, Groenland, Svalbard (Norvège), Russie.
- Amérique du Nord et centrale
- Europe
- Asie
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le narval
Son corps épais porte une petite tête arrondie, sans museau allongé, et deux nageoires pectorales courtes. Il n’a pas de nageoire dorsale : une crête basse longe son dos. Les adultes présentent des taches sombres sur un fond clair, particulièrement sur le dos. Les nouveau-nés sont gris, tandis que les animaux âgés deviennent souvent beaucoup plus blancs.
La défense est généralement la dent gauche de la mâchoire supérieure, qui pousse à travers la lèvre et s’allonge en spirale. La plupart des mâles en possèdent une ; certaines femelles en portent aussi, et de rares individus en ont deux. Pour comparer les tailles, séparez bien la longueur du corps de celle de cette dent : elles sont souvent additionnées sur les illustrations.
Où vit le narval ?
Les principales populations vivent dans l’Arctique canadien et autour du Groenland. D’autres narvals fréquentent les eaux du Svalbard et de l’Arctique russe, où leur présence est moins bien documentée. En été, certains groupes gagnent des baies et des fjords côtiers. En hiver, ils rejoignent des eaux plus profondes, souvent largement recouvertes de glace.
Sous la banquise, ces mammifères respirent dans les fissures et les ouvertures accessibles. Ils reviennent régulièrement dans les mêmes zones saisonnières, même lorsque les conditions de glace sont difficiles. L’espèce ne fait pas partie de la faune habituelle de France métropolitaine ou d’outre-mer : aucune sortie naturaliste française ne permet de prévoir son observation.
Que mange le narval ?
Son menu varie selon la région et la saison. Il comprend notamment le flétan du Groenland, des poissons de la famille des morues, des calmars et des crevettes. Une partie de cette nourriture se trouve près du fond, dans des eaux profondes. Les déplacements hivernaux peuvent ainsi donner accès à des secteurs riches en proies.
Il repère son environnement grâce à l’écholocation : il émet des clics et reçoit les échos renvoyés par les obstacles ou les animaux. Malgré sa grande défense, il ne possède pas une rangée de dents fonctionnelles pour mâcher. Il aspire ses proies et les avale. Des observations filmées montrent aussi des mâles frappant des poissons avec leur défense avant de les capturer.
Comment se déplace et communique le narval ?
Les groupes réunissent souvent quelques individus à une vingtaine, avec parfois des rassemblements beaucoup plus grands lors des migrations. Leur composition varie : femelles accompagnées de jeunes, groupes de mâles ou groupes mixtes. Les animaux produisent des clics, des sifflements et d’autres sons. Sous la glace, ces signaux servent à communiquer et à explorer un milieu où la visibilité est réduite.
Les plongées profondes peuvent dépasser 1 500 mètres et durer autour de 20 à 25 minutes, avec des variations selon les observations. Comme tous les cétacés, il respire avec des poumons, par un évent situé sur le dessus de la tête. Une épaisse couche de graisse limite les pertes de chaleur dans l’eau glaciale.
Comment naissent les petits narvals ?
Après une gestation d’environ 14 à 15 mois, la femelle met généralement au monde un seul petit, en été. Le nouveau-né mesure autour de 1,5 à 1,7 m et pèse approximativement 80 kg, selon les sources. Il rejoint rapidement la surface pour respirer et reste près de sa mère, qui l’allaite dans l’eau.
L’allaitement dure environ 20 mois, parfois davantage selon les estimations. Les naissances sont généralement espacées d’environ trois ans. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers 6 à 8 ans, les mâles plus tard, souvent vers 12 à 16 ans. Cette reproduction lente limite la vitesse à laquelle une population peut se reconstituer après des pertes importantes.
Le saviez-vous ?
- 1.La défense contient de nombreux nerfs et peut détecter des changements du milieu, notamment de salinité. Son rôle ne se limite donc pas aux interactions entre mâles.
- 2.Au Moyen Âge et à la Renaissance, des défenses de narval étaient vendues en Europe comme des cornes de licorne, auxquelles on attribuait des pouvoirs imaginaires.
- 3.Le narval et le béluga sont les deux seules espèces vivantes de la famille des Monodontidés. Un hybride entre eux a été confirmé par une analyse génétique.
- 4.Un mâle peut dépasser cinq mètres de corps tout en portant une dent de plusieurs mètres. Cette défense pousse selon une torsion caractéristique.
Ce qui menace le narval
Transformation de la banquise
Le réchauffement modifie la glace, les proies et l’accès aux habitats saisonniers. Des changements rapides de la banquise peuvent aussi piéger des groupes loin d’une ouverture permettant de respirer.
Bruit et trafic maritime
Les navires et les activités industrielles produisent des bruits qui peuvent perturber ses déplacements et sa recherche de nourriture. L’ouverture de routes arctiques expose davantage certains habitats auparavant peu fréquentés.
Prélèvements par la chasse
Le narval est chassé dans certaines communautés arctiques pour sa viande, sa peau et sa défense. L’effet des prélèvements dépend de leur niveau et de l’état de chaque population locale.
Contaminants accumulés
Le mercure et certains polluants persistants s’accumulent dans les chaînes alimentaires arctiques. Ce cétacé à longue durée de vie peut en stocker dans ses tissus.
Protéger le narval
- Commerce international encadréL’espèce figure à l’annexe II de la CITES : le commerce international de ses spécimens et de ses défenses nécessite les documents réglementaires applicables. Cette inscription ne constitue pas une interdiction mondiale de toute chasse.
- Gestion des prélèvementsAu Canada et au Groenland, la chasse est encadrée par des règles et des limites de prélèvement qui varient selon les secteurs. Les évaluations scientifiques doivent distinguer les populations locales, dont la situation peut différer du statut mondial.
- Habitats arctiques protégésAu Canada, l’aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga protège une région fréquentée par les narvals autour du détroit de Lancaster. Sa gestion associe les Inuit et les autorités canadiennes.
- Suivi des populationsDes comptages aériens et des suivis par balises renseignent les effectifs, les migrations et les zones de plongée. La NAMMCO et Pêches et Océans Canada contribuent à l’évaluation des populations et des prélèvements.
Questions fréquentes
La « corne » du narval est-elle une dent ?
Oui. Il s’agit généralement de la dent gauche de la mâchoire supérieure, qui traverse la lèvre et pousse en spirale. Elle peut atteindre environ trois mètres chez un grand mâle. Elle contient des nerfs et intervient notamment dans les interactions entre individus ; toutes ses fonctions ne sont pas encore complètement comprises.
Les femelles ont-elles aussi une défense ?
La plupart des femelles n’ont pas de défense visible, mais certaines en développent une. Chez les mâles, elle est beaucoup plus fréquente. De rares animaux portent deux défenses, lorsque les deux dents supérieures s’allongent. Une photographie de la défense seule ne suffit donc pas toujours à déterminer le sexe.
Le narval est-il menacé de disparition ?
L’UICN le classe en préoccupation mineure à l’échelle mondiale. Cela ne signifie pas que chaque population locale se porte bien. Le réchauffement arctique, les prélèvements et les perturbations sonores peuvent affecter certains groupes. Sa fidélité aux mêmes habitats et sa reproduction lente demandent une surveillance attentive.
Peut-on observer un narval en France ou dans un aquarium ?
Le narval ne vit pas habituellement dans les eaux françaises et aucun aquarium ne permet aujourd’hui d’en voir en captivité. Son observation se fait dans l’Arctique, sans garantie de rencontre. Si vous voyagez dans ces régions, respectez les consignes locales et gardez vos distances avec les groupes.
Comment respire-t-il sous la glace ?
Il doit rejoindre une fissure ou une ouverture pour sortir son évent de l’eau et respirer. Ses plongées lui permettent de circuler sous la banquise entre ces points d’accès. Si les ouvertures se referment rapidement, un groupe peut être piégé : même adapté au froid, ce mammifère ne respire pas sous l’eau.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Monodon monoceros iucnredlist.org
- Pêches et Océans Canada, informations sur le narval et la gestion de ses populations dfo-mpo.gc.ca
- NAMMCO, Narwhal nammco.no
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





