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Faune de Francemammifère

Castor d’Europe

Le castor d’Europe est le plus grand rongeur sauvage de France métropolitaine. Il vit dans les rivières, les étangs et les zones humides, où ses incisives laissent des traces reconnaissables sur les arbres des berges.

Mis à jour le

Castor d'Europe

Castor fiber

En France
Préoccupation mineureLe castor d’Europe est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge nationale des mammifères de France. Il est protégé en France métropolitaine : sa capture, sa mise à mort, sa mutilation et la destruction de ses sites de reproduction ou de repos sont interdites, sauf dérogation encadrée. Il n’est pas une espèce chassable.
Taille
Le corps mesure généralement 80 à 100 cm, sans compter la queue, qui atteint environ 25 à 35 cm. Le poids varie souvent de 15 à 30 kg, avec des individus plus lourds dans certaines régions. La queue plate, écailleuse et noire mesure environ 15 cm de large.
Où le voir
On le rencontre le long de nombreux cours d’eau de France métropolitaine, notamment dans les bassins du Rhône, de la Loire, de la Moselle, de la Saône, de la Dordogne et de la Garonne. Il fréquente les berges boisées, les bras morts, les étangs et les marais, avec une préférence pour les eaux calmes bordées de saules, de peupliers ou de bouleaux.
Quand
Le castor est surtout actif au crépuscule et pendant la nuit. On peut chercher ses traces toute l’année, mais les indices sont souvent plus faciles à repérer en hiver et au début du printemps, lorsque la végétation est moins dense. Pour l’observer, installez-vous silencieusement à distance au bord de l’eau avant le coucher du soleil.
Sommaire7 parties
  1. Reconnaître le castor d’Europe
  2. Une vie liée aux berges
  3. Une famille organisée
  4. Repérer ses traces
  5. Les menaces et les conflits
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Reconnaître le castor d’Europe

Le castor possède un corps trapu, une tête large et de petites oreilles presque cachées dans la fourrure. Son pelage va du brun clair au brun très foncé. Ses pattes arrière sont grandes et palmées, tandis que les pattes avant servent à saisir les branches. Sa queue plate, recouverte d’écailles, l’aide à nager et stocke des réserves de graisse.

Ses quatre incisives, orange à rougeâtres, poussent durant toute sa vie. Elles sont recouvertes d’émail sur leur face externe, ce qui explique leur couleur et leur résistance. À la surface, il nage souvent avec seulement la tête et le haut du dos visibles. Un claquement de queue sur l’eau peut signaler un danger aux autres castors.

Une vie liée aux berges

Le castor s’installe près d’une eau permanente, assez profonde pour fuir rapidement et rarement prise par la glace. Il recherche des berges fournissant des saules, des peupliers, des aulnes et des plantes aquatiques. La présence de végétation basse lui permet aussi de se nourrir sans s’éloigner longtemps de l’eau.

Il peut creuser une chambre dans la berge lorsque celle-ci convient, ou construire une hutte avec des branches et de la boue. Les barrages ne sont pas présents sur tous les sites français : ils apparaissent surtout dans les petits cours d’eau où le niveau doit être maintenu. Une famille utilise généralement un territoire de quelques kilomètres de berge, selon la nourriture et la configuration du cours d’eau.

Une famille organisée

Le castor vit souvent en groupe familial composé d’un couple et de jeunes de plusieurs années. Les accouplements ont lieu en hiver, puis la femelle met généralement bas au printemps, après environ 100 jours de gestation. Une portée compte souvent deux à quatre petits, qui naissent déjà couverts de poils et capables de nager rapidement.

Son régime est végétarien. Il consomme des plantes aquatiques, des herbes, des feuilles, des écorces et de jeunes rameaux. En hiver, il exploite les branches stockées près de l’eau ou les arbres accessibles depuis la berge. Il ne mange pas de poisson et ne ronge pas les arbres pour se nourrir de leur bois.

Repérer ses traces

La trace la plus connue est le tronc coupé en forme de crayon, avec des copeaux longs et nets autour de la souche. Sur les branches, les marques d’incisives sont parallèles et régulières. Le castor abat surtout de petits arbres, mais peut aussi entailler un tronc plus gros sans le faire tomber.

Cherchez également des coulées lisses entre l’eau et la végétation, des entrées de terrier sous la berge, des branches écorcées et des dépôts de boue ou de végétaux. Ses empreintes arrière peuvent mesurer une quinzaine de centimètres, mais elles sont souvent difficiles à distinguer dans un sol humide. Les barrages et les huttes doivent rester à distance, sans déplacement de branches.

Les menaces et les conflits

La destruction des berges boisées, les obstacles sur les cours d’eau, les routes proches de l’eau et la pollution peuvent réduire la qualité de son habitat. Les noyades dans certains ouvrages hydrauliques et les collisions routières touchent aussi des individus en déplacement. La disparition des ripisylves, ces bandes d’arbres qui longent les rivières, prive l’animal de nourriture et d’abris.

Ses barrages peuvent modifier localement l’écoulement et provoquer une montée d’eau dans une parcelle ou près d’un chemin. Lorsqu’un problème apparaît, il faut demander un diagnostic aux services compétents avant toute intervention. Le castor étant protégé, une destruction ou une capture réalisée sans autorisation peut constituer une infraction.

Questions fréquentes

Le castor d’Europe est-il dangereux pour les personnes ?

Il évite habituellement les humains et cherche à rejoindre l’eau lorsqu’il se sent menacé. Comme tout animal sauvage, il peut mordre s’il est capturé ou acculé. Gardez vos distances, tenez les chiens en laisse près des berges et ne tentez jamais de le prendre à mains nues.

Le castor détruit-il tous les arbres près d’une rivière ?

Il sélectionne surtout les arbres et les branches proches de l’eau, notamment les saules et les peupliers, pour se nourrir et construire. Les dégâts restent souvent localisés. Si un arbre menace une route ou un bâtiment, demandez l’avis de l’OFB avant toute coupe, car l’espèce et ses sites sont protégés.

Comment observer un castor sans le déranger ?

Choisissez un endroit stable en bordure de rivière, arrivez avant le crépuscule et restez immobile, silencieux et à distance. N’éclairez pas directement l’animal, ne l’appelez pas et ne vous approchez ni d’une hutte ni d’un terrier. Les jumelles permettent d’observer ses déplacements sans modifier son comportement.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel indice appartient le plus souvent au castor d’Europe ?
  2. 2.À quel moment le castor est-il le plus actif ?
  3. 3.Quel comportement respecte la protection du castor ?

Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Castor d’Europe

Sources

  1. Office français de la biodiversité, Faune sauvage et espèces protégées ofb.gouv.fr
  2. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  3. UICN France, Liste rouge nationale des espèces menacées uicn.fr
  4. Légifrance, droit français de la protection de la nature legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)

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