Paon-du-jour
Le paon-du-jour est un papillon très répandu en France métropolitaine, reconnaissable aux grands ocelles bleus et jaunes de ses ailes. Sa chenille se nourrit surtout d’orties, tandis que l’adulte visite les fleurs et passe parfois l’hiver à l’abri dans un bâtiment ou un arbre creux.
Mis à jour le

Aglais io
- En France
- Préoccupation mineureLe paon-du-jour est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge nationale des papillons de jour de France métropolitaine. Il ne figure pas sur la liste nationale des insectes protégés, n’est pas une espèce chassable et ne fait pas l’objet d’une réglementation spécifique de type CITES.
- Taille
- Envergure généralement comprise entre 4,5 et 6,2 cm. Les femelles sont souvent un peu plus grandes que les mâles, mais la taille varie selon la génération et les conditions de développement.
- Où le voir
- Vous pouvez le rencontrer dans presque toute la France métropolitaine, des jardins et parcs urbains aux lisières, clairières, friches, prairies et chemins bordés d’orties. Il vit de la plaine aux secteurs montagnards, parfois jusqu’à environ 2 000 m selon les régions et les années.
- Quand
- Les adultes volent surtout de mars à octobre, avec une activité maximale par temps ensoleillé, entre la fin de matinée et le milieu de l’après-midi. Les individus hivernants peuvent sortir dès les premières journées douces de février ou de mars. Évitez les journées froides, venteuses ou pluvieuses, durant lesquelles ils restent souvent immobiles.
Sommaire7 parties
Reconnaître le paon-du-jour
Le dessus des ailes est brun rougeâtre, avec un grand ocelle sur chaque aile antérieure et postérieure. Ces marques ressemblent à des yeux : elles associent du jaune, du noir, du bleu et parfois une petite zone blanche. Lorsque le papillon referme ses ailes, leur revers brun très sombre le rend discret sur une écorce ou dans la litière.
Au repos, le bord des ailes présente de petites dents et une fine bordure claire. Le paon-du-jour se distingue du petit paon de nuit par ses antennes terminées en massue et par son activité diurne. Il peut aussi ouvrir brusquement ses ailes devant un prédateur, ce qui rend ses ocelles visibles.
Un papillon lié aux orties
La femelle dépose ses œufs en groupes sur de grandes orties, surtout dans les endroits ensoleillés et abrités. Les chenilles vivent d’abord ensemble dans une toile légère autour des jeunes pousses, puis s’éloignent progressivement. Conserver quelques touffes d’orties dans un coin du jardin aide donc directement la reproduction de l’espèce.
Les adultes recherchent le nectar du saule, du pissenlit, de la ronce, du lierre, des scabieuses et de nombreuses plantes à fleurs. Ils apprécient les lisières, les talus et les friches où les fleurs et les zones chaudes se trouvent à proximité. Une tonte fréquente réduit ces ressources et supprime les plantes hôtes.
Un cycle en plusieurs étapes
Après l’éclosion, les chenilles muent plusieurs fois et deviennent noires, couvertes de petits points blancs et de longues épines. Elles se transforment ensuite en chrysalide, suspendue par son extrémité à une tige ou à une surface protégée. Selon la température et la région, le développement complet peut durer de quelques semaines à plusieurs mois.
Les adultes issus de la dernière génération peuvent hiverner dans une cavité, un abri de jardin, une grange ou un bâtiment peu chauffé. Ils se mettent en dormance et consomment leurs réserves au printemps avant de reprendre les recherches de nectar et de partenaires. Cette stratégie explique les observations très précoces de papillons aux ailes parfois froissées.
Repérer les chenilles et les chrysalides
Cherchez les chenilles sur le revers ou près de l’extrémité des feuilles d’ortie, en particulier de mai à septembre. Les jeunes chenilles restent souvent regroupées autour d’une toile et laissent des feuilles grignotées ainsi que de petites déjections noires. Elles se séparent lorsqu’elles grandissent et peuvent alors se cacher dans la végétation voisine.
La chrysalide pend généralement sous une feuille, une tige ou un rebord végétal. Elle est anguleuse et souvent brunâtre ou verdâtre, avec de petites marques métalliques. Ne déplacez ni les chenilles ni les chrysalides : leur position les protège de la pluie, de la chaleur excessive et de nombreux prédateurs.
Des populations communes, dépendantes des milieux fleuris
Le paon-du-jour reste fréquent en France, mais ses effectifs locaux peuvent diminuer lorsque les orties sont supprimées, que les prairies sont fauchées trop souvent ou que les fleurs disparaissent des jardins. Les sécheresses et les épisodes de chaleur peuvent aussi modifier la période de vol et réduire la disponibilité du nectar.
Les insecticides appliqués dans les jardins, les accotements ou les cultures peuvent tuer les adultes et les chenilles. La conservation de bandes non tondues, d’orties ensoleillées et de plantes nectarifères réparties sur plusieurs mois fournit des refuges et des ressources. Laisser une partie des feuilles mortes et des abris non chauffés favorise aussi les adultes hivernants.
Questions fréquentes
Le paon-du-jour pique-t-il ou mord-il ?
Non. Il ne possède ni dard ni appareil buccal capable de mordre une personne. Sa longue trompe lui sert à aspirer le nectar. Les ocelles des ailes peuvent surprendre un oiseau, mais ils ne constituent pas une défense dangereuse pour les enfants ou les animaux domestiques.
Pourquoi voit-on parfois un paon-du-jour dans une maison en hiver ?
L’adulte peut passer l’hiver dans un endroit frais et abrité, comme un garage, une grange ou un grenier. Évitez de le chauffer ou de le manipuler. S’il est entré dans une pièce chaude, ouvrez une issue vers un endroit frais lorsque la météo est douce, sans le saisir par les ailes.
Faut-il éliminer les orties pour protéger le jardin ?
Quelques orties peuvent servir de plante nourricière aux chenilles du paon-du-jour et d’autres papillons. Gardez une petite zone éloignée des passages et des jeux, puis fauchez-la en dehors des périodes où les chenilles sont nombreuses. Ne pulvérisez pas d’insecticide sur cette zone.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Paon-du-jour
Sources
- MNHN et Office français de la biodiversité, Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) inpn.mnhn.fr
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- Office français de la biodiversité, Espèces protégées ofb.gouv.fr
- LPO, Observer les papillons lpo.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
Dans le même groupe
- Apis mellifera melliferaAbeille noireL’abeille noire est une sous-espèce d’abeille domestique originaire d’une grande partie de l’Europe occidentale, dont la France métropolitaine. Elle se reconnaît souvent à son corps sombre, à ses bandes abdominales brunes et à son vol actif autour des fleurs par temps doux.
- Phengaris alconAzuré des mouillèresL’Azuré des mouillères est un petit papillon bleu des prairies humides, des tourbières et des landes fraîches. Sa chenille dépend d’une gentiane pour commencer sa croissance, puis de fourmis du genre Myrmica, ce qui rend son cycle de vie particulièrement sensible aux changements de gestion des milieux.
- Coccinella septempunctataCoccinelle à sept pointsLa coccinelle à sept points est l’un des coléoptères les plus familiers de France métropolitaine. Ses élytres rouges portent généralement sept taches noires, et ses larves consomment de nombreux pucerons dans les jardins, les prairies et les cultures.
- Lucanus cervusLucane cerf-volantLe lucane cerf-volant est un grand coléoptère des vieux bois, reconnaissable chez le mâle à ses mandibules qui rappellent des bois de cerf. En France métropolitaine, il vit surtout dans les forêts de feuillus, les vieux vergers, les haies et les parcs où le bois mort reste présent.
