
Mulette perlière
Margaritifera margaritifera
Aussi appelé moule perlière, mulette à perles d’eau douce, moule perlière d’eau douce
La mulette perlière est une grande moule d’eau douce qui vit enfouie dans les graviers des rivières froides et propres. Sa larve doit s’accrocher aux branchies d’une truite ou d’un saumon pour continuer son développement. Classée En danger à l’échelle mondiale, elle est En danger critique en France et protégée par la réglementation.
- Statut
- En dangerpopulation en baisse
- Taille
- Coquille longue de 8 à 16 cm chez l’adulte, le plus souvent autour de 10 à 12 cm
- Poids
- Environ 20 à 50 g chez l’adulte, selon l’âge et la taille de la coquille
- Longévité
- Souvent 80 à 100 ans dans la nature, avec des individus pouvant dépasser 150 ans selon les populations
- Régime
- Mangeur de planctonElle filtre l’eau et retient des algues microscopiques, des bactéries et de très petites particules organiques.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, solitaire, en agrégats
- Famille
- Margaritiferidés (Margaritiferidae), ordre des Unionoïdes (Unionida)
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Où vit la mulette perlière ?
Elle vit dans les rivières froides, claires et bien oxygénées, sur des fonds de graviers ou de sable, depuis les plaines jusqu’aux cours d’eau de moyenne montagne.
Principales régions : France, Irlande, Royaume-Uni, Norvège, Suède, Finlande, Espagne, Portugal.
- Europe
- Amérique du Nord et centrale
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la mulette perlière ?
La coquille est allongée, épaisse et sombre chez les adultes âgés. Elle varie du brun jaunâtre au brun presque noir, avec des stries de croissance visibles. Le bord inférieur est généralement droit ou légèrement arrondi. À l’intérieur, la coquille présente une couche nacrée claire, parfois rosée ou violacée.
La mulette perlière ressemble à d’autres grandes moules d’eau douce. Pour la déterminer avec certitude, les naturalistes examinent la forme de la coquille, ses dents internes et le milieu où elle vit. Il ne faut jamais la sortir de l’eau, la retourner longtemps ni ouvrir sa coquille pour l’identifier.
Une perle peut se former autour d’une petite particule irritante, mais cette situation reste rare dans la nature. La présence d’une coquille vide sur une berge ne prouve donc pas qu’elle contenait une perle.
Où vit la mulette perlière ?
Elle fréquente les rivières fraîches, pauvres en pollution et riches en oxygène. Elle s’enfouit dans des graviers stables, parfois mêlés de sable, où l’eau circule entre les pierres. Les fonds couverts de vase ou de limon épais lui conviennent mal, car ils peuvent bloquer ses siphons et réduire l’oxygène disponible.
En France, les populations les mieux connues se trouvent dans des cours d’eau de Bretagne, de Normandie, du Massif central, des Pyrénées et d’autres secteurs de la façade atlantique. L’espèce est difficile à observer, car elle reste souvent partiellement enfouie. Les prospections se font surtout du printemps au début de l’automne, lorsque le niveau de l’eau permet de repérer les coquilles et les individus.
Son aire européenne s’est fortement réduite. Une rivière peut encore contenir des adultes très âgés alors que la reproduction ne fonctionne presque plus. Les inventaires scientifiques recherchent donc aussi les jeunes coquilles, qui montrent qu’une population se renouvelle.
Que mange la mulette perlière ?
Elle se nourrit en filtrant l’eau. Deux petits tubes, appelés siphons, font entrer l’eau puis la rejettent après le passage dans les branchies. Les branchies retiennent des algues microscopiques, des bactéries et de fines particules organiques, qui sont ensuite dirigées vers la bouche.
Une moule adulte peut filtrer de nombreux litres d’eau au cours d’une journée, mais la quantité varie selon sa taille, la température et la richesse du cours d’eau. Elle ne ronge pas les plantes et ne chasse pas les petits animaux.
Cette alimentation rend l’espèce sensible aux eaux chargées de terre, d’engrais ou de matière organique. Une eau trouble après de fortes pluies peut être naturelle pendant quelque temps, tandis qu’un apport répété de limon peut recouvrir les graviers où vivent les jeunes.
Comment vit la mulette perlière ?
Elle reste généralement au même endroit, enfoncée dans le fond de la rivière, avec seule une petite partie de la coquille visible. Son pied musclé lui permet de se déplacer lentement sur quelques mètres, notamment lorsque le courant, une crue ou un remaniement du fond la dérange.
Les adultes peuvent vivre isolés ou former des groupes dans les secteurs favorables. Ces regroupements facilitent la reproduction, car les larves ont davantage de chances de rencontrer un poisson hôte. La moule ne possède ni yeux ni oreilles comme les nôtres, mais elle réagit aux vibrations, aux variations du courant et à certains changements de lumière.
Les poissons jouent un rôle central dans son cycle de vie. La truite fario est un hôte fréquent en France, tandis que le saumon atlantique peut aussi permettre le développement des larves dans certains cours d’eau.
Comment se reproduit la mulette perlière ?
La reproduction a généralement lieu en été. Les mâles libèrent leurs spermatozoïdes dans l’eau, puis les femelles les font entrer avec l’eau qui traverse leurs branchies. Elles gardent ensuite les œufs dans des cavités spécialisées pendant plusieurs semaines.
Les larves microscopiques, appelées glochidies, sont expulsées dans le courant. Elles doivent se fixer très brièvement aux branchies d’une truite ou d’un saumon. Cette étape ne tue pas le poisson et permet aux larves de se transformer avant de tomber au fond de la rivière.
Les jeunes moules restent enfouies plusieurs années dans les graviers avant de devenir visibles. La maturité sexuelle arrive tardivement, souvent après une dizaine d’années. Une rivière peut donc mettre longtemps à retrouver une population fonctionnelle après une pollution ou une destruction du lit.
Le saviez-vous ?
- 1.Certaines mulettes perlières dépassent un siècle, ce qui permet à une même rivière de conserver des adultes nés avant plusieurs générations humaines.
- 2.La larve ne grandit pas seule dans la vase : elle passe d’abord par une courte phase fixée aux branchies d’un poisson.
- 3.Les perles naturelles se forment rarement et leur qualité est très variable. La plupart des mulettes n’en portent aucune.
- 4.Les stries de croissance de la coquille peuvent aider à estimer l’âge, mais les comptages deviennent moins précis chez les individus très âgés.
Ce qui menace la mulette perlière
Envasement des graviers
Les apports de terre issus de travaux, de chemins, de berges dégradées ou de ruissellements agricoles colmatent les interstices où vivent les jeunes mulettes.
Pollution de l’eau
Les pesticides, les excès de nutriments, les rejets domestiques et certains métaux peuvent perturber l’alimentation, la croissance et la reproduction.
Disparition des poissons hôtes
La baisse des populations de truites et de saumons réduit les possibilités de développement des glochidies, même lorsque des adultes sont encore présents.
Rivières modifiées
Les barrages, les curages, les rectifications de berges et les extractions de graviers changent le courant et détruisent les fonds favorables.
Protéger la mulette perlière
- Protection en FranceLa mulette perlière est une espèce protégée en France. La destruction, la capture, le transport et la détention des individus sont interdits, de même que les atteintes à ses sites de reproduction et de repos selon les cas prévus par la réglementation.
- Statut nationalLa Liste rouge des mollusques d’eau douce de France métropolitaine la classe En danger critique d’extinction. Elle figure aussi parmi les espèces prises en compte dans des sites Natura 2000 et dans des actions de restauration des rivières.
- Plan d’actionsLe Plan national d’actions en faveur de la mulette perlière soutient le suivi des populations, l’amélioration de la qualité de l’eau, la restauration des habitats et la conservation de souches dans des structures spécialisées.
- Restauration des rivièresDes programmes locaux rétablissent la continuité des cours d’eau, limitent l’arrivée de sédiments et favorisent les populations de truites et de saumons nécessaires au cycle de l’espèce.
Questions fréquentes
Que mange la mulette perlière ?
La mulette perlière filtre l’eau avec ses branchies. Elle retient surtout des algues microscopiques, des bactéries et de très fines particules organiques. Elle ne mange ni plantes aquatiques entières ni petits poissons. Sa nourriture dépend donc directement de la qualité et de la quantité d’eau qui traverse la rivière.
Combien de temps vit la mulette perlière ?
La mulette perlière vit souvent 80 à 100 ans dans la nature. Certaines populations comptent des individus âgés de plus de 150 ans, mais ces âges records varient selon les régions et les méthodes d’estimation. Sa croissance lente explique pourquoi une population détruite met plusieurs décennies à se reconstituer.
Où vit la mulette perlière ?
La mulette perlière vit dans des rivières froides, claires et bien oxygénées, sur des graviers stables. En France, elle subsiste notamment en Bretagne, en Normandie, dans le Massif central, les Pyrénées et certains bassins atlantiques. Elle reste souvent enfouie, donc une rivière qui en abrite peut sembler vide.
La mulette perlière est-elle dangereuse ?
La mulette perlière est inoffensive pour les personnes et ne mord pas. Il vaut mieux ne pas la toucher, car elle est protégée et sa coquille ou son habitat peuvent être fragiles. Si vous pensez en avoir trouvé une, observez-la dans l’eau et transmettez l’information à un organisme naturaliste.
Quelle taille fait la mulette perlière ?
La coquille de la mulette perlière mesure généralement 8 à 16 cm à l’âge adulte, avec une longueur fréquente autour de 10 à 12 cm. Elle est allongée, épaisse et sombre. La taille dépend de l’âge, de la rivière et de la population observée.
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Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Muséum national d’histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- Ministère de la Transition écologique, espèces protégées et plans nationaux d’actions ecologie.gouv.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer






