Que voir dans la nature en février ?
En février, les jours rallongent et la nature reprend doucement du mouvement : chants territoriaux, premiers déplacements d’amphibiens et insectes profitant des éclaircies. Une balade courte, menée sans bruit et près de chez vous, permet déjà d’observer des comportements saisonniers remarquables.
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Sommaire8 parties
Les oiseaux chantent et se préparent à nicher
Dans les jardins, les mésanges charbonnières, rouges-gorges et merles commencent à défendre leur territoire par le chant. Le pic épeiche tambourine sur une branche sèche pour se faire entendre, et la chouette hulotte lance ses appels à la tombée de la nuit. Les oiseaux hivernants, comme le pinson du Nord ou le tarin des aulnes, restent visibles dans les campagnes et les lisières.
Février marque aussi les premiers déplacements vers les sites de reproduction. Les grues cendrées et plusieurs oiseaux d’eau remontent parfois vers le nord, avec des départs très variables selon les températures et les vents. Un groupe qui vole en formation ou un cri inhabituel mérite une observation à distance, jumelles en main, sans quitter le sentier ni s’approcher des dortoirs.
- Écoutez le tambourinement bref et répété d’un pic sur un tronc.
- Cherchez les oiseaux dans les haies, les lisières et les zones humides.
- Observez les vols de grues au-dessus des plaines, surtout lors des journées dégagées.
- Gardez les chiens près de vous autour des roselières et des dortoirs.
Les mammifères deviennent plus faciles à repérer
Le renard roux est souvent actif en février, période où les adultes recherchent un partenaire et marquent davantage leur territoire. Vous pourrez repérer ses empreintes dans la boue, sur un chemin forestier ou près d’une haie. Le blaireau sort aussi lors des nuits douces, tandis que le hérisson reste généralement caché dans son abri hivernal.
Les chauves-souris demeurent en hibernation dans des lieux frais et calmes, comme certaines cavités, caves ou anciennes carrières. Une rencontre en plein jour avec un mammifère sauvage affaibli, désorienté ou incapable de fuir demande de garder ses distances. Contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB, sans le nourrir ni le transporter vous-même.
- Recherchez cinq doigts à l’avant et quatre à l’arrière pour reconnaître une empreinte de renard.
- Écoutez les cris nocturnes depuis un chemin public, sans utiliser de lampe puissante.
- Ne pénétrez jamais dans une cavité occupée par des chauves-souris.
- Ne touchez pas un jeune animal trouvé seul : sa mère peut être cachée tout près.
Les nuits douces réveillent amphibiens et insectes
Après plusieurs jours pluvieux, les crapauds communs, grenouilles rousses et salamandres tachetées peuvent rejoindre une mare ou un fossé pour se reproduire. Les déplacements commencent souvent à la tombée de la nuit, par temps calme et humide. Beaucoup d’amphibiens sont protégés en France : ne les capturez pas, ne les déplacez pas et évitez de marcher dans les mares.
Sur une prairie abritée, un talus ou le bord d’un bois, les premières éclaircies peuvent faire sortir un citron, un paon-du-jour ou une petite tortue. Les reines de bourdons, qui ont passé l’hiver à l’abri, visitent les fleurs précoces. Ces observations dépendent fortement de la température locale, avec davantage d’activité dans le Sud et sur les littoraux.
- Observez depuis le bord de la mare avec une lampe rouge ou une lumière faible.
- Traversez les routes lentement près des zones humides, surtout après la pluie.
- Photographiez les insectes sans les saisir ni retourner les pierres.
- Laissez les feuilles mortes et les tas de bois en place dans les refuges du jardin.
Ce que l’on peut entendre en février
L’aube devient un moment intéressant pour écouter les oiseaux. Le rouge-gorge lance des phrases claires, la mésange charbonnière répète ses notes métalliques et le merle alterne des sons flûtés. En forêt, le tambour d’un pic épeiche se distingue par sa rafale très courte. Prenez quelques minutes immobile : le silence entre deux chants aide à localiser l’animal.
La nuit, la chouette hulotte peut répondre à une autre chouette depuis une haie ou un bois. Dans les zones humides, les cris des grues et des oies annoncent parfois un passage migratoire. La météo modifie fortement ces sons : vent, pluie et froid réduisent l’activité, alors qu’une soirée calme et douce la rend plus perceptible.
- Sortez au lever du jour avec un carnet plutôt qu’une enceinte ou une application sonore.
- Notez l’heure, le lieu, la météo et le type de cri entendu.
- Évitez de diffuser des chants enregistrés, qui peuvent perturber les oiseaux territoriaux.
- Éteignez les lampes près des mares et des lisières après votre observation.
Une sortie familiale autour d’une mare
Choisissez une mare accessible depuis un sentier, à moins d’une heure de marche, et consultez les règles du site avant de partir. En fin d’après-midi, repérez les traces, les oiseaux d’eau et les insectes posés sur les herbes. Si la soirée est douce et humide, revenez observer depuis le chemin, avec des bottes, des vêtements chauds et une lampe peu puissante.
Pour les enfants, donnez une mission précise : compter les chants différents, dessiner une empreinte ou noter trois plantes en fleur. Restez silencieux près de l’eau et ne ramassez ni têtard, ni œuf, ni grenouille. Les espèces sauvages et leurs habitats sont protégés par des règles françaises qui interdisent souvent la capture, la détention ou la destruction.
- Prévoyez jumelles, carnet, crayon, vêtements chauds et téléphone chargé.
- Restez sur les chemins balisés et éloignez-vous des berges glissantes.
- Gardez les animaux de compagnie sous contrôle, surtout la nuit.
- Lavez vos bottes si vous avez fréquenté plusieurs mares, afin de limiter la transmission de maladies.
Questions fréquentes
Peut-on aider les amphibiens qui traversent une route ?
Vous pouvez ralentir et signaler leur présence aux autres conducteurs depuis un endroit sûr. Évitez de les prendre à mains nues ou de les déplacer, car le risque de blessure et de transmission de maladies existe. Signalez les passages connus à la commune, à une association locale ou à l’OFB.
Pourquoi voit-on peu de mammifères en février ?
La plupart sont actifs à l’aube, au crépuscule ou la nuit, et certains hibernent encore. Cherchez plutôt leurs indices : empreintes dans la boue, crottes, terriers et traces de passage. Une caméra automatique installée sur un terrain privé doit respecter la vie privée et ne jamais filmer les voisins ni la voie publique.
Que faire si je trouve un animal sauvage blessé ?
Ne le nourrissez pas et ne lui donnez aucun médicament. Éloignez les enfants et les animaux domestiques, puis contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB avant toute manipulation. Si une personne est mordue ou blessée, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
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Sources
- Office français de la biodiversité, La biodiversité en France ofb.gouv.fr
- LPO, Oiseaux et biodiversité lpo.fr
- SFEPM, Société française pour l’étude et la protection des mammifères sfepm.org
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
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