Aubrac
Originaire du plateau de l’Aubrac, cette vache fauve se reconnaît à ses yeux cerclés de noir et à ses cornes en lyre. Autrefois utilisée pour les travaux agricoles et le fromage, elle élève aujourd’hui surtout des veaux grâce à ses qualités maternelles et à son adaptation au pâturage.
Mis à jour le 5 min de lecture

Sommaire9 parties
Carte d’identité
Race française- Origine
- France (plateau de l’Aubrac, dans le sud du Massif central)
- Reconnaissance
- Race bovine française reconnue, avec un livre généalogique et un organisme de sélection, l’Union Aubrac.
- Taille
- Environ 120 à 150 cm au garrot selon le sexe et les individus.
- Poids
- Environ 550 à 800 kg pour les vaches et 900 à 1 200 kg pour les taureaux ; les poids varient selon les individus et les conditions d’élevage.
- Poil
- Poil court, avec un pelage qui s’épaissit en hiver.
- Robes
- Fauve, du froment clair au gris fauve, avec des extrémités et des muqueuses noires.
- Usage d'origine
- Travail agricole, lait et viande.
- Production
- viande, lait
- Effectifs
- Race toujours élevée en France, principalement dans des troupeaux allaitants ; la souche laitière fait l’objet d’un travail spécifique de maintien et de développement.
Une race façonnée par le plateau et les burons
L’Aubrac s’est développée sur un plateau du sud du Massif central, où les hivers imposent des périodes de logement et d’alimentation avec des fourrages conservés. Au XVIIIe siècle, les moines d’Aubrac ont contribué à organiser la sélection de leur troupeau. La Révolution française a interrompu ce travail. Les hypothèses sur les origines beaucoup plus anciennes de la race restent discutées et ne permettent pas de retenir une filiation certaine.
Au XIXe siècle, les éleveurs organisent progressivement une sélection collective. La Société centrale d’agriculture de l’Aveyron, fondée en 1840, participe à cette démarche, puis un concours spécial de la race est créé en 1880. Le herd-book, registre des origines des reproducteurs, est créé en 1892 ; les premières inscriptions suivent en 1894. À cette époque, les troupeaux fournissent du travail, de la viande et du lait transformé en fromage dans les burons pendant l’estive.
Une robe fauve soulignée de noir
La robe présente des nuances fauves, du froment clair à des tons plus gris. Le mufle, le contour des yeux, le bord des oreilles et le toupet de la queue sont noirs. Cette pigmentation dessine un contraste particulièrement visible sur la tête. Les cornes, lorsqu’elles sont présentes, remontent en forme de lyre et portent des pointes noires. Les taureaux ont généralement une encolure plus massive et plus sombre que les vaches.
C’est une race de taille moyenne parmi les bovins français. Les adultes mesurent approximativement 120 à 150 cm au garrot, avec des variations selon le sexe et les individus. Les vaches pèsent souvent autour de 550 à 800 kg, les taureaux autour de 900 à 1 200 kg. Ses membres solides et ses aptitudes à la marche lui permettent d’exploiter des pâturages étendus ; sa rusticité n’exclut toutefois ni surveillance ni soins.
Des mères allaitantes, avec un héritage laitier
Aujourd’hui, l’élevage est principalement orienté vers la viande. Dans un troupeau allaitant, la vache produit le lait que son veau tète directement : ce lait n’est généralement pas destiné à la collecte. La sélection accorde une place aux qualités maternelles, à la reproduction et à l’aptitude à valoriser les fourrages. Certaines femelles sont accouplées avec des taureaux de races bouchères, notamment charolais, afin d’obtenir des veaux présentant davantage de développement musculaire.
L’usage laitier subsiste dans une partie restreinte de la population, avec un travail de développement d’une souche laitière. Historiquement, le lait était transformé dans les burons pendant une estive d’environ quatre mois. La documentation consultée ne donne pas de rendement laitier chiffré suffisamment précis pour caractériser les élevages actuels. Les volumes varient notamment avec la lignée, l’alimentation et la conduite du troupeau ; une vache allaitante ne se compare donc pas directement à une laitière spécialisée.
Préserver les qualités maternelles et la souche laitière
Le suivi de la race repose sur l’identification des animaux, leur généalogie et l’évaluation des reproducteurs. L’Union Aubrac porte le travail de sélection, avec une attention aux caractères utiles dans les élevages allaitants. Préserver une diversité de familles permet de limiter la concentration des origines. Sans effectif daté et vérifié, il serait trompeur d’attribuer ici un nombre de vaches ou un classement chiffré de conservation.
Son patrimoine laitier est lié au fromage de Laguiole et aux anciens burons du plateau. Aujourd’hui, la production de ce fromage repose majoritairement sur la simmental, plus productive en lait ; l’Aubrac conserve néanmoins une place dans cette histoire et dans des élevages laitiers spécifiques. Pour comprendre cette différence, vous pouvez distinguer la sauvegarde de la race dans son ensemble du maintien de sa souche laitière, qui concerne un usage devenu beaucoup moins répandu.
Observer les troupeaux sur leur territoire d’origine
Le plateau de l’Aubrac, à cheval sur l’Aveyron, la Lozère et le Cantal, permet d’observer des troupeaux au pâturage pendant la belle saison. Les manifestations de transhumance montrent aussi le déplacement des animaux vers les estives. Leur tenue dépend du calendrier local et des conditions d’élevage : consultez les offices de tourisme avant votre déplacement. Un buron peut éclairer l’histoire fromagère, sans nécessairement héberger aujourd’hui des vaches ou une activité de fabrication.
Au Salon international de l’agriculture, à Paris, la présentation des bovins permet de rencontrer des éleveurs et de comparer les races ; vérifiez la présence de l’Aubrac dans le programme de l’édition concernée. Une ferme accueillant le public offre une observation plus proche du quotidien. Demandez l’autorisation avant d’approcher les animaux, restez hors des enclos et gardez votre chien en laisse à distance : une mère peut défendre son veau.
D’autres races de vaches
SalersFrance (Auvergne, monts du Cantal)Race française
CharolaiseFrance (Charolais et Brionnais, en Bourgogne)Race française
LimousineFrance (Limousin)Race française
MontbéliardeFrance (Franche-Comté)Race française
NormandeFrance (Normandie)Race française
Prim’HolsteinFrance, à partir de bovins originaires du littoral de la mer du NordRace française
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on que l’Aubrac est une vache allaitante ?
Une vache allaitante nourrit son veau avec son propre lait, généralement sans traite destinée à la vente. Le jeune reste avec sa mère pendant une partie de son élevage. Chez l’Aubrac, cette conduite est aujourd’hui majoritaire, même si des troupeaux laitiers existent encore et perpétuent son ancien usage fromager.
Comment la reconnaître sans la confondre avec une autre vache ?
Regardez l’ensemble des caractères : une robe fauve, un mufle noir, des yeux cerclés de noir, des oreilles bordées de sombre et un toupet noir au bout de la queue. Les cornes remontent en lyre lorsqu’elles sont présentes. La couleur seule ne suffit pas, car plusieurs races bovines peuvent avoir une robe assez proche.
Peut-on caresser une Aubrac rencontrée en randonnée ?
Restez à distance et ne franchissez pas une clôture pour la toucher. Une vache peut réagir vivement si elle est surprise ou si son veau est proche. Sur un chemin traversant un pâturage, avancez calmement sans couper le troupeau. Gardez votre chien en laisse et éloigné des bovins, puis refermez les barrières.
Le fromage de Laguiole est-il toujours fabriqué avec son lait ?
Le lait d’Aubrac a longtemps servi à fabriquer le fromage de Laguiole dans les burons. Aujourd’hui, la simmental fournit la majeure partie du lait utilisé. Une souche laitière Aubrac est néanmoins maintenue et développée par des éleveurs. Le nom du fromage ne permet donc pas, à lui seul, d’identifier la race ayant fourni le lait.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- Wikipédia, Aubrac (race bovine) fr.wikipedia.org
- Races de France, races bovines françaises racesdefrance.fr
- Institut de l’élevage, ressources sur les bovins allaitants et la sélection idele.fr
Mis à jour le .
