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La mulette méridionale (Unio mancus)
NT
Unio mancus

Mulette méridionale

Unio mancus

La mulette méridionale est une moule d’eau douce qui s’enfouit dans les sédiments des rivières du sud de l’Europe. Elle filtre l’eau pour se nourrir et dépend de poissons hôtes pendant sa reproduction. Présente dans plusieurs bassins français, elle est classée quasi menacée au niveau mondial, car les cours d’eau favorables deviennent plus rares.

Statut
Quasi menacéepopulation en baisse
Taille
Environ 5 à 9 cm de longueur de coquille chez l’adulte, avec des variations selon les populations.
Poids
Non documenté de façon fiable chez l’adulte sauvage.
Longévité
Souvent une dizaine d’années, parfois davantage selon la qualité du cours d’eau et la population.
Régime
Mangeur de planctonElle filtre l’eau et retient du phytoplancton, de petites particules organiques, des bactéries et d’autres organismes microscopiques.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, solitaire, parfois regroupée en colonies
Famille
Unionidés (Unionidae), ordre des Unionides (Unionida)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Bassins d’eau douce du sud-ouest et du sud de l’Europe

Où vit la mulette méridionale ?

Elle vit dans les rivières, les canaux et certains plans d’eau connectés, généralement dans des fonds de sable, de gravier ou de vase propre, de la plaine jusqu’aux secteurs collinéens.

Principales régions : France, Espagne, Italie, Suisse.

  • Europe
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la mulette méridionale
  2. Où vit la mulette méridionale ?
  3. Que mange la mulette méridionale ?
  4. Comment se comporte la mulette méridionale ?
  5. Comment se reproduit la mulette méridionale ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la mulette méridionale

La coquille est ovale et allongée, avec une extrémité arrière souvent étirée. Sa couleur va du jaune brun au brun verdâtre, parfois avec des bandes plus sombres. Les jeunes individus peuvent présenter des rayures fines. Comme chez les autres moules d’eau douce, les deux valves sont réunies par une charnière et protègent un animal mou.

À l’intérieur, deux siphons servent à faire circuler l’eau. Le siphon inhalant fait entrer l’eau chargée de particules, tandis que le siphon exhalant la rejette. Un pied musclé permet à l’animal de se déplacer lentement et de s’enfoncer dans le fond, souvent jusqu’à ne laisser apparaître qu’une partie de la coquille.

La forme de la coquille varie avec l’âge, le courant et la nature du sol. Une identification fiable demande souvent l’observation de plusieurs caractères, parfois avec l’aide d’un spécialiste, car plusieurs mulettes françaises se ressemblent.

Où vit la mulette méridionale ?

En France, elle est signalée dans des bassins méridionaux, notamment dans le sud-ouest et le bassin du Rhône, ainsi que dans certains cours d’eau associés. Sa répartition précise peut changer selon les inventaires et les limites retenues entre espèces proches. Elle recherche une eau courante ou lentement courante, suffisamment oxygénée et peu chargée en pollution.

Elle s’installe dans le sable, les graviers fins ou les vases stables, au bord des rivières et dans des secteurs où le courant ne déplace pas sans cesse le fond. Les grands travaux de curage, l’artificialisation des berges et l’envasement peuvent donc réduire les zones favorables.

L’observation est surtout possible entre le printemps et le début de l’automne, lorsque le niveau de l’eau permet d’examiner les fonds sans les remuer. Il faut rester sur la berge, ne pas retourner les pierres et ne jamais emporter une coquille ou un animal vivant. La mulette méridionale n’est pas protégée par un statut national spécifique connu, contrairement à la mulette perlière et à la mulette épaisse.

Que mange la mulette méridionale ?

Elle se nourrit en filtrant l’eau. Ses branchies retiennent de très petites particules, notamment du phytoplancton, des bactéries et de la matière organique en suspension. Les particules utilisables sont dirigées vers la bouche, tandis que les éléments trop gros ou indésirables sont rejetés.

Une seule mulette ne nettoie pas un cours d’eau à elle seule, mais les populations nombreuses filtrent continuellement de l’eau et participent au fonctionnement de l’écosystème. Elles transforment une partie de la matière en nourriture accessible à d’autres organismes du fond.

La qualité de son alimentation dépend directement de l’eau qui l’entoure. Les rejets polluants, les excès d’engrais et les particules de terre entraînées depuis les champs peuvent perturber ses branchies et modifier les ressources disponibles.

Comment se comporte la mulette méridionale ?

Elle reste généralement enfouie dans le sédiment, avec les siphons proches de la surface. Elle peut toutefois avancer lentement grâce à son pied, par exemple pour rechercher un fond plus stable ou s’éloigner d’une zone devenue défavorable. Ses déplacements sont si lents qu’ils passent presque toujours inaperçus.

La mulette méridionale vit seule, mais plusieurs individus peuvent se trouver dans le même secteur lorsque le fond et la qualité de l’eau leur conviennent. Elle ne possède ni yeux ni oreilles comme les nôtres. Elle réagit pourtant aux vibrations, aux variations du courant et aux changements de qualité de l’eau.

Les mulettes jouent aussi un rôle d’abri pour de minuscules organismes vivant sur leur coquille ou dans les sédiments voisins. Leur présence en nombre indique généralement qu’un cours d’eau conserve des fonds et une qualité d’eau compatibles avec une faune aquatique diversifiée.

Comment se reproduit la mulette méridionale ?

La reproduction commence lorsque les mâles libèrent leurs spermatozoïdes dans l’eau. Les femelles les font entrer avec le courant d’eau et fécondent leurs ovules dans une partie spécialisée de leurs branchies. Les embryons s’y développent avant de devenir de minuscules larves appelées glochidies.

Les glochidies doivent se fixer pendant quelque temps sur les branchies ou les nageoires d’un poisson hôte. Cette étape ne constitue pas une maladie pour le poisson lorsqu’elle reste limitée. Après leur transformation, les jeunes mulettes se détachent, tombent dans le fond et commencent leur vie indépendante.

La reproduction dépend donc de deux milieux à la fois, celui où vivent les adultes et celui qui permet aux poissons hôtes de circuler. Les barrages, la disparition des poissons et la dégradation des frayères peuvent interrompre ce cycle sans faire disparaître immédiatement les adultes.

Le saviez-vous ?

  • 1.Une larve de mulette méridionale mesure seulement quelques dixièmes de millimètre lorsqu’elle se fixe temporairement sur un poisson.
  • 2.Les deux siphons permettent de faire entrer et sortir l’eau sans que la mulette ait besoin de quitter le sédiment.
  • 3.Une population de mulettes peut filtrer de grandes quantités d’eau, mais son effet dépend du nombre d’individus et du débit du cours d’eau.
  • 4.La présence de jeunes individus prouve qu’une population se reproduit localement, alors que des adultes seuls peuvent être beaucoup plus anciens.

Ce qui menace la mulette méridionale

  • Eau polluée

    Les pesticides, les rejets urbains, les métaux et les excès de nutriments peuvent endommager les branchies et réduire la survie des larves.

  • Cours d’eau modifiés

    Les barrages, les recalibrages, le curage et la disparition des berges naturelles réduisent les fonds favorables et gênent la circulation des poissons hôtes.

  • Sédiments colmatés

    Lorsque de la terre fine remplit les graviers, l’eau circule moins bien dans le fond et les jeunes mulettes trouvent moins d’oxygène.

  • Espèces introduites

    Certaines moules introduites peuvent occuper les mêmes supports ou modifier les équilibres du fond, ce qui ajoute une pression aux populations locales.

Protéger la mulette méridionale

  • Protection de l’eauLa conservation repose sur la qualité écologique des rivières, la réduction des pollutions, la restauration des berges et le maintien de fonds variés dans les bassins français.
  • Continuité des rivièresL’aménagement ou l’effacement de certains obstacles permet aux poissons de circuler et peut aider le cycle de reproduction des mulettes. Des actions sont menées dans les bassins par les agences de l’eau et les gestionnaires de cours d’eau.
  • Suivis naturalistesLes inventaires de l’INPN, des associations et des établissements publics servent à localiser les populations et à suivre les jeunes individus, indicateurs d’une reproduction récente.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange la mulette méridionale ?

La mulette méridionale filtre l’eau et retient surtout du phytoplancton, des bactéries et de petites particules organiques. Elle ne broute pas les plantes et ne chasse pas les poissons. Les particules sont capturées par ses branchies, puis les éléments utilisables sont conduits vers sa bouche.

Combien de temps vit la mulette méridionale ?

La mulette méridionale vit souvent une dizaine d’années dans la nature, avec des variations selon le bassin, la température et la qualité de l’eau. Les données précises sont moins nombreuses que pour les oiseaux ou les mammifères, et une durée maximale fiable n’est pas établie pour toutes les populations.

Où vit la mulette méridionale ?

La mulette méridionale vit dans des rivières, des canaux et certains plans d’eau connectés du sud de l’Europe. En France, elle est surtout recherchée dans des bassins méridionaux, notamment dans le sud-ouest et le bassin du Rhône. Elle préfère les fonds de sable, de graviers ou de vase stable.

La mulette méridionale est-elle dangereuse ?

La mulette méridionale est sans danger pour les promeneurs et les animaux domestiques. Elle ne mord pas, ne pique pas et ne possède pas de venin. Il vaut toutefois mieux ne pas la manipuler, car le déplacement d’une moule ou d’une coquille peut abîmer un animal vivant ou propager des organismes entre deux cours d’eau.

Quelle taille fait la mulette méridionale ?

La mulette méridionale mesure généralement entre 5 et 9 centimètres de longueur de coquille à l’âge adulte. La taille dépend de la population et des conditions de croissance. Sa forme allongée rappelle celle d’une petite trousse fermée, avec une coquille brun jaunâtre à brun verdâtre.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Comment la mulette méridionale se nourrit-elle principalement ?
  2. 2.Quel rôle les poissons jouent-ils dans la reproduction de la mulette méridionale ?
  3. 3.Dans quel milieu trouve-t-on surtout la mulette méridionale ?

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  2. INPN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches