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La matamata (Chelus fimbriata)
LC
Chelus fimbriata

Matamata

Chelus fimbriata

Aussi appelé tortue matamata, tortue mata-mata, tortue à franges

La matamata est une tortue d’eau douce d’Amérique du Sud, reconnaissable à sa carapace bosselée et à sa tête triangulaire couverte de replis. Elle vit dans des eaux lentes et capture ses proies par aspiration. L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN, tandis que le commerce international est encadré par la CITES.

Statut
Préoccupation mineurepopulation inconnue
Taille
Carapace de 35 à 50 cm chez l’adulte, avec des individus exceptionnels approchant 53 cm
Poids
Environ 8 à 15 kg chez l’adulte, les femelles étant généralement plus grandes et plus lourdes
Longévité
Probablement 15 à 25 ans dans la nature ; plus de 25 ans en captivité selon les conditions, avec peu de données précises
Régime
Mangeur de poissonsElle capture surtout de petits poissons et des animaux aquatiques en aspirant brutalement l’eau avec sa bouche largement ouverte.
Mode de vie
Nocturne, solitaire
Famille
Chélidés (Chelidae), ordre des Tortues (Testudines)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Bassin amazonien et cours d’eau voisins d’Amérique du Sud

Où vit la matamata ?

Elle fréquente les eaux douces lentes et peu profondes, souvent troubles, des rivières, bras morts, marais et mares forestières de plaine.

Principales régions : Brésil, Pérou, Bolivie, Colombie, Équateur, Guyana, Suriname, Guyane française.

  • Amérique du Sud
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la matamata
  2. Où vit la matamata ?
  3. Que mange la matamata ?
  4. Comment se comporte la matamata ?
  5. Comment se reproduit la matamata ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la matamata

La matamata possède une carapace brune ou grisâtre, haute et couverte de bosses, de crêtes et de petites pointes. Ses bords irréguliers cassent la forme de son corps dans l’eau. Cette apparence lui permet de se confondre avec des feuilles mortes, des morceaux d’écorce et les fonds vaseux où elle reste immobile.

Sa tête est large et triangulaire. Le cou porte de nombreux replis de peau, tandis que le nez se termine par une petite trompe qui dépasse de l’eau lorsqu’elle respire. Les yeux sont petits et placés sur les côtés de la tête. Les pattes sont palmées et terminées par des griffes.

La femelle atteint généralement une taille et un poids supérieurs à ceux du mâle. Chez les jeunes, la carapace est plus arrondie et les reliefs sont déjà visibles, mais les couleurs restent souvent plus contrastées.

Où vit la matamata ?

La matamata vit dans les bassins de l’Amazone et de certains cours d’eau voisins, au Brésil, au Pérou, en Bolivie, en Colombie et dans plusieurs régions de Guyane. Elle fréquente surtout les plaines chaudes de faible altitude, dans des zones où la forêt tropicale rejoint les rivières et les marais.

Elle choisit des eaux lentes, souvent brunes ou noires, avec un fond vaseux et beaucoup de feuilles immergées. Les bras morts, les mares forestières et les bords calmes des rivières lui conviennent mieux que les eaux rapides. Elle reste habituellement sous l’eau, près du fond, et remonte seulement le nez pour respirer.

La matamata n’est pas une espèce sauvage présente en France métropolitaine ni en Guyane française comme population naturellement établie selon les données généralement retenues pour cette espèce. Un animal détenu en captivité ne doit jamais être relâché dans un milieu naturel.

Que mange la matamata ?

La matamata est surtout piscivore. Elle mange de petits poissons d’eau douce, des larves aquatiques et, selon les occasions, de petits crustacés ou d’autres animaux aquatiques. Elle ne découpe pas ses proies avec des dents, car les tortues n’en possèdent pas.

Pour chasser, elle reste immobile puis ouvre très vite sa grande bouche. L’eau entre avec la proie, comme aspirée par une pompe. Elle avale ensuite la nourriture entière. Cette technique fonctionne particulièrement bien dans les eaux troubles, où l’immobilité et le camouflage comptent davantage que la poursuite.

En captivité, son alimentation demande des connaissances précises sur les besoins d’une tortue aquatique tropicale. Les poissons destinés à son alimentation doivent être choisis avec soin, et une détention adaptée nécessite des installations volumineuses, une eau surveillée et un avis professionnel.

Comment se comporte la matamata ?

La matamata est généralement solitaire et passe de longues périodes immobile au fond de l’eau. Ses replis de peau et sa carapace bosselée brouillent ses contours, ce qui la rend difficile à repérer parmi les feuilles et les branches immergées.

Elle est surtout active la nuit ou dans la pénombre, lorsque ses proies circulent près du fond. Elle nage peu et marche parfois sur le substrat avec ses pattes. Son long cou lui permet d’atteindre la surface sans exposer largement son corps.

Cette tortue peut rester sous l’eau pendant un certain temps, mais elle doit régulièrement respirer à l’air libre. Une eau trop froide, trop propre au sens d’une eau claire et pauvre en abris, ou un espace trop petit peuvent provoquer du stress et des problèmes de santé en captivité.

Comment se reproduit la matamata ?

La reproduction a lieu dans l’eau ou à proximité, puis la femelle gagne une berge pour pondre. Elle creuse un nid dans un sol meuble, souvent sableux ou riche en débris végétaux. La ponte compte généralement une dizaine à une trentaine d’œufs, selon l’âge et la taille de la femelle.

Les œufs ont une coquille relativement rigide et incubent plusieurs mois. La durée varie avec la température et l’humidité, souvent autour de six à dix mois dans les observations disponibles. Les jeunes sortent du nid et rejoignent rapidement l’eau, où leur camouflage les protège en partie.

La température du nid peut influencer le sexe des jeunes chez de nombreuses tortues, mais les données précises concernant la matamata restent limitées. Les périodes de ponte et d’éclosion varient également selon les régions du bassin amazonien.

Le saviez-vous ?

  • 1.Son nom local, mata-mata, est souvent expliqué par une expression amérindienne associée à l’idée de tuer ou de capturer, en référence à son mode de chasse.
  • 2.La matamata aspire sa proie avec l’eau au lieu de la poursuivre rapidement, ce qui lui permet de chasser tout en restant presque immobile.
  • 3.Les replis de peau autour de sa tête augmentent sa ressemblance avec les débris végétaux des fonds forestiers.
  • 4.Elle peut respirer en gardant presque tout le corps sous l’eau grâce à son cou très long et à son nez placé près de la surface.

Ce qui menace la matamata

  • Dégradation des rivières

    La déforestation, l’envasement, les barrages et la pollution peuvent réduire la qualité des eaux lentes dont elle dépend. La disparition des berges végétalisées perturbe aussi ses sites de ponte.

  • Capture pour le commerce

    Des individus sont capturés pour le commerce d’animaux exotiques et parfois pour la consommation locale. Les prélèvements de jeunes peuvent peser sur des populations dont la reproduction est lente.

  • Données insuffisantes

    La matamata est classée en préoccupation mineure par l’UICN, mais les tendances précises de nombreuses populations restent mal connues, notamment dans les régions difficiles d’accès.

Protéger la matamata

  • Protection du commerceChelus fimbriata est inscrite à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international et impose des documents pour les échanges concernés. Les règles nationales des pays d’origine complètent cette protection.
  • Protection des milieuxLa conservation des forêts riveraines, des marais et des bras morts amazoniens protège à la fois les zones d’alimentation et les sites de ponte. Les aires protégées amazoniennes contribuent à préserver ces habitats.
  • Détention responsableEn France, l’achat d’un spécimen doit s’accompagner d’une vérification de son origine légale et des documents exigés par la réglementation. Les conditions de détention des espèces non domestiques peuvent nécessiter des démarches auprès des services compétents.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange la matamata ?

La matamata mange surtout de petits poissons d’eau douce. Elle capture aussi parfois des larves aquatiques, de petits crustacés et d’autres animaux aquatiques. Elle chasse en ouvrant très vite la bouche pour aspirer l’eau et la proie, puis elle avale sa nourriture entière.

Combien de temps vit la matamata ?

La matamata vivrait généralement 15 à 25 ans dans la nature. Des individus peuvent dépasser 25 ans en captivité lorsque l’eau, la température, l’espace et l’alimentation sont bien adaptés. Les données précises restent rares, car les animaux sauvages sont difficiles à suivre pendant toute leur vie.

Où vit la matamata ?

La matamata vit en Amérique du Sud, surtout dans les bassins de l’Amazone et de cours d’eau voisins. Elle habite des rivières lentes, des bras morts, des marais et des mares forestières aux eaux souvent troubles, avec un fond vaseux et des feuilles immergées.

La matamata est-elle dangereuse ?

La matamata n’est généralement pas dangereuse pour une personne, mais elle peut mordre si elle est saisie ou stressée. Sa bouche est puissante. Il faut éviter de la manipuler, ne jamais approcher les doigts de sa tête et confier tout problème à un vétérinaire spécialisé.

Quelle taille fait la matamata ?

La matamata adulte possède généralement une carapace longue de 35 à 50 centimètres. Les femelles sont souvent plus grandes que les mâles, et des individus exceptionnels peuvent approcher 53 centimètres. Son poids se situe souvent entre 8 et 15 kilogrammes.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Dans quel type de milieu vit principalement la matamata ?
  2. 2.Comment la matamata capture-t-elle souvent ses proies ?
  3. 3.Quelle apparence aide la matamata à se camoufler ?

Autour de cet animal

Pour aller plus loin

Sources

  1. UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
  2. CITES, base Species+ et annexes de la CITES speciesplus.net
  3. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  4. Animal Diversity Web, University of Michigan, Chelus fimbriata animaldiversity.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches