Saumon atlantique
Le saumon atlantique naît dans les rivières, grandit plusieurs années en mer, puis revient dans son cours d’eau natal pour se reproduire. En France métropolitaine, ce poisson migrateur subsiste surtout dans quelques bassins versants de la façade atlantique et de la Manche, où les obstacles, le réchauffement de l’eau et la pêche compliquent son cycle de vie.
Mis à jour le

Salmo salar
- En France
- VulnérableLe saumon atlantique est classé vulnérable (VU) dans la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine. Il n’est pas une espèce chassable et ne relève pas, en règle générale, du régime des espèces animales protégées, mais sa capture est soumise à une réglementation de la pêche en eau douce, avec des périodes, quotas, tailles et mesures locales pouvant varier selon les cours d’eau.
- Taille
- Un adulte mesure généralement 50 à 90 cm et pèse environ 2 à 8 kg. Certains individus dépassent 1 m et 10 kg, avec des variations selon l’âge, le sexe, la rivière et la durée du séjour en mer.
- Où le voir
- On le trouve encore dans certains cours d’eau de Bretagne, de Normandie, des Pays de la Loire, de Nouvelle-Aquitaine et du bassin de l’Adour. Des populations ou des programmes de restauration existent aussi dans d’autres bassins, notamment lorsque la continuité des rivières a été améliorée. Cherchez-le près des radiers, des fosses, des passes à poissons et des zones de graviers propres, en évitant les secteurs de reproduction signalés.
- Quand
- Les adultes remontent les rivières principalement du printemps à l’automne, avec des variations selon les bassins et les débits. Les observations sont souvent meilleures à l’aube ou en soirée, lorsque la lumière est faible et que les poissons se déplacent. La reproduction se déroule généralement de novembre à janvier, tandis que les jeunes restent en rivière toute l’année.
Sommaire7 parties
Reconnaître le saumon atlantique
Le saumon atlantique possède un corps fuselé, un dos sombre et des flancs argentés lorsqu’il arrive de la mer. Sa nageoire caudale est échancrée, et sa bouche atteint ou dépasse l’arrière de l’œil. Les jeunes, appelés tacons, portent des marques sombres en forme de doigts sur les flancs, un motif qui les aide à se camoufler entre les galets.
Le saumon ressemble à la truite de mer, avec laquelle il partage certains cours d’eau. Chez l’adulte, la queue du saumon est généralement plus échancrée et sa tête paraît plus allongée. La truite de mer présente souvent davantage de taches noires sur les opercules et les flancs. Une photographie prise de loin ne suffit pas toujours pour identifier un individu avec certitude.
Une vie entre rivière et océan
La ponte a lieu dans des graviers propres, dans une eau fraîche, courante et bien oxygénée. Les œufs restent enfouis dans le lit de la rivière pendant l’hiver. Après l’éclosion, les jeunes passent souvent un à trois ans en eau douce, selon la température, la nourriture et les caractéristiques de leur population.
Au printemps, une partie des jeunes devient argentée et gagne la mer. Cette transformation, appelée smoltification, modifie leur corps et leur équilibre physiologique pour leur permettre de vivre en eau salée. Après un à plusieurs hivers en mer, les adultes reviennent vers les rivières, parfois à plusieurs centaines de kilomètres de la côte, pour se reproduire.
Le grand voyage vers la frayère
Le saumon s’oriente grâce à l’odorat, à la mémoire des caractéristiques chimiques de son cours d’eau natal et probablement à d’autres repères environnementaux. Pendant la remontée, il cesse souvent de se nourrir ou mange très peu. Ses réserves accumulées en mer servent à franchir les rapides et à produire les gamètes.
La femelle creuse une dépression dans les graviers en battant la queue, puis y dépose plusieurs milliers d’œufs, dont le nombre dépend de sa taille. Le mâle libère sa laitance au même moment. Après la reproduction, certains adultes meurent, tandis que d’autres peuvent retourner en mer et revenir une nouvelle fois, un phénomène appelé survie post-reproduction.
Indices à observer sans déranger
Une frayère ressemble à une zone de graviers plus claire et remuée, souvent située dans un courant peu profond. Elle peut mesurer plusieurs mètres de long. Ne marchez jamais dessus, ne déplacez pas les pierres et ne tentez pas de capturer un poisson pour l’identifier, car les œufs se trouvent entre les galets et sont très vulnérables aux piétinements.
Dans une rivière favorable, vous pouvez aussi repérer un tacon immobile entre les pierres, un adulte qui franchit une passe à poissons ou un remous inhabituel près d’une fosse. Les sauts sont impressionnants, mais ils ne prouvent pas toujours qu’il s’agit d’un saumon, car la truite de mer et d’autres poissons peuvent aussi bondir.
Les obstacles et l’eau chaude le fragilisent
Les barrages, seuils et buses mal conçues ralentissent la remontée des adultes et empêchent parfois les jeunes de rejoindre la mer. Les turbines peuvent aussi blesser ou tuer des poissons lors de la dévalaison. La restauration de la continuité écologique, la gestion des débits et l’entretien des passes à poissons améliorent les déplacements lorsque les aménagements sont adaptés.
Les sécheresses, les prélèvements d’eau et le réchauffement des rivières réduisent l’oxygène disponible et rendent les migrations plus difficiles. La pollution, la dégradation des graviers de ponte et une pêche trop forte ajoutent d’autres pressions. La protection des zones de reproduction passe donc par une eau fraîche, des fonds propres et des règles de capture adaptées à chaque bassin.
Questions fréquentes
Le saumon atlantique vit-il toute sa vie en mer ?
Non. Il naît en rivière, y reste généralement un à trois ans, puis part en mer pour grandir. À l’âge adulte, il revient en eau douce pour se reproduire. Cette alternance entre rivière et océan est appelée migration amphihaline, un terme qui signifie que le poisson utilise successivement l’eau douce et l’eau salée.
Peut-on pêcher le saumon en France ?
La pêche peut être autorisée dans certains cours d’eau, mais elle est fortement encadrée. Les périodes, quotas, tailles minimales, modes de pêche et obligations de déclaration dépendent des textes nationaux et des règlements locaux. Avant toute sortie, consultez la réglementation du département et les informations de la fédération de pêche concernée.
Comment différencier un saumon d’une truite de mer ?
L’identification demande de regarder plusieurs critères. Le saumon a souvent une queue plus échancrée, une tête plus allongée et peu de taches sous la ligne latérale. La truite de mer porte fréquemment davantage de taches noires. La taille, la lumière et l’angle d’observation peuvent toutefois rendre la distinction incertaine sans manipulation ni photographie nette.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Saumon atlantique
Sources
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel, espèces et habitats inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, poissons migrateurs amphihalins ofb.gouv.fr
- Service-Public.fr, pêche en eau douce et réglementation service-public.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
Dans le même groupe
- Anguilla anguillaAnguille européenneL’anguille européenne est un poisson migrateur qui naît dans la mer des Sargasses, puis gagne les côtes et les cours d’eau d’Europe. En France métropolitaine, elle fréquente les rivières, les canaux, les estuaires et certaines zones humides, surtout la nuit.
- Esox luciusBrochetLe brochet est un grand poisson d’eau douce reconnaissable à son corps allongé, sa tête aplatie et sa bouche garnie de dents pointues. En France métropolitaine, il vit dans les lacs, les étangs et les rivières lentes, où il chasse à l’affût parmi les plantes aquatiques.
- Acipenser sturioEsturgeon européenL’esturgeon européen est un grand poisson migrateur qui vit en mer et remonte les fleuves pour se reproduire. En France métropolitaine, la dernière population sauvage se concentre surtout dans le bassin de la Gironde, où l’espèce reste extrêmement rare et protégée.
- Hippocampus hippocampusHippocampe à museau courtL’hippocampe à museau court vit dans les eaux côtières peu profondes de France métropolitaine, surtout parmi les herbiers et les algues. Son corps vertical, sa queue préhensile et la poche ventrale du mâle permettent de le reconnaître, mais sa petite taille et son immobilité le rendent difficile à repérer.
