Quel est l’animal le plus résistant du monde ?
Mesurant souvent moins d’un millimètre, le tardigrade peut suspendre presque toute son activité lorsque l’eau vient à manquer. Ce record repose surtout sur une survie en cryptobiose, étudiée en laboratoire, et non sur une vie active dans ces conditions extrêmes.
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Sommaire9 parties
9 ans
Le tardigrade est généralement considéré comme l’animal le plus résistant. En cryptobiose, certains ont supporté en laboratoire des températures proches de -272 °C à +150 °C et des pressions allant jusqu’à 6 000 bars, selon les conditions.
Le classement
- TardigradeJusqu’à 9 ans en cryptobiose observée en laboratoireDes reprises après environ 30 ans de congélation sont rapportées, mais ce record reste discuté.
- Rotifère bdelloïdeEnviron 24 000 ans dans le pergélisol, puis reprise d’activitéUn individu a été réanimé en laboratoire après une congélation très ancienne, cas exceptionnel.
- NématodeEnviron 46 000 ans dans le pergélisol, selon une étudeLa datation et la survie réelle de l’individu font l’objet de discussions scientifiques.
- Dipneuste africainJusqu’à plusieurs années d’estivation dans un cocon de mucusLa durée varie selon l’espèce et les conditions de sécheresse du milieu.
- Grenouille des boisPlusieurs mois avec une grande partie du corps geléeElle survit au gel saisonnier grâce à des substances protectrices présentes dans ses tissus.
- ArtémiePlusieurs années sous forme de cyste desséchéSes embryons ralentissent fortement leur activité jusqu’au retour de l’eau.
Un record surtout établi en laboratoire
Le tardigrade ne court pas dans un environnement à 150 °C et ne reste pas vivant au sens habituel sous 6 000 bars. Ces valeurs correspondent à des expériences dont la durée, la température, la pression et l’espèce étudiée varient. L’article consacré aux Tardigrada rapporte des tolérances allant d’environ -272 °C à +150 °C, ainsi qu’une résistance au vide spatial et à certains rayonnements.
La durée de cryptobiose la mieux établie atteint 9 ans en laboratoire. Des travaux ont aussi signalé le réveil de tardigrades après environ 30 ans de congélation, mais ce cas individuel est discuté et ne constitue pas une mesure générale pour toutes les espèces. La durée maximale d’une stase reste inconnue.
La cryptobiose met le corps en pause
Quand la mousse ou le sol s’assèche, le tardigrade perd presque toute son eau et se replie en une forme compacte appelée tonneau. Son métabolisme devient alors extrêmement faible. Des molécules et des protéines protectrices contribuent à préserver les membranes et les structures cellulaires pendant cette période, puis l’animal reprend progressivement son activité quand l’eau revient.
Son corps mesure généralement de 0,1 à 1,5 millimètre et possède quatre segments, chacun portant deux pattes courtes terminées par des griffes. Une cuticule protège l’ensemble. Cette petite taille limite la quantité de tissus à protéger et permet à l’animal de se dessécher rapidement, un avantage dans la mousse, le lichen, les sédiments et les sols humides.
Un minuscule animal presque partout
Les tardigrades vivent dans les mousses et les lichens, mais aussi dans l’eau douce, l’eau salée, le sable et les sédiments. On en trouve des régions polaires à l’équateur, au-dessus de 6 000 mètres dans l’Himalaya et jusqu’à environ 4 000 mètres sous la surface de la mer. Certains prélèvements peuvent contenir jusqu’à 25 000 individus par litre.
La cryptobiose les aide à traverser des périodes très sèches, froides ou pauvres en nourriture. En dehors de ces phases, leur vie active dure souvent de 12 à 24 mois chez les espèces aquatiques et de 15 à 30 mois chez les espèces terrestres. Ils se nourrissent notamment de cellules végétales, de lichens et parfois de petits animaux.
Des champions difficiles à départager
Comparer la résistance d’un tardigrade à celle d’une grenouille des bois ou d’un rotifère demande de la prudence. Les animaux ne supportent pas les mêmes contraintes, pendant la même durée, ni dans le même état physiologique. Le tardigrade se distingue par la combinaison de sa résistance au dessèchement, au froid, à la pression, au vide et à certains rayonnements.
Les records du rotifère et du nématode concernent des individus retrouvés dans du pergélisol ancien, puis réactivés dans des conditions contrôlées. Ils sont impressionnants, mais exceptionnels et discutés. Le classement présenté ici est donc un repère pédagogique, non un palmarès officiel mesurant une seule épreuve identique pour chaque animal.
Le saviez-vous ?
- 1.Le nom tardigrade vient du latin tardus, qui signifie « lent », et gradior, « marcher ».
- 2.Les tardigrades adultes d’une même espèce peuvent avoir le même nombre de cellules, un phénomène appelé eutélie.
Questions fréquentes
Le tardigrade peut-il vivre dans l’espace ?
Des tardigrades ont survécu à une exposition au vide spatial dans des expériences, surtout lorsqu’ils étaient desséchés. Le vide seul ne signifie donc pas qu’ils vivent normalement dans l’espace. Ils doivent retrouver de l’eau pour sortir de leur état de cryptobiose.
Le tardigrade est-il immortel ?
Non. Il peut suspendre presque toute son activité pendant une cryptobiose, mais il finit par mourir si les dommages deviennent trop importants ou si les conditions de réveil ne conviennent pas. Sa durée maximale de stase reste inconnue.
Pourquoi le record de 30 ans est-il discuté ?
Des tardigrades ont été réveillés après environ 30 ans de congélation, mais il s’agissait d’un cas individuel et les conditions exactes de conservation sont importantes. Le résultat ne permet pas d’affirmer que tous les tardigrades survivent aussi longtemps.
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Sources
- Wikipédia, article « Tardigrada » fr.wikipedia.org
- Muséum national d’Histoire naturelle, site du Muséum national d’Histoire naturelle mnhn.fr
- Inventaire national du patrimoine naturel, portail de la biodiversité française inpn.mnhn.fr
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