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Le lérot (Eliomys quercinus)
VU
Eliomys quercinus

Lérot

Eliomys quercinus

Aussi appelé Lérot commun

Avec son masque noir et sa queue terminée par un pinceau, le lérot se reconnaît facilement lorsqu’il sort à la nuit tombée. Ce petit rongeur fréquente les bois, les vergers et parfois les greniers de nos maisons. Présent en France, il hiberne pendant la mauvaise saison et figure désormais parmi les espèces vulnérables à l’échelle mondiale.

Statut
Vulnérablepopulation en baisse
Taille
Environ 10 à 17 cm pour la tête et le corps, auxquels s’ajoutent 9 à 15 cm de queue.
Poids
Environ 45 à 120 g chez l’adulte, parfois davantage avant l’hibernation ; le poids varie fortement avec la saison.
Longévité
Généralement 3 à 5 ans dans la nature, avec des individus pouvant atteindre environ 6 ans.
Régime
OmnivoreIl mange des insectes, d’autres invertébrés, des fruits et des graines, ainsi que parfois des œufs ou de petits vertébrés.
Mode de vie
Nocturne, souvent solitaire, parfois regroupé au repos
Famille
Gliridés (Gliridae), ordre des Rongeurs (Rodentia)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Europe occidentale et méridionale, avec des populations plus dispersées en Europe centrale et orientale

Où vit le lérot ?

Il fréquente les bois, les milieux rocheux, les haies, les vergers et les jardins, depuis les plaines jusqu’à environ 2 000 m d’altitude selon les régions.

Principales régions : France, Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Belgique, Suisse, Autriche.

  • Europe
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le lérot
  2. Où vit le lérot ?
  3. Que mange le lérot ?
  4. Comment passe-t-il la nuit et l’hiver ?
  5. Comment grandissent les petits ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le lérot

Le signe le plus visible est une bande noire qui entoure chaque œil et se prolonge vers l’oreille. Le dos est gris à brun, tandis que le ventre est blanc ou crème. Les oreilles sont grandes et arrondies. La queue, velue, porte à son extrémité un pinceau contrasté, généralement noir et blanc.

Le corps mesure environ 10 à 17 cm, sans compter la queue. Pour le distinguer du loir gris, regardez surtout le visage : le loir n’a pas ce masque noir marqué et possède une queue uniformément touffue. Le muscardin, autre petit cousin, est plus petit et son pelage tire vers le roux doré.

Où vit le lérot ?

Son aire naturelle couvre surtout l’Europe occidentale et méridionale, avec des populations plus fragmentées vers le centre et l’est du continent. En France métropolitaine, il est largement réparti, Corse comprise, mais sa présence varie localement. Il utilise aussi bien les bois et les éboulis que les haies, les vergers ou les jardins riches en abris.

Vous avez davantage de chances de l’observer entre le printemps et l’automne, après la tombée de la nuit, près d’un vieux mur, d’un arbre fruitier ou d’une lisière. Une lumière faible et une observation à distance limitent le dérangement. Il dort le jour dans une cavité, un nid ou un bâtiment et passe une grande partie de l’hiver caché.

Que mange le lérot ?

Malgré sa présence dans les vergers, il ne se nourrit pas uniquement de fruits. Insectes, araignées, escargots et autres invertébrés occupent une place importante dans son menu. Il peut également prendre des œufs, des oisillons ou de petits vertébrés. La proportion de nourriture animale et végétale change selon la saison et les ressources disponibles.

À la fin de l’été et en automne, les fruits mûrs et les graines contribuent à constituer ses réserves de graisse. Il cherche sa nourriture dans les branches, mais descend aussi au sol. Au jardin, vous pouvez préserver ses ressources naturelles en évitant les insecticides, sans installer de point de nourrissage qui attirerait plusieurs animaux au même endroit.

Comment passe-t-il la nuit et l’hiver ?

Le lérot sort surtout la nuit et se déplace avec agilité sur les branches, les murs et les charpentes. Il peut produire des cris, des sifflements et des bruits de course, parfois audibles dans un grenier. Plusieurs individus peuvent partager un abri, même si leurs recherches de nourriture se font souvent séparément.

Dans les régions tempérées, l’hibernation dure plusieurs mois, souvent de l’automne au printemps. Sa durée dépend du climat, de l’altitude et des conditions locales. La température du corps baisse et les fonctions vitales ralentissent ; de brefs réveils restent possibles. Déplacer un animal endormi peut lui faire dépenser une partie des réserves dont il a besoin jusqu’au retour des ressources.

Comment grandissent les petits ?

La reproduction commence généralement après la sortie d’hibernation. Après environ trois semaines de gestation, la femelle donne naissance à une portée souvent composée de 4 à 6 petits, avec des variations. Dans les régions les plus chaudes, une seconde portée peut avoir lieu la même année ; ailleurs, une seule est plus habituelle.

Les nouveau-nés sont nus, aveugles et entièrement dépendants de leur mère. Leurs yeux s’ouvrent vers trois semaines et le sevrage intervient autour de quatre à six semaines. La femelle les élève dans un nid abrité, garni de matériaux végétaux. Si vous trouvez un nid occupé, gardez vos distances et reportez les travaux qui pourraient le détruire.

Le saviez-vous ?

  • 1.Sa famille comprend aussi le loir et le muscardin : tous trois peuvent ralentir fortement leur organisme pendant la mauvaise saison.
  • 2.Saisi par la queue, il peut en perdre une partie de la peau. La portion abîmée ne repousse pas comme la queue d’un lézard.
  • 3.Malgré ses talents de grimpeur, il cherche aussi des proies au sol et utilise volontiers les fissures des milieux rocheux.
  • 4.Son nom scientifique évoque le chêne, mais il habite également des vergers, des jardins et des bâtiments offrant des cachettes.

Ce qui menace le lérot

  • Disparition des abris

    L’arrachage des haies, la suppression des vieux arbres et la rénovation des bâtiments réduisent les cavités disponibles. La fragmentation des habitats complique aussi les déplacements entre zones favorables.

  • Poisons et pesticides

    Les rodenticides peuvent tuer les lérots qui accèdent aux appâts. Les insecticides réduisent les invertébrés dont ils se nourrissent et peuvent les exposer à des substances toxiques.

  • Déclin encore mal compris

    L’espèce a fortement régressé dans certaines parties de l’Europe, particulièrement au centre et à l’est. Les causes et leur importance respective restent imparfaitement connues, ce qui rend les suivis de terrain nécessaires.

Protéger le lérot

  • Deux évaluations distinctesLa Liste rouge mondiale classe l’espèce comme vulnérable (VU). En France métropolitaine, la liste rouge nationale des mammifères de 2017 la classe en préoccupation mineure (LC) ; cette évaluation nationale plus ancienne ne décrit pas toute la situation européenne.
  • Cadre juridique françaisLe lérot ne figure pas sur la liste nationale des mammifères terrestres protégés en France. Il est inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, qui prévoit un encadrement de l’exploitation des espèces concernées.
  • Enquête en AllemagneLe projet allemand « Spurensuche Gartenschläfer », porté notamment par le BUND, l’université de Giessen et la Senckenberg Gesellschaft, a étudié sa répartition et les causes de son déclin. Les signalements du public ont contribué à documenter ses lieux de présence.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Quelle différence entre un lérot et un loir ?

Le lérot porte un masque noir très net autour des yeux et une queue terminée par un pinceau contrasté. Le loir gris est généralement plus grand, sans masque noir comparable, avec une queue touffue sur toute sa longueur. Tous deux sont surtout nocturnes et peuvent occuper des bâtiments.

Comment réagir si un lérot vit dans mon grenier ?

Rangez les aliments accessibles et repérez ses passages sans les condamner immédiatement : des petits ou un animal en hibernation pourraient rester enfermés. Évitez les poisons et les pièges collants. Une association naturaliste peut vous aider à choisir le moment pour fermer les accès, une fois leur inoccupation vérifiée.

Le lérot est-il protégé en France ?

Il n’est pas inscrit sur la liste nationale des mammifères terrestres protégés. Il figure cependant à l’annexe III de la Convention de Berne. Sa catégorie française de préoccupation mineure date de 2017, tandis que son classement mondial est vulnérable : les deux évaluations portent sur des territoires et des périodes différents.

Que faire si je trouve un lérot blessé ?

Appelez sans attendre un centre de soins pour la faune sauvage, ou l’OFB pour être orienté. Ne le saisissez jamais par la queue. Si le centre vous demande de le mettre à l’abri, utilisez des gants et une boîte ventilée, gardée au calme, sans lui donner de nourriture ni d’eau de force.

Peut-on garder un lérot comme animal de compagnie ?

Le lérot est un animal sauvage nocturne, dont les besoins comprennent des déplacements, des abris et un cycle saisonnier d’hibernation. Ne prélevez pas un individu dans la nature pour le garder. Pour un animal trouvé en difficulté, contactez un centre de soins : sa prise en charge doit viser un retour à la vie sauvage.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel détail aide le mieux à reconnaître le lérot ?
  2. 2.Que mange-t-il dans la nature ?
  3. 3.Quel geste l’aide au jardin ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, Liste rouge mondiale : Eliomys quercinus iucnredlist.org
  2. MNHN et OFB, Inventaire national du patrimoine naturel : Eliomys quercinus et statuts réglementaires inpn.mnhn.fr
  3. BUND, projet Spurensuche Gartenschläfer gartenschlaefer.de

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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