Tortue d’Hermann
La tortue d’Hermann est la seule tortue terrestre sauvage naturellement présente en France métropolitaine. Elle vit surtout dans le Var et en Corse, où ses déplacements lents la rendent vulnérable aux routes, aux incendies et aux captures.
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Testudo hermanni
- En France
- VulnérableLa tortue d’Hermann est classée vulnérable (VU) dans la Liste rouge des reptiles de France métropolitaine publiée par l’UICN France, le MNHN et l’OFB. Elle est protégée par la réglementation française, n’est pas une espèce chassable, et sa capture, sa détention, sa vente ou sa perturbation sont interdites dans les conditions prévues par la loi. Son commerce relève aussi de la réglementation européenne et de la CITES.
- Taille
- Sa carapace mesure généralement 15 à 20 cm chez l’adulte. Les femelles sont souvent plus grandes que les mâles, et certaines populations peuvent comprendre des individus dépassant 20 cm. Le poids varie approximativement de 700 g à plus de 2 kg selon le sexe, l’âge et la population.
- Où le voir
- En France métropolitaine, elle est indigène dans le Var et en Corse. Elle fréquente les maquis, les garrigues, les sous-bois clairs, les lisières, les prairies sèches et les anciennes cultures entourées de végétation basse. Les populations sont morcelées, notamment autour des zones urbanisées et des grands axes routiers.
- Quand
- Observez-la d’avril à octobre, surtout le matin après le réchauffement du sol et en fin d’après-midi. Elle réduit son activité pendant les fortes chaleurs et hiverne généralement d’octobre ou novembre jusqu’à mars, selon la météo locale. Les journées douces après une pluie peuvent favoriser ses déplacements.
Sommaire7 parties
Reconnaître la tortue d’Hermann
La carapace est bombée, jaune à brun orangé, avec des taches noires souvent bien contrastées. La dernière plaque située à l’arrière, appelée plaque supracaudale, est généralement divisée en deux. La queue porte une griffe terminale, surtout visible chez l’adulte, et les pattes sont robustes, couvertes de grosses écailles.
La tortue d’Hermann ressemble à la tortue grecque, une espèce parfois détenue ou introduite, mais leurs dessins et leur répartition diffèrent. Chez la tortue d’Hermann, la plaque supracaudale est habituellement divisée et le plastron présente deux bandes noires longitudinales, avec des variations selon les individus et les populations.
Un reptile des milieux secs et ouverts
Elle recherche une mosaïque de végétation basse, de buissons, de zones ensoleillées et de petits refuges ombragés. Les tapis de plantes herbacées lui procurent des aliments, tandis que les arbustes, les amas de feuilles et les creux du sol servent d’abris lors des nuits fraîches ou des épisodes de forte chaleur.
Dans le Var, les incendies répétés, l’urbanisation et la fermeture des milieux réduisent les espaces favorables. En Corse, elle occupe encore des secteurs plus étendus, mais les routes, les chiens, les débroussaillements et la collecte d’individus peuvent également fragiliser les populations locales.
Une vie lente, rythmée par les saisons
La tortue d’Hermann est active lorsque la température du sol lui permet de se déplacer et de digérer. Elle mange surtout des plantes sauvages, notamment des feuilles, des fleurs et de jeunes pousses. Son régime comprend aussi occasionnellement des fruits tombés ou de petites quantités d’aliments d’origine animale.
La reproduction se déroule principalement au printemps et peut reprendre en fin d’été. Après l’accouplement, la femelle creuse un petit nid dans un sol meuble et y dépose généralement quelques œufs. L’incubation dépend de la température et de l’humidité, et les jeunes sont exposés aux prédateurs dès leur sortie du nid.
Elle peut vivre plusieurs décennies, souvent plus de 50 ans lorsque les conditions sont favorables. Cette longévité explique pourquoi une tortue trouvée dans la nature ne doit jamais être déplacée ni recueillie pour devenir un animal de compagnie : son histoire et son adaptation appartiennent à son territoire.
Repérer ses passages sans la déranger
Ses traces prennent la forme de petites empreintes parallèles laissées par les pattes, parfois accompagnées d’un sillon discret produit par la carapace ou la queue dans un sol meuble. Elles sont plus faciles à observer après une pluie légère, sur les passages sableux ou les chemins peu fréquentés.
Vous pouvez aussi remarquer une végétation broutée à faible hauteur, des déjections sombres et allongées, ou une tortue immobile sous un buisson. Ces indices ne suffisent pas toujours à confirmer l’espèce. La photographie, prise à distance et sans retourner l’animal, aide davantage qu’une capture ou qu’un déplacement.
Les dangers qui la touchent
Les collisions routières comptent parmi les risques les plus visibles, surtout au printemps et après les pluies. Les incendies détruisent les abris, les plantes alimentaires et les nids. La disparition des haies et des broussailles, l’urbanisation et le débroussaillement réalisé pendant la période d’activité réduisent aussi les possibilités de déplacement.
La collecte illégale reste un problème majeur. Une tortue retirée de son milieu peut mourir pendant le transport, transmettre des maladies ou être incapable de retrouver ses ressources. Les chiens peuvent blesser les adultes, tandis que les œufs et les jeunes sont vulnérables aux rats, aux sangliers, aux corvidés et à d’autres prédateurs.
Pour la protéger, gardez les chiens sous contrôle dans les secteurs connus, respectez les panneaux et les fermetures liés aux incendies, et ne faites jamais de feu ni de débroussaillage sans vérifier la présence éventuelle d’animaux. Une observation brève, depuis un chemin, évite de faire fuir la tortue ou de révéler son emplacement à d’autres personnes.
Questions fréquentes
Puis-je garder chez moi une tortue d’Hermann trouvée dans la nature ?
Non. La tortue d’Hermann sauvage est protégée. La capturer, la transporter, la vendre ou la détenir peut constituer une infraction. Si elle paraît saine, laissez-la exactement où vous l’avez observée. Si elle est blessée, contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB.
Comment distinguer une tortue d’Hermann d’une tortue abandonnée ?
Une tortue trouvée dans une zone naturelle du Var ou de Corse peut être sauvage, mais un individu découvert dans une autre région peut aussi provenir d’un abandon ou d’une détention illégale. Ne concluez pas à partir de la seule apparence : photographiez-la sans la déplacer et demandez l’avis d’un centre de soins ou d’un naturaliste local.
Peut-on déplacer une tortue qui traverse une route ?
La priorité est de vous mettre vous-même en sécurité et de ralentir les véhicules. Si l’animal est exposé à un danger immédiat et que vous pouvez le déplacer sans risque, posez-le quelques mètres plus loin dans la direction qu’il suivait. Ne l’emportez pas, ne changez pas de secteur et ne le retournez pas sur le dos.
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Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Tortue d’Hermann
Sources
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, INPN inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, espèces protégées et réglementation ofb.gouv.fr
- Légifrance, textes réglementaires relatifs à la protection des reptiles legifrance.gouv.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
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