
Sommaire7 parties
Un odorat installé dans ses narines
Le requin possède deux narines placées sous son museau. L’eau entre par une ouverture, passe sur des replis très sensibles appelés rosettes olfactives, puis ressort par l’autre ouverture. Ces replis contiennent des cellules capables de reconnaître des molécules dissoutes, comme certaines substances produites par un poisson blessé.
L’eau qui traverse les narines sert à sentir, elle ne sert pas à respirer. Les branchies prélèvent l’oxygène plus loin, lorsque l’eau passe sur leurs filaments. Le requin peut donc analyser les odeurs tout en nageant, parfois en tournant légèrement la tête pour comparer ce qui arrive à droite et à gauche.
Que reconnaît-il dans le sang ?
Le sang contient de nombreuses molécules, notamment des acides aminés et d’autres substances issues des tissus. Chez plusieurs espèces de requins, ces molécules peuvent déclencher une réaction d’orientation ou de recherche. Une odeur de poisson, d’urine ou de chair abîmée peut donc compter davantage que le sang pris isolément.
Les expériences montrent une grande variation selon les espèces, l’âge, la faim et la concentration de l’odeur. Les chercheurs s’accordent sur la grande sensibilité de l’odorat des requins, mais ils ne donnent pas tous les mêmes chiffres pour la quantité minimale détectable. Les résultats obtenus en laboratoire ne décrivent pas toujours ce qui se passe dans une mer agitée.
Une odeur ne voyage pas en ligne droite
Dans l’océan, une substance dissoute forme une nappe étirée par les courants et mélangée par les vagues. Le requin peut remonter cette piste en vérifiant si l’odeur devient plus forte. Si elle disparaît, il peut changer de direction, car le courant varie et la trace se fragmente.
L’idée d’un requin qui sentirait une seule goutte de sang à plusieurs kilomètres est donc trompeuse. La distance de détection dépend du volume libéré, de la nature de la substance, de la température, du vent, des courants et de l’espèce. Une odeur détectable ne signifie pas non plus que le requin sait immédiatement où se trouve sa source.
Le sang n’est qu’un indice parmi d’autres
Pour localiser une proie, le requin utilise aussi sa vue, son ouïe et les vibrations transmises par l’eau. Des organes situés sur son museau, les ampoules de Lorenzini, détectent de faibles signaux électriques produits par les muscles et les nerfs des animaux.
Un requin peut ainsi recevoir plusieurs indices à la fois : une odeur portée par le courant, des mouvements irréguliers et de faibles signaux électriques. Chez le grand requin blanc, ces informations l’aident à chercher des poissons, des calmars ou des mammifères marins selon les régions et les saisons.
Le saviez-vous ?
- 1.Les narines du requin servent à sentir, tandis que ses branchies prélèvent l’oxygène pour respirer.
- 2.Les ampoules de Lorenzini, situées autour du museau, détectent de faibles champs électriques produits par les muscles et les nerfs d’autres animaux.
Questions fréquentes
Le requin attaque-t-il toujours quand il sent du sang ?
Non. Une odeur peut attirer son attention sans déclencher une attaque. Le requin évalue aussi la taille, les mouvements et l’intérêt alimentaire de ce qu’il rencontre. De nombreuses espèces consomment surtout des poissons ou des invertébrés, et la présence de sang ne suffit pas à prédire leur comportement.
Une personne qui saigne attire-t-elle forcément les requins ?
Non. Une petite blessure ne provoque pas automatiquement une rencontre avec un requin. Le risque dépend de l’espèce présente, du lieu, de l’activité humaine et de nombreux autres facteurs. En mer, une plaie doit toutefois être rincée et protégée dès que possible, et il faut suivre les consignes locales de sécurité.
Le requin sent-il mieux que le chien ?
Il est difficile de comparer directement ces deux animaux, car ils ne vivent pas dans le même milieu et ne recherchent pas les mêmes molécules. Le chien est spécialisé dans l’air, tandis que le requin possède un odorat adapté aux substances dissoutes dans l’eau. Les performances varient aussi selon les espèces.
Sources
- NOAA Ocean Service, Shark senses oceanservice.noaa.gov
- Florida Museum, Shark senses floridamuseum.ufl.edu
- Smithsonian Ocean, Shark senses ocean.si.edu
Mis à jour le .




