

Vipère du Gabon
Bitis gabonica
La vipère du Gabon est un serpent venimeux des forêts africaines, reconnaissable à son corps massif et à ses dessins qui se confondent avec les feuilles mortes. Elle chasse surtout à l’affût, souvent la nuit. Classée vulnérable par l’UICN, elle subit notamment la disparition de son habitat et les persécutions liées à la peur des serpents.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Environ 1 à 1,6 m de longueur totale, queue comprise ; les grands individus peuvent approcher 1,8 m.
- Poids
- Environ 2 à 8 kg chez les adultes, avec de fortes variations selon la taille ; les femelles sont généralement plus lourdes.
- Longévité
- Mal connue dans la nature ; environ 15 à 20 ans en captivité, selon les individus et les sources.
- Régime
- CarnivoreElle mange surtout de petits mammifères, notamment des rongeurs, ainsi que des oiseaux et parfois d’autres vertébrés.
- Mode de vie
- Nocturne, solitaire
- Famille
- Vipéridés (Viperidae), ordre des Squamates (Squamata)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit la vipère du Gabon ?
Elle fréquente surtout le sol des forêts tropicales humides, leurs lisières et certaines mosaïques de forêt et de savane.
Principales régions : Cameroun, Gabon, République du Congo, République démocratique du Congo, Ouganda, Tanzanie, Mozambique, Afrique du Sud.
- Afrique
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la vipère du Gabon ?
Son corps est épais, sa queue courte et sa tête très large, nettement séparée du cou. Le dos porte une succession de formes géométriques brunes, beiges, rosées et sombres. Sur le sol forestier, ces dessins brouillent les contours de l’animal : vous pouvez regarder dans sa direction sans distinguer immédiatement le serpent parmi les feuilles.
Les femelles atteignent généralement une taille et une masse supérieures à celles des mâles. Deux petites pointes peuvent être visibles sur le museau. Il faut la distinguer de Bitis rhinoceros, une espèce proche d’Afrique occidentale autrefois considérée comme une sous-espèce. Certaines anciennes descriptions réunissent les deux, ce qui peut fausser les informations sur leur taille ou leur répartition.
Où vit la vipère du Gabon ?
Son aire principale comprend les forêts d’Afrique centrale, notamment au Gabon, au Cameroun et dans le bassin du Congo. Des populations existent aussi plus à l’est et dans le sud-est du continent. Cette répartition est discontinue : sa présence dépend de milieux suffisamment couverts, où elle trouve des abris au sol et des proies.
Elle passe une grande partie de son temps dans la litière, la couche de feuilles et de débris végétaux qui recouvre le sol. Elle fréquente également des lisières et certains milieux forestiers modifiés. En France, elle n’a pas de population sauvage établie ; les individus visibles sont détenus en captivité, notamment dans des établissements zoologiques.
Que mange la vipère du Gabon ?
Elle consomme principalement de petits mammifères, dont des rats et d’autres rongeurs forestiers. Des oiseaux figurent aussi dans son alimentation. La taille des proies augmente avec celle du serpent : un jeune capture de petits animaux, tandis qu’un adulte peut avaler un mammifère beaucoup plus volumineux grâce à la mobilité des différentes parties de ses mâchoires.
Sa méthode de chasse consiste souvent à attendre immobile sur un passage fréquenté par ses proies. Lorsqu’un animal arrive à portée, elle frappe rapidement et injecte du venin avec ses crochets. Elle peut maintenir la proie dans sa gueule après la morsure. Comme les autres serpents, elle l’avale entière, sans la mâcher.
Comment se comporte-t-elle ?
Surtout nocturne, elle se déplace généralement lentement et reste parfois longtemps au même endroit. Son immobilité contribue à son camouflage et lui permet d’attendre une proie. Elle détecte les substances odorantes avec sa langue, puis les analyse grâce à un organe situé dans le palais. Elle ne possède pas les fossettes thermosensibles caractéristiques des crotales.
Lorsqu’elle est dérangée, elle peut produire un souffle puissant et prolongé. Un individu immobile reste dangereux : sa frappe est rapide et peut survenir à courte distance. Dans son aire naturelle, gardez vos distances, restez sur les chemins dégagés et ne cherchez jamais à la déplacer, même avec un bâton ou pour prendre une photographie.
Comment se reproduit-elle ?
Pendant la période de reproduction, deux mâles peuvent se mesurer en redressant l’avant du corps et en cherchant à repousser leur rival. Les périodes d’accouplement varient selon les régions. La femelle conserve les embryons dans son corps jusqu’à la naissance : elle ne dépose donc pas une ponte dans le sol comme le font de nombreux autres reptiles.
Une portée compte souvent quelques dizaines de petits, fréquemment autour de 20 à 40, avec des variations importantes selon la femelle et les observations. Les nouveau-nés mesurent environ 25 à 35 cm. Ils sont autonomes et possèdent déjà un appareil venimeux fonctionnel. La mère ne les nourrit pas, et les jeunes commencent leur vie sans soins parentaux prolongés.
Le saviez-vous ?
- 1.Chez les grands individus, les crochets peuvent approcher 5 cm. Ils se replient contre le palais lorsque la gueule se ferme.
- 2.Les dessins de sa peau rappellent des feuilles éclairées et des zones d’ombre, ce qui masque les contours de son corps sur le sol.
- 3.Malgré sa silhouette massive et ses déplacements souvent lents, elle peut déclencher une frappe très rapide lorsqu’une proie passe à portée.
- 4.La vipère du Gabon et Bitis rhinoceros étaient autrefois réunies dans une même espèce ; les ouvrages anciens ne distinguent donc pas toujours leurs aires.
Ce qui menace la vipère du Gabon
Disparition des forêts
La conversion des forêts en terres agricoles et l’exploitation forestière réduisent ou fragmentent ses habitats. La perte du couvert végétal modifie aussi les abris au sol dont elle dépend.
Destruction par peur
Elle est souvent tuée lorsqu’elle est rencontrée près des habitations ou des cultures. Son venin présente un danger réel, mais tenter de la capturer ou de la tuer expose aussi à une morsure.
Prélèvements dans la nature
Des individus sont capturés pour le commerce d’animaux vivants. L’importance de cette pression varie selon les régions et n’est pas quantifiée de façon uniforme.
Protéger la vipère du Gabon
- Évaluation mondialeL’UICN classe Bitis gabonica dans la catégorie vulnérable. Ce classement indique un risque d’extinction à l’échelle mondiale ; il ne signifie pas que toutes les populations locales ont la même situation.
- Habitats protégésL’espèce est présente dans des espaces protégés, notamment le parc de la zone humide d’iSimangaliso, en Afrique du Sud. Le maintien des habitats forestiers y contribue à la conservation de ses populations.
- Détention encadrée en FranceLa détention d’un serpent venimeux de cette espèce relève du régime des animaux dangereux. Elle nécessite notamment un certificat de capacité adapté et une autorisation d’ouverture d’établissement ; elle ne relève pas de la détention ordinaire d’un animal de compagnie.
Questions fréquentes
La vipère du Gabon est-elle dangereuse pour l’être humain ?
Oui. Sa morsure peut provoquer une envenimation grave, avec des lésions locales et des troubles de la coagulation. Son comportement souvent immobile ne permet pas de prévoir une frappe. Ne la touchez jamais et ne tentez pas de la capturer. L’observation doit se faire à distance, sans bloquer sa possibilité de fuite.
Que faire en cas de morsure ?
En France, appelez immédiatement le 15 ou le 112. À l’étranger, contactez sans délai les secours locaux. Limitez les mouvements, immobilisez le membre et retirez bagues ou bracelets avant un éventuel gonflement. Ne posez pas de garrot, ne coupez pas la plaie et ne sucez pas le venin. Ne cherchez pas à attraper le serpent.
Peut-on en rencontrer dans un jardin en France ?
Cette espèce africaine n’a pas de population sauvage établie en France. Un individu découvert hors d’un établissement serait probablement échappé ou abandonné. Éloignez les enfants et les animaux domestiques, restez à distance et contactez les secours au 112 en signalant la présence possible d’un serpent venimeux. N’essayez pas de le déplacer.
Pourquoi son camouflage est-il aussi efficace ?
Ses taches associent des formes claires et sombres qui ressemblent aux feuilles mortes et à leurs ombres. Elles interrompent visuellement le contour du corps. Comme elle reste souvent immobile, les mouvements ne permettent pas non plus de la repérer facilement. Cette discrétion l’aide à attendre ses proies et à éviter certains prédateurs.
Pond-elle des œufs ?
Elle donne naissance à des petits vivants après leur développement dans le corps maternel. Une portée comprend souvent plusieurs dizaines de jeunes, mais le nombre varie beaucoup. Dès la naissance, les petits disposent de crochets et de venin ; ils chassent seuls et ne sont pas nourris par leur mère.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Bitis gabonica iucnredlist.org
- University of Michigan, Animal Diversity Web : Bitis gabonica animaldiversity.org
- The Reptile Database, fiche taxonomique de Bitis gabonica reptile-database.reptarium.cz
- South African National Biodiversity Institute, ressources sur la vipère du Gabon sanbi.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





