Marmotte des Alpes
La marmotte des Alpes est un rongeur montagnard reconnaissable à son corps trapu, à sa fourrure brune et à ses cris d’alarme perçants. Elle vit en colonies familiales dans des terriers creusés dans les pelouses d’altitude et passe plusieurs mois en hibernation.
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Marmota marmota
- En France
- Préoccupation mineureLa marmotte des Alpes est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge nationale. Elle n’est pas une espèce protégée en France et figure parmi les espèces de gibier dont la chasse peut être autorisée, selon des périodes et des règles fixées par la réglementation nationale et départementale.
- Taille
- Le corps mesure environ 50 à 70 cm, sans compter la queue de 13 à 16 cm. Le poids varie généralement de 2,5 à 7 kg, avec de fortes différences selon la saison, l’âge et les réserves accumulées avant l’hiver.
- Où le voir
- Elle fréquente surtout les Alpes françaises, entre environ 800 et 3 000 m d’altitude, dans les pelouses, éboulis, landes rases et pentes bien exposées. Des populations existent aussi dans les Pyrénées et le Massif central, où l’espèce a été introduite dans plusieurs secteurs. Les zones proches des sentiers d’altitude sont souvent les plus faciles à observer.
- Quand
- Observez-la d’avril à octobre, lorsqu’elle est active hors de son terrier. Les matinées ensoleillées et la fin d’après-midi sont favorables, car elle se nourrit alors dans les pelouses. En hiver, généralement d’octobre à mars ou avril selon l’altitude et la météo, elle reste en hibernation dans un terrier profond.
Sommaire7 parties
Reconnaître la marmotte des Alpes
Son corps massif repose sur des pattes courtes et puissantes. La tête porte de petites oreilles arrondies, des yeux sombres et de longues moustaches. Le pelage est brun grisâtre sur le dos, plus jaune ou roux sur les flancs, avec une queue touffue souvent plus sombre à son extrémité. Les jeunes sont plus petits et leur fourrure paraît parfois plus uniforme.
Lorsqu’elle se redresse sur ses pattes arrière, elle surveille les alentours avant de reprendre sa recherche d’herbes, de fleurs et de jeunes pousses. Son cri d’alarme ressemble à un sifflement bref et puissant. Il peut prévenir plusieurs individus d’un même groupe de l’approche d’un aigle royal, d’un renard ou d’un chien.
Un terrier dans les pelouses d’altitude
La marmotte choisit des versants herbeux, souvent orientés vers le soleil, où le sol permet de creuser. Son réseau de terriers comprend des galeries, des chambres de repos et une zone profonde utilisée pendant l’hibernation. Les entrées se trouvent parfois près de gros blocs rocheux, qui servent de postes de surveillance.
Elle dépend de milieux ouverts entretenus par le pâturage, la fauche en altitude ou les avalanches. La fermeture des pelouses par les arbustes, l’aménagement de pistes et la fréquentation très concentrée peuvent réduire les secteurs favorables. Les colonies ont besoin de nourriture disponible et de sols meubles pour agrandir ou réparer leurs galeries.
Une longue hibernation en famille
La marmotte vit en groupes familiaux qui occupent un territoire autour de plusieurs terriers. Après l’accouplement au printemps, la femelle met généralement bas en juin après une gestation d’environ 30 à 35 jours. Une portée compte souvent 2 à 6 petits, qui sortent du terrier après quelques semaines et restent dépendants des adultes pendant leur première saison.
Avant l’hiver, elle accumule des réserves de graisse en mangeant surtout des végétaux. Pendant l’hibernation, sa température corporelle et son rythme cardiaque diminuent fortement, puis de brèves phases de réveil permettent au groupe de maintenir ses fonctions vitales. Les jeunes atteignent leur taille adulte progressivement et peuvent rester plusieurs années dans le groupe familial.
Repérer ses indices sans s’approcher
Le terrier est l’indice le plus caractéristique. Cherchez une ouverture de 20 à 30 cm environ, souvent entourée de terre fraîche, d’herbe coupée et de petites crottes allongées. Les marmottes empruntent des passages réguliers entre le terrier et les zones de nourriture, ce qui peut créer des coulées dans la végétation.
Un sifflement ne signifie pas forcément que l’animal vous a identifié comme une menace directe. Il peut avoir détecté un chien, un rapace ou un autre promeneur plus loin. Pour l’observer, restez sur le sentier, utilisez des jumelles et ne vous placez jamais devant l’entrée d’un terrier.
Les pressions sur les colonies
Dans les Alpes, l’espèce reste largement répandue et son statut national est favorable. Certaines colonies peuvent toutefois être fragilisées par la destruction des terriers, la circulation de véhicules sur les pistes, les chiens non tenus à proximité des terriers et la concentration des visiteurs. Le dérangement répété peut empêcher les animaux de se nourrir ou de rejoindre leur abri.
Le changement climatique peut modifier la durée de l’enneigement, la disponibilité des plantes et le calendrier d’hibernation. Les épisodes de sécheresse réduisent aussi la qualité des pelouses. La chasse, lorsqu’elle est ouverte, obéit à des périodes et à des conditions réglementaires qui peuvent varier selon les départements.
Questions fréquentes
La marmotte des Alpes est-elle protégée en France ?
Elle n’est pas protégée au niveau national comme les espèces bénéficiant d’un régime de protection stricte. Elle figure parmi les espèces de gibier dont la chasse peut être autorisée. Les dates, quotas éventuels et conditions pratiques dépendent de la réglementation en vigueur et du département concerné.
Peut-on donner une carotte ou du pain à une marmotte ?
Non. La nourriture distribuée modifie son comportement, l’attire vers les visiteurs et peut favoriser des conflits ou une dépendance. Elle risque aussi de consommer des aliments inadaptés. Observez-la à distance, sans l’appeler ni déposer de nourriture près de son terrier.
Pourquoi une marmotte siffle-t-elle ?
Ce sifflement est un cri d’alarme. Il peut signaler l’approche d’un rapace, d’un renard, d’un chien ou d’une personne. Une marmotte qui siffle plusieurs fois se met souvent à courir vers son terrier. Éloignez-vous calmement pour lui laisser un accès libre à son abri.
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Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Marmotte des Alpes
Sources
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, Réglementation et espèces chassables ofb.gouv.fr
- Légifrance, Code de l’environnement legifrance.gouv.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
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