

Torpille marbrée
Torpedo marmorata
Aussi appelé Raie électrique marbrée
La torpille marbrée est une raie électrique des fonds côtiers de l’Atlantique oriental et de la Méditerranée, présente aussi en France. Cachée dans le sable, elle peut immobiliser un poisson grâce à des organes électriques situés de chaque côté de sa tête. L’UICN la classe vulnérable à l’échelle mondiale, notamment en raison des captures par la pêche.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Généralement 30 à 60 cm de longueur totale, queue comprise ; les grandes femelles peuvent atteindre environ 1 m.
- Poids
- Quelques centaines de grammes à environ 3 kg pour les tailles courantes ; le poids varie fortement avec la longueur.
- Longévité
- Jusqu’à environ 12 ans chez les mâles et 20 ans chez les femelles dans les études disponibles ; durée en aquarium mal documentée.
- Régime
- Mangeur de poissonsElle capture surtout de petits poissons de fond, et occasionnellement des crustacés ou des céphalopodes.
- Mode de vie
- Nocturne, généralement solitaire
- Famille
- Torpédinidés (Torpedinidae), ordre des Torpédiniformes (Torpediniformes)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit la torpille marbrée ?
Fonds sableux ou vaseux, herbiers et abords rocheux, depuis les eaux côtières peu profondes jusqu’à environ 370 m.
Principales régions : France, Royaume-Uni, Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Maroc, Afrique du Sud.
- Europe
- Afrique
- Asie
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la torpille marbrée ?
Son corps aplati forme un disque presque circulaire : les grandes nageoires pectorales sont soudées aux côtés de la tête. Le dos, brun à beige, porte des taches et des marbrures irrégulières qui se confondent avec le fond. Le ventre est clair. Une queue courte et épaisse prolonge le disque, avec deux nageoires dorsales et une nageoire caudale bien développée.
Derrière chaque œil se trouve un spiracle, une ouverture qui laisse entrer l’eau nécessaire à la respiration lorsque l’animal repose sur le fond. Chez cette espèce, son bord porte de petites excroissances, un caractère utile aux naturalistes. Contrairement à la torpille ocellée, elle n’a généralement pas les cinq grandes taches bleutées en forme d’yeux sur le dos.
Où vit la torpille marbrée ?
Cette raie fréquente l’Atlantique oriental et une grande partie de la Méditerranée. Elle utilise des fonds meubles où elle peut s’enfouir, mais aussi des herbiers et les passages sableux entre les rochers. On la rencontre depuis quelques mètres de profondeur jusqu’à environ 370 m, avec de nombreuses observations dans les eaux côtières.
En France métropolitaine, elle est présente sur la façade atlantique, en Manche occidentale et en Méditerranée, notamment autour de la Corse. Vous pouvez l’observer en plongée au-dessus des fonds sableux et près des herbiers. Elle est présente toute l’année, mais sa visibilité varie avec la température, la profondeur et l’heure : les sorties nocturnes permettent parfois de la voir se déplacer.
Comment capture-t-elle ses proies ?
La torpille marbrée mange surtout des poissons vivant près du fond. À l’approche d’une proie, elle peut produire une série de décharges électriques qui perturbe les muscles de celle-ci. Elle rabat ensuite son disque autour du poisson et l’avale avec sa bouche située sous le corps. Les crustacés et les céphalopodes constituent des prises plus occasionnelles.
Ses deux organes électriques se trouvent dans le disque, de part et d’autre de la tête. Ils contiennent des cellules spécialisées disposées en colonnes, dont les effets électriques s’additionnent. Les tensions rapportées atteignent plusieurs dizaines de volts, parfois autour de 200 volts selon les conditions de mesure et la taille de l’animal. Ces chiffres ne permettent pas, seuls, de prévoir les effets d’un contact.
Pourquoi reste-t-elle cachée dans le sable ?
Pendant une grande partie de la journée, cette raie reste immobile, parfois recouverte d’une fine couche de sable. Son camouflage la rend difficile à repérer, même dans une eau claire. Les yeux et les spiracles peuvent rester visibles. Elle devient généralement plus active la nuit, lorsqu’elle recherche des proies en se déplaçant au-dessus du fond.
L’électricité sert aussi à repousser un animal qui la saisit ou la dérange. Elle ne possède pas l’aiguillon venimeux des pastenagues, mais une décharge peut surprendre et provoquer une douleur ou une contraction musculaire. Sous l’eau, cette surprise ajoute un risque d’accident. Pour l’observer, gardez vos mains loin de son disque et ne cherchez jamais à la faire réagir.
Comment naissent les petites torpilles ?
La fécondation est interne et les embryons se développent dans le corps de la femelle. Ils utilisent d’abord les réserves de leur sac vitellin, puis reçoivent des apports maternels sous forme de sécrétions utérines. La gestation dure généralement autour de 9 à 12 mois, avec des variations selon les régions et les études.
Une portée comprend quelques petits à plusieurs dizaines, avec des valeurs publiées d’environ 2 à 32. À la naissance, ils mesurent généralement autour de 10 à 14 cm et ressemblent déjà aux adultes. Leurs organes électriques fonctionnent. Les femelles deviennent matures plus tard et à une taille plus grande que les mâles, ce qui ralentit le renouvellement des populations.
Le saviez-vous ?
- 1.Les organes électriques sont issus de tissus musculaires modifiés : leurs cellules produisent de l’électricité au lieu de se contracter comme un muscle ordinaire.
- 2.Les spiracles permettent d’aspirer de l’eau au-dessus du corps, alors que la bouche reste contre le sable.
- 3.Les jeunes peuvent déjà émettre des décharges à la naissance, sans apprentissage auprès de leur mère.
- 4.La torpille marbrée avance surtout grâce à sa queue, tandis que beaucoup d’autres raies utilisent principalement les ondulations de leurs grandes nageoires pectorales.
Ce qui menace la torpille marbrée
Captures dans les filets
Les chaluts de fond et certains filets capturent cette raie même lorsqu’elle n’est pas recherchée. Les rejets peuvent entraîner des blessures ou la mort, et leur ampleur reste difficile à mesurer.
Renouvellement assez lent
La maturité tardive des femelles et leur reproduction relativement lente limitent la capacité des populations à compenser des captures répétées.
Dégradation des fonds
Le chalutage et certains aménagements côtiers peuvent modifier les fonds meubles et les herbiers qu’elle fréquente. L’importance de cette pression varie selon les secteurs.
Protéger la torpille marbrée
- Classement mondial vulnérableL’UICN classe Torpedo marmorata dans la catégorie vulnérable à l’échelle mondiale, avec une tendance en baisse. Ce classement signale un risque d’extinction et ne constitue pas, à lui seul, une protection juridique.
- Statut français à distinguerAucune catégorie de liste rouge nationale française n’est renseignée ici avec certitude ; le statut VU donné dans cette fiche est mondial. L’espèce ne bénéficie pas d’une protection nationale spécifique en France métropolitaine et n’est pas inscrite aux annexes de la CITES.
- Protection locale des habitatsDes règles locales limitant la pêche, le mouillage ou les perturbations des fonds peuvent protéger ses habitats dans certaines aires marines protégées. Les restrictions dépendent du secteur : consultez celles du site où vous plongez ou naviguez.
Questions fréquentes
Peut-elle électrocuter une personne ?
Un contact peut provoquer une décharge douloureuse et des contractions musculaires. Le danger vient aussi de la surprise, notamment pendant une plongée. Ne la touchez jamais, même si elle paraît immobile. Après une décharge accompagnée d’un malaise, de difficultés respiratoires ou d’une douleur thoracique, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Où peut-on la voir en France ?
Elle fréquente notamment les côtes méditerranéennes, la Corse et la façade atlantique, jusqu’à la Manche occidentale. Une plongée sur un fond sableux ou près d’un herbier permet parfois de la rencontrer. Elle est présente toute l’année ; les observations dépendent surtout du site, de la profondeur et de son camouflage.
Comment la distinguer d’une pastenague ?
Son disque est arrondi et sa queue courte porte deux nageoires dorsales ainsi qu’une nageoire caudale. Les pastenagues ont généralement une queue plus longue, souvent munie d’un aiguillon venimeux. N’utilisez jamais le toucher pour vérifier une identification : observez la silhouette et, si possible, prenez une photographie à distance.
Est-elle menacée ou protégée ?
Elle est classée vulnérable sur la Liste rouge mondiale de l’UICN, principalement en raison des pressions de pêche. Ce statut est distinct du droit français : elle n’a pas de protection nationale spécifique en France métropolitaine. Des restrictions de pêche ou d’accès peuvent toutefois s’appliquer localement dans des espaces marins réglementés.
Peut-on la garder dans un aquarium familial ?
Son maintien n’est pas adapté à un aquarium familial : elle devient grande, demande un vaste fond marin et peut délivrer des décharges lors des manipulations. Son alimentation et la qualité de l’eau nécessitent aussi des compétences spécialisées. Pour une famille, l’observation en mer à distance évite la capture d’un animal sauvage vulnérable.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Torpedo marmorata iucnredlist.org
- DORIS, Fédération française d’études et de sports sous-marins : Torpille marbrée doris.ffessm.fr
- Inventaire national du patrimoine naturel, fiche et statuts de Torpedo marmorata inpn.mnhn.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





