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Mulette perlière

La mulette perlière est une grande moule d’eau douce qui vit dans les rivières froides, propres et bien oxygénées de France métropolitaine. Elle peut dépasser un siècle, mais ses populations ont fortement diminué à cause de la pollution, de l’envasement et de la disparition des poissons dont ses larves ont besoin.

Mis à jour le

Mulette perlière

Margaritifera margaritifera

En France
En danger critiqueLa mulette perlière est classée En danger critique (CR) sur la Liste rouge nationale de l’UICN France, du MNHN et de l’OFB. Elle est protégée en France par la réglementation sur les mollusques protégés, ce qui interdit notamment sa destruction, sa capture et le prélèvement de spécimens dans le milieu naturel. Elle n’est pas une espèce chassable.
Taille
La coquille mesure généralement 8 à 12 cm de long, avec des individus pouvant atteindre environ 15 cm selon les populations. Elle est épaisse, allongée, brun foncé à noire chez les adultes, et souvent couverte d’un dépôt minéral dans les rivières.
Où le voir
Elle subsiste dans quelques cours d’eau froids et limpides de Bretagne, de Normandie, des Pays de la Loire, du Massif central, du Morvan, des Vosges-Ardennes et de certains secteurs pyrénéens. Elle recherche les fonds de graviers et de sable stabilisés par un courant régulier, loin des dépôts de vase.
Quand
Elle peut être observée toute l’année, mais les niveaux d’eau plus bas de la fin de l’été et du début de l’automne facilitent parfois son repérage depuis la berge. La lumière rasante du matin ou de la fin d’après-midi aide à distinguer les coquilles sombres. Évitez de marcher dans le lit de la rivière.
Sommaire7 parties
  1. Comment reconnaître la mulette perlière
  2. Une habitante des rivières froides
  3. Un cycle de vie lié aux truites et aux saumons
  4. Les indices à observer sans la déranger
  5. Pourquoi ses populations diminuent
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Comment reconnaître la mulette perlière

Sa coquille est allongée, bombée et plus épaisse vers l’avant, avec une extrémité arrière arrondie. Les jeunes individus peuvent être brun jaunâtre, tandis que les adultes deviennent souvent brun très sombre ou noirs. Une mulette vivante dépasse généralement du sédiment par une petite partie de sa coquille, ce qui la rend difficile à distinguer d’une pierre depuis la berge.

Une habitante des rivières froides

La mulette perlière a besoin d’une eau fraîche, claire, pauvre en pollution et riche en oxygène. Elle s’enfouit dans des graviers ou un sable grossier qui laisse circuler l’eau entre les interstices. Les apports de terre provenant des champs, les travaux de berge, le piétinement et les barrages peuvent colmater ces espaces et empêcher les jeunes mulettes de survivre.

Un cycle de vie lié aux truites et aux saumons

La mulette perlière se nourrit en filtrant de très petites particules présentes dans l’eau. Elle peut vivre plus de 80 ans, parfois plus d’un siècle, et atteint sa maturité après plusieurs années, souvent autour de 10 à 15 ans. Ses larves, appelées glochidies, se fixent temporairement sur les branchies d’une truite ou d’un saumon. Elles se détachent ensuite pour s’enfouir dans les graviers.

Les indices à observer sans la déranger

Depuis la rive, cherchez une forme sombre et allongée partiellement enfouie dans un banc de graviers, sans déplacer les pierres. Une coquille vide présente souvent deux valves encore réunies ou une surface érodée. Une concentration de coquilles mortes, une eau trouble inhabituelle ou un dépôt de vase dans un secteur connu doivent être signalés au gestionnaire du cours d’eau ou à l’Office français de la biodiversité.

Pourquoi ses populations diminuent

L’envasement des fonds, les rejets polluants, le réchauffement de l’eau et les obstacles qui modifient les courants dégradent son habitat. La disparition ou la baisse des truites et des saumons réduit aussi la reproduction, car les glochidies ne peuvent pas achever leur développement sans poisson hôte. La collecte ancienne pour rechercher des perles a également contribué à son recul, même si les perles sont très rares.

Questions fréquentes

La mulette perlière contient-elle souvent une perle ?

Non. Les perles naturelles sont exceptionnelles et leur formation résulte d’une réaction de défense autour d’un corps étranger. La plupart des mulettes n’en portent pas. Il est interdit de capturer ou d’ouvrir un individu pour le vérifier, car l’espèce est protégée en France.

Peut-on toucher une mulette perlière pour l’identifier ?

Mieux vaut l’observer sans la sortir de l’eau ni déplacer les graviers. La manipulation peut endommager ses tissus ou modifier sa position dans le courant. Une photographie prise depuis la berge, accompagnée du lieu et de la date, suffit souvent pour demander un avis à un naturaliste ou à l’INPN.

Pourquoi les truites sont-elles importantes pour cette moule ?

Les larves de la mulette, les glochidies, doivent se fixer quelque temps sur les branchies d’un poisson hôte. Les truites et les saumons permettent cette étape de leur cycle. Sans populations de poissons en bonne santé et sans graviers propres, les jeunes mulettes ne peuvent pas s’installer durablement.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Dans quel milieu la mulette perlière vit-elle ?
  2. 2.Quel animal aide les larves de la mulette perlière à poursuivre leur développement ?
  3. 3.Que faut-il faire si vous trouvez plusieurs mulettes mortes ou une eau très polluée ?

Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Mulette perlière

Sources

  1. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, INPN inpn.mnhn.fr
  2. UICN France, Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
  3. Office français de la biodiversité, biodiversité et milieux aquatiques ofb.gouv.fr
  4. Légifrance, textes réglementaires français legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)