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La gorgone jaune (Eunicella cavolini)
NE
Eunicella cavolini

Gorgone jaune

Eunicella cavolini

Aussi appelé Gorgone de Cavolini

La gorgone jaune est un animal marin dont les petits polypes construisent ensemble un éventail ramifié. Fixée aux rochers de Méditerranée, notamment sur les côtes françaises, elle capture la nourriture apportée par les courants. Sa croissance lente la rend sensible aux dégradations ; son statut mondial doit être distingué des évaluations régionales de conservation.

Statut
Non évaluéepopulation inconnue
Taille
Environ 10 à 50 cm de hauteur pour une colonie adulte, parfois davantage.
Poids
Pas de fourchette de masse adulte de référence disponible pour les colonies.
Longévité
Plusieurs décennies possibles dans la nature ; durée exacte variable et difficile à mesurer.
Régime
Mangeur de planctonLes polypes capturent de petits organismes planctoniques et des particules organiques transportés par les courants.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, en colonies de polypes reliés entre eux
Famille
Gorgoniidés (Gorgoniidae), ordre des Malacalcyonacés (Malacalcyonacea)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Méditerranée occidentale et centrale, jusqu’à l’Adriatique et à la mer Égée

Où vit la gorgone jaune ?

Fonds rocheux méditerranéens, surtout parois et surplombs parcourus par les courants, généralement entre 10 et 100 m de profondeur.

Principales régions : France, Espagne, Italie, Monaco, Croatie, Grèce, Algérie, Tunisie.

  • Europe
  • Afrique
  • Asie
  • Océans
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la gorgone jaune
  2. Où vit la gorgone jaune ?
  3. Que mange la gorgone jaune ?
  4. Une colonie fixée au rocher
  5. Comment se reproduit la gorgone jaune ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la gorgone jaune

Vous reconnaîtrez cette gorgone à ses branches jaunes à orangées, disposées principalement dans un même plan. Elles dessinent un éventail assez irrégulier, souvent haut de quelques dizaines de centimètres. Les rameaux sont courts et arrondis à leur extrémité. Une base fixée au rocher maintient toute la colonie, même lorsque le courant fait légèrement bouger ses branches.

En regardant une photographie rapprochée, vous pouvez distinguer les polypes qui sortent de petits reliefs à la surface des rameaux. Chacun possède huit tentacules bordés de fines ramifications. Lorsque les polypes se rétractent, l’éventail paraît beaucoup plus lisse. La couleur seule ne suffit pas pour identifier l’espèce : d’autres gorgones méditerranéennes peuvent aussi présenter des teintes jaunes.

Où vit la gorgone jaune ?

Cette espèce vit en Méditerranée, sur des supports rocheux où l’eau circule régulièrement. Elle fréquente notamment les parois verticales, les surplombs et les fonds coralligènes, des habitats construits progressivement par des algues calcaires et différents animaux fixés. On la rencontre généralement entre 10 et 100 mètres de profondeur, avec des observations plus profondes selon les régions.

En France, vous pouvez l’observer en plongée sur les côtes du Roussillon, de Provence, de la Côte d’Azur et de Corse. Elle est présente toute l’année : l’ouverture des polypes dépend surtout des conditions locales et des courants. Les fonds des Calanques, de Port-Cros ou de la réserve de Scandola abritent des habitats favorables, accessibles selon les règles propres à chaque espace protégé.

Que mange la gorgone jaune ?

Les polypes capturent de petits organismes du plancton et des particules organiques qui passent à leur portée. Leurs tentacules portent des cellules urticantes microscopiques, utiles pour retenir les proies. La nourriture est ensuite dirigée vers la bouche située au centre de chaque polype. La colonie bénéficie ainsi des apports transportés par l’eau, sans poursuivre ses proies.

L’éventail se développe souvent dans une orientation qui l’expose au courant. Cette disposition augmente les rencontres entre les tentacules et les particules alimentaires. Contrairement à certaines autres gorgones méditerranéennes, cette espèce ne dépend pas d’algues symbiotiques pour se nourrir. Elle peut donc vivre sur des parois ombragées, où la lumière est faible.

Une colonie fixée au rocher

L’éventail que vous voyez est une colonie composée de nombreux polypes, et non un animal isolé avec une seule bouche. Les polypes sont reliés par des tissus vivants qui recouvrent un axe de soutien souple. De minuscules éléments calcaires renforcent ces tissus. Une fois installée, la colonie reste fixée au même endroit et grandit en produisant de nouvelles ramifications.

Les polypes peuvent s’ouvrir le jour comme la nuit lorsque les conditions permettent de se nourrir. Ils se rétractent notamment en réponse à une perturbation. Les branches accueillent parfois d’autres organismes marins, mais un recouvrement important peut aussi signaler la mort des tissus sous-jacents. Pour observer ces détails en plongée, gardez vos mains et vos palmes à distance.

Comment se reproduit la gorgone jaune ?

La reproduction sexuée fait intervenir des colonies mâles et des colonies femelles. Après fécondation, de petites larves appelées planulas se développent puis sont libérées dans l’eau. La période de reproduction se situe généralement autour de l’été, avec des variations selon les sites et les températures. Ces larves peuvent se déplacer avant de rejoindre un support favorable.

Lorsqu’une larve se fixe, elle se transforme en premier polype. Celui-ci produit ensuite de nouveaux polypes par bourgeonnement : la colonie se construit progressivement autour d’un même individu fondateur. La croissance reste lente, de l’ordre du centimètre par an selon les conditions et la partie mesurée. Une grande colonie détruite ne se remplace donc pas en une seule saison.

Le saviez-vous ?

  • 1.Ses huit tentacules par polype permettent de la classer parmi les octocoralliaires, un groupe qui comprend aussi les coraux mous.
  • 2.L’éventail entier partage des tissus vivants, alors que chaque petit polype possède sa propre bouche et ses propres tentacules.
  • 3.La silhouette en éventail expose les polypes à l’eau en mouvement : le courant apporte directement leur nourriture.
  • 4.Le nom scientifique rend hommage à Filippo Cavolini, un naturaliste italien qui a étudié les animaux marins à la fin du XVIIIe siècle.

Ce qui menace la gorgone jaune

  • Vagues de chaleur

    Des épisodes prolongés d’eau anormalement chaude provoquent des mortalités de gorgones en Méditerranée. Chez cette espèce, les tissus peuvent mourir sur une partie des branches ou sur toute la colonie.

  • Accrochages et arrachements

    Les ancres, certains engins de pêche et les contacts répétés des plongeurs peuvent casser ou arracher les éventails. La croissance lente limite la vitesse de reconstitution des peuplements.

  • Dégradation des fonds

    Des dépôts excessifs de sédiments et la dégradation des habitats rocheux peuvent gêner les polypes et l’installation des jeunes colonies. Les branches dont les tissus meurent peuvent ensuite être colonisées par d’autres organismes.

Protéger la gorgone jaune

  • Statuts à distinguerAucune catégorie issue d’une évaluation mondiale de l’UICN n’est retenue ici, d’où le code NE. Aucune catégorie de liste rouge nationale française n’est renseignée pour cette espèce ; les évaluations méditerranéennes ne doivent pas être présentées comme des évaluations mondiales.
  • Protection des habitatsDes peuplements vivent dans des espaces protégés comme les parcs nationaux de Port-Cros et des Calanques, ainsi que la réserve naturelle de Scandola. Les restrictions de mouillage, de prélèvement et de pêche varient selon les secteurs.
  • Réglementation en FranceCette espèce ne bénéficie pas d’une protection nationale spécifique identifiée ici et n’est pas inscrite aux annexes de la CITES. Cela n’autorise pas son prélèvement partout : les réglementations locales et celles des espaces protégés restent applicables.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange la gorgone jaune ?

La gorgone jaune mange de petits organismes planctoniques et des particules organiques transportés par l’eau. Chaque polype déploie huit tentacules pour les capturer, puis les dirige vers sa bouche. La colonie se nourrit sans quitter le rocher auquel elle est fixée.

Combien de temps vit la gorgone jaune ?

La gorgone jaune peut vivre plusieurs décennies, mais sa durée de vie exacte est difficile à établir. Il faut distinguer l’âge de toute la colonie de celui des polypes qui la composent. Sa croissance lente explique pourquoi un grand éventail peut témoigner d’une longue installation sur le rocher.

Où vit la gorgone jaune en France ?

La gorgone jaune vit sur les fonds rocheux de la Méditerranée française, notamment en Provence, sur la Côte d’Azur et autour de la Corse. Elle s’observe aussi dans le Roussillon. Présente toute l’année, elle est généralement visible en plongée, souvent à partir d’une dizaine de mètres de profondeur.

La gorgone jaune est-elle dangereuse ?

La gorgone jaune n’est pas considérée comme dangereuse pour les plongeurs. Ses cellules urticantes servent surtout à capturer de minuscules proies. Évitez cependant de la toucher : ses tissus et ses branches sont fragiles, et une manipulation peut endommager une colonie qui a mis des années à grandir.

Quelle taille fait la gorgone jaune ?

Une colonie de gorgone jaune mesure souvent entre 10 et 50 centimètres de hauteur, parfois davantage. Cette mesure correspond à l’éventail entier, composé de nombreux polypes. La taille dépend notamment de l’âge, des conditions du site et des éventuels dommages subis par les branches.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Combien de tentacules possède chaque polype de la gorgone jaune ?
  2. 2.Comment la gorgone jaune trouve-t-elle sa nourriture ?
  3. 3.Que voyez-vous lorsque vous observez un éventail de gorgone jaune ?

Sources

  1. Liste rouge mondiale de l’UICN, Eunicella cavolini iucnredlist.org
  2. FFESSM, DORIS : fiche « Eunicella cavolini, Gorgone jaune » doris.ffessm.fr
  3. MNHN et OFB, INPN : fiche taxonomique d’Eunicella cavolini inpn.mnhn.fr
  4. UICN, The conservation status of Mediterranean Anthozoans portals.iucn.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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