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L'émyde lépreuse (Mauremys leprosa)
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Mauremys leprosa

Émyde lépreuse

Mauremys leprosa

Aussi appelé Tortue lépreuse

L’émyde lépreuse est une tortue d’eau douce méditerranéenne reconnaissable à sa carapace brunâtre et à ses lignes jaunes sur la tête et le cou. En France, elle vit surtout dans quelques zones humides du Roussillon, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Classée vulnérable dans le monde et en France, elle est protégée.

Statut
Vulnérablepopulation inconnue
Taille
Carapace de 12 à 25 cm chez l’adulte, les femelles étant généralement plus grandes que les mâles
Poids
Environ 300 g à 1,5 kg chez l’adulte, avec des variations selon le sexe et la région
Longévité
Souvent 30 à 50 ans dans la nature ; la longévité maximale est mal connue
Régime
OmnivoreElle mange des insectes aquatiques, des larves, des mollusques, des têtards, de petits poissons, des charognes et des végétaux aquatiques.
Mode de vie
Diurne, plutôt solitaire
Famille
Geoémydidés (Geoemydidae), ordre des Tortues (Testudines)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Péninsule Ibérique, Maghreb et sud-ouest de la France

Où vit l’émyde lépreuse ?

Elle fréquente les ruisseaux lents, mares, canaux, étangs et marais méditerranéens, généralement des plaines jusqu’à environ 1 000 m d’altitude.

Principales régions : Espagne, Portugal, France, Maroc, Algérie, Tunisie.

  • Europe
  • Afrique
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître l’émyde lépreuse
  2. Où vit l’émyde lépreuse ?
  3. Que mange l’émyde lépreuse ?
  4. Comment se comporte l’émyde lépreuse ?
  5. Comment se reproduit l’émyde lépreuse ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître l’émyde lépreuse

Sa carapace est ovale, assez aplatie et souvent brun olive, brun jaune ou presque noire. Les plaques peuvent porter des marques plus claires, parfois difficiles à voir chez les adultes âgés. Le bord arrière est légèrement dentelé chez certains individus, surtout chez les jeunes.

La tête, le cou et les pattes portent des lignes ou des taches jaunes. Une bande claire peut parcourir le cou derrière l’œil. Les doigts sont reliés par des membranes, ce qui l’aide à nager. La femelle atteint généralement une taille supérieure à celle du mâle, tandis que le mâle possède souvent une queue plus longue et plus large.

Elle ressemble à la Cistude d’Europe, une autre tortue aquatique protégée. La Cistude porte souvent des points jaunes nombreux sur la tête et la carapace, alors que l’émyde lépreuse montre plus souvent des lignes jaunes et une carapace moins bombée. Une photographie prise à distance aide à l’identifier sans la déranger.

Où vit l’émyde lépreuse ?

Cette tortue occupe des eaux douces ou faiblement courantes dans les régions au climat méditerranéen. Elle choisit les mares, les fossés en eau, les canaux, les étangs, les marais et les ruisseaux bordés de végétation. Elle utilise des troncs, des pierres ou des berges dégagées pour se chauffer au soleil.

Son aire naturelle s’étend surtout en Espagne et au Portugal, puis au Maroc, en Algérie et en Tunisie. En France, elle est indigène dans le sud, surtout dans les Pyrénées-Orientales et le Roussillon. Des individus observés ailleurs peuvent provenir de relâchers d’animaux détenus en captivité, ce qui complique l’interprétation de certaines données.

Dans le Roussillon, vous pouvez tenter de l’observer d’avril à octobre, par temps ensoleillé, surtout le matin ou en début d’après-midi. Restez à plusieurs mètres des berges et utilisez des jumelles, car elle plonge rapidement au moindre mouvement.

Que mange l’émyde lépreuse ?

L’émyde lépreuse est omnivore. Elle capture des larves d’insectes, des vers, des escargots d’eau, des têtards, de petits poissons et parfois des animaux morts. Elle consomme aussi des plantes aquatiques, des algues et des morceaux de végétation tombés dans l’eau.

Les jeunes mangent généralement davantage de proies animales, car elles leur apportent les protéines nécessaires à leur croissance. Avec l’âge, la part des végétaux augmente souvent, même si le régime varie selon la saison, la température et les ressources disponibles.

Il ne faut pas la nourrir lors d’une observation. Le pain, la nourriture pour chien ou les restes de cuisine déséquilibrent son alimentation et peuvent attirer des espèces opportunistes autour des mares.

Comment se comporte l’émyde lépreuse ?

Elle passe beaucoup de temps dans l’eau, mais sort régulièrement pour se chauffer. La chaleur du soleil accélère le fonctionnement de son organisme, notamment la digestion. Un individu qui prend le soleil sur un tronc peut donc rester immobile plusieurs minutes avant de replonger.

Elle nage avec les pattes largement palmées et peut rester cachée dans la vase ou la végétation lorsqu’elle se sent menacée. En hiver, dans les régions fraîches de son aire, son activité diminue fortement. Dans les zones méditerranéennes, elle peut aussi ralentir pendant les périodes de sécheresse ou de très forte chaleur.

L’espèce est surtout solitaire. Plusieurs individus peuvent toutefois se retrouver sur le même tronc ou dans une mare lorsque les places ensoleillées sont rares. Les adultes évitent généralement les contacts prolongés en dehors de la période de reproduction.

Comment se reproduit l’émyde lépreuse ?

La période de reproduction commence généralement au printemps, lorsque l’eau se réchauffe. L’accouplement a lieu dans l’eau. La femelle cherche ensuite un sol meuble, souvent sableux ou terreux, bien exposé, pour creuser un nid à l’écart de la berge.

Elle pond habituellement plusieurs œufs, souvent en une à trois pontes au cours de la saison. Une ponte compte généralement entre 4 et 12 œufs, mais le nombre varie selon la taille de la femelle et les conditions locales. L’incubation dure environ deux à trois mois, selon la température et l’humidité.

Les petits mesurent quelques centimètres à l’éclosion. Leur sexe dépend en partie de la température d’incubation, phénomène appelé détermination sexuelle dépendante de la température. Les jeunes gagnent rapidement la végétation ou l’eau pour éviter les oiseaux, les poissons et les autres prédateurs.

Le saviez-vous ?

  • 1.Son nom scientifique, Mauremys leprosa, fait référence à l’aspect parfois irrégulier et marqué de sa carapace chez les adultes.
  • 2.Elle peut rester plusieurs minutes sous l’eau lorsqu’elle se cache, mais elle doit régulièrement remonter respirer à la surface.
  • 3.Les lignes jaunes de la tête et du cou sont souvent plus nettes chez les jeunes que chez les individus âgés.
  • 4.Comme beaucoup de tortues, elle grandit lentement et atteint la maturité sexuelle après plusieurs années.

Ce qui menace l’émyde lépreuse

  • Disparition des zones humides

    Le drainage des marais, le comblement des mares, la rectification des cours d’eau et les sécheresses réduisent les sites où elle se nourrit, se chauffe et pond.

  • Relâchers d’animaux captifs

    Les tortues relâchées peuvent transmettre des agents infectieux, concurrencer les populations locales ou perturber leur patrimoine génétique. Elles peuvent aussi mourir rapidement dans un milieu inadapté.

  • Mortalité routière

    Les adultes et les jeunes traversent parfois des routes entre une mare et une zone de ponte. Les femelles en recherche de sol meuble sont particulièrement exposées au printemps et au début de l’été.

  • Espèces introduites

    La Tortue de Floride et d’autres tortues aquatiques vendues comme animaux de compagnie peuvent concurrencer les tortues locales lorsqu’elles sont abandonnées dans la nature.

Protéger l’émyde lépreuse

  • Protection françaiseL’émyde lépreuse est une espèce protégée en France par la réglementation nationale relative aux amphibiens et reptiles. La capture, la détention, le transport, la destruction et la perturbation intentionnelle des individus et de leurs habitats sont encadrés ou interdits selon les cas.
  • Statut en FranceElle est classée vulnérable sur la Liste rouge des reptiles de France métropolitaine. La conservation repose notamment sur la protection des mares, marais et cours d’eau du Roussillon, ainsi que sur le suivi des populations.
  • Aires protégéesDans le sud de la France, la préservation de ses habitats peut s’appuyer sur des sites Natura 2000, des réserves naturelles et des espaces naturels gérés localement. Les mesures varient selon chaque site.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange l’émyde lépreuse ?

L’émyde lépreuse mange des larves d’insectes, vers, mollusques, têtards, petits poissons, charognes et végétaux aquatiques. Les jeunes consomment souvent davantage de proies animales, tandis que les adultes ajoutent une part plus importante de plantes à leur régime.

Combien de temps vit l’émyde lépreuse ?

L’émyde lépreuse peut vivre environ 30 à 50 ans dans la nature, mais les données précises restent limitées. Sa longévité dépend de la température, de la nourriture, des maladies, des prédateurs et de la qualité de son habitat.

Où vit l’émyde lépreuse ?

L’émyde lépreuse vit dans les mares, étangs, canaux, marais et cours d’eau lents des régions méditerranéennes. Elle est surtout présente en Espagne, au Portugal et au Maghreb. En France, elle se rencontre principalement dans les zones humides du Roussillon.

L’émyde lépreuse est-elle dangereuse ?

L’émyde lépreuse n’est pas dangereuse pour les promeneurs et cherche généralement à fuir. Comme toute tortue sauvage, elle peut toutefois mordre si on la saisit. Gardez vos distances, ne la touchez pas et ne la déplacez jamais sans l’avis d’une structure compétente.

Quelle taille fait l’émyde lépreuse ?

L’émyde lépreuse mesure généralement entre 12 et 25 centimètres de longueur de carapace. Les femelles sont souvent plus grandes que les mâles. La taille varie selon la sous-population, l’âge, la nourriture et les conditions de vie.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Dans quel milieu l’émyde lépreuse vit-elle principalement ?
  2. 2.Quel est le régime alimentaire de l’émyde lépreuse ?
  3. 3.Quel geste protège l’émyde lépreuse en France ?

Sources

  1. UICN Red List, Mauremys leprosa iucnredlist.org
  2. UICN France et Comité français de l’UICN, Listes rouges nationales uicn.fr
  3. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  4. Légifrance, réglementation française de protection des amphibiens et reptiles legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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