
Rat-taupe nu
Heterocephalus glaber
Aussi appelé Hétérocéphale
Le rat-taupe nu est un petit rongeur presque sans poils qui vit sous les savanes sèches d’Afrique de l’Est. Dans ses galeries, une femelle reproductrice partage son quotidien avec une colonie qui creuse et recherche de la nourriture. Sa vie sociale et sa longévité intriguent les scientifiques ; l’UICN le classe en préoccupation mineure.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation stable
- Taille
- Environ 8 à 10 cm pour la tête et le corps, auxquels s’ajoutent 3 à 5 cm de queue.
- Poids
- Généralement 25 à 70 g ; les femelles reproductrices peuvent dépasser cette fourchette.
- Longévité
- Mal connue dans la nature ; plus de 30 ans documentés en captivité, une durée exceptionnelle pour un si petit rongeur.
- Régime
- HerbivoreIl mange surtout les parties souterraines des plantes, notamment des racines, des bulbes et de gros tubercules.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en colonies de quelques dizaines à plusieurs centaines d’individus
- Famille
- Hétérocéphalidés (Heterocephalidae), ordre des Rongeurs (Rodentia)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le rat-taupe nu ?
Il creuse des réseaux de galeries dans les sols des savanes sèches et des régions semi-arides d’Afrique de l’Est.
Principales régions : Éthiopie, Somalie, Kenya.
- Afrique
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le rat-taupe nu ?
Son corps allongé porte une peau plissée, généralement rosée à grisâtre, presque dépourvue de pelage. Quelques poils sensoriels l’aident à percevoir les parois des tunnels. Ses yeux sont minuscules et ses oreilles n’ont pas de pavillon externe : dans l’obscurité, il se repère surtout grâce au toucher, aux odeurs et aux sons.
Ses quatre grandes incisives dépassent nettement de la bouche. Elles servent à attaquer le sol et à découper les végétaux souterrains. Les lèvres peuvent se fermer derrière elles, ce qui limite l’entrée de terre pendant le creusement. Malgré son nom, cet animal appartient aux rongeurs et n’est pas une taupe.
Où vit le rat-taupe nu ?
Son aire naturelle couvre une partie de l’Éthiopie, de la Somalie et du Kenya. Il fréquente des paysages secs où poussent des plantes possédant des organes souterrains nourrissants. La présence de nourriture et la possibilité de creuser déterminent l’emplacement des colonies. Après les pluies, le sol devient plus facile à travailler, ce qui facilite l’extension des galeries.
Le réseau souterrain comprend des tunnels de circulation et des chambres utilisées pour dormir, stocker de la nourriture ou déposer les déjections. Il peut s’étendre sur plusieurs kilomètres au total. L’espèce ne vit pas à l’état sauvage en France ; vous pouvez l’observer dans certains parcs zoologiques, souvent derrière les parois transparentes d’un réseau de tunnels.
Que mange le rat-taupe nu ?
Il recherche surtout des racines, des bulbes et des tubercules, qu’il rencontre en creusant. Ces aliments lui apportent aussi de l’eau : dans son milieu naturel, il n’a généralement pas besoin de boire de l’eau libre. Un gros organe souterrain peut nourrir plusieurs membres de la colonie pendant une longue période.
Des micro-organismes présents dans son tube digestif l’aident à exploiter les fibres végétales. Il peut également réingérer certaines déjections, un comportement qui permet de récupérer des nutriments. En parc zoologique, son alimentation est préparée par les soigneurs ; les visiteurs ne doivent rien lui donner, même un morceau de légume.
Comment s’organise sa vie en colonie ?
Le rat-taupe nu fait partie des rares mammifères dits eusociaux : plusieurs générations vivent ensemble, coopèrent et se partagent les tâches, tandis que peu d’individus se reproduisent. La plupart participent au creusement, à la recherche de nourriture ou aux soins des jeunes. Ces activités ne correspondent toutefois pas à des métiers définitivement attribués à chaque animal.
Dans les galeries étroites, les individus peuvent avancer aussi bien vers l’avant que vers l’arrière. Ils communiquent par des contacts, des odeurs et de nombreux cris. Des recherches ont montré que les petits gazouillis possèdent des caractéristiques propres à chaque colonie, une sorte de signature sonore qui aide à reconnaître les membres du groupe.
Sa température corporelle dépend davantage du milieu que celle de la plupart des mammifères. Pour se réchauffer, les animaux se regroupent et peuvent changer de chambre. Les tunnels les protègent des fortes variations de température de la surface, mais l’absence de fourrure rend leur équilibre thermique particulièrement lié à la vie collective et souterraine.
Comment naissent les petits ?
Une femelle, souvent appelée reine, assure généralement la reproduction avec un petit nombre de mâles. Sa dominance sociale freine la reproduction des autres membres de la colonie. Si elle disparaît, des femelles peuvent entrer en compétition et l’une d’elles devenir reproductrice. Le terme « reine » décrit donc une fonction dans le groupe, pas une espèce différente.
La gestation dure environ 70 jours. Une portée comprend souvent une dizaine de petits, avec de fortes variations et des portées exceptionnellement supérieures à vingt. Les nouveau-nés pèsent seulement quelques grammes et dépendent du lait maternel. D’autres membres de la colonie les réchauffent et les protègent ; le sevrage intervient généralement vers quatre à six semaines.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses incisives se trouvent devant la fermeture des lèvres : il peut ainsi creuser avec les dents tout en gardant la bouche fermée à la terre.
- 2.En laboratoire, il a survécu jusqu’à 18 minutes sans oxygène grâce à des adaptations métaboliques particulières. Cela ne signifie pas qu’il vit normalement sans respirer.
- 3.Il est peu sensible à certaines formes de douleur, notamment à l’acidité. Il perçoit néanmoins d’autres stimulations douloureuses et peut être blessé.
- 4.Des cancers ont été observés chez cette espèce, malgré leur rareté. Sa résistance intéresse la recherche, mais elle ne le rend pas invulnérable.
Ce qui menace le rat-taupe nu
Transformation des sols
Le défrichement et certaines pratiques agricoles peuvent détruire des galeries ou modifier les plantes dont les colonies se nourrissent. L’ampleur de leurs effets sur la population mondiale reste mal quantifiée.
Conflits avec les cultures
Lorsqu’il consomme des organes souterrains de plantes cultivées, ce rongeur peut être considéré comme un ravageur et éliminé localement. Ces conflits ne signifient pas que l’espèce est actuellement menacée à l’échelle mondiale.
Protéger le rat-taupe nu
- Statut mondialL’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure, notamment en raison de sa répartition relativement large et de l’absence de menace majeure identifiée à l’échelle mondiale. Ce classement ne constitue pas une estimation précise du nombre d’individus.
- Commerce internationalL’espèce n’est pas inscrite aux annexes de la CITES. Cette absence ne dispense pas les établissements qui la détiennent de respecter les règles sanitaires et les obligations nationales relatives aux animaux non domestiques.
Questions fréquentes
Pourquoi le rat-taupe nu n’a-t-il presque pas de poils ?
Sa vie se déroule dans des tunnels où le soleil n’atteint pas la peau et où les températures varient moins qu’en surface. Son pelage est très réduit, mais quelques poils sensoriels subsistent. Comme il conserve moins facilement sa chaleur qu’un rongeur bien couvert, il se réchauffe notamment au contact des autres membres de la colonie.
Est-il complètement aveugle ?
Non. Ses petits yeux lui permettent notamment de percevoir la lumière, mais sa vision est limitée. Dans les galeries obscures, le toucher, l’odorat et les sons lui donnent davantage d’informations pour se déplacer et reconnaître ses compagnons. Une lumière atteignant un tunnel peut aussi signaler une ouverture vers la surface.
Vit-il vraiment comme les fourmis ?
Il partage avec certaines fourmis une organisation eusociale : vie collective, coopération et reproduction concentrée chez peu d’individus. La comparaison a ses limites. Tous les membres sont des mammifères, les petits tètent leur mère et les tâches des adultes peuvent évoluer selon leur âge, leur taille et les besoins de la colonie.
Peut-on en avoir un à la maison ?
Il ne convient pas à une détention familiale. C’est une espèce sauvage qui a besoin d’un groupe social compatible, de tunnels adaptés et d’un contrôle précis des conditions d’hébergement. En France, les règles concernant les animaux non domestiques doivent aussi être vérifiées avant toute détention. Une visite dans un établissement zoologique permet de l’observer sans compromettre ses besoins.
Pourquoi les scientifiques étudient-ils sa longévité ?
Certains individus dépassent trente ans en captivité, alors que beaucoup de petits rongeurs vivent seulement quelques années. Les scientifiques étudient notamment son vieillissement et ses mécanismes de résistance aux maladies. Ces travaux ne prouvent ni une absence de vieillissement ni une immunité totale contre le cancer, et leurs applications humaines restent à établir.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Heterocephalus glaber iucnredlist.org
- Smithsonian’s National Zoo and Conservation Biology Institute, Naked mole-rat nationalzoo.si.edu
- San Diego Zoo Wildlife Alliance, Naked Mole-rat animals.sandiegozoo.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer
Espèces proches

Athérure africain
Atherurus africanus
LCPréoccupation mineure
Porc-épic à crête
Hystrix cristata
LCPréoccupation mineure
Rat à mamelles multiples de Natal
Mastomys natalensis
LCPréoccupation mineure
Rat de Gambie
Cricetomys gambianus
LCPréoccupation mineure
Rat-taupe de Damaraland
Fukomys damarensis
LCPréoccupation mineure
