Cistude d’Europe
La cistude d’Europe est une petite tortue d’eau douce, reconnaissable à sa carapace sombre ponctuée de jaune et à ses yeux jaunes. En France métropolitaine, elle vit dans des étangs, des marais, des canaux lents et des bras morts de rivière, où elle passe de longues heures à se chauffer au soleil.
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Emys orbicularis
- En France
- VulnérableLa cistude d’Europe est classée vulnérable (VU) sur la Liste rouge des reptiles de France métropolitaine. Elle est protégée par l’arrêté ministériel du 8 janvier 2021 : sa capture, sa destruction, sa détention, son transport et sa vente sont interdits, sauf dérogation réglementaire. Elle n’est pas une espèce chassable.
- Taille
- Sa carapace mesure généralement 12 à 17 cm, avec des variations selon les régions et les populations. Les femelles sont souvent plus grandes que les mâles. La carapace est sombre, aplatie et marquée de petites taches ou de fines lignes jaunes ; la tête, le cou et les pattes portent aussi des points jaunes.
- Où le voir
- En France métropolitaine, ses populations sont dispersées, notamment dans le Sud-Ouest, le Centre-Ouest, le bassin de la Loire, la Brenne, la Camargue, le pourtour méditerranéen et la Corse. Elle fréquente les étangs riches en végétation, les marais, les mares connectées, les canaux, les lônes et les bras calmes des rivières. Certaines observations concernent des secteurs où l’espèce a été réintroduite.
- Quand
- La période la plus favorable s’étend d’avril à septembre, lorsque les températures permettent l’activité et la reproduction. Cherchez-la surtout le matin, puis en début d’après-midi, posée sur un tronc, une souche ou une berge dégagée. Elle plonge rapidement si elle perçoit un mouvement. En automne et en hiver, elle reste généralement inactive dans la vase ou au fond de l’eau.
Sommaire7 parties
Reconnaître la cistude d’Europe
La carapace est ovale, peu bombée et brun très sombre à noire, avec des marques jaunes variables. Le plastron, situé sous le corps, peut être jaune, brunâtre ou presque noir, parfois avec des taches sombres. La queue est relativement longue, surtout chez le mâle, et les doigts sont reliés par des membranes adaptées à la nage.
La cistude se distingue de la tortue de Floride par l’absence de large tache rouge ou orange derrière l’œil. Cette tortue exotique, souvent relâchée illégalement dans les mares et les étangs, a une carapace plus fortement bombée et des bandes colorées sur la tête. Une identification à distance évite de capturer l’animal pour l’examiner.
Des eaux calmes et des berges ensoleillées
Elle recherche des zones humides ensoleillées, peu profondes par endroits et riches en plantes aquatiques. Les roselières, les herbiers, les troncs tombés dans l’eau et les berges peu artificialisées lui servent respectivement de refuge, de zone d’alimentation et de poste de chauffe.
La femelle quitte parfois l’eau pour pondre dans un sol meuble et bien exposé, souvent à plusieurs dizaines ou centaines de mètres de la berge. Elle peut traverser des chemins ou des routes pour atteindre une prairie sèche, une friche ou un talus. La destruction des petites zones humides et l’isolement des mares réduisent ses possibilités de déplacement.
Une tortue qui se chauffe et chasse dans l’eau
La cistude se nourrit de petits animaux aquatiques, notamment de larves, de mollusques, de crustacés, de têtards et de petits poissons affaiblis. Elle consomme aussi des végétaux et des animaux morts. Elle capture généralement ses proies dans l’eau, où elle est plus agile que sur la terre ferme.
Les accouplements ont lieu surtout au printemps. La ponte se déroule généralement de mai à juillet, avec une quantité et un calendrier variables selon la météo et la région. Les jeunes sortent du nid après une incubation qui peut durer plusieurs mois ; certains passent l’hiver dans le nid et émergent au printemps suivant.
Elle peut vivre plusieurs décennies, probablement plus de 30 ans dans de bonnes conditions, mais l’âge maximal varie selon les populations et reste difficile à mesurer en milieu naturel. Les jeunes sont exposés aux prédateurs, tandis que les adultes sont particulièrement vulnérables aux collisions routières.
Observer ses traces sans la déranger
La trace la plus facile à repérer est souvent l’animal lui-même, immobile sur un tronc ou une branche basse au-dessus de l’eau. Une approche trop rapide provoque une chute ou une plongée ; utilisez des jumelles depuis la berge et restez silencieux. Les traces de pattes dans la vase sont irrégulières et disparaissent rapidement après la pluie ou le passage d’autres animaux.
En juin et en juillet, une femelle peut laisser des marques de déplacement entre l’étang et son site de ponte. Un nid est difficile à reconnaître et doit rester intact. Ne creusez pas le sol, ne retournez pas les pierres et ne tentez jamais de suivre une tortue jusqu’à son nid, car cette présence peut attirer l’attention sur l’emplacement des œufs.
Les menaces qui pèsent sur l’espèce
La disparition des mares, des marais et des bras morts réduit les lieux où elle peut se nourrir, hiverner et se reproduire. Le curage brutal des étangs, la suppression des végétations de berge et la fermeture des milieux par les broussailles peuvent également dégrader son habitat.
Les routes coupent parfois les déplacements entre les zones d’eau et les sites de ponte. Les femelles adultes sont alors exposées aux collisions, surtout au printemps et au début de l’été. La tortue de Floride, lorsqu’elle est relâchée dans la nature, peut entrer en concurrence avec la faune locale et contribuer à la transmission de parasites ou d’agents infectieux.
Les périodes de sécheresse et les épisodes de chaleur modifient la quantité d’eau disponible et les conditions d’incubation des œufs. La protection des mares connectées, des berges naturelles et des passages entre les habitats permet de conserver des populations capables de se renouveler.
Questions fréquentes
La cistude d’Europe peut-elle vivre dans un jardin ?
Elle a besoin d’un vaste réseau de zones humides, de sites de ponte et de secteurs d’hivernage. Une mare de jardin isolée ne suffit généralement pas. N’introduisez aucune cistude dans votre terrain : l’espèce est protégée et les déplacements ou détentions sont soumis à la réglementation.
Comment différencier une cistude d’une tortue de Floride ?
La cistude porte des points jaunes sur la tête et une carapace sombre souvent ponctuée de jaune. La tortue de Floride présente généralement une bande colorée derrière l’œil, rouge chez certaines formes. Une photographie prise à distance peut aider à l’identification sans capturer l’animal.
Que faire si une cistude traverse la route ?
Ralentissez, arrêtez-vous seulement si la circulation le permet et laissez-lui la priorité. Si vous devez la déplacer pour éviter une collision, faites-le dans le sens où elle se dirigeait, sans la retourner et sans l’emmener vers une mare voisine. Signalez l’observation à une structure naturaliste locale.
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Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Cistude d’Europe
Sources
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, espèces et habitats inpn.mnhn.fr
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- OFB, Les espèces protégées ofb.gouv.fr
- Légifrance, textes réglementaires relatifs à la protection des amphibiens et reptiles legifrance.gouv.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
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