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L'aurochs (Bos primigenius)
EX
Bos primigenius

Aurochs

Bos primigenius

Aussi appelé Bœuf sauvage

L’aurochs était un grand bovin sauvage qui vivait en Europe, en Afrique du Nord et dans une partie de l’Asie. Ses longues cornes et ses hauts membres le distinguaient de nombreuses vaches actuelles, dont il était l’ancêtre sauvage. Présent autrefois en France, il a disparu définitivement en 1627, lorsque la dernière femelle est morte en Pologne.

Statut
ÉteinteDernière femelle morte en 1627 dans la forêt de Jaktorów, en Pologne.
Taille
Hauteur au garrot estimée : environ 160 à 180 cm chez les grands mâles européens, parfois davantage, et 140 à 160 cm chez les femelles ; dimensions variables selon les régions et les époques.
Poids
Estimations souvent proposées : environ 600 à 1 000 kg chez les mâles européens et 400 à 600 kg chez les femelles ; les masses ne peuvent pas être mesurées directement.
Longévité
Mal connue dans la nature ; une durée de vie d’environ 20 ans est parfois proposée par comparaison avec les bovins actuels.
Régime
HerbivoreIl mangeait des herbes, ainsi que des feuilles et de jeunes pousses ligneuses selon les milieux et les saisons.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, en troupeaux, avec des mâles adultes parfois isolés
Famille
Bovidés (Bovidae), ordre des Artiodactyles (Artiodactyla)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Anciennement en Europe, en Afrique du Nord et dans une partie de l’Asie jusqu’au sous-continent indien

Où vivait l’aurochs ?

Il fréquentait des mosaïques de prairies, de zones humides et de boisements, notamment dans les plaines et les vallées.

Principales régions : France, Pologne, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Afrique du Nord, Proche-Orient, Sous-continent indien.

  • Europe
  • Afrique
  • Asie

Aucun individu vivant : la dernière population sauvage s’est éteinte en 1627.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaissait-on l’aurochs ?
  2. Où vivait l’aurochs ?
  3. Que mangeait l’aurochs ?
  4. Comment se comportait l’aurochs ?
  5. Comment se reproduisait l’aurochs ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaissait-on l’aurochs ?

Les grands mâles européens avaient des membres relativement longs, une avant-main puissante et des cornes qui s’incurvaient vers l’extérieur, puis vers l’avant et l’intérieur. Leur hauteur au garrot dépassait celle de nombreuses vaches actuelles. Les squelettes montraient toutefois des différences importantes de taille selon le sexe, la région et l’époque.

Les descriptions historiques indiquaient généralement un pelage très sombre chez les mâles adultes, avec une ligne plus claire le long du dos. Les femelles et les jeunes étaient plutôt brun-roux. Ces couleurs étaient surtout documentées pour les populations européennes tardives ; elles ne pouvaient pas être attribuées avec la même certitude à toute son ancienne aire.

Où vivait l’aurochs ?

Son ancienne répartition s’étendait sur une grande partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale et méridionale. Elle changeait avec le climat et les transformations du paysage. Il utilisait des milieux mêlant espaces herbeux, boisements et zones humides, où il trouvait de quoi se nourrir et s’abriter.

En France, des ossements et des représentations préhistoriques attestaient sa présence ancienne, notamment dans le Sud-Ouest. La date de sa disparition variait selon les régions et restait difficile à établir précisément. À la fin de son histoire, les derniers troupeaux connus ne subsistaient plus qu’en Pologne, dans des forêts placées sous surveillance royale.

Que mangeait l’aurochs ?

Cet herbivore consommait des graminées et d’autres plantes basses, mais aussi des feuilles et des pousses d’arbustes lorsque les ressources disponibles le permettaient. Les études des dents et les analyses chimiques des ossements renseignaient son alimentation passée. Elles indiquaient que son menu variait avec les habitats, sans se limiter partout aux mêmes végétaux.

Comme les bovins actuels, il était un ruminant : il avalait d’abord sa nourriture, puis la ramenait dans sa bouche pour la mâcher de nouveau. Des microbes présents dans son système digestif l’aidaient à exploiter les fibres végétales. Dans la dernière population polonaise, les gardes distribuaient du foin pour soutenir les animaux pendant l’hiver.

Comment se comportait l’aurochs ?

Les témoignages historiques décrivaient des troupeaux, tandis que certains mâles adultes vivaient à l’écart ou rejoignaient les femelles à la période de reproduction. Son organisation sociale n’avait jamais été étudiée avec les méthodes actuelles. Les comparaisons avec d’autres bovins sauvages aidaient donc à interpréter les récits, sans remplacer des observations directes.

Pendant le rut, les mâles rivalisaient pour accéder aux femelles et pouvaient s’affronter. Un animal aussi lourd et muni de longues cornes présentait un danger à courte distance. En revanche, ses horaires précis d’activité restaient mal connus : ils pouvaient varier avec la saison, la chaleur, les ressources alimentaires et le dérangement humain.

Comment se reproduisait l’aurochs ?

Les récits concernant les derniers aurochs européens situaient généralement les accouplements à la fin de l’été ou au début de l’automne, avec des naissances au printemps. La gestation était estimée à environ neuf mois, comme chez les bovins domestiques. La femelle mettait habituellement au monde un seul veau, qu’elle nourrissait de son lait.

Les informations précises sur l’âge de la première reproduction ou la survie des veaux étaient fragmentaires. Dans les derniers troupeaux, chaque naissance comptait, car les effectifs étaient devenus très faibles. Le faible nombre de partenaires disponibles limitait les possibilités de reproduction et rendait la population plus vulnérable aux accidents et aux maladies.

Le saviez-vous ?

  • 1.À Lascaux, plusieurs grands bovins peints étaient des aurochs. Leurs silhouettes témoignaient de la place de cet animal dans les représentations préhistoriques.
  • 2.Le squelette découvert à Vig, au Danemark, portait des traces liées à une chasse préhistorique. Il est conservé au Musée national du Danemark.
  • 3.En 2015, des chercheurs ont publié le génome d’un aurochs britannique vieux d’environ 6 750 ans, révélant notamment des croisements anciens avec des bovins domestiques.
  • 4.Les derniers animaux bénéficiaient déjà de gardes et de nourriture hivernale. Cette protection n’a pas suffi à empêcher l’extinction d’une population devenue très réduite.

Pourquoi l’aurochs a disparu

  • Chasse et prélèvements

    La chasse pour la viande et les trophées avait contribué au recul des populations. Lorsque les troupeaux étaient devenus rares, même un petit nombre d’animaux tués pouvait compromettre leur maintien.

  • Transformation des habitats

    L’expansion des terres cultivées et des établissements humains avait réduit et fragmenté ses habitats. Les animaux avaient progressivement perdu l’accès à de vastes territoires où se nourrir et se reproduire.

  • Contacts avec le bétail

    Les bovins domestiques partageaient certaines pâtures avec les derniers aurochs et pouvaient leur transmettre des maladies. Les archives mentionnaient des mortalités, sans permettre d’identifier avec certitude tous les agents responsables.

  • Derniers troupeaux isolés

    La dernière population polonaise était devenue trop petite pour résister durablement aux pertes. L’isolement et la rareté des partenaires avaient aggravé les effets des maladies et des accidents.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Squelettes dans les muséesLe Musée national du Danemark conserve notamment l’aurochs de Vig. Le Museum of Zoology de l’université de Cambridge conserve également un squelette découvert dans les marais du Cambridgeshire.
  • ADN ancien étudiéLe séquençage d’ossements permet d’étudier les populations disparues et leurs liens avec les bovins domestiques. Un génome d’aurochs britannique a notamment fait l’objet d’une publication scientifique dans Genome Biology en 2015.
  • Bovins sélectionnés aujourd’huiLe programme Tauros sélectionne des bovins domestiques présentant certains caractères proches de ceux de l’aurochs, notamment pour le pâturage de milieux naturels. Ces animaux restent des bovins domestiques et ne rétablissent pas l’espèce éteinte.
  • Situation en FranceL’aurochs sauvage est disparu de France et ne peut plus y être observé vivant. Son statut mondial est EX ; aucun statut national distinct ni régime français de protection d’une population vivante ne sont attribués ici sans référence vérifiée.

Questions fréquentes

Peut-on encore voir des aurochs en France ?

Aucun aurochs sauvage vivant ne subsiste en France ni ailleurs. Certains parcs présentent des bovins domestiques appelés « aurochs reconstitués », mais ces animaux appartiennent à des lignées sélectionnées pour leur apparence. Vous pouvez aussi observer des représentations préhistoriques d’aurochs, notamment dans les fac-similés de Lascaux, en Dordogne.

L’aurochs était-il l’ancêtre de nos vaches ?

Oui. Les bovins domestiques descendent de populations d’aurochs domestiquées, notamment au Proche-Orient pour les bovins sans bosse et dans le sous-continent indien pour les zébus. Des croisements ultérieurs avec des aurochs sauvages ont également laissé des traces génétiques. La domestication a commencé plusieurs millénaires avant la disparition du dernier animal sauvage.

Quand et où le dernier aurochs est-il mort ?

La dernière femelle connue est morte en 1627 dans la forêt de Jaktorów, en Pologne. Cette population était suivie par des gardes, ce qui a permis de conserver des informations sur son déclin. La cause précise de la mort de cette dernière femelle ne doit pas être présentée comme certaine.

Peut-on faire renaître l’aurochs par sélection ?

La sélection de bovins domestiques peut réunir des caractères comme de longues cornes, une robe sombre ou une certaine silhouette. Elle ne restitue pas l’ensemble du patrimoine génétique et de l’histoire évolutive de l’espèce disparue. Les bovins de Heck et ceux du programme Tauros sont donc des bovins domestiques, même lorsqu’ils ressemblent à l’aurochs.

Quelle différence y avait-il entre un aurochs et un bison ?

L’aurochs appartenait au genre Bos, comme les bovins domestiques, tandis que les bisons appartiennent au genre Bison. Il avait de longues cornes dirigées en partie vers l’avant et une silhouette moins bossue. Le bison d’Europe existe toujours ; sa survie actuelle ne signifie donc pas que l’aurochs a été sauvé.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où vivait la dernière population connue d’aurochs ?
  2. 2.Que sont les animaux aujourd’hui appelés « aurochs reconstitués » ?
  3. 3.Que mangeait principalement l’aurochs ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Liste rouge mondiale de l’UICN, Bos primigenius iucnredlist.org
  2. Musée national du Danemark, collections préhistoriques : l’aurochs de Vig en.natmus.dk
  3. Genome Biology, Genome sequencing of the extinct Eurasian wild aurochs, Bos primigenius, illuminates the phylogeography and evolution of cattle genomebiology.biomedcentral.com

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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