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La truite commune (Salmo trutta)
LC
Salmo trutta

Truite commune

Salmo trutta

Aussi appelé Truite brune, Truite fario, Truite de mer

La truite commune habite les rivières fraîches et les lacs, où elle capture insectes et petits poissons. Certaines passent une partie de leur vie en mer, puis retrouvent l’eau douce pour pondre dans les graviers. Présente en France, cette espèce est classée en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, même si plusieurs populations souffrent du réchauffement et de la dégradation des cours d’eau.

Statut
Préoccupation mineurepopulation inconnue
Taille
Généralement 20 à 50 cm de longueur totale en rivière ; les grandes formes lacustres ou migratrices peuvent dépasser 1 m.
Poids
Souvent 100 g à 2 kg en rivière ; plusieurs kilogrammes chez les grandes formes lacustres ou marines, exceptionnellement plus de 15 kg.
Longévité
Souvent 5 à 10 ans dans la nature ; certains individus dépassent 15 ans, selon le milieu et les populations.
Régime
CarnivoreElle mange des larves d’insectes aquatiques, des insectes tombés dans l’eau, des crustacés et, en grandissant, davantage de poissons.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, souvent solitaire et territoriale en rivière
Famille
Salmonidés (Salmonidae), ordre des Salmoniformes

Fiche vérifiée le · 7 min de lecture

Europe et régions voisines d’Asie occidentale, avec une répartition naturelle complexe autour de la Méditerranée

Où vit la truite commune ?

Elle fréquente les rivières et les lacs aux eaux fraîches et bien oxygénées ; certaines populations gagnent les eaux côtières et reviennent se reproduire en eau douce.

Principales régions : France, Royaume-Uni, Irlande, Espagne, Allemagne, Norvège, Suède, Turquie.

  • Europe
  • Asie
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la truite commune ?
  2. Où vit la truite commune ?
  3. Que mange la truite commune ?
  4. Comment vit-elle au fil des saisons ?
  5. Comment naissent les petites truites ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la truite commune ?

Son corps allongé porte une petite nageoire charnue entre la nageoire dorsale et la queue : la nageoire adipeuse, caractéristique des salmonidés. En rivière, le dos est souvent brun ou olive, les flancs plus clairs et le ventre blanchâtre. Des points noirs et, fréquemment, rouges parsèment les côtés ; certains sont entourés d’un halo pâle.

La couleur change selon le milieu, l’âge et la période de reproduction. Les individus vivant en mer deviennent généralement argentés, avec surtout des taches sombres. La truite arc-en-ciel, une autre espèce introduite en France, porte souvent une bande rosée sur les flancs et de nombreux petits points sur la queue. Une photographie isolée ne suffit toutefois pas toujours à identifier un poisson.

Où vit la truite commune ?

Son aire naturelle couvre une grande partie de l’Europe et s’étend vers l’Asie occidentale. Elle a aussi été introduite en Amérique, en Océanie et dans d’autres régions, où elle peut menacer des animaux aquatiques locaux. Les limites entre Salmo trutta et certaines espèces proches restent discutées dans plusieurs régions, notamment autour de la Méditerranée.

En France, elle fréquente notamment les cours d’eau des Alpes, des Pyrénées, du Massif central, du Jura et des Vosges, ainsi que des rivières fraîches de plaine. Certaines rivières de Bretagne et de Normandie accueillent des truites de mer. Vous avez davantage de chances de l’apercevoir au printemps ou au début de l’été, lorsque l’eau est claire, tôt le matin ou en fin de journée, en restant immobile sur la berge.

Que mange la truite commune ?

Les jeunes capturent surtout de petits invertébrés aquatiques. En rivière, les larves d’éphémères, de trichoptères et d’autres insectes constituent une part importante du menu. Le poisson se place souvent derrière une pierre ou près d’une veine de courant : il profite d’une zone abritée tout en interceptant les proies emportées par l’eau.

Lorsqu’un insecte tombe à la surface, elle peut monter le saisir et laisser un cercle visible, appelé gobage. Les grandes truites consomment davantage de poissons, parfois de leur propre espèce. Dans les lacs et en mer, la nourriture disponible diffère de celle des ruisseaux : crustacés et petits poissons peuvent alors prendre une place importante dans leur alimentation.

Comment vit-elle au fil des saisons ?

En rivière, un individu défend souvent un poste de chasse et un abri contre ses voisins. Les racines, les blocs et les berges creusées lui permettent de se cacher et d’économiser son énergie. Son activité dépend de la lumière, de la température et de la nourriture disponible ; elle peut se nourrir en journée, au crépuscule ou pendant la nuit.

Certaines restent dans un même réseau de ruisseaux, tandis que d’autres rejoignent un lac ou la mer pour grandir. Ces modes de vie peuvent coexister au sein d’une population. Les truites de mer reviennent en eau douce pour se reproduire, et beaucoup retrouvent leur rivière d’origine grâce, notamment, à des repères olfactifs : elles reconnaissent des caractéristiques chimiques de l’eau.

Comment naissent les petites truites ?

En France, la reproduction se déroule généralement de l’automne au début de l’hiver, souvent entre novembre et janvier, avec des variations locales. La femelle choisit un fond de graviers traversé par une eau bien oxygénée. À coups de queue, elle creuse une dépression où elle dépose ses œufs ; le mâle les féconde dans l’eau, puis la femelle les recouvre de graviers.

Une femelle pond de quelques centaines à plusieurs milliers d’œufs selon sa taille. L’incubation dure plusieurs semaines à quelques mois, car elle dépend fortement de la température. Après l’éclosion, les alevins restent d’abord entre les graviers et utilisent les réserves de leur poche vitelline, une poche nourricière sous le ventre. Ils émergent ensuite pour chercher leurs premières proies.

La maturité sexuelle est souvent atteinte entre 2 et 4 ans, mais elle varie selon le sexe et les conditions de croissance. Contrairement à certains saumons du Pacifique, une truite peut survivre à la reproduction et pondre plusieurs fois au cours de sa vie. La survie des œufs dépend notamment du passage de l’eau entre les graviers.

Le saviez-vous ?

  • 1.Une truite de rivière et une truite de mer peuvent appartenir à la même espèce : leurs couleurs et leur croissance reflètent des modes de vie différents.
  • 2.Ses œufs respirent grâce à l’oxygène dissous dans l’eau qui circule entre les graviers ; un dépôt de vase peut compromettre leur développement.
  • 3.Les truites qui se nourrissent près de la surface produisent parfois des gobages : ces petits cercles permettent de repérer leur activité sans entrer dans l’eau.
  • 4.Après une ponte, une femelle peut regagner son territoire ou repartir vers la mer, puis revenir se reproduire lors d’une autre saison.

Ce qui menace la truite commune

  • Eau trop chaude

    Le réchauffement des cours d’eau augmente les besoins en oxygène du poisson alors que l’eau chaude en contient moins. Les sécheresses réduisent aussi les refuges et peuvent isoler les populations.

  • Frayères étouffées

    Les particules de terre et la vase peuvent boucher les espaces entre les graviers où se développent les œufs. Les pollutions et certains travaux dans le lit des rivières dégradent également ces zones de ponte.

  • Obstacles aux déplacements

    Des barrages et des seuils empêchent l’accès aux frayères ou aux refuges plus frais. Ils touchent particulièrement les populations qui se déplacent entre rivière, lac et mer.

  • Introductions et croisements

    Des lâchers de truites d’élevage peuvent modifier les caractéristiques génétiques des populations locales lorsqu’elles se reproduisent avec elles. L’effet dépend de l’origine des poissons relâchés et de leur survie dans le milieu.

Protéger la truite commune

  • Statuts de conservationSalmo trutta est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. La truite commune est également classée LC dans la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine publiée en 2019 ; ce classement national n’exclut pas des difficultés locales.
  • Protection des frayèresEn France, la truite fario figure dans l’arrêté du 8 décembre 1988 relatif aux poissons protégés : ses œufs et certains milieux nécessaires à sa reproduction sont protégés dans les conditions prévues par ce texte. Sa pêche reste autorisée et réglementée ; elle ne bénéficie donc pas d’une interdiction générale de capture.
  • Rivières mieux connectéesL’effacement ou l’aménagement d’obstacles et la restauration des frayères permettent de rétablir des déplacements et des zones de reproduction. Préserver les arbres des berges contribue aussi à limiter le réchauffement de l’eau.
  • Pêche encadrée localementLes périodes d’ouverture, tailles minimales et limites de captures dépendent du département, du cours d’eau et parfois du caractère migrateur des poissons. Avant de pêcher, consultez l’arrêté préfectoral en vigueur et les informations de la fédération départementale de pêche.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

La truite fario et la truite de mer sont-elles deux espèces ?

Ces noms désignent généralement des modes de vie de Salmo trutta. La fario vit en eau douce, surtout en rivière, tandis que la truite de mer passe une partie de sa croissance en mer. Certaines lignées autrefois regroupées avec la truite commune sont cependant reconnues comme des espèces distinctes selon les classifications.

Où peut-on l’observer en France sans pêcher ?

Cherchez une rivière claire et fraîche, depuis un pont bas ou une berge accessible, notamment dans les massifs montagneux et certaines vallées de plaine. Au printemps, restez immobile près d’une zone ombragée et regardez derrière les pierres. Des lunettes polarisantes réduisent les reflets ; évitez de piétiner le lit de la rivière.

La truite commune est-elle protégée en France ?

La truite fario bénéficie de dispositions protégeant ses œufs et ses milieux de reproduction, mais sa pêche reste possible dans le cadre des règles locales. La Liste rouge nationale de 2019 classe la truite commune en préoccupation mineure. Un statut de Liste rouge mesure un risque d’extinction ; il ne constitue pas, à lui seul, une protection juridique.

Pourquoi a-t-elle besoin d’une eau fraîche ?

Une eau fraîche peut contenir davantage d’oxygène qu’une eau chaude. Quand la température monte, les besoins du poisson augmentent alors que l’oxygène disponible diminue. Sa tolérance dépend de la durée de l’épisode chaud, de son acclimatation et du milieu ; des températures durablement au-delà d’environ 20 °C deviennent souvent défavorables.

Peut-on nourrir les truites pendant une promenade ?

Évitez de leur donner du pain ou des restes de repas. Leur nourriture naturelle comprend surtout des invertébrés et de petits poissons, et les aliments non consommés peuvent dégrader l’eau. Vous pouvez observer leurs prises d’insectes à la surface sans intervenir, en restant à distance pour ne pas les faire fuir.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où la femelle dépose-t-elle généralement ses œufs ?
  2. 2.Qu’est-ce qu’une truite de mer ?
  3. 3.Quel geste aide à préserver les jeunes truites ?

Autour de cet animal

Pour aller plus loin

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, Salmo trutta iucnredlist.org
  2. UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France, poissons d’eau douce de France métropolitaine (2019) uicn.fr
  3. FishBase, Salmo trutta, Brown trout fishbase.se

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches